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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie
Moy-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Période sans précédent d’innovation dans le secteur
  • Les constructeurs automobiles comptent parmi les plus gros investisseurs en R&D dans le monde

Faiblesses

  • Détérioration du risque de crédit dans plusieurs régions du monde, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni
  • Des normes anti-pollution de plus en plus contraignantes nécessitant de lourds investissements
  • De fortes incertitudes sur la chaîne d’approvisionnement mondiale de l’automobile dues notamment aux effets d’entraînement du Brexit et de la guerre commerciale
  • La hausse des prix des matières premières affecte les marges

Evaluation des risques

Les faits marquants
VENTES ET IMMATRICULATIONS DE VÉHICULES EN CHINE, EUROPE  ET ÉTATS-UNIS

VENTES ET IMMATRICULATIONS DE
VÉHICULES EN CHINE, EUROPE
ET ÉTATS-UNIS

Aux États-Unis, les ventes de véhicules ont reculé de moins de 1 % sur les 11 premiers mois de 2018, malgré un marché dominé par les camionnettes (+9,8 % sur un an). Le segment des camions légers, qui est résilient, permet aux constructeurs automobiles d’écouler leur production. De plus, le président Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane sur les importations de voitures et de pièces automobiles, ce qui pourrait constituer un obstacle de taille pour les constructeurs étrangers. Ceci pénalisera également les constructeurs nationaux : un grand nombre de pièces spécialisées et de produits sidérurgiques sont importés.

Les ventes de voitures chinoises ont enregistré une légère baisse (-0,1 % en glissement annuel) à fin novembre 2018, du fait de la faiblesse de la demande des consommateurs et du ralentissement économique. La concurrence entre constructeurs est également plus intense et pourrait nuire à leur profitabilité. En outre, les autorités chinoises ont réduit les droits de douane sur les voitures importées de 25 à 15 %, ce qui pourrait favoriser les ventes des voitures fabriquées à l'étranger.

Les immatriculations d’Europe de l'Ouest ont augmenté à fin novembre 2018 de 0,8 % sur un an. Des résultats mitigés ont été affichés dans l'ensemble de la région : 4,4 % en France, 0,4 % en Allemagne, -3,5 % en Italie, 8 % en Espagne et -6,9 % au Royaume-Uni. Le marché européen souffre des nouvelles règles d'essai qui ont engendré des goulots d'étranglement dans l'homologation des modèles.

Demande

La demande mondiale est moins soutenue, avec une contraction aux États-Unis, un ralentissement progressif en Chine et en Europe de l’Ouest. La confiance des consommateurs s'est détériorée depuis juin 2018, du fait de la guerre commerciale actuelle notamment entre les États-Unis et la Chine.

La croissance du PIB chinois devrait diminuer en 2019 (6,2 %, contre 6,6 % en 2018). La baisse des prêts en ligne entre particuliers, la hausse des prix du pétrole et les turbulences sur le marché boursier affectent la confiance. Les causes de la tourmente actuelle persisteront en 2019 et pèseront sur la confiance des consommateurs. La demande de véhicules électriques devrait se maintenir toutefois en 2019, malgré la réduction de 40 % des subventions étatiques. Un nouveau programme débutera en 2019, favorisant les véhicules disposant d’une plus grande autonomie.

Aux États-Unis, la croissance du PIB ralentira de 2,9 % en 2018 à 2,3 % en 2019. Par ailleurs, la hausse des taux d'intérêt de juin 2018 a fait grimper le coût des emprunts automobiles à environ 6 %, tandis que la durée de crédit moyenne était de 66,5 mois à fin juin 2018. La qualité du crédit diminue, du fait d’une hausse des prix des véhicules – environ 36 978 USD en novembre 2018, selon Cox Automotive –, aggravant la perte de la valeur résiduelle. Avec le virage profondément enraciné vers les pick-up et les SUV, nous nous attendons à ce que les prix des véhicules légers neufs continuent d’augmenter. Enfin, la société d'information Experian prévoit un coût supplémentaire par voiture compris entre 3 000 et 5 000 USD si l'Administration Trump applique des droits douaniers sur les pièces automobiles.

