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Cameroun

Cameroun

Population 24,3 millions
PIB par habitant 1,441 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,6 3,5 3,9 4,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,9 0,6 1,0 1,2
Solde public / PIB (%) -6,1 -4,6 -2,7 -2,4
Solde courant / PIB (%) -3,3 -2,7 -3,2 -3,0
Dette publique / PIB (%) 33,3 38,2 38,7 39,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources agricoles, pétrolières et minières
  • Économie diversifiée, comparée à celle d’autres pays exportateurs de pétrole
  • Modernisation des infrastructures en cours

POINTS FAIBLES

  • Comptes extérieurs et publics dépendants des hydrocarbures
  • Croissance peu « inclusive » et environnement des affaires encore difficile
  • Risque politique accru : insécurité dans l’Extrême-Nord du pays et montée des tensions entre la minorité anglophone et le régime (majoritairement francophone)

Appréciation du risque

Le gaz soutient l’activité

En 2019, la croissance devrait augmenter, grâce, en particulier, à la montée en puissance de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’unité flottante de liquéfaction (Hilli Episeyo) au large de Kribi. La production de GNL devrait permettre de compenser le déclin progressif de la production de pétrole brut, consécutif à la baisse de l’investissement dans de nouveaux projets depuis 2014. Le secteur secondaire devrait également bénéficier de la bonne tenue de la construction, grâce aux investissements dans des projets tels que l’extension du port en eau profonde de Kribi ou la construction du barrage de Nachtigal. Néanmoins, suite au retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football 2019, certains investissements devraient être retardés, même si les projets d’infrastructures routières et sportives devraient être poursuivis dans l’optique d’organiser le tournoi en 2021. Les progrès dans l’approvisionnement en électricité, grâce à la mise en service de certains barrages hydroélectriques (Lom-Pangar, Memve’ele), devraient soutenir les industries manufacturières, notamment la filière de transformation du bois et l’agro-industrie. Cette dernière soutiendra la production agricole, qui bénéficiera aussi des efforts entrepris pour améliorer la productivité du secteur. Néanmoins, la faible protection des droits fonciers et l’accès limité au crédit continueront de peser sur la croissance du secteur primaire. De plus, la production de café et de cacao, principalement produits dans les régions anglophones, devrait continuer de pâtir de l’instabilité politique.Elle devrait également se ressentir sur la confiance des consommateurs et des entreprises de ces régions, contraignant les secteurs de service, qui devraient, par ailleurs, rester dynamiques en 2019.

Difficultés budgétaires persistantes

En 2019, la réduction du déficit budgétaire devrait se poursuivre, grâce aux efforts entrepris pour améliorer la collecte des recettes non pétrolières. La perception de l’impôt foncier par le biais des factures d’électricité et la réduction des niches fiscales apparaissent, notamment, au rang de priorité afin de générer des recettes supplémentaires. De surcroît, l’augmentation de la production de GNL pourrait également soutenir la hausse des revenus de l’État. Les autorités prévoient aussi de continuer à réduire le train de vie de l’État. Des mesures visant à améliorer l’exécution budgétaire, comme la loi portant Code de transparence et de bonne gouvernance, pourraient permettre de contenir les dépassements budgétaires récurrents. Les dépenses sécuritaires liées, notamment, au conflit en cours dans les régions anglophones devraient néanmoins continuer d’exercer des pressions sur le budget. La faible génération de recettes fiscales et le recours à l’endettement extérieur non concessionnel pour financer certains projets ont dégradé le profil de risque de la dette.

La balance courante demeurera déficitaire en 2019. Les importations de biens d’équipement, nécessaires à la réalisation des projets, continueront notamment de peser sur une balance commerciale qui restera négative, malgré les progrès attendus des exportations de GNL ou de bois. Le déficit des services devrait être alimenté par les services techniques. Le compte des revenus accusera aussi un déficit, en raison des versements d’intérêts de la dette. L’excédent des transferts dépendra largement des envois de fonds des travailleurs expatriés. Malgré les flux d’IDE, le recours à l’endettement devrait rester nécessaire pour financer le déficit courant. Le soutien du FMI dans le cadre d’un programme FEC permet également de palier les besoins de financement extérieurs. Les accords du FMI avec la majorité des pays de la CEMAC et la remontée des cours du pétrole ont permis d’atténuer la pression sur les réserves de change au niveau régional.

Le « Sphinx d’Etoudi » face au défi de la crise anglophone

Au pouvoir depuis 1982, Paul Biya a été reconduit, à 86 ans, pour un septième mandat consécutif, avec plus de 71 % des voix, à l’occasion des élections présidentielles du 7 octobre 2018. Les accusations de fraude et les contestations du résultat n’ont pas ébranlé la domination de celui qui est surnommé le « Sphinx d’Etoudi » pour la rareté de sa parole. Néanmoins, la chute 14 points de la participation (54 %) par rapport à celle de 2011 témoigne du morcellement croissant du pays : ce sont notamment moins de 10 % des électeurs qui ont glissé leur bulletin dans l’urne dans les régions anglophones (Sud-Ouest, Nord-Ouest). Cette faible participation est le résultat d’une dégradation de la situation politique et sécuritaire dans ces régions depuis la fin de l’année 2016. Les affrontements entre l’armée et les séparatistes se sont intensifiés en 2018 et continuent d’être une source de déstabilisation du pays. La stabilité souffre également de l’activité de Boko Haram, groupe terroriste islamiste, dans l’Extrême-Nord. Le retrait de la CAN 2019, à cause de ces tensions sécuritaires croissantes et des retards dans les travaux, écorne, tant au niveau national qu’international, l’image de Paul Biya.

Le climat des affaires souffre d’un environnement institutionnel et réglementaire lourd et complexe, comme en témoigne son 166e rang (sur 190) dans le classement Doing Business 2019, et de la prévalence de la corruption.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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