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Bangladesh

Bangladesh

Population 164,9 millions
PIB par habitant 1749 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 7,3 7,9 8,1 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,4 5,8 5,5 5,9
Solde public * / PIB (%) -3,4 -4,7 -4,4 -4,8
Solde courant / PIB (%) -2,1 -2,8 -1,9 -1,7
Dette publique / PIB (%) 30,8 31,9 32,8 33,8

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale 2019 du 1 juillet 2018 - 30 juin 2019 (le solde public inclut les dons).

POINTS FORTS

  • Secteur de l’habillement compétitif, grâce à une main-d’œuvre relativement bon marché
  • Envois de fonds substantiels de la part de travailleurs expatriés, vivant principalement dans les États du Golfe
  • L’aide internationale contribue à couvrir les besoins de financement
  • Niveau modéré de la dette publique
  • Démographie favorable : un tiers des Bangladais ont moins de 15 ans
  • Progrès de l’inclusion financière grâce à la microfinance et aux services mobiles

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux changements de la concurrence mondiale dans le secteur textile et à l’évolution de la situation dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe
  • Très faible revenu par habitant et faible participation des femmes malgré les progrès accomplis
  • Tensions politiques, religieuses et sociales récurrentes et croissantes
  • Défaillances du climat des affaires et manque d’infrastructures
  • Catastrophes naturelles récurrentes (cyclones, inondations graves, glissements de terrain) entraînant d’importants dégâts et pertes de récolte
  • Un des pays les plus vulnérables au risque climatique (6e pays le plus affecté d’après le Global Climate Risk Index de 2018)
  • Secteur bancaire fragile ; nombreux prêts non productifs dans le bilan des banques

Appréciation du risque

La croissance restera dynamique en 2020

Le PIB gardera une croissance rapide en 2020, principalement grâce à la consommation privée et à l’investissement en capital (respectivement 77 et 31 % du PIB en 2019) qui devraient bénéficier de la croissance des transferts de fonds des expatriés et de la performance du secteur manufacturier (dont la croissance annuelle dépasse les 10 %). Les gains de productivité dans ce secteur seront aussi bénéfiques aux exportations, ce qui permettra de réduire leur contribution négative au PIB. L’investissement (privé) continuera d’augmenter pour financer le Programme annuel de développement (PAD) du gouvernement, dont le but est de développer les infrastructures pour combler les lacunes dans les transports, l’éducation, l’eau et l’énergie, qui limitent la production dans les secteurs tournés vers l’export. La faiblesse du système bancaire, de la gouvernance et des infrastructures pourront néanmoins être un frein aux investissements, notamment étrangers (les IDE représentent seulement 1 % du PIB). L’inclusion du Bangladesh à l’initiative des Routes de la soie renforcera les investissements chinois déjà conséquents. En outre, le segment du prêt à porter, qui représente près de 85 % des exportations (et 11 % du PIB), bénéficiera des perturbations des chaînes de valeur mondiales causées par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, le Bangladesh étant un bon substitut à cette dernière pour ces industries, notamment grâce à la disponibilité d’une main-d’œuvre bon marché. L’inflation se maintiendra à un niveau stable, mais relativement élevé, à cause des pressions de la forte demande, des mauvaises récoltes (liées à d’importantes inondations mi-2019) et aux prix mondiaux des produits de base.

 

Des déficits jumeaux soutenables grâce au dynamisme de l’économie

La forte croissance du PIB devrait permettre au déficit budgétaire de rester stable malgré une augmentation des dépenses, principalement allouées à des investissements en infrastructures au titre du PAD, tels que le métro de Dhaka ou la centrale nucléaire de Rooppur. Les dépenses prendront aussi la forme de subventions sur le Gaz naturel liquéfié (GNL), importé pour pallier l’épuisement des ressources domestiques, et d’incitations et subventions aux exportations. Les recettes fiscales, limitées par une assiette de l’impôt sur le revenu étroite, sont inférieures à 10 % du PIB. Le nouveau régime de TVA, en vigueur depuis juillet 2019, devrait néanmoins permettre leur augmentation. L’aide internationale représente environ 20 % des recettes. Le niveau de la dette publique demeurera soutenable d’après le FMI (plus de 60 % étant de la dette concessionnelle). Les banques commerciales sont caractérisées par un ratio élevé de créances douteuses, en particulier dans les banques possédées par l’État (dans lesquelles ce ratio dépasse 30 %), ce qui pourrait menacer la stabilité financière.

Le déficit courant devrait se réduire légèrement grâce la réduction du déficit commercial. Bien qu’élevée, la croissance des importations (biens d’équipement, énergie et coton) sera en effet outrepassée par celle des exportations. Celles-ci seront portées par le segment du prêt-à-porter, compétitif et en expansion. Les exportations de produits agricoles et alimentaires croîtront également (bien que moins rapidement). D’importants transferts de fonds des travailleurs expatriés compenseront le déficit commercial. Le déficit courant restera financé par les IDE, en augmentation, et par la dette publique. Les réserves de change offrent un filet de sécurité satisfaisant, représentant environ six mois d’importations, dans un contexte mondial de resserrement monétaire qui accroît les risques de fuite des capitaux.

 

Une stabilité politique fragile malgré la continuité à la tête de l’État

Le pays a subi plusieurs coups d’État militaires depuis sa création en 1971. La stabilité politique est vulnérable aux tensions entre la Ligue Awami (AL), au pouvoir, et le Parti nationaliste bangladais (BNP). L’AL est associée à l’indépendance et à une idéologie plus laïque que le BNP, lié à l’héritage de la dictature militaire et à une conception de l’Islam plus traditionnelle et plus stricte. Cela pourrait se traduire par des frictions entre la majorité musulmane de la population et les groupes religieux minoritaires, tandis que les risques de grèves de travailleurs et d’attaques terroristes demeurent. Le dirigeant du BNP, Khaleda Zia, est actuellement en prison pour corruption. L’AL, au pouvoir depuis 2009, a remporté la quasi-totalité des sièges aux élections législatives fin 2018. Toutefois, cela ne mettra pas fin au risque de troubles sociaux, des accusations de fraude pesant sur le parti. Ces risques, associés à la corruption généralisée, contribuent à la défaillance du climat des affaires au Bangladesh (classé 168/190 dans le rapport Doing Business 2020 de la Banque Mondiale).

Les principaux défis de gouvernance resteront la pauvreté et le développement. La crise des réfugiés Rohingyas est un enjeu croissant à mesure que la situation s’enlise. Sur le plan international, le Bangladesh continuera de se concentrer sur les relations avec la Chine et l’Inde, même si les revendications sur le fleuve Teesta et les questions de migration pèseront sur les relations avec l’Inde.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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