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Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Nouveaux modes de financement partageant les risques entre producteurs et investisseurs
  • Efforts des compagnies pétrolières pour baisser leur point-mort
  • Diversification des grandes entreprises
  • Les économies renouvelables en plein essor malgré la crise

Faiblesses

  • Niveaux d'endettement élevés, en particulier pour les compagnies exploitant des pétroles non-conventionnels
  • Forte baisse de la profitabilité du fait de la crise sanitaire
  • Forte volatilité des cours du pétrole brut
  • Situation de surcapacité des entreprises du secteur, dans le segment des services pétroliers et gaziers
  • Forte pression d’activistes environnementaux pour réduire les investissements

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Le choc pandémique sans précédent a entraîné des mesures de confinement drastiques qui ont affecté l'activité économique. Selon Coface, le PIB mondial s'est contracté de 3,5% en 2020 et devrait rebondir de 5,6% en 2021. Cependant, le déploiement des vaccins et la réouverture des économies avancées améliorent les perspectives économiques mondiales et l'activité devrait augmenter en 2021. Dans ce contexte, les prix du pétrole ont rebondi grâce au renforcement de la demande. Coface prévoit que le prix du Brent s'établira en moyenne à 65 dollars en 2021, contre 43 dollars l'an dernier. Cette remontée des prix se répercute sur l'ensemble de l'industrie, avec des effets hétérogènes sur les activités pétrolières en amont et en aval.
Si l'industrie extractive bénéficie de la hausse des prix, les industries en aval devraient souffrir de la hausse des coûts d'acquisition du pétrole brut. En outre, les raffineries doivent faire face à de nouvelles normes, notamment environnementales, et à une demande plus faible qu'avant la crise. La concurrence accrue due à l'émergence de nouvelles raffineries chinoises pourrait également réduire les marges du secteur. L'activité des raffineries ne devrait pas se rétablir complètement avant 2022, avec des disparités selon les zones géographiques. La reprise économique dépend à la fois de l'exposition des pays au virus et des réponses gouvernementales visant à stimuler l'économie. De plus, il faut reconnaître que les programmes de relance s'inscrivent dans la volonté des gouvernements de favoriser une économie à faible émission de carbone, encourageant ainsi le développement des énergies renouvelables, ce qui était déjà le cas avant la crise du COVID-19. Cela remet donc en question la pérennité du secteur des hydrocarbures, notamment en Amérique du Nord, où les acteurs non conventionnels doivent désormais démontrer, avec difficulté, que leur activité reste viable, tout en opérant dans une région où le secteur énergétique a été dynamique ces dernières années.

 

Notes de lecture
GNL : Gaz Naturel Liquéfié
Bcf/d : milliards de pieds cubes par jour

Energy 1 FR
Analyse approfondie du secteur
COVID-19 : un choc massif affectant fortement une industrie fragilisée avant crise

Les mesures de confiement, qui subsistent (du moins dans une certaine mesure) dans de nombreux pays, affectent l'activité industrielle et, surtout, les déplacements liés aux transports. La réouverture progressive dans certaines régions n'a pas été suffisante pour compenser les impacts négatifs de la pandémie et le nombre croissant de cas causés par les variants. En outre, ces variantes pourraient entraver le rythme de croissance de la demande. La chute massive des déplacements internationaux a considérablement réduit la demande de kérosène, ce qui, combiné à une moindre utilisation des voitures, a entraîné une baisse de la consommation de carburant avec des effets persistants en 2021. Étonnamment, certains produits ont progressé en termes de demande, comme le naphta, utilisé dans la production de plastiques, et le gaz de pétrole liquéfié. Globalement, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande de pétrole devrait rebondir de 5,4 millions de barils par jour (mb/j) en 2021 après s'être contractée de 8,6 mb/j en 2020. Les prévisions actuelles de l'AIE montrent que les niveaux de demande d'avant la crise seront dépassés vers la fin de 2022. Du côté de l'offre, l'OPEP+ a l'intention d'augmenter son offre de pétrole de 2 mb/j d'ici la fin de l'année pour répondre aux besoins de la reprise. Cette annonce n'a pas déclenché d'effets durables sur les prix du pétrole brut, mais les fluctuations resteront très sensibles à l'évolution de la pandémie. Plus précisément, un ralentissement de la croissance du PIB pourrait menacer davantage les prix du pétrole brut. L'offre de pétrolière iranienne peut également affecter l'offre mondiale et les prix du marché, à condition que le pays soit autorisé à vendre son brut en USD.

Une reprise difficile dans tous les principaux marchés mondiaux pour les énergies fossiles

La reprise de la demande de pétrole en Asie est assez inégale et principalement tirée par la Chine. Le secteur manufacturier chinois a rapidement rebondi en raison de la demande accrue de ses produits. Par conséquent, les besoins de la Chine en pétrole et en produits connexes ont considérablement augmenté. La reprise chinoise en forme de « V » se normalise actuellement et ses perspectives pour le troisième trimestre 2021 pourraient être affectées par la résurgence des cas de COVID-19 dans certaines provinces. Les variants du virus ralentissent également la production des raffineries chinoises, qui avait augmenté jusqu'en 2020 et 2021. La demande des pays d'Asie du Sud-Est est affectée du fait des restrictions, qui sont renforcées en réponse au variant delta.
En Europe et aux États-Unis, les programmes de vaccination et l'assouplissement des restrictions de mobilité contribuent à l'augmentation de la demande. Un retour de mesures sanitaires drastiques qui pénaliseraient l'activité économique ne peut être totalement exclu en raison des variants du COVID-19, ce qui mettraient à nouveau à mal l'ensemble du secteur amont (exploration-production et industries liées au pétrole notamment). Ainsi, dans l'hypothèse où la pandémie reste contenue, l'Energy Information Administration américaine (EIA) prévoit une consommation soutenue de produits fossiles jusqu'en 2021, notamment celle d'essence aux États-Unis (8,8 millions de b/j en 2021, 2020 : 8,0), aidée par la hausse de l'emploi et surtout de la mobilité.

