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Nigeria

Nigeria

Population 201,0 millions
PIB par habitant 2 230 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,9 2,2 -4,0 1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 12,1 11,4 13,0 15,0
Solde public / PIB (%) -4,3 -4,8 -7,0 -5,0
Solde courant / PIB (%) 1,0 -3,8 -3,0 -2,0
Dette publique / PIB (%)* 27,7 29,1 35,0 36,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *y compris dette des Etats, des collectivités locales, des entreprises publiques, et arriérés

POINTS FORTS

  • Première puissance africaine en termes de PIB et pays le plus peuplé d’Afrique
  • Importantes ressources en hydrocarbures (onzième rang mondial pour les réserves prouvées, neuvième pour le gaz, sans compter les non prouvées)
  • Large potentiel agricole (5ème producteur mondial de cacao) et minier (or, barite, étain, zinc)
  • Endettement public et extérieur relativement faible

POINTS FAIBLES

  • Chômage et sous-emploi élevés
  • Forte dépendance aux revenus pétroliers (90 % des exportations, environ 60% des recettes fiscales, normalement)
  • Faible recettes fiscales (6,5% du PIB)
  • Faible diversification de l’économie, insuffisance de la production agricole à cause du manque d’infrastructures et de l’insécurité
  • Insuffisance des capacités de raffinage de pétrole (80% des produits raffinés importés) et de transport de gaz
  • Insuffisance des capacités de production et de distribution d’électricité
  • Place réduite de l’activité manufacturière (10% du PIB), malgré projet Made in Nigeria (MINE) visant à la porter à 20%
  • Clandestinité de l’extraction aurifère
  • Déficiences des infrastructures de transport : ports, routes, voie ferrées
  • Tensions ethniques et religieuses
  • Insécurité, corruption contraignant l’environnement des affaires
  • Pollution liée à l’exploitation pétrolière

Appréciation du risque

Croissance conditionnée par le pétrole

2020 a été marquée par la chute des indispensables recettes pétrolières. En 2021, grâce à leur remontée, même partielle, l’activité devrait repartir, mais modestement. La consommation des ménages (77% du PIB) resterait atone. Les ménages seront confrontés à une forte inflation, en grande partie importée, puisque 80% des produits vendus sont importés. La faiblesse du naira, les restrictions à l’importation (les importateurs d’une quarantaine de produits alimentaires ne peuvent accéder au marché des changes régulé) non compensées par la production domestique, et les restrictions au commerce avec les pays voisins depuis octobre 2019 y participent. Sur le plan intérieur, les pressions découleront de la suppression du plafond sur le prix du carburant destinée à favoriser l’investissement dans le raffinage, mais aussi de la hausse progressive du prix de l’électricité, là aussi, pour encourager l’investissement. Enfin, le chômage restera élevé et la croissance sera insuffisante pour maintenir le revenu par tête du fait du fort essor démographique. L’investissement (23% du PIB) ne sera pas non plus vaillant. L’investissement public a subi des coupes en 2020 et sa progression en 2021 correspondra à la poursuite des projets en cours. Le volet privé a subi le même sort et ne repartirait pas. Dans les hydrocarbures, les compagnies étrangères se retirent progressivement des gisements terrestres face aux coûts élevés de production (coût moyen du baril : USD 20 à 22) et aux relations difficiles avec la Nigerian National Petroleum Company. Cependant, elles pourraient augmenter, à terme, leur présence dans l’offshore et le gaz, si la nouvelle loi sur le pétrole, promise depuis 20 ans, est adoptée. En attendant, la raffinerie du groupe nigérian Dangote d’une capacité de 650000 barils par jour devrait être achevée. Le crédit restera onéreux (autour de 20%), malgré un taux directeur abaissé à 11,5% en novembre 2020 par la banque centrale, soit sous le taux d’inflation. Le crédit au secteur privé est cher du fait de l’éviction par le secteur public et des engagements élevés dans les hydrocarbures. Dans le même temps, les stimuli budgétaires resteront faibles compte tenu de la dégradation des comptes. Dans ces conditions, les difficultés ne se limiteront pas au secteur pétrolier, mais continueront d’affecter les autres secteurs, du fait d’un ruissellement de recettes pétrolières toujours limitées. Les perspectives resteront meilleures dans l’agriculture (22% du PIB), ainsi que dans les technologies de l’information et des télécommunications.

