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Costa Rica

Costa Rica

Population 5,1 millions
PIB par habitant 12 244 $US
C
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,6 2,0 -5,0 2.5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,4 1,5 0.7 0.8
Solde public / PIB (%) -6,0 -6,9 -9,4 -7.6
Solde courant / PIB (%) -3,1 -2,5 -4.5 -4.1
Dette publique / PIB (%) 53,7 58.3 70.1 74.8

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Institutions démocratiques (depuis 1949)
  • Meilleurs indicateurs sociaux de la région : éducation, santé
  • Services et industries de pointe (pharmacie, microprocesseurs) attractifs pour les IDE
  • Echanges diversifiés grâce à de multiples accords commerciaux
  • Ressources touristiques : hôtellerie, parcs nationaux

POINTS FAIBLES

  • Comptes publics non-soutenables
  • Exposition aux catastrophes naturelles
  • Insuffisance des infrastructures de transport
  • Tributaire des Etats-Unis en matière économique (IDE, exportations) et financière (banques)
  • Manque de main d’œuvre qualifiée, travail non déclaré
  • Fortes inégalités de revenus, faible redistribution du fait de recettes publiques limitées (13% du PB)

Appréciation du risque

Une reprise minée par la chute du tourisme et la fragilité des finances publiques

Touchée par une ample récession en 2020, l’activité au Costa Rica ne connaîtra pourtant pas un fort rebond en 2021. La demande interne restera contrainte dans un contexte de grande fragilité des finances publiques limitant la capacité d’investissement du gouvernement. La consommation des ménages (plus de 60% du PIB) sera limitée par le fort taux de chômage et de sous-emploi qui n’ont diminué que très progressivement depuis le début de la réouverture de l’économie fin juillet 2020. Malgré l’annonce de l’ouverture de 2000 emplois dans le pays par Amazon en avril 2020 pour des centre d’appels destinés à la clientèle européenne, ils atteignaient respectivement 23% et 26% de la population active en août 2020 contre 12,4 et 12,5% au début de la crise. Par ailleurs, les pressions déflationnistes resteront fortes dans ce contexte, avec un prix du pétrole encore faible, conduisant la banque centrale à prolonger sa politique accommodante pour tenter de ramener l’inflation dans sa fenêtre cible de 2-4%. Malgré cela, les investissements privés devraient rester peu dynamiques dans l’ensemble, affectés par le climat mondial d’incertitude et les tensions politiques internes. Les secteurs de matériels et d’équipements médicaux ainsi que les centres d’appel pour les services clients seront les seuls à attirer des investissements étrangers, avec une perte d’engouement pour le tourisme. La compétition entre le gouvernement et le secteur privé pour l’accès au financement domestique devrait aussi rendre plus difficiles les investissements de la part d’acteurs locaux. Si la demande extérieure pour les équipements médicaux produits dans les maquilas des zones franches devrait rester allante, celle pour le textile et l’habillement produits par les entreprises soumises au régime commun devrait en revanche encore pâtir de la reprise modérée de la demande aux Etats-Unis. Enfin, le secteur du tourisme, dont les recettes représentaient 7% du PIB en 2019, et l’une des principales sources de croissance de ces dernières années, devrait être encore très affecté par le faible nombre de visiteurs en 2021, alors que perdurent les craintes sanitaires. Une reprise incontrôlée de la pandémie localement, ou chez les principaux partenaires commerciaux, pourrait noircir ce scénario.

 

Des finances publiques critiques et une solution dans l’impasse

Malgré le vote de la loi de responsabilité fiscale fin 2018, le gouvernement n’a pas réussi à redresser la situation des finances publiques qui s’est aggravée avec la pandémie en 2020. Après un effondrement des recettes en 2020 (-11.5% par rapport à 2019), la situation ne devrait s’améliorer que marginalement en 2021. Avec une charge d’intérêts devenue très lourde (13,5% du PIB), le déficit devrait rester très élevé, malgré la baisse de 5,3% des dépenses primaires qui excluent le service de la dette en 2021. La stratégie de remplacement de la dette commerciale, la plus chère, par des emprunts auprès des bailleurs multilatéraux n’a réussi que partiellement. En effet, les tentatives de négociations avec le FMI pour souscrire à une Facilité Elargie de Crédit à hauteur de USD 1,7 milliards se sont pour l’instant heurtées à une vague d’opposition dans les rues, très critiques des mesures d’austérité inclues dans le projet, forçant le gouvernement à clore les négociations en octobre 2020.

Ce besoin de financement pour les comptes publics s’accompagne d’un besoin de financement pour les comptes extérieurs. En effet, la balance commerciale risque de voir son déficit s’accroître. Les importations vont augmenter dans le cadre de la reprise de l’économie et de la production manufacturière, alors que, dans le même temps, les exportations de biens, même portées par les équipements et la machinerie médicales, ainsi que par les produits agricoles (ananas, bananes) pourraient repartir plus lentement. Avec un secteur touristique encore en pleine convalescence, le traditionnel excédent des services pourra d’autant moins éponger en partie le déficit des échanges de biens et celui des revenus issus des rapatriements de bénéfices par les investisseurs étrangers, laissant un compte courant encore largement déficitaire. Les IDE, qui financent normalement largement de moindres déficits courants, plus faibles ne permettront pas de couvrir le besoin de financement. La nécessité de sécuriser des prêts multilatéraux s’en trouvera accrue. Ceci, ajoutée à la hausse de la prime de risque liée aux tensions politiques dans le pays, devrait continuer d’exercer des pressions à la baisse sur le colon.

 

Une côte de popularité en chute libre et un congrès divisé

Alors que la popularité du président Carlos Alvaro Quesada, élu en avril 2018, était au plus haut au printemps suite à sa bonne gestion de la première vague de la pandémie, l’adhésion de la population s’est étiolée au fur et à mesure de l’augmentation des cas à la fin du printemps (26% d’opinions favorables fin août 2020). L’ouverture des négociations avec le FMI et la potentielle mise en place de mesures d’austérité ont fini par achever sa popularité, amenant un vaste mouvement de blocages des routes du pays. Alors que son parti, Partido de Acción Ciudadana, ne détient que 10 sièges sur 57 au Parlement, toute discussion de prêts avec des bailleurs multilatéraux devrait s’avérer très difficile.

Sur la scène internationale, l’adhésion à l’OCDE devrait enfin être pleine et entière après un très long processus fin 2020. La situation continuera d’être tendue avec son voisin le Nicaragua toujours en pleine crise.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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