Malaisie

Asie

PIB / Habitant ($)
12090,6 $
Population (en 2021)
33,0 Millions

Evaluation

Risque Pays
A4
Climat des affaires
A3
Précédemment
A4
Précédemment
A3

suggestions

Résumé

Points forts

  • Marché intérieur important avec un revenu par tête élevé dans une région dynamique
  • Services dynamiques (commerce de gros et de détail, finance, tourisme, TIC, transport) et industrie diversifiée et exportatrice (électronique, aéronautique, pharmacie, pétrochimie, automobile, agroalimentaire)
  • Investissement (y compris R&D) soutenu par l'expansion du marché financier local et les IDE
  • Flexibilité du taux de change, amples réserves de change
  • Membre de seize accords de libre-échange (membre de l'ASEAN, RCEP, CPTPP, etc.)
  • Plaque tournante du tourisme régional (aéroport de Kuala-Lumpur)

Points faibles

  • Forte dépendance aux exportations (61% du PIB en 2024)
  • Recettes budgétaires dépendantes des performances pétrolières et gazières (19 % des recettes en 2024)
  • Faibles recettes fiscales (15 % du PIB), informalité (22 % de l’emploi), manque de transparence dans les dépenses budgétaires, bureaucratie
  • Endettement très élevé des ménages et des entreprises
  • Érosion de la compétitivité-prix due à l'augmentation du coût de la main-d'œuvre
  • Forte dépendance aux importations alimentaires (60 % de la consommation)
  • Disparités régionales (Bornéo), villes-campagne, ethniques et religieuses suscitant des rivalités et fragmentation politique

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Singapour
15%
États-Unis d'Amérique
13%
Chine
12%
Europe
7%
Hong Kong
6%

Import des biens en % du total

Chine 22 %
22%
Singapour 12 %
12%
États-Unis d'Amérique 9 %
9%
Taïwan (République de Chine) 8 %
8%
Europe 7 %
7%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Modération de la croissance, soutenue par l’essor de l’IA et la demande intérieure

La croissance malaisienne devrait de nouveau se modérer en 2026. Le contexte international est marqué par le protectionnisme accru, alors que l’économie dépend fortement des exportations. Les droits de douane de 19% imposés par les Etats-Unis – deuxième partenaire commercial avec 13% des exportations en 2024 – pourraient peser sur les ventes. De plus, la normalisation des exportations, après leur forte progression début 2025 liée à l’anticipation des mesures protectionnistes de l’administration Trump, contribuera également au ralentissement de leur croissance. Cependant, la vive demande mondiale pour les semi-conducteurs et les centres de données, portée par l’essor de l’intelligence artificielle et du recyclage électronique, continuera de soutenir les exportations malaisiennes. Cette dynamique permettrait de compenser la contraction des ventes de produits pétroliers, deuxième poste d’exportation, affectées par la faiblesse des prix mondiaux de l’énergie. Le Nouveau Plan Industriel Directeur 2030 (NIMP2030), associé à de grands projets d’infrastructure, vise à stimuler la croissance dans les secteurs électronique, aérospatial et pétrochimique, en attirant des flux importants d’investissements directs étrangers. Des dépenses en capital élevées soutiendront l’investissement public. La consommation privée restera dynamique, favorisée par l’inflation modérée et la hausse des revenus. Cette dernière s’explique par le marché du travail solide – le taux de chômage ayant atteint 3 % en 2025 – et des mesures gouvernementales favorables, telles que les revalorisations salariales des fonctionnaires. Enfin, les services demeureront le principal moteur de l’économie (60% du PIB en 2024), tirés par le commerce, les TIC, les services financiers – en particulier la finance islamique – et le tourisme. Ce dernier sera stimulé par les dépenses liées à la campagne Visit Malaysia 2026 et l'augmentation de l'afflux de visiteurs chinois, compte tenu du conflit entre la Thaïlande et le Cambodge.

