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Lettonie

Lettonie

Population 1,9 Million
PIB par habitant 17 772 $US
A4
Evaluation des risques pays
A1
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,3 2,2 -4,4 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,5 2,7 0,6 1,8
Solde public / PIB (%) -1,2 -0,6 -4,0 -1,5
Solde courant / PIB (%) -0,7 -0,5 2,0 -0,8
Dette publique / PIB (%) 36,5 36,8 44,0 45,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2014) et à l’OCDE (2016)
  • Système financier domestique dominé par des banques suédoises (85 % du crédit domestique)
  • Efforts entrepris pour améliorer la régulation du système financier offshore
  • Réduction rapide des dépôts bancaires des non-résidents (ceux des non-résidents de l’UE ne représentent plus que 7% du total des dépôts)
  • Point de transit entre l’Union européenne et la Russie (façade maritime avec ports)
  • Numérisation élevée du pays

POINTS FAIBLES

  • Baisse de la population active (faible natalité, émigration) et chômage structurel élevé
  • Retard technologique (R&D = 0,6 % du PIB, moyenne EU = 2 %)
  • Baisse de compétitivité et de rentabilité : hausses salariales supérieures aux gains de productivité
  • Mauvais recouvrement en cas de défaillance malgré la réforme de la loi sur l’insolvabilité et la justice
  • Faible croissance du crédit
  • Taxation importante du travail pénalisant les bas salaires et encourageant la sous-déclaration
  • Insuffisance des liaisons terrestres avec le reste de l’Union européenne
  • Concentration de la richesse dans la capitale et fortes inégalités de revenu

Appréciation du risque

Un rebond de l’activité prévu en 2021

Modérément touchée par le coronavirus en mars, la Lettonie a toutefois été impactée économiquement et a connu une forte récession en 2020. Celle-ci devrait cependant être suivie d’une forte reprise en 2021. Cette récession s’explique notamment par la baisse de la consommation de 8% survenue en 2020. La consommation, qui représente 58% du PIB, augmenterait toutefois en 2021 (+5%), mais resterait contrainte par le processus de désendettement des ménages entrepris depuis la fin de la crise de 2008 (la dette des ménages représente maintenant 22% du PIB et 42% du revenu disponible net). L’investissement a juste ralenti en 2020. Il sera soutenu en 2021 par un plan de 2,2 milliards d’euros annoncé par le Ministre de l’économie en mai pour la mise en œuvre de projets d’infrastructures d’ici à 2023, ainsi que par les financements européens. Enfin, les exportations du pays (produits issus du bois, métaux, machines et équipements) se sont réduites en 2020 (d’environ 5%) suite au ralentissement du commerce international, mais augmenteront de nouveau en 2021. Les exportations de bois, qui représentent 20% des exportations, ont diminué suite au repli mondial du BTP en 2020, mais elles bénéficieront en 2021 de la reprise des prix de la pâte à papier.

La crise n’a que peu impacté l’agriculture, qui représente un peu plus de 3% du PIB, contrairement aux autres secteurs. L’industrie a chuté de 7% en 2020, et ce, même si certains secteurs ont résisté (fabrication de produits électroniques et chimiques). Le secteur secondaire connaîtrait cependant une croissance de 5% en 2021, porté, notamment, par la reprise de la construction, dans le sillage d’une demande croissante de logements, et des grands projets d'infrastructures, notamment Rail Baltica, projet ferroviaire européen visant à relier Helsinki à Varsovie, dont le coût pour la Lettonie est estimé à 2 milliards d'euros (7% du PIB). Enfin, les services ont fortement diminué pendant la crise (-8%) mais devraient croître de 5% en 2021, portés par les bons résultats des services financiers et services aux entreprises.

 

Une gestion budgétaire prudente impactée par la crise

Depuis mars 2020, le gouvernement a annoncé une série de mesures de soutien aux revenus des ménages et aux secteurs les plus touchés, totalisant environ 3 milliards d’euros, soit 11% du PIB. Cependant, la demande sera probablement limitée pour certaines mesures tels que les prêts garantis par l’État, ce qui réduira les dépenses initialement prévues. La mise en œuvre d’un tel plan a nécessairement aggravé le déficit public, mais celui-ci devrait se réduire en 2021. La dette publique a aussi augmenté de plusieurs points de PIB en 2020 et devrait augmenter légèrement l’année suivante. Les comptes publics bénéficieront des aides européennes, comprenant 5 milliards d’euros au titre de la Facilité pour la reprise et la résilience de l’UE, dont 70% sera versé avant 2022, et 7,97 milliards d’euros au titre du Cadre financier pluriannuel 2021-2027, dont 14% seront distribués en 2021.

La balance courante aura anormalement été excédentaire en 2020. En effet, malgré sa baisse liée à la chute des exportations liées au tourisme et au transport (notamment la chute du trafic de transit avec la Russie qui représente l’immense majorité du fret ferroviaire) l’excédent des services a pour une fois excédé le déficit des biens qui s’est, lui, légèrement réduit en 2020 en raison d’une forte baisse des importations (combustibles fossiles, pétrole et biens d’équipement). La balance commerciale (biens et services), faiblement excédentaire en 2020, devrait redevenir déficitaire en 2021, car la reprise de la consommation et de l’investissement entraînera une reprise des importations, ce qui explique par ailleurs que le solde courant le redeviendra aussi. Enfin, le compte financier restera grevé par des IDE inférieurs aux investissements réalisés à l’étranger. Par ailleurs, la dette extérieure brute, dont presque 80% est due par le secteur privé, s’est beaucoup réduite ces dernières années et a atteint 122% du PIB en 2020.

 

Stabilité politique menacée par des tensions communautaires et système financier vérolé

Krišjānis Kariņš a été nommé Premier ministre en 2019 et dirige la coalition au pouvoir, formée du Nouveau parti conservateur, du parti populiste KPV, du parti libéral AP!, de l’Alliance nationaliste et du parti libéral-conservateur New Unity. L’absence de représentation politique de la nombreuse minorité russophone (30 % de la population) dans les gouvernements successifs témoigne de son exclusion de la société, dans un pays où la langue est un enjeu identitaire important et quand bien même le parti prorusse Harmonie est arrivé en tête des votes aux législatives de 2018. Les relations avec la Russie se sont à nouveau tendues depuis la construction d’une clôture à la frontière russe en 2019, qui vise officiellement à limiter la contrebande et l’entrée illégale de migrants en Lettonie, mais est perçue comme un geste de Riga contre Moscou par certains médias et responsables politiques russes.

Enfin, un grand nombre de banques lettones sert des clients étrangers avec un risque élevé de blanchiment d’argent. Quand bien même la valeur des dépôts des non-résidents a diminué, passant de 8,1 milliards d'euros en 2017 à 3,2 milliards d'euros en 2019 et que le pays a signé un accord en 2020 à ce sujet avec les États-Unis, le dernier rapport du FinCEN de septembre 2020 épingle la Lettonie et l’insuffisante réponse politique à ce sujet.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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