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Algerie

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Population 44,2 millions
PIB par habitant 3 337 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 1,0 -5,1 3,5 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,0 2,4 6,5 7,0
Solde public / PIB (%) -5,6 -6,2 -9,2 -6,5
Solde courant / PIB (%) -9,9 -12,7 -7,6 -5,5
Dette publique / PIB (%) 45,8 55,6 58,5 63,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de pétrole et de gaz ; potentiel important en matière d’exploitation du gaz de schiste
  • Potentiel dans les domaines de l’agriculture, des énergies renouvelables et du tourisme
  • Position géographique favorable, à proximité du marché européen

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux recettes d’hydrocarbures
  • Taux de chômage des jeunes élevé, faibles opportunités pour les diplômés
  • Poids excessif du secteur public
  • Crise politique et sociale aiguë déclenchée en 2019
  • Mauvais état des infrastructures
  • Lourdeurs bureaucratiques, corruption, faiblesses du secteur financier et environnement des affaires incertain

appréciation du risque

Reprise contrainte malgré des prix élevés d’hydrocarbures

L’économie algérienne a connu un rebond de l’activité en 2021, tiré par la hausse des prix de l’énergie et l’augmentation des quotas de production de l’OPEP +. En 2022, la croissance, largement dépendante du marché des hydrocarbures (près d’un tiers du PIB et plus de 93% des recettes d'exportations) ralentira avec l’affaiblissement de l’effet de base, tandis que la production de pétrole pourrait reprendre son déclin structurel lié à un sous-investissement dans le secteur. Toutefois, malgré la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe suite au différend avec le Maroc, la forte demande italienne et espagnole devrait se traduire par une croissance des exportations de gaz. Les exportations hors hydrocarbure, composées principalement d’engrais, de produits minéraux, chimiques et de produits agroalimentaires (dattes, sucre) resteront modestes en 2022. La consommation des ménages (45% du PIB en 2020) a timidement repris en 2021, car les mesures de soutien du gouvernement n’ont pas pleinement suffi à contrer l’érosion du pouvoir d’achat des ménages par la forte inflation, liée aux prix des denrées alimentaires. En 2022, malgré la progression attendue de la campagne de vaccination contre la COVID-19, elle restera contrainte par un taux de chômage avoisinant les 15%, et une inflation toujours élevée. En outre, l'investissement public, concentré dans les secteurs des hydrocarbures, des infrastructures et du logement, a repris en 2021 après le gel en 2020. En 2022, les pouvoirs publics favoriseront notamment le secteur des mines (fer, phosphate), en suivant le programme national d’exploitation minière 2021-2023. Cependant, la reprise de l’investissement sera largement limitée par la fragilité budgétaire, tandis que sa part privée sera contrainte par l’environnement des affaires encore difficile, malgré l’abrogation (hors secteurs stratégiques), en juin 2020, de la loi plafonnant à 49% la participation étrangère dans une firme algérienne, et un nouveau soutien aux start-ups.

 

Déficits élevés et érosion des réserves de changes

En 2021, le déficit public a continué de se creuser car la hausse des dépenses de soutien à l'économie n’a pas été compensée par l’accroissement des revenus des hydrocarbures (45% des recettes publiques). En 2022, ce déficit diminuerait grâce à une hausse de 9% des recettes pétrolières prévues par l’Etat. Cependant, il restera élevé en raison des importantes dépenses de fonctionnement et d’équipement de l’Etat, et du poids des transferts sociaux (9,5% du PIB). Alors que la dette publique s’alourdit, l’endettement extérieur restera faible (moins de 1% du PIB), le pays étant encore réticent à solliciter une assistance extérieure pour financer l'important déficit. Repris en 2021, le pays devrait donc continuer le financement monétaire par l’intermédiaire de la Banque centrale.

  

Le déficit du compte courant s’est réduit en 2021 dans le sillage du déficit commercial, en raison de la forte reprise des prix et des volumes d'exportation d’hydrocarbures, ainsi que des politiques d’encadrement des importations. En 2022, le déficit courant continuera de se resserrer, puisque ces politiques de restrictions des achats de l’étranger (principalement sur les machines et les denrées alimentaires) continueront de réduire la facture d’importations. L’excèdent de la balance des transferts courants stagnera, et ne permettra pas de compenser le déficit de revenus primaires (lié aux rapatriements des profits des entreprises étrangères). Les IDE augmenteront mais resteront faibles. La suppression du plafonnement des participations étrangères au capital des sociétés locales ne pourra générer qu’un léger surcroît, car elle exclut les secteurs les plus attractifs (hydrocarbures, mines…). Les faibles flux d’investissement et le refus du gouvernement de faire appel à l’endettement extérieur continueront de faire pression sur les réserves de change, en baisse depuis 2014 (de 193 milliards USD, elles sont tombées à 45,5 milliards USD en septembre 2021).

 

Instabilité domestique persistante, tensions avec le Maroc accrues

Après près de 20 ans au pouvoir, le président Abdelaziz Bouteflika a démissionné en avril 2019, sous la pression des manifestations régulières (appelées Hirak), initiées en février 2019. Malgré sa démission, le Hirak s’est poursuivi, mais, après deux reports de l'élection présidentielle, Abdelmajid Tebboune, Premier ministre de M. Bouteflika en 2017, a été élu en décembre 2019. Dans le contexte de contestations toujours vives et d’une révision constitutionnelle par référendum en novembre 2020, les élections législatives, initialement prévues en 2022, ont finalement été tenues en juin 2021. Comme la présidentielle et le référendum constitutionnel, elles ont été marquées par un taux d’abstention historique (77%), témoignant de la défiance persistante de la population à l’égard de la classe politique. S’il arrive en tête de ces élections, le Front de libération nationale (98 sièges sur 407), formation politique dominante du pays depuis l’indépendance en 1962, perd plus de 60 sièges, et son traditionnel allié, le Rassemblement national démocratique (58 sièges) en perd plus de 40. Le Mouvement de la société pour la paix (65 sièges) et les indépendants (84) ont enregistré des gains importants. Même si les manifestations ont cessé pour l’heure, le mécontentement populaire et les risques d’instabilité politique persisteront, avec la hausse des emprisonnements de détenus d’opinions du Hirak, la perception de corruption parmi les élites politiques et des conditions sociaux-économiques encore difficiles.

 

Les relations avec le Maroc sur la question de la souveraineté du Sahara occidental se sont dégradées. Après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays fin août 2021, l’Algérie, principal fournisseur de gaz du Maroc, a annoncé, en octobre 2021, l'arrêt officiel des opérations du gazoduc Maghreb-Europe. De plus, suite à des déclarations du président français Emmanuel Macron sur l’histoire de l’Algérie, le pays a décidé la fermeture de son espace aérien aux avions militaires français en octobre 2021.

 

Dernière mise à jour : Février 2022.

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