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Botswana

Botswana

Population 2,4 millions
PIB par habitant 7 773 $US
A4
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,5 3,0 -9,6 8,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,2 2,8 1,7 2,3
Solde public / PIB (%)* -4,7 -4,3 -7,3 -5,5
Solde courant / PIB (%) 0,6 -7,9 -11,4 -10,4
Dette publique / PIB (%)* 14,2 15,1 20,6 24,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale du 1er juillet - 30 juin

POINTS FORTS

- Ressources naturelles abondantes (diamant en particulier)
- Dettes publique et extérieure réduites
- Réserves de change substantielles
- Stabilité politique et niveau de gouvernance plaçant le pays dans le peloton de tête des pays d’Afrique subsaharienne dans les classements internationaux en matière d’environnement des affaires
- Membre de l’Union douanière d’Afrique australe (en anglais, SACU)

POINTS FAIBLES

- Dépendance envers le secteur du diamant (plus de 90 % des exportations)
- Insuffisance des infrastructures (production et distribution d’eau et d’électricité)
- Inégalités et chômage élevés, stagnation de la pauvreté à un niveau relativement élevé

Appréciation du risque

Forte récession en 2020, croissance dynamique de retour en 2021

La crise de la COVID-19 a plongé le Botswana dans une profonde récession en 2020. Toutefois, un taux de croissance soutenu est attendu pour 2021. La consommation privée, qui contribue à hauteur de 56% au PIB, s’est réduite en 2020 suite aux mesures de confinement mises en œuvre ainsi qu’à la baisse des revenus des ménages. Elle devrait repartir en 2021 (+5,5%), sous réserve qu’il n’y ait pas de mesures de confinement aussi strictes qu’en 2020. L’investissement a chuté en 2020 mais les projets d’investissements étrangers privés dans le secteur minier seront portés dans les mois à venir par une politique monétaire accommodante et un faible taux d’emprunt. La banque centrale du pays a en effet fixé fin 2020 son taux directeur à un niveau historiquement bas à 3,75%. L’investissement privé sera aussi soutenu par les dépenses publiques. L’Etat a en effet annoncé en avril 2020 la mise en œuvre d’un plan de relance de 2 milliards de pulas, soit 1,1% du PIB, visant à compenser en partie les baisses de revenus des salariés liées à la récession, aider les entreprises en difficulté (prêts garantis par l’État, report partiel d’impôts notamment) et financer des investissements publics en matière d’agriculture, de santé et de transports.

L’agriculture, qui ne représente qu’une faible part du PIB (2%), n’a que peu été affectée par la crise en 2020 et devrait garder le même taux de croissance (de l’ordre de 1,5%) en 2021. Au contraire, le secteur minier, qui représente un quart du PIB, et plus particulièrement l’industrie du diamant, ont fortement chuté en 2020, notamment suite à la baisse du cours mondial du diamant (- 25% entre février et avril, suivi d'une lente remontée de 15% entre mai et fin 2020) et à la hausse des coûts de production, à la fois dans les mines de diamant, mais aussi dans celles de cuivre et de nickel. Après une chute de l’activité de 25% au premier semestre 2020 et malgré une légère reprise attendue, les services devraient continuer de souffrir en 2021 de l’effondrement du tourisme suite à la fermeture des frontières, et ce alors que le secteur représente 14% du PIB et 10% des emplois. Ces évolutions sectorielles ont affecté négativement les échanges extérieurs, 90% des exportations du pays dépendant du secteur primaire (diamant et minerais) et du tourisme.

 

Comptes public et courant largement déficitaires

L’ampleur du plan de relance annoncé en avril 2020 est plus grande que la moyenne des plans de relance africains. Nécessairement, la mise en œuvre d’un tel plan, couplée à une chute des recettes fiscales issues des minerais (qui représentent un quart des recettes totales), a creusé le déficit public de l’année fiscale 2020-2021. Le déficit se réduirait toutefois sur l’année 2021-2022 à mesure que le gouvernement réduise les subventions accordées et que les recettes fiscales retrouvent leur niveau pré-COVID. En conséquence, la dette publique a aussi augmenté mais son niveau reste bas.

Le déficit courant s’est de nouveau creusé en 2020 mais devrait légèrement se réduire en 2021. Malgré une baisse des importations due notamment à la diminution de la facture pétrolière, les exportations de biens (composées à 90% de minerais), ont chuté en 2020. Les services ont connu la même dynamique, tirés par la chute du tourisme (diminution de 70% des revenus du tourisme en 2020). Le déficit commercial du pays devrait cependant se réduire en 2021, à mesure que le marché international du luxe se renforce et que la situation sur le marché du diamant s’améliore aux États-Unis, en Chine et en Belgique. Par ailleurs, les transferts en provenance de la SACU (8,5% du PIB) se sont réduits en 2020, notamment suite à l’effondrement de l’activité en Afrique du Sud. Le financement du déficit courant sera aisé pour le pays qui dispose de réserves de changes élevées (8 mois d’importations) et le recours à l’endettement extérieur, bien qu’en hausse, reste relativement faible (21% du PIB).

 

Situation politique stable, mais système financier vérolé

Le Parti démocratique du Botswana (BDP), au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1966, a remporté 56 % des votes aux élections législatives d’octobre 2019. Le président sortant, Mokgweetsi Masisi, s’est donc maintenu à la tête de l’État. Le gouvernement fait face à un contexte de pauvreté et de chômage élevés (presque 20% de la population active en 2020), accrus par la COVID-19. Il devra par ailleurs remédier au manque de diversification de l’économie ainsi qu’aux inégalités sociales persistantes (10ème pays le plus inégalitaire au monde selon la Banque Mondiale).

Régulièrement en bonne position parmi ses pairs d’Afrique subsaharienne dans les classements internationaux, le Botswana a, toutefois, encore des progrès à réaliser pour améliorer son environnement des affaires et soutenir le développement du secteur privé (87ème sur 190 au classement Doing Business 2020). Par ailleurs, le pays est placé sur la liste grise du GAFI incluant les pays dont les régulations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sont insuffisantes et a été inclus en mai 2020 sur la liste grise de la Commission européenne pour les mêmes raisons. Dès lors, les transactions financières entre le Botswana et les entités étrangères seront soumises à une vigilance accrue.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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