La détérioration des perspectives économiques des grandes économies de la zone euro (Allemagne, France et l'Italie) ainsi que l'incertitude politique au Royaume-Uni devraient peser sur les immatriculations. La prévision de croissance du PIB de Coface pour l'Europe baisse à 1,8 % en 2019 après 2,1 % en 2018. Bien que le taux de chômage de la zone euro soit en baisse constante depuis 2016 (atteignant 8,1 % en octobre 2018, selon Eurostat), la confiance des consommateurs se contracte (-3,7 à fin novembre 2018), en raison notamment de la détérioration des perspectives économiques mondiales. Les risques qui pèsent sur l'industrie automobile, notamment en Allemagne, auront des répercussions sur le secteur automobile de la région Europe centrale et orientale (PECO). L'Europe de l'Ouest représentant la majeure partie des exportations l'automobile des PECO, des pays comme la Tchéquie, la Slovénie et la Slovaquie seront les plus touchés par la décélération des immatriculations. La nouvelle homologation (WLTP) exerce en outre une pression à la baisse sur les immatriculations, retardant un retour à la normale.

Offre

L'évolution du paysage oblige les constructeurs automobiles à s'adapter. Alors qu'ils sont confrontés à de nouvelles réglementations et à de nouveaux concurrents, les doutes grandissent quant à l'expansion des ventes en 2019.

Les ventes de voitures neuves en Chine ont ralenti à fin novembre 2018 (-2 % en glissement annuel), et 2018 est la première année depuis des décennies à afficher une baisse. Le marché est fortement tributaire de la taxation sur les véhicules et, malgré les prévisions selon lesquelles le gouvernement réduirait de moitié la TVA sur les voitures, comme il l'a fait dans le passé, il est probable que la faible confiance des ménages empêche une éclaircie. Le pays devient un acteur-clé en termes de production et de vente de véhicules électriques et hybrides : le gouvernement central encourageant fortement ces technologies via des réductions d'impôts, l'objectif étant que 5 % des ventes de véhicules concernent des véhicules électriques en 2019. L'annonce par Volkswagen de l'introduction de 25 déclinaisons de modèles électriques dans le pays entre 2020 et 2025 et son intention d'investir 12 milliards USD dans ses joint-ventures reflètent cette perception.

Cox Automotives prévoit une baisse de 2,3 % des ventes de véhicules légers en 2019 aux États-Unis. La baisse du marché renforcera la concurrence entre constructeurs, réduisant les marges, tandis que la hausse des prix des intrants (acier, aluminium, pièces automobiles, etc.) pèsera sur leur rentabilité. Or, la chute des ventes de berlines les contraint à fermer des usines et à réorienter des fonds vers la R&D dédiée à l’e-mobilité. Enfin, l'ouverture d'une enquête pour des raisons de sécurité nationale, s'achevant en février 2019, pourrait accroître le prix des voitures et réduire les emplois, les constructeurs automobiles protégeant des marges déjà tendues.

Les immatriculations en Europe de l'Ouest ne devraient augmenter en 2019 que de 1 %, d’après la société d'intelligence économique LMC Automotives. Selon les calculs de Coface, la marge nette des principaux constructeurs automobiles et équipementiers est relativement stable à la fin du troisième trimestre 2018 (5,8 % contre 5,9 au deuxième trimestre). Or, la sortie du Royaume-Uni de l'UE, prévue pour mars 2019, est non seulement susceptible de présenter des risques pour l'industrie automobile britannique, mais aussi d'entraîner des ajustements dans l'organisation de la production européenne, du fait des profondes interactions industrielles. En outre, le président Trump a menacé d’implémenter des droits supplémentaires sur les voitures importées si les alliés européens ne font pas de concessions commerciales. Cette « épée de Damoclès » a un impact sur les constructeurs allemands, qui souffrent déjà des coups échangés entre les États-Unis et la Chine. Un marché difficile, tant en Chine qu'à l'intérieur du pays, qui contribue largement aux bénéfices des constructeurs européens, les poussera de fait à faire des choix difficiles, compte tenu de l'énorme besoin d'investissement dans l’e-mobilité.

 

Dernière mise à jour : février 2019

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