En ce qui concerne le gaz naturel liquéfié (GNL), la crise du COVID-19 a mis en évidence le problème de surcapacité auquel le secteur est confronté depuis plusieurs années. Cependant, elle a depuis pris fin et les prix du GNL se sont fortement redressés, atteignant des sommets pré-pandémiques. Les exportations américaines de GNL se sont fortement renforcées au cours du premier semestre 2021, atteignant en moyenne 9,6 Gpc/j, soit une augmentation de 42 % par rapport à la même période de l'année précédente. La Chine est en passe de devenir le premier importateur mondial de GNL en 2021, dépassant le Japon, premier importateur de cette matière première depuis des décennies. Les exportations de GNL du Qatar et de l'Australie ont bien résisté jusqu'en 2021. Les deux pays étaient les principaux exportateurs sur le marché du GNL et le volume de GNL qu'ils échangent devrait rester stable au cours des prochaines années. La capacité de production du Qatar sera considérablement accrue grâce à l'achèvement prévu du projet North Field East à la fin de 2025. 

Des résultats financiers dégradés

Avec la hausse des prix des matières premières, les producteurs de pétrole et de gaz ont vu leurs marges se redresser après l'effondrement de 2020. Le revenu net total des principales sociétés pétrolières et gazières européennes a rebondi pour atteindre les niveaux d'avant la pandémie. La dette nette (ratio de la dette nette sur le total des actifs) de chaque segment analysé par Coface a diminué de 22,4 % au T3 2020 à 21,30 % au T1 2021, grâce au raffermissement des prix du pétrole et à l'augmentation des flux de trésorerie. Le redressement des prix a des effets hétérogènes sur la rentabilité. Les activités en amont (pipelines, exploitation) bénéficient le plus de la hausse des prix du pétrole et voient leurs marges augmenter, tandis que l'industrie en aval supporte les hausses de coûts qui annulent l'effet positif de la reprise de la demande.
L'univers du pétrole non conventionnel aux États-Unis adopte une attitude prudente en matière de comportement financier, après des années d'endettement. Malgré les fluctuations favorables des prix, la politique financière vise à maintenir les dépenses d'investissement à un faible niveau et à limiter la production, en favorisant la génération de flux de trésorerie et la rémunération des actionnaires. L'administration Biden devrait imposer des restrictions sur la production de pétrole sur les terres fédérales, ainsi que des réglementations plus strictes sur les émissions, ce qui aura un impact négatif sur la demande de pétrole et sur l'industrie pétrolière nationale.

Les énergies renouvelables devraient contribuer à la reconfiguration du secteur dans un avenir proche

Conformément à la volonté de l'opinion publique d'une majorité de pays, notamment dans les économies avancées, la transition vers une économie à faible émission de carbone dans le monde, qui repose notamment sur la transition énergétique, remet en cause l'industrie des énergies fossiles. Les plans de relance en réponse à la crise du COVID-19, qui intègrent les préoccupations environnementales, devraient accélérer la reconfiguration du secteur, qui avait commencé avant la crise. Par exemple, il existe de nouvelles réglementations dans le secteur automobile sur les principaux marchés mondiaux (Asie, Europe, États-Unis), dont les acteurs développent des modèles à plus faible empreinte carbone, ainsi que des modèles électriques, afin d'éviter les amendes.
Les nouvelles normes environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) exercent une pression supplémentaire sur les entreprises pétrolières et gazières. Les investisseurs sont de plus en plus prudents quant à l'implication des entreprises dans la transition vers la neutralité carbone et à la conformité des entreprises aux normes ESG. Ces changements pourraient affecter grandement l'ensemble du secteur, en augmentant les coûts d'investissement et d'exploitation tout en comprimant la demande de produits pétroliers et de leurs dérivés, in fine.
En outre, la baisse de la demande de plastique et le recours plus systématique au recyclage du plastique, grâce aux changements d'habitudes de consommation et à la réglementation (les bouteilles commercialisées dans l'UE devront contenir au moins 25% de plastique recyclé en 2025 et au moins 30% en 2030), entraînent une baisse de la demande de pétrole raffiné (via le naphta).
Si le développement des énergies renouvelables a été ralenti par la crise du COVID-19, Coface prévoit que le segment des énergies renouvelables sera plus résilient que celui des énergies fossiles. En effet, les énergies renouvelables ont gagné en importance au cours des 20 dernières années, passant de 21,8 % de la capacité électrique mondiale totale installée en 2000 à 34,7 % en 2019, selon l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). En 2020, plus de 80% de la capacité électrique ajoutée était renouvelable.

Energy 2 FR

 

Dernière mise à jour : août 2021

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