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Cuba

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Population 11,5 millions
PIB par habitant - $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) -0,9 1,6 0,0 1,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,5 5,2 5,9 5,0
Solde public / PIB (%) -6,3 -8,6 -8,3 -7,8
Solde courant / PIB (%) 0,9 0,6 0,7 0,6 
Dette publique / PIB (%) 42,5 48,2 51,2 52,1

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Secteurs touristique et minier (nickel, cobalt) et potentiel agricole (sucre, tabac)
  • Ouverture au secteur privé individuel et coopératif de l’agriculture, du commerce, de la restauration et de la construction (plus de 200 métiers)
  • Main-d’œuvre qualifiée et peu onéreuse
  • Secteurs médical et éducatif de qualité
  • Indicateurs sociaux relativement satisfaisants
  • Faible criminalité et lutte contre la corruption
  • Accord de dialogue et de coopération avec l’Union européenne depuis le 1er novembre 2017, débouchant déjà sur des IDE

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilités externes (climat, prix des matières premières, aide vénézuélienne)
  • Faible productivité du secteur public et de l’agriculture
  • Faiblesse de l’investissement et infrastructures défaillantes
  • Processus administratif très lourd et réglementation commerciale encore très récente
  • Contrôle de l’État sur le commerce de gros, le crédit, ainsi que les échanges extérieurs et les investissements étrangers
  • Subventions sur les produits de base (ceux figurant dans la libreta ou carnet de rationnement) pesant sur les dépenses publiques
  • Accès réduit aux financements extérieurs
  • Éloignement du taux de conversion de la réalité qui entretient le dualisme de l’économie, le marché noir, l’économie de rationnement et le secteur informel
  • Manque de transparence statistique

Appréciation du risque

Le pari des IDE pour relancer une croissance en berne

La croissance, déjà faible, risque d’être affectée en 2019 par la plus faible croissance du tourisme en provenance des États-Unis et de mauvaises performances du secteur agricole. Le secteur agricole, lourdement impacté par l’ouragan Irma en septembre 2017, peine à remonter la pente avec des récoltes de sucre particulièrement mauvaises en 2018 (chute de 30 % sur l’année). Du point de vue touristique, le retour des tensions avec les États-Unis, depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, continuera de peser sur le secteur. Les retombées de l’ouragan continueront aussi d’affecter l’activité. 2018 fut une année de plus faible croissance après le record de 2017 (- 24 % pour les touristes en provenance des États-Unis au premier semestre de 2018) avec le retour de certaines restrictions américaines. La vitalité du secteur des croisières ne devrait pas permettre d’inverser la tendance en 2019. Par ailleurs, le nouveau président Miguel Diaz-Canel a relancé les réformes pour attirer les investissements étrangers. De nouvelles mesures de simplification administrative ont été mises en place, alors que les compagnies étrangères ont obtenu l’autorisation d’exploiter le réseau ferroviaire. Cette décision remplit un double objectif de modernisation des infrastructures, et d’accroissement de l’attractivité du pays pour les IDE. Ces efforts ne devraient toutefois pas permettre d’atteindre l’objectif de 2,5 milliards USD d’IDE par an, nécessaire pour dynamiser la croissance. À ce jour, la plupart des investissements étrangers restent concentrés dans la zone économique spéciale du port de Mariel (totalisant 10,7 milliards USD d’investissements), tandis que les investisseurs étrangers restent contraints par les sanctions américaines. Du point de vue de la demande domestique, la consommation publique sera portée par l’investissement en infrastructure, principalement autour de la reconstruction post-ouragan. La consommation privée continuera d’être soutenue par les remises des expatriés et les revenus touristiques. De plus, la chute économique du Venezuela continuera d’impacter les exportations de produits raffinés (chute de l’approvisionnement en pétrole brut à bas prix). Cette baisse, en plus des plus faibles exportations de sucre, devrait mener à une contribution négative des exportations nettes à la croissance.

Des comptes publics et courants soumis aux conditions extérieures

Les comptes publics, très fragiles, devraient continuer de s’améliorer suite aux moindres besoins de financement pour la reconstruction post-ouragan. Le plus faible déficit observé en 2018, grâce à une hausse des recettes collectées auprès des entreprises privées (11 % des revenus), laisse présager une plus ample réduction du déficit en 2019. Toutefois, l’absence d’aide vénézuélienne continuera de peser sur les comptes publics, et la structure des dépenses (50 % pour les dépenses sociales) devrait limiter l’ampleur de la réduction. Par conséquent, la dette publique devrait continuer d’augmenter bien que les données manquent pour analyser sa structure. À l’issue d’un accord avec le Club de Paris en 2015, Cuba a obtenu un effacement des arriérés de paiement d’intérêts, un échelonnement du paiement du principal de la dette initiale sur 18 ans et une période de grâce pour le paiement des nouveaux intérêts jusqu’en 2020. L’accès aux financements extérieurs restera, toutefois, toujours contraint. Du point de vue du compte courant, la balance commerciale restera largement déficitaire, en raison de la forte dépendance aux importations. Ces dernières devraient toutefois faiblir suite au contrôle imposé par le gouvernement face à la pénurie de devises. Les exportations continueront d’être impactées par la baisse des recettes pétrolières (chute livraison de brut vénézuélien), ainsi que par la baisse de la production de sucre dans un contexte de prix bas. Le dynamisme des exportations de nickel, avec la hausse de son cours, ne devrait que partiellement compenser ces deux effets. La balance des services devrait, quant à elle, rester dans le positif grâce au tourisme, ainsi que celle des revenus, grâce aux transferts des expatriés. Le compte courant restera donc en surplus malgré une tendance à la baisse. Enfin, peu d’avancées ont été faites concernant le projet d’unification des deux taux de change, le peso convertible aligné sur le dollar US (dédié aux touristes et aux transferts des émigrés) et le peso domestique (24 CUP pour 1 USD) dans lequel les salaires et les biens produits localement sont libellés.

Du renouvellement mais peu de changement

L’année 2018 fut marquée par un renouvellement de la classe politique cubaine, alors que Raoul Castro laissait la place à Miguel Diaz-Canel à la présidence, à l’issue d’un cycle électoral marqué par l’absence de dissidence. Cependant, peu de changements sont à anticiper avec le maintien de Raoul Castro comme chef du Parti communiste cubain jusqu’en 2021 et une influence toujours importante de l’armée dans les différentes sphères. La réforme constitutionnelle lancée au printemps 2018 sera source de peu de transformations, se limitant à normaliser les réformes passées, notamment au niveau de l’existence d’un secteur privé sous contrôle de l’État. Sa ratification est à prévoir par référendum au début de l’année 2019. Enfin, les relations avec les États-Unis devraient rester tendues sous la présidence de Donald Trump, poussant l’île à chercher d’autres partenaires diplomatiques pour faire face à la chute de son allié vénézuélien, notamment auprès de la Russie (projets d’investissements ferroviaires en cours).

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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