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Libye

Libye

Population 6,5 millions
PIB par habitant 6 288 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 26,7 7,9 5,5 -0,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 28,4 9,3 -7,0 -5,0
Solde public / PIB (%) -34,5 -7,6 -6,9 -9,7
Solde courant / PIB (%) 7,9 2,2 -0,3 -11,6
Dette publique / PIB (%) 134,2 116,0 140,0 150,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de gaz et de pétrole (les plus importantes d’Afrique)
  • Très faible endettement extérieur
  • Positionnement stratégique en Méditerranée, proximité avec l’Europe

POINTS FAIBLES

  • Division du pays en deux : la Tripolitaine à l’ouest gérée par le Gouvernement d’entente nationale, mené par le Premier ministre du Conseil présidentiel, Fayez-al Sarraj, reconnu par la communauté internationale ; la Cyrénaïque à l’est, sous la tutelle du gouvernement d’Al-Beïda (du Premier ministre Abdullah al-Thani) et du Parlement de Tobrouk, soutenu par le maréchal Haftar
  • Le sud du pays (Fezzan) fait face à la prolifération des trafics (humain, arme, drogue) et à l’animosité entre Touaregs et Toubous
  • Tensions sociales, morcellement politique et tribal
  • Environnement des affaires déficient (186/190 dans le classement Doing Business 2020)
  • Destruction d’une grande partie des infrastructures du pays

Appréciation du risque

Escalade des tensions et recrudescence des violences

Après plusieurs tentatives infructueuses de médiation sous l’égide des Nations unies, la crise libyenne semble être de nouveau dans l’impasse. Minée par les fractures politiques réapparues suite à la révolution de 2011 et au vide politique post-Kadhafi (provoqué par l’intervention de la France, du Royaume Uni et des États-Unis, sous l’égide de l’ONU), la Libye est un territoire divisé. Deux autorités continuent de se disputer la légitimité du pouvoir : le Parlement de Tobrouk dans l’Est, soutenu par l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée du maréchal Khalifa Haftar, et le Gouvernement d’entente nationale (GNA) basé à Tripoli dans l’Ouest, exécutif reconnu internationalement. Bien qu’étant formellement l’autorité légitime en Libye, le GNA n’a que très peu de pouvoir sur le territoire et s’appuie sur des milices islamistes pour sa défense. Suite à une offensive contre Tripoli lancée par le maréchal Haftar en avril 2019, le pays a plongé dans une nouvelle période de guerre civile ouverte entre les deux autorités rivales. Après des gains initiaux de territoire par l’ANL, les lignes de front autour de la capitale sont restées stables, Haftar contrôlant la grande majorité du territoire (notamment le croissant pétrolier). Des frappes aériennes des zones peuplées et l’utilisation de drones militaires ont occasionné des pertes civiles et militaires. Le conflit est par ailleurs nourri par l’ingérence de puissances étrangères, qui apportent un soutien au GNA – Qatar, Turquie – ou à l’ANL – EAU, Égypte – violant l’embargo sur les armes imposé par l’ONU. Depuis septembre 2019, l’implication croissante de la Russie au côté des troupes du maréchal Haftar pourrait bouleverser l’équilibre des forces.

Malgré la nomination de Ghassan Salamé à la tête de la Mission d’appui des Nations unies à la Libye (MANUL) en 2017, qui avait ravivé les espoirs d’une résolution politique du conflit, les avancées restent faibles. L’offensive d’avril a conduit au report indéfini de la Conférence nationale qui devait avoir lieu en avril 2019 à Tripoli, afin d’ouvrir la voie à la tenue d’élections législatives et présidentielles, et à l’organisation d’un référendum constitutionnel. Selon Ghassan Salamé, la situation actuelle pourrait aboutir à la division permanente du pays. L’Allemagne prévoit d’organiser une conférence internationale sur l’avenir de la Libye, dans le but de forcer les nombreux acteurs étrangers à cesser de financer et d’armer les belligérants. Berlin espère se positionner comme un acteur neutre, les précédentes conférences, en France et en Italie, ayant été infructueuses notamment en raison des intérêts des deux pays en Libye (pétrole, mais aussi question du djihadisme et des migrants).

 

Économie tributaire de l’évolution du conflit et de l’activité pétrolière

La production de pétrole s’est maintenue autour d’un million de barils par jour en moyenne en 2019, permettant une croissance de l’activité pour la troisième année consécutive. Néanmoins, l’exacerbation du conflit a pesé sur la production, qui a commencé à chuter à la mi-2019, en raison d’arrêts d’exploitation dans les champs pétroliers. Face à l’impasse, cette tendance pourrait se poursuivre en 2020, la détérioration sécuritaire réduisant les perspectives de nouveaux investissements dans le secteur et accroissant le risque d’attaques sur les infrastructures pétrolières. Ainsi, bien que les compagnies pétrolières continuent d’opérer, la National Oil of Libya (NOC) a averti de probables arrêts d’activité. Les compagnies anglaise et italienne, BP et ENI, ont retardé indéfiniment leurs projets d’exploration prévus en 2020 dans le Bassin de Ghadames, devenu le théâtre d’affrontements entre l’ANL et des milices soutenant Tripoli. Les secteurs non-pétroliers sont, eux, pénalisés par le manque de ressources et l’instabilité. Par ailleurs, en décembre 2018, le gouvernement a imposé une taxe sur les ventes de devises, ce qui a réduit l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché noir, et ralenti l’inflation. La consommation des ménages pourrait en profiter, bien que le chômage élevé, les pénuries récurrentes et le niveau toujours élevé des prix pèsent sur le pouvoir d’achat. Ces deux derniers facteurs résultent en grande partie de la corruption et de la contrebande (de devises et de pétrole raffiné, principalement).

 

Des déficits jumeaux conséquents

Bien que l’ANL contrôle la grande majorité des champs pétroliers, seule la NOC, située à l’ouest, est autorisée à exporter le pétrole libyen. La banque centrale, basée à Tripoli, en collecte les recettes et les distribue aux gouvernements de l’est et de l’ouest. La hausse des recettes budgétaires a permis une nette réduction du déficit public par rapport à 2017. Toutefois, une baisse de la production pétrolière, en plus de peser sur les exportations, limiterait considérablement les recettes (dont 91 % proviennent du pétrole), menant à une détérioration simultanée des comptes publics et extérieurs. Ce déséquilibre serait exacerbé par le repli du cours du pétrole en 2020. La situation sécuritaire implique des dépenses militaires importantes et repousse les investisseurs étrangers. Les dépenses salariales et subventions sont traditionnellement le premier poste de dépense. En 2018, 60 % du budget du GNA étaient alloués aux salaires, notamment des milices. Le gouvernement de Tripoli continuerait de se financer auprès de la banque centrale libyenne, d’une part, mais aussi grâce aux avoirs libyens accumulés à l’étranger sous le régime de Kadhafi. Les institutions de l’Est resteront, quant à elles, tributaires du soutien financier de certains pays comme les Émirats Arabes Unis ou l’Arabie saoudite. Le pays importe 80 % de ses besoins de consommation, y compris du pétrole raffiné (provenant surtout d’Italie).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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