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Haïti

Haïti

Population 11,3 millions
PIB par habitant 773 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,5 -1,2 -5,0 1,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 12,9 17,3 22,4 23,8
Solde public / PIB (%)* -1,7 -2,3 -5,9 -4,7
Solde courant / PIB (%) -3,9 -1,4 -2,5 -0,4
Dette publique / PIB (%) 39,7 47,7 54,5 52,4

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année budgétaire 2021 du 1er Octobre 2020 au 30 Septembre 2021

POINTS FORTS

  • Programmes de développement et de reconstruction établis avec les donateurs internationaux
  • Adhésion à des organisations nationales et supranationales (Association des États des Caraïbes, Organisation des États américains, CARICOM, CARIFORUM)
  • Prêts à taux zéro du FMI et de la Banque mondiale pour un montant total d'environ 132 millions de dollars afin de faire face au choc négatif COVID 19

POINTS FAIBLES

  • Très vulnérable aux catastrophes naturelles, notamment aux ouragans et aux tremblements de terre
  • Faible niveau de développement et extrême pauvreté (classement IDH de 169 sur 189)
  • Tributaire des envois de fonds des expatriés, des dons internationaux et des États-Unis
  • Manque d'infrastructures, notamment énergétiques (70 % de la population n'a pas accès à l'électricité)
  • Mauvaise gouvernance et score médiocre pour l’environnement des affaires (179e au classement Doing Business 2020) ; part importante de l’économie informelle
  • Instabilité politique et insécurité

Appréciation du risque

Une reprise économique terne dans un contexte de forte incertitude et de faiblesse de l'environnement politique

L'économie devrait enregistrer un faible rebond en 2021, après une récession de deux années sur la période 2019-2020. Le tourisme (qui représente environ 9 % du PIB) ne devrait pas connaître de forte reprise car les mesures préventives de distanciation sociale prises à la suite de l'épidémie de COVID-19 ne seront pas entièrement levées avant qu'un vaccin ne soit disponible à grande échelle. En fait, le secteur a déjà été touché par le climat politique difficile et, en particulier, par la classification d'Haïti par les États-Unis et d'autres pays comme une destination dangereuse. La consommation des ménages sera entravée par la faiblesse des fondamentaux en termes de revenus. De plus, l'inflation persistante, due à la dépréciation du taux de change et à une pénurie chronique de produits de première nécessité, continuera probablement à éroder le pouvoir d'achat. Cependant, l'industrie textile (le plus grand secteur d'exportation du pays) devrait connaître une reprise partielle en 2021, grâce à une demande américaine plus forte et à un accès préférentiel au marché américain. Enfin, la crise énergétique (marquée par une pénurie de carburant et des coupures de courant) a eu des répercussions sur la capacité de production de l'industrie, sur la circulation quotidienne des personnes et des biens, ainsi que sur la fourniture de l'aide humanitaire et des services publics essentiels à la population. Les risques de détérioration sont liés à l'évolution de la COVID-19 et à l'instabilité politique prolongée.

 

Les comptes publics et extérieurs dépendent de l'aide étrangère

Les problèmes générés par le COVID-19 ont encore aggravé la situation budgétaire en 2020, en raison de l'augmentation des dépenses sociales et de santé dans un contexte de baisse des recettes fiscales. On estime que les dépenses publiques ont augmenté de 4 % du PIB en 2020, dont 2,3 % du PIB ont été consacrés aux soins de santé, 0,6 % du PIB à la protection des plus vulnérables et 0,9 % du PIB à d’autres transferts. Pour y faire face, le pays a bénéficié de prêts à taux zéro du FMI et de la Banque mondiale pour un montant total d'environ 132 millions de dollars (1,3 % du PIB estimé pour 2020). En outre, si les comptes publics et les comptes extérieurs ont été favorisés par la baisse des prix internationaux du pétrole en 2020, les gains ont été atténués par la dépréciation du taux de change. En fait, le financement monétaire du déficit a déclenché une boucle d'inflation et de dépréciation du taux de change de la monnaie nationale (la gourde), ce qui, à son tour, a alimenté de nouvelles pertes liées aux subventions. En 2021, le déficit budgétaire ne devrait se résorber que partiellement, en l'absence d'une reprise économique vigoureuse. Selon le FMI (avril 2020), les subventions à elles seules ont augmenté la dette publique de 18 % du PIB depuis 2012. Il convient également de noter que l'initiative Petrocaribe, qui représentait une importante source de financement dans la période de l'après-séisme en Haïti, a été suspendue par le Venezuela depuis 2018, ce qui a accentué la pression sur les comptes publics. En ce qui concerne les comptes extérieurs, le pays est confronté à un déficit commercial chronique (environ 34 % du PIB en 2019), car la production intérieure sous-diversifiée entraîne des importations importantes. En 2021, les exportations de textile devraient enregistrer un rebond partiel, mais le déclin des exportations de biens traditionnels tels que le café, le cacao et les mangues devrait se poursuivre à cause de la faiblesse du secteur agricole. Dans l’intervalle, les importations devraient augmenter légèrement en raison d'une certaine reprise des prix internationaux du pétrole (les carburants représentent 18 % des importations totales) et d'une activité relativement plus élevée. En outre, le déficit des comptes courants sera réduit par un rebond des envois de fonds des expatriés (35 % du PIB en 2019) et des subventions (3,8 % du PIB).

 

Un environnement politique toujours morose

Le président Jovenel Moïse doit répondre à des allégations de corruption depuis 2019, date à laquelle une publication de la Court of auditors (Cour des comptes haïtienne) a révélé que l'aide fournie dans le cadre du programme vénézuélien Petrocaribe (plus de 3,8 milliards de dollars entre 2008 et 2016) avait été utilisée de manière abusive. Cela a déclenché des protestations dans tout le pays, l'opposition et les civils demandant sa démission. De surcroit, l'environnement politique s'est encore détérioré après que le pays n'ait pas réussi à organiser des élections législatives en octobre 2019. Selon les responsables, les élections législatives n'ont pas eu lieu en raison de l'insécurité causée par les manifestations contre la corruption. En fait, le président gouverne par décret depuis janvier 2020, date à laquelle les mandats des deux tiers de la Chambre des députés et du Sénat sont arrivés à expiration. Parallèlement, l'aide financière internationale pourrait être menacée, puisque les prêteurs et les donateurs conditionnent leur soutien à la résolution de la crise politique actuelle. En raison de l'épidémie de COVID-19, les protestations ont temporairement perdu de leur force pendant le confinement partiel. Néanmoins, l'assassinat de Monferrier Dorval, président du Barreau de Port-au-Prince, en août 2020, non loin de la résidence du président Moïse, a suscité l'indignation de la population. En conséquence, les actes de violence ont augmenté de manière significative, les bandes armées ont gagné de plus en plus de territoire, les populations civiles ont été attaquées et des massacres ont eu lieu. Les étudiants et militants de l'opposition demandent aux autorités de mettre fin à la vague de violences qui sévit dans le pays, principalement à Port-au-Prince. Pendant ce temps, les organisations des droits de l'homme accusent le gouvernement d'être de connivence avec des organisations criminelles.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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