Coface Group
Lettonie

Lettonie

Population 1,9 Million
PIB par habitant 18 033 $US
A4
Evaluation des risques pays
A2
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,8 4,6 2,5 -7,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,9 2,6 2,8 2,5
Solde public / PIB (%) -0,5 -0,7 -0,6 -0,6
Solde courant / PIB (%) 1,0 -0,7 -0,8 -1,4
Dette publique / PIB (%) 38,6 36,4 36,0 35,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2014) et à l’OCDE (2016)
  • Système financier domestique dominé par des banques suédoises (85 % du crédit domestique)
  • Efforts entrepris pour améliorer la régulation du système financier offshore
  • Réduction rapide des dépôts bancaires des non-résidents (de la moitié à 20 % du total depuis 2017)
  • Point de transit entre l’Union européenne et la Russie (façade maritime avec ports)
  • Numérisation élevée du pays

POINTS FAIBLES

  • Baisse de la population active (faible natalité, émigration) et chômage structurel élevé
  • Retard technologique (R&D = 0,5 % du PIB, moyenne EU = 2 %)
  • Baisse de compétitivité et de rentabilité : hausses salariales supérieures aux gains de productivité
  • Mauvais recouvrement en cas de défaillance malgré la réforme de la loi sur l’insolvabilité et la justice
  • Faible croissance du crédit
  • Taxation importante du travail pénalisant les bas salaires et encourageant la sous-déclaration
  • Insuffisance des liaisons terrestres avec le reste de l’Union européenne
  • Concentration de la richesse dans la capitale et fortes inégalités de revenu

Appréciation du risque

Une croissance portée par la consommation privée

La croissance poursuivrait sa décélération, mais conserverait un bon niveau en 2020, grâce au dynamisme de la consommation des ménages. La diminution continue de la population active, liée au vieillissement et à l’émigration des jeunes travailleurs, en particulier qualifiés, induit une réduction du chômage et maintient la tension à la hausse sur les salaires. Combinée à une inflation contrôlée, la hausse des salaires (également due à une élévation de 13 % du salaire minimum en 2019) entretiendra une consommation des ménages robuste. Néanmoins, la diminution du stock de main-d’œuvre qualifiée limite les gains de productivité (sur la période 2009/2016, plus de 40 % des émigrants étaient qualifiés), affectant la croissance potentielle du pays. La consommation et l’investissement publics seraient moins dynamiques (après les sommets atteints en 2018), bien que portés par les fonds européens (Fonds structurel et Fonds d’investissement de l’UE), le budget 2014/2020 ayant accordé 4,79 milliards EUR à la Lettonie. En dépit de conditions de financement favorables, grâce à la politique menée par la BCE, l’investissement privé pâtirait de la croissance anémique du crédit. L’augmentation des prêts au secteur privé est entravée par le degré élevé d’informalité (supérieure à 20 % du PIB), le faible recouvrement en cas de défaillance et l’assainissement en cours du système financier, incitant les banques à appliquer des critères stricts.

 

Lent assainissement d’un système financier vérolé

Un grand nombre de banques lettones sert des clients étrangers, dont la plupart dans les pays de la CEI, avec un risque élevé de blanchiment d’argent. Le dernier rapport de Moneyval a souligné l’insuffisance des régulations lettonnes pour lutter contre ce phénomène (la troisième banque du pays, ABLV, a été liquidée à cause d’accusations de blanchiment d’argent institutionnalisé), poussant le gouvernement à réformer le système financier pour en accroître la transparence, et ainsi éviter au pays d’être placé sur la liste grise du GAFI. Les banques servant les étrangers tentent de recentrer leur activité sur le marché domestique suite à la réduction des dépôts des non-résidents et l’interdiction des services aux sociétés fictives.

 

Maintien d’une gestion budgétaire prudente

Les comptes publics resteraient faiblement déficitaires, la progression des dépenses étant accompagnée d’une augmentation des recettes. Les réformes fiscales visant à davantage de progressivité dans l’impôt sur le revenu se poursuivront. Les dépenses sociales augmenteront, notamment les pensions de retraite et les allocations sociales. Parallèlement, d’après le plan budgétaire pluriannuel 2020/2022, l’augmentation des recettes proviendrait surtout d’une hausse des accises. La réduction des dépenses fiscales sur les microentreprises, ainsi que la suppression d’exemptions de TVA accroîtraient la marge de manœuvre budgétaire. La faible dette publique devrait continuer de s’alléger. Bien qu’en grande partie contractée auprès de non-résidents, elle n’entraîne pas de risque de change étant libellée en euros.

Le déficit courant devrait se creuser en raison d’une dégradation de la balance commerciale. Les importations de biens d’équipement et de produits alimentaires, induites par le dynamisme de la demande intérieure et la faible diversification de la production domestique, progresseront plus rapidement que les exportations (bois, matériel d’équipement, produits alimentaires : 60 % des exportations en 2018), qui souffriront du ralentissement de la demande mondiale, en particulier dans la zone euro. L’excédent des services, lié au tourisme et au transit de marchandises (de et vers la Russie), et les transferts d’expatriés compensent en grande partie le déficit commercial. Le faible déficit courant est amplement financé par les fonds européens et les investissements étrangers (2,5 % du PIB). La dette extérieure brute, dont un tiers correspond à celle de l’État, a connu une réduction conséquente depuis 2017 mais reste importante (120 % du PIB, mais 21 % en net en raison des actifs étrangers possédés par les banques).

 

Coalition disparate face à une minorité russe ostracisée

Le candidat de la coalition au pouvoir, formée du Nouveau parti conservateur, du parti populiste KPV, du parti libéral AP! et de l’Alliance nationaliste, a remporté l’élection présidentielle qui s’est tenue en mai 2019. Ce poste est largement honorifique. Les négociations qui ont mené à la formation de la coalition avaient été longues, et le parti prorusse Harmonie, arrivé en tête des votes aux élections législatives de 2018, n’a finalement pas réussi à en faire partie. L’absence de représentation politique de la nombreuse minorité russophone (30 % de la population) dans les gouvernements successifs témoigne de son exclusion de la société lettonne, dans un pays où la langue est un enjeu identitaire important. De plus, les divisions internes à la coalition compliqueront l’action du gouvernement et pourront en menacer la stabilité. La continuité politique serait, toutefois, assurée, le pays ayant toujours eu un gouvernement pro-européen de centre-droit depuis son indépendance en 1991.

Les relations avec la Russie se sont à nouveau tendues depuis la construction d’une clôture à la frontière avec la Russie, qui vise officiellement à limiter la contrebande et l’entrée illégale de migrants en Lettonie, mais est perçue comme un geste de Riga contre Moscou par certains médias et responsables politiques russes.

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

Haut de page
  • English
  • Français