 

Endettement domestique, rares devises

Malgré le plan de soutien, les dépenses n’ont progressé que de 0,5% en 2020 du fait des coupes dans les dépenses « non essentielles ». Comme, dans le même temps, les recettes ont chuté avec les revenus pétroliers, le déficit s’est creusé. Avec la remontée des cours des hydrocarbures, il devrait se réduire, mais n’est pas prêt de disparaître avec un prix d’équilibre du baril de USD 140. Le besoin de financement sera encore essentiellement couvert par le marché domestique très liquide et peu onéreux du fait de taux d’intérêt négatif sur la dette en naira. Néanmoins, le Trésor pourrait être contraint de se financer auprès de la banque centrale, si les concours multilatéraux ne sont pas au rendez-vous. Le recours aux marchés internationaux restera impraticable. Même si la dette, essentiellement domestique, reste légère relativement au PIB, ses intérêts représentaient, en 2019, ¼ de la dépense publique et 60% des faibles recettes, sans doute plus à l’avenir.

Le déficit courant s’est réduit en 2020, malgré l’apparition d’un léger déficit commercial liée à la chute des recettes d’hydrocarbures, partiellement compensée par la compression des importations, et la diminution des remises des expatriés (6,5% du PIB en 2019). Cela tient au recul des déficits des services et des revenus induit par moins de fret pétrolier et de moindres bénéfices rapatriés. Le fait que les investisseurs étrangers n’aient pu toujours accéder aux devises pour transférer le produit de leurs placements en monnaie locale y a contribué. La banque centrale veut stabiliser ses réserves de change, raison pour laquelle elle restreint aussi l’accès aux devises pour les importateurs. Cependant, malgré l’aide d’urgence du FMI (à hauteur de 0,6% du PIB), la banque centrale a dû dévaluer par deux fois le taux de change officiel en 2020, le rapprochant du NAFEX ou Investor & Exporter Exchange rate, le plus utilisé et déterminé par les banques, alors que le taux parallèle affichait une différence de 25% mi-novembre 2020. Elle pourrait y être de nouveau contrainte en 2021 du fait de la faiblesse persistante des investissements étrangers (directs et de portefeuille), la Banque mondiale conditionnant le versement de son aide (0,5% du PIB) à l’unification des taux de change et à la fin des subventions sur l’énergie.

 

Défis persistants pour le président

Le président Muhammadu Buhari a été réélu en 2019. Le président fait face à la myriade de défis sécuritaires, comme l’activité du groupe terroriste islamiste Boko Haram au nord-est du pays, poussant de nombreux individus à fuir (près de 2 millions de déplacés internes depuis 2015). Le conflit meurtrier entre éleveurs et agriculteurs continue de meurtrir le centre du pays, menaçant la sécurité alimentaire. La fermeture des frontières avec le Cameroun, Niger et Benin, pour réduire la contrebande de produits alimentaires et favoriser la production nationale, provoque des tensions avec ces pays. S’y ajoutent la menace d’une reprise de la piraterie contre les infrastructures pétrolières dans le golfe de Guinée, ainsi que des vols et du sabotage d’installations dans le delta du Niger. Le président devra enrayer le déclin du niveau de vie amorcé par le contre-choc pétrolier de 2014-2016 et amplifié par la crise de la COVID-19. La prévalence de la pauvreté, la corruption, le chômage de masse et une inflation à deux-chiffres persistante devraient continuer d’alimenter un climat social tendu illustré par les violentes manifestations à Lagos fin 2020.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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