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Algerie

Algerie

Population 41,5 millions
PIB par habitant 4,034 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,2 1,4 1,5 1,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,4 5,6 4,3 2,3
Solde public / PIB (%) -13,0 -6,6 -6,9 -8,4
Solde courant / PIB (%) -16,7 -13,6 -7,6 -8,1
Dette publique / PIB (%) 21,8 28,8 32,5 36,8

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de pétrole et de gaz
  • Potentiel dans les secteurs des énergies renouvelables et du tourisme et de l’agroalimentaire
  • Situation financière extérieure solide (très faible endettement extérieur, importantes réserves de change)

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux hydrocarbures et problèmes d’utilisation de cette rente
  • Crise politique à l’issue incertaine
  • Taux de chômage des jeunes élevé
  • Poids excessif du secteur public
  • Lourdeurs bureaucratiques, faiblesses du secteur financier et environnement des affaires difficile

appréciation du risque

Une croissance modérée, contrainte par l’incertitude politique

Après avoir été contrainte par la baisse de la production des hydrocarbures en 2018 (particulièrement de gaz), la croissance restera très contenue en 2019. Les hydrocarbures ne devraient pas donner une impulsion forte à la croissance. Les quotas de production dans le cadre de l’accord OPEP et le déclin des gisements pétroliers contiendront toute augmentation de la production pétrolière. L’incertitude politique, et notamment le retard probable de l’adoption de la nouvelle loi des hydrocarbures en raison des troubles sociaux actuels, devraient peser sur l’évolution de la production de gaz. Aussi, alors que les hydrocarbures représentaient encore près de 95 % des recettes d’exportations, la contribution de la balance commerciale à la croissance continuera de peser sur la croissance. La situation politique et l’incertitude sur la gouvernance du pays devraient aussi affecter l’investissement privé, déjà pénalisé par un environnement des affaires complexe. En 2019, l’investissement public devrait souffrir des réductions des dépenses en équipement, qui avaient été augmentées l’année précédente. La baisse de ces dépenses devrait entraîner une augmentation des retards de paiement pour les entreprises de construction et de potentielles défaillances d’entreprises. En revanche, compte tenu du contexte politique et social, les prestations sociales devraient être sauvegardées, et ainsi continuer à soutenir la consommation privée. Celle-ci bénéficiera également d’une inflation moins élevée (bénéficiant de la baisse des prix des denrées alimentaires). En revanche, la croissance de la consommation sera contrainte par le taux de chômage élevé, tandis que l’agitation politique, qui entraîne la fermeture des commerces les jours de manifestations, devrait entraver l'activité économique.

 

Des déficits jumeaux très élevés

En 2019, le déficit budgétaire restera important et menace de se creuser encore davantage. Si l’augmentation des droits de douane devrait se traduire par une hausse des recettes non-pétrolières, celles relatives aux hydrocarbures (environ 45 % des recettes budgétaires) devraient être pénalisées par les difficultés du secteur. Dans un contexte d’agitation sociale, les dépenses de fonctionnement et les transferts sociaux devraient augmenter au détriment des dépenses d’équipement. Alors que le gouvernement a indiqué fin juin 2019 qu’il souhaitait tourner la page du « financement non conventionnel » engagé fin 2017 (processus de création monétaire), et en l’absence de nouveaux impôts, le Trésor pourrait potentiellement se tourner vers l’emprunt extérieur, qui occupe aujourd’hui un poids marginal dans la faible dette algérienne.

 

Après s’être nettement contracté en 2018, grâce notamment aux mesures de contrôle des importations qui ont conduit à la baisse de l’important déficit commercial, le déficit courant devrait rester élevé. Les interdictions d’importer qui ont concerné une liste de 851 produits ont été remplacées en septembre 2018 par un nouveau dispositif tarifaire qui continuera à limiter les importations, mais les recettes d’exportations devraient progresser encore plus lentement. Le déficit commercial devrait donc se creuser. Malgré un excédent du compte des transferts, le solde courant sera également grevé par le déficit de la balance des invisibles et de celle des revenus. Le déficit courant devrait continuer d’être financé par la ponction dans les réserves de change (qui représentaient environ 17 mois d’importations fin 2018). Celles-ci devraient ainsi poursuivre leur érosion quasi-ininterrompue depuis 2014.

 

Une transition à l’issue indécise

Après près de 20 ans de présidence, Abdelaziz Bouteflika a été contraint à la démission le 2 avril 2019 face à une mobilisation populaire d’ampleur demandant un changement de régime, débutée en février 2019. Alors que la Constitution prévoit la tenue d’élections présidentielles (initialement prévues le 18 avril) dans les 90 jours suivant la démission, la cour constitutionnelle a statué qu’il n’était pas réalisable de les organiser à la date annoncée du 4 juillet. Alors que l’échéance des 90 jours a été dépassée, Abdelkader Bensallah en tant que président de la chambre haute du Parlement, continue d’exercer la fonction de chef de l’Etat par intérim. Malgré le départ de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika, les manifestants continuent de se mobiliser en masse afin de demander le départ de l’ensemble des symboles du système ayant gouverné le pays depuis 1999 et l’avènement d’une seconde république. Acteur central du départ d’Abdelaziz Bouteflika, le général Ahmed Gaïd Salah, représentant de l’institution militaire, joue également un rôle dans la transition, notamment en étant à l’initiative de l’opération « mains propres », une vaste campagne anti-corruption. En dépit des arrestations de personnalités politiques de premier plan, saluées par une partie de l’opinion, certains doutent de la sincérité de la démarche, accusant ouvertement le Général Gaïd Salah de vouloir instaurer un régime militaire avec une vitrine civile. Reconduit à la tête de l’état le 9 juillet après l’expiration de son mandat, le président Bensallah a, certes, proposé une feuille de route vers de nouvelles élections présidentielles, mais alors qu’aucune figure ne représente véritablement le mouvement, elle semble pour l’heure difficile à mettre en place. L’opposition traditionnelle du pays est, quant à elle, divisée sur les objectifs de la transition. Cette incertitude politique est donc susceptible de perdurer dans les prochains mois, entravant l’élaboration des politiques publiques.

 

Dernière mise à jour : Août 2019

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