En 2026, l’inflation devrait légèrement s’accélérer, sous l’effet de nouvelles taxes et de la rationalisation des subventions. Notamment, la mise en place progressive d’un régime ciblé de subventions pour le carburant RON95 entraînera une hausse des prix pour les consommateurs exclus du dispositif, désormais soumis au prix de marché. Toutefois, la baisse des cours mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires devrait atténuer ces pressions, maintenant l’inflation dans la fourchette cible de la banque centrale (1,5% à 3%). Le taux directeur devrait ainsi rester stable à 2,75 % en 2026.

Poursuite de la consolidation budgétaire, dette publique élevée mais gérable

Le gouvernement maintiendra son objectif d’assainissement budgétaire, visant une nouvelle réduction du déficit en 2026. Le budget prévoit un recul des recettes non fiscales lié à la baisse des dividendes versés par la société nationale Petroliam, conséquence du repli des prix mondiaux de l’énergie. L’accent sera mis sur la maîtrise des dépenses de fonctionnement, avec la rationalisation des subventions comme principal levier. Parmi les mesures déjà engagées figurent la suppression de la subvention sur les œufs et la réforme de la subvention sur le carburant RON95. Les économies générées seront réorientées vers des dépenses de développement, notamment dans le capital humain, les infrastructures et le soutien social, avec un objectif minimal de 3% du PIB. Parallèlement, l’augmentation des droits d’accise sur l’alcool et le tabac, l’introduction d’une taxe carbone et l’extension de la taxe sur les ventes et services soutiendront la progression des recettes fiscales. De plus, l’accélération de la numérisation devrait contribuer à une meilleure mobilisation des recettes et au renforcement de la gouvernance. Enfin, la dette publique reste modérée et gérable, bien que proche du plafond légal fixé à 65% du PIB. Majoritairement domestique (76%), elle est presque entièrement libellée en monnaie locale (98%). Près des deux tiers de l’encours sont constitués de titres à long terme (supérieurs à cinq ans), réduisant ainsi les risques de refinancement.

La balance courante devrait rester excédentaire, notamment grâce aux exportations de biens (électroniques et électriques, notamment) et à la réduction du déficit des services dans le contexte d’un tourisme dynamique. Cet excédent pourrait toutefois être fragilisé par le renforcement du protectionnisme mondial, en particulier celui des États-Unis. Le rapatriement de leurs bénéfices par les entreprises étrangères ainsi que les envois de fonds des travailleurs étrangers contribueront à des déficits persistants sur le compte des revenus. Bien que les réserves internationales augmentent grâce à l’excédent récurrent du compte courant et aux flux d’investissements étrangers, leur ratio par rapport aux importations et leur capacité à couvrir la dette extérieure à court terme diminuent. Elles ne couvrent actuellement que quatre à cinq mois d’importations et près de 80 % de la dette extérieure à court terme. Enfin, la dette extérieure représentait 66% du PIB en 2024, dont près des trois quarts sont dus par des débiteurs privés. De plus, trois quarts de cette dette est libellée en devises.

Stabilité politique relative

Les élections de mai 2023 ont débouché sur un paysage politique divisé, marqué par les différences ethniques et religieuses, aucune des trois principales coalitions - Pakatan Harapan (PH), Perikatan Nasional (PN) et Barisan Nasional (BN) - n’ayant obtenu la majorité absolue. Grâce à l’intervention du roi, le PH (81 des 222 sièges parlementaires), le BN (30) ainsi que plusieurs partis régionaux - Sarawak (23) et Sabah (6) - ont accepté de former un gouvernement de coalition. Anwar Ibrahim, leader du PH, a été nommé Premier ministre. Malgré la diversité des intérêts au sein du gouvernement, la stabilité politique devrait se maintenir jusqu’aux élections générales prévues, au plus tard, en février 2028, grâce aux relations cordiales entre PH et BN et à une opposition affaiblie (69 sièges pour le PN). Toutefois, les factions pro-malaises de sa coalition– notamment l’UMNO au sein du BN, rival historique d’Anwar et du PH - obligent Anwar à maintenir les politiques d’action positive en faveur des Bumiputera (près de 70 % de la population), faute de quoi il risquerait de perdre leur soutien et de compromettre sa majorité parlementaire.

