Coface Group
Nigeria

Nigeria

Population 202 millions
PIB par habitant 2 216 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 0,8 1,9 2,3 -5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 16,5 12,1 11,4 13,4
Solde public / PIB (%) -5,8 -4,5 -5,1 -6,7
Solde courant / PIB (%) 2,8 1,3 -3,6 -3,9
Dette publique / PIB (%) 22,4 17,8 18,8 19,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Première puissance africaine en termes de PIB et pays le plus peuplé d’Afrique
  • Importantes ressources en hydrocarbures et large potentiel agricole et minier
  • Endettement public et extérieur relativement faible
  • Au carrefour de l'Afrique occidentale et centrale : accès à la mer

POINTS FAIBLES

  • Chômage et sous-emploi élevés
  • Forte dépendance aux revenus pétroliers (90 % des exportations, environ 60% des recettes fiscales)
  • Faible recettes fiscales (6,1% du PIB en 2020)
  • Faible diversification de l’économie, insuffisance de la production agricole à cause du manque d’infrastructures
  • Insuffisance des capacités de raffinage de pétrole et de transport de gaz
  • Insuffisance des capacités de production et de distribution d’électricité
  • Tensions ethniques et religieuses
  • Insécurité, corruption contraignant l’environnement des affaires
  • Pollution liée à l’exploitation pétrolière

Appréciation du risque

La croissance plonge

En 2020, le PIB reculerait de 5% en raison de la dépendance au pétrole et des mesures de distanciation sociale qu’implique la crise du COVID-19. Au 18 août, on dénombrait 49 485 cas et 977 décès. Ceci correspond à 2 décès pour 100 cas confirmés et 0,49 décès pour 100 000 habitants. Les mesures prises fin mars ont été allégées depuis début mai, mais certaines sont encore en place (couvre-feu nocturne, port du masque). Les mesures diffèrent d’une région à l’autre, avec un « confinement allégé » jusqu’à début septembre, notamment à Lagos. La reprise des vols internationaux est prévue pour le 29 août 2020. Malgré la levée des restrictions de déplacement à l’intérieur du pays et l’allègement du confinement, la consommation des ménages (79% du PIB) peine à retrouver son niveau pré-Covid. Elle devrait diminuer de 5% en 2020. Le chômage (27,1%) et la pauvreté pèsent, puisque près de 10 millions d’individus passeraient sous le seuil de pauvreté. De plus, l’inflation atteindrait 13,4%, poussée par la hausse de 15,4% en glissement annuel du prix des denrées alimentaires, notamment importées. Par ailleurs, la baisse des cours du pétrole et celle de la production engendrée par l’accord OPEP+ diffusent fortement sur l’économie nigériane, pour qui l’or noir représente 90% des revenus à l’export (mais, les exports ne représentent que 14% du PIB) et environ 60% des recettes fiscales. La production de pétrole devrait, ainsi, diminuer de 4,5% et les revenus du pétrole de 90% en 2020. La baisse des IDE observée dès 2019 (de moitié, à 0,67% du PIB) en raison du ralentissement des investissements dans les hydrocarbures, devrait se poursuivre en 2020. Afin de stimuler l’économie et se rapprocher de son objectif d’unification des taux de change multiples, la banque centrale a procédé à deux dévaluations, passant de 306,5NGN/1USD à 360NGN/1USD en mars puis à 380NGN/1USD en juillet, contre 475NGN/1USD sur le marché parallèle, réduisant l'écart avec le taux de change au détail. Elle a également diminué son taux d’intérêt de 100 points de base à 12,5% en mai, mis un place un mécanisme de facilité de crédit (0,03% du PIB) pour les ménages et entreprises petites et moyennes, et injecté Naira 3,6 trillion (2,4% du PIB) dans le système bancaire.

 

L’endettement pèse sur le budget

En 2020, le déficit budgétaire s’accentuera, en raison de la baisse des recettes du pétrole et la hausse des dépenses. Pour faire face à la crise, le gouvernement fédéral a adopté un budget révisé pour 2020 en juillet (en hausse de 2,7% par rapport au budget initial). Il inclut une facilité de crédit (0,3% du PIB) pour soutenir les établissements de santé, alléger le fardeau des contribuables et soutenir l’emploi, ainsi que l'augmentation du nombre de ménages bénéficiant de transferts conditionnels en espèces de 2,6 à 3,6 millions. Il a dévoilé un plan de relance de N 2 300 milliards (1,2% du PIB). Bien que le niveau de la dette soit faible, son service, représentant environ 50% des recettes fédérales (8,5% du PIB), pèse sur sa soutenabilité. Malgré la hausse de la TVA à 7,5% en 2019, les recettes issues des secteurs non-pétroliers restent limitées.

 

Le solde courant restera déficitaire. La balance commerciale devient déficitaire en raison de la baisse des exportations de pétrole, qui est, cependant, en partie compensée par la baisse des importations de biens dû à la faible demande domestique et la restriction aux importations sur 45 catégories de biens. La dépendance du pays aux services étrangers (de fret pétrolier, particulièrement) et les rapatriements de profits des entreprises étrangères maintiendront les déficits des comptes des services et des revenus, même s’ils seront en baisse du fait de la diminution des échanges commerciaux et des bénéfices des entreprises. La conjoncture mondiale défavorable se répercute sur les envois de fonds d’expatriés (5% du PIB en 2018), qui entretiennent le surplus du solde des transferts. Le financement du déficit courant devrait en partie reposer sur l’aide des organismes multilatéraux (USD 3,4 milliards de fonds d’urgence du FMI, soit 0,6% du PIB, par exemple). Les réserves de change ont baissé de 5,8% entre janvier 2020 et juillet 2020, elles correspondent à 5,3 mois d’importations. La pénurie de dollars liée au faible cours du pétrole engendre un risque pour les investisseurs étrangers en portefeuille qui ne peuvent rapatrier leurs revenus, l’accès au dollar étant restreint, tandis que les importateurs ont des difficultés à régler leurs factures, devant se procurer des devises à un cours élevé.

 

Muhammadu Buhari : nouveau mandat, défis persistants

Le président Muhammadu Buhari a été réélu à l’issue du scrutin de février 2019. Le président, auquel on a reproché la lenteur des réformes au cours de son premier mandat, fait toujours face à la myriade de défis sécuritaires qui déstabilisent le pays, comme l’activité du groupe terroriste islamiste Boko Haram au nord-est du pays, poussant de nombreux individus à fuir (près de 2 millions de déplacés internes depuis 2015). Le conflit meurtrier entre éleveurs et agriculteurs continue de meurtrir le centre du pays, menaçant la sécurité alimentaire du pays. La fermeture des frontières avec le Cameroun, Niger et Benin à l’été 2019, pour réduire la contrebande de produits alimentaires et favoriser la production nationale, provoque des tensions entre ces pays et le Nigeria. S’y ajoute la menace d’une reprise des attaques sur les infrastructures pétrolières dans le golfe de Guinée, à l’origine de la chute de la production d’or noir en 2016, ainsi que des vols et du sabotage d’installations dans la région du delta du Niger. Le président devra faire face aux attentes de la population afin d’enrayer le déclin du niveau de vie amorcé par le contre-choc pétrolier de 2014-2016 et amplifié par la crise du Covid. La prévalence de la pauvreté, le chômage de masse et une inflation à deux-chiffres persistante devraient continuer d’alimenter un climat social tendu.

 

Dernière mise à jour : Août 2020

Haut de page
  • English
  • Français