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Cuba

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Population 11,4 millions
PIB par habitant - $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 1,6 1,2 -0,5 0,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,6 2,4 4,5 2,0
Solde public / PIB (%) -8,6 -8,3 -6,5 -8,0
Solde courant / PIB (%) 0,6 0,7 0,6 0,1
Dette publique / PIB (%) 48,2 51,2 52,1 53,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Secteurs touristique et minier (nickel, cobalt) et potentiel agricole (sucre, tabac)
  • Ouverture au secteur privé individuel et coopératif de l’agriculture, du commerce, de la restauration et de la construction (plus de 200 métiers)
  • Main-d’œuvre qualifiée et peu onéreuse
  • Secteurs médical et éducatif de qualité
  • Indicateurs sociaux relativement satisfaisants
  • Faible criminalité et lutte contre la corruption
  • Accord de dialogue et de coopération avec l’Union européenne depuis le 1er novembre 2017

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilités externes (climat, prix des matières premières, aide vénézuélienne)
  • Faible productivité du secteur public et de l’agriculture
  • Faiblesse de l’investissement et infrastructures défaillantes
  • Processus administratif très lourd et réglementation commerciale encore très récente
  • Contrôle de l’État sur le commerce de gros, le crédit, ainsi que sur les échanges extérieurs et les investissements étrangers
  • Subventions sur les produits de base (ceux figurant dans la libreta ou carnet de rationnement) pesant sur les dépenses publiques
  • Accès réduit aux financements extérieurs
  • Éloignement du taux de conversion de la réalité qui entretient le dualisme de l’économie, le marché noir, l’économie de rationnement et le secteur informel
  • Manque de transparence statistique

Appréciation du risque

Une économie asphyxiée par les sanctions américaines

En 2020, l’économie cubaine continuera de souffrir du durcissement des sanctions américaines mises en place par l’administration Trump au cours de l’année 2019. L’interdiction des croisières à destination de Cuba depuis les États-Unis décidée en juin 2019 par Washington est un véritable coup dur pour le secteur touristique (- 10 % prévu en 2019 par rapport à 2018). Plus généralement, l‘activité économique continuera de subir le contrecoup des mesures d’urgence d’économie d’énergie mises en place en septembre 2019 face au manque de pétrole. Ne produisant que 47 % du pétrole nécessaire à sa consommation domestique, Cuba doit faire face à la perturbation des livraisons de pétrole vénézuélienne, déjà en baisse ces dernières années, depuis le durcissement des sanctions américaines contre le pétrole vénézuélien au printemps 2019. L’arrêt des livraisons en septembre 2019 a provoqué la suspension des activités non essentielles sur l’île pour économiser le pétrole restant. De nouvelles perturbations des livraisons sont probables en 2020. Par ailleurs, le pari sur les IDEs du gouvernement cubain pour porter la croissance est largement menacé par l’application du titre 3 de la loi Helms Burton décidée en mai 2019. Ce titre, jusque-là jamais appliqué depuis l’adoption de la loi en 1996, autorise toute entreprise ou citoyen américain à recourir aux cours américaines pour poursuivre les entités bénéficiant des actifs expropriés à Cuba depuis le 1er janvier 1959. La possibilité de poursuites pourrait fortement décourager de nouveaux investissements étrangers dans le pays, notamment dans les secteurs touristiques, agroalimentaires et pharmaceutiques, secteurs phares du pays. Les mesures favorables aux entreprises du gouvernement cubain ne seront pas suffisantes pour combler ce manque d’investissement. Sont à signaler la possibilité pour les entreprises d’État de réinvestir une part de leur profit et l’autorisation pour les fournisseurs de la zone spéciale de Mariel de conserver une partie des devises étrangères reçues. La consommation des ménages devrait, pour sa part, souffrir de l’application, depuis septembre 2019, d’un contrôle strict du montant de remises pouvant être envoyés par les expatriés aux États-Unis à leurs proches restés au pays, soit 1 000 USD sur trois mois par proche pour chaque expatrié. La hausse du salaire minimum mensuel chez les fonctionnaires à 16,4 USD depuis l’été 2019 ne sera pas suffisante pour contrecarrer l’impact des sanctions américaines. L’inflation restera faible, résultant du contrôle des prix mis en place en août 2019 et de la plus faible activité économique.

 

Des comptes publics et courants exposés aux contraintes extérieures

Les recettes fiscales devraient souffrir de la stagnation de l’activité en 2020 qui réduira le produit des impôts sur les ventes, ainsi que de l’affaiblissement de l’aide vénézuélienne. Les dépenses publiques, peu flexibles étant donnée la large part des coûts de fonctionnement, devraient augmenter avec la hausse du salaire des fonctionnaires et un système de pensions de retraite qui pèse sur le budget. Malgré le manque de données fiables, la volonté du gouvernement de continuer à investir largement dans l’économie laisse prévoir un accroissement du déficit fiscal. La dette du pays devrait donc continuer à augmenter, financée par des émissions de titres souverains aux banques locales ainsi que par des prêts chinois et russes en l’absence d’accès aux marchés financiers internationaux.

Le compte courant devrait rester légèrement excédentaire, mais le surplus sera plus faible. Les importations de biens devraient diminuer suite à la compression décidée par le gouvernement face au manque de devises, mais la nécessité de s’approvisionner en pétrole aux prix de marché face aux moindres livraisons de pétrole vénézuélien devrait limiter l’ampleur de cette réduction. Les exportations de biens devraient être dynamiques. En effet, le cours du sucre remonte la pente, tiré par une moindre production mondiale, tandis que le cours du nickel devrait monter en flèche face à la baisse de la production indonésienne. Ces nouvelles dynamiques devraient porter les exportations de biens, dont le nickel et le sucre sont les principaux composants. La balance des services sera au contraire moins dynamique, face aux nouvelles restrictions pesant sur le tourisme, et à la récente expulsion des médecins cubains du Brésil, limitant les exportations de services médicaux, principale source de devises. La baisse des transferts des expatriés à prévoir suite aux nouvelles sanctions américaines devrait aussi diminuer ce surplus courant. Cette situation fait peser un risque sur les faibles réserves de devises face à l’accroissement de la dette extérieure (+ 53 % de 2013 à 2016).

 

Peu de changement politique en vue

2019 fut marquée par la mise en place des différents points de la réforme constitutionnelle approuvée par référendum au début de l’année. Parmi les mesures clés on dénombre un effort de décentralisation pour la planification économique, ainsi que la création d’un poste de premier ministre pour diviser le pouvoir au sein de l’exécutif. Les pouvoirs exécutifs sont maintenant partagés entre Miguel Diaz Canel, président depuis 2018, et Manuel Marrero Cruz, nommé en décembre 2019. La continuation du système du parti unique avec Raul Castro à la tête du Parti communiste cubain jusqu’en 2021 laisse cependant prévoir peu de changement sur le plan politique. La situation internationale sera marquée par des relations très tendues avec les États-Unis et la recherche de nouveaux alliés pour faire face à la chute du Venezuela, la Chine et la Russie en tête.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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