Face à l'escalade des tensions entre les États-Unis et le Japon, d’une part, et la Chine, d’autre part, la Malaisie est déterminée à maintenir ses relations avec les trois pays.  Et ce, malgré son différend avec Pékin sur la mer de Chine méridionale, la Chine étant un partenaire commercial et une source d'investissement de premier plan. La Malaisie a signé un accord commercial réciproque avec Washington, fixant un tarif de 19 % sur ses exportations vers les États-Unis, tout en accordant des exemptions pour environ 12 % de ses exportations, dont les équipements aérospatiaux, les produits pharmaceutiques, le caoutchouc, le cacao et l’huile de palme. En contrepartie, la Malaisie s’engage à importer des biens américains, notamment des avions et des semi-conducteurs, pour un montant estimé à 170 milliards de dollars sur cinq ans. De plus, le pays a approfondi sa coopération en matière de sécurité avec les États-Unis et le Japon.  Enfin, il cherche à diversifier ses partenaires commerciaux en concluant de nouveaux accords de libre-échange. Après la signature d’un ALE avec l’EFTA (Suisse, Norvège, Islande et Liechtenstein) en juin 2025, les négociations avec l’Union européenne en vue d’un accord similaire se poursuivront en 2026.

Conditions de Paiement et Moyens de Recouvrement

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Paiement

Le virement bancaire, les espèces et le chèque sont des moyens de paiement d’usage courant en Malaisie. De même le réseau bancaire national permet d’effectuer des paiements en ligne. La lettre de crédit est également communément utilisée. Depuis 2017, la banque centrale impose que 75 % des paiements réalisés en devises étrangères soient convertis en ringgit malaisien (MYR) à réception. Les transactions effectuées en Malaisie doivent être effectuées en ringgit.

Recouvrement des créances

Phase amiable

Des prises de contact permettent régulièrement d’engager des négociations et de parvenir à des accords à l’amiable en réponse à un litige et/ou créances. Si l’acheteur n’offre pas de réponse, une visite du site et des recherches en ligne sont effectuées d’office afin de déterminer l’état de l’activité de l’acheteur et son statut légal. S’il persiste à ignorer ou à négliger les tentatives de règlement amiable de l’affaire, le fournisseur peut entamer une procédure judiciaire, pour recouvrer les paiements correspondant aux biens vendus et livrés. Il convient néanmoins de s’assurer que l’acheteur possède des actifs suffisants pour satisfaire la créance avant le lancement de la procédure.

Procédure judiciaire

Le système juridique malaisien est basé sur le système de la Common Law anglaise. La hiérarchie des tribunaux en Malaisie est constituée, dans l’ordre croissant, par le tribunal d’instance (Magistrates’ Court, « tribunal des magistrats »), le tribunal des sessions (Sessions Court), la Haute cour (High Court), la Cour d’appel (Court of Appeal), puis enfin la Cour fédérale de Malaisie (Federal Court of Malaysia). La Haute Cour, la Cour d’appel et la Cour fédérale sont des cours supérieures, tandis que le tribunal des magistrats et le tribunal des sessions sont des tribunaux subordonnés. Il existe également plusieurs autres tribunaux en dehors de cette hiérarchie, par exemple, tribunaux du travail, maritimes, de la Charia ou des affaires islamiques.

Les créances portées devant le tribunal des magistrats sont limitées à 100 000 MYR, tandis qu’un tribunal des sessions pourra connaître des affaires civiles dont le montant en litige ne dépasse pas 1 000 000 MYR. Lorsque le montant réclamé ne dépasse pas 5 000 MYR, la demande doit être déposée auprès de la division des petits litiges du tribunal des magistrats. Toutefois, la présence d’un avocat n’est pas autorisée.

Une créance impayée a normalement un délai de prescription de six ans à partir de la survenance de la cause de la demande (par exemple, violation de contrat). Le créancier doit remettre une assignation au débiteur dans les six mois qui suivent l’émission de l’assignation. Après la remise de l’assignation, le défendant dispose de 14 jours (ou 21 jours si l’assignation a été remise en dehors de la juridiction malaisienne) pour déposer un mémorandum de comparution (Memorandum of Appearance) auprès du tribunal, afin d’indiquer son intention de comparaître devant le tribunal et de se défendre contre l’action intentée.

Avant qu’une assignation ne puisse être émise, elle doit être motivée par le dépôt d’une requête ou par une demande générale, c’est-à-dire une déclaration concise précisant la nature de la réclamation et la réparation ou le recours demandé. Lorsque l’assignation ne s’appuie que sur une demande générale, la requête doit être remise avant l’expiration d’un délai de 14 jours après comparution du défendeur.

Lorsque le défendeur a comparu, il est tenu de présenter sa défense au plaignant dans un délai de 14 jours après expiration du délai de comparution ou après remise de la requête si celle-ci intervient plus tard.

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PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE

Si le défendeur ne se présente pas devant le tribunal, le plaignant peut demander que soit rendu un jugement par défaut. En général, lorsque le défendeur comparaît, présente une défense et dépose toutes les pièces requises en soutien de son dossier, tout est prêt pour le procès. Si la défense semble clairement insuffisante, le plaignant peut demander que soit rendue une décision en référé à l’encontre du défendeur. Pour éviter cela, le défendeur doit démontrer que le litige donne matière à un procès ou qu’il existe une autre raison pour que se tienne un procès.

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Exécution d’une décision de justice

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ORDONNANCE DE SAISIE-EXÉCUTION

Une ordonnance de saisie-exécution peut concerner les biens mobiliers et immobiliers aussi bien que les valeurs mobilières. Lorsque les biens à saisir sont des biens immobiliers garantis, la saisie doit faire l’objet d’une ordonnance interdisant au débiteur judiciaire de transmettre, vendre ou louer les biens en question.

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PROCÉDURE DE SAISIE-ARRÊT

Le créancier judiciaire peut demander la saisie de sommes que le débiteur judiciaire est censé recevoir d’une tierce partie. Si la personne qui fait l’objet de l’ordonnance de saisie-arrêt ne se présente pas devant le tribunal, l’ordonnance devient exécutive. Si cette personne se présente devant le tribunal, celui-ci peut rendre une décision en référé ou ordonner la tenue du procès.

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CITATION À COMPARAÎTRE DU DÉBITEUR JUDICIAIRE

L’objectif de cette citation est de donner au débiteur judiciaire l’occasion de rembourser sa dette selon un échelonnement adapté à ses moyens. Le débiteur lui-même peut demander cette procédure. En vertu de l’Ordonnance 14 (Order 14), le défendeur peut accepter la réclamation du plaignant et proposer un remboursement échelonné ; le tribunal peut accorder cette demande si le plaignant donne son accord.

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PROCÉDURE DE FAILLITE

Si le jugement total de la créance est supérieur à 30 000 MYR, la procédure de faillite peut être déclenchée si le débiteur judiciaire ne respecte pas le jugement ou la décision rendu(e) à son encontre. Une fois qu’un débiteur est déclaré en faillite, d’autres créanciers ont également le droit de déposer un formulaire de production de créance et une procuration pour avoir le droit d’avoir une part de la distribution du patrimoine du débiteur. La distribution du patrimoine est effectuée en fonction de l’ordre de priorité des créanciers.

JUGEMENTS ÉTRANGERS

Toute décision rendue par un pays étranger doit être reconnue comme un jugement domestique afin de devenir exécutoire par une procédure d'exequatur. La Malaisie a conclu des accords de reconnaissance et d'exécution réciproques avec certains pays, dont Hong Kong, l'Inde et la Nouvelle-Zélande.

Procédure d’insolvabilité

Plusieurs procédures d’insolvabilité et de restructuration sont disponibles. Au titre de la loi sur les sociétés, la procédure d’insolvabilité disponible comprend :

la liquidation judiciaire obligatoire et volontaire des sociétés ;

la désignation d’administrateurs judiciaires et de gestionnaires d’entreprise ;

des mécanismes de restructuration.

Dernière mise à jour : janvier 2026

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