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Mali

Mali

Population 18,5 millions
PIB par habitant 927 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 5,3 4,7 4,7 4,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,8 1,7 0,3 1,3
Solde public * / PIB (%) -2,9 -4,7 -3,3 -3,1
Solde courant ** / PIB (%) -7,3 -3,7 -5,6 -5,2
Dette publique / PIB (%) 36,0 37,3 37,6 38,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *Dons inclus. **Transferts officiels inclus.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources naturelles agricoles (coton) et minières (or, bauxite, fer)
  • Assistance internationale
  • Membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux aléas climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières
  • Extrême pauvreté
  • Enclavement géographique
  • Situation sécuritaire dégradée
  • Dépendance à l’aide internationale

Appréciation du risque

Une croissance dynamique mais fragile

La croissance économique devrait conserver un rythme soutenu en 2020, portée par un secteur primaire vigoureux. La production aurifère, fer de lance de l’économie, continuera de progresser grâce à des flux d’IDE importants, ainsi qu’à une situation sécuritaire relativement stable dans les régions minières. Les exportations d’or (14 % du PIB et 70 % des exportations de biens) profiteraient également d’un prix toujours élevé de l’once. L’agriculture contribuera à la croissance, tirée par le dynamisme d’un secteur cotonnier (2e producteur africain en 2018) qui accroît ses surfaces cultivées. Néanmoins, l’agriculture restera fortement tributaire des conditions météorologiques. L’investissement public (8,7 % du PIB) continuera d’augmenter en 2020, en se focalisant sur la construction ou la réhabilitation d’infrastructures (transport, électricité, télécommunication) dont le pays manque fortement. Ainsi, l’environnement des affaires, qui souffre de cette déficience d’infrastructures, sera également pénalisé par le niveau de violence, particulièrement dans le nord et le centre du pays. Cette situation pèsera lourdement sur l’économie nationale, notamment sur la consommation privée qui, en dépit d’une inflation maîtrisée, demeurera faible du fait de l’insécurité et des nombreux déplacements de population.

 

Des comptes publics et extérieurs soumis aux risques conjoncturels

Le déficit public devrait continuer à diminuer en 2020, en ligne avec la volonté du gouvernement de respecter le critère de convergence (moins de 3 % de déficit) de l’UEMOA. Dans ce cadre, l’augmentation des recettes sera indispensable, d’autant qu’une large part des dépenses (sociales, sécuritaires, infrastructures de base) est difficilement compressible au regard de la situation actuelle du pays. Par exemple, les dépenses militaires continueront de grever le budget, à près de 3 % du PIB, notamment afin de financer la force G5 Sahel. Les autorités prévoient de réaliser diverses réformes visant à améliorer la collecte fiscale, tout en rationalisant certaines dépenses peu efficaces. En particulier, la réforme en cours de l’entreprise nationale d’électricité (EDM) est primordiale, tant sa situation financière est critique. Structurellement déficitaire, elle dépend des subventions de l’État et demeure lourdement endettée (3,1 % du PIB en juin 2019). À court terme, l’objectif est donc de réduire les coûts opérationnels et restructurer la dette, tandis qu’à plus long terme, le gouvernement, soutenu par la Banque mondiale, appuiera des projets d’investissements, notamment dans la production d’énergie solaire. Par ailleurs, en août 2019, le pays a signé un nouvel accord de Facilité élargie de crédit avec le FMI, pour un montant de 192 millions USD (1,2 % du PIB) sur trois ans, lui accordant ainsi un important soutien budgétaire.

Largement dépendant du prix des matières premières, le déficit commercial (4,5 % du PIB) devrait diminuer en 2020, grâce à la bonne tenue des exportations, ainsi qu’à un prix du pétrole bas qui modérera la valeur des importations maliennes. La balance des services restera déficitaire (8 % du PIB), notamment en raison du transport de marchandises, tout comme la balance des revenus qui demeure grevée par les rapatriements de profits. Cependant, l’excédent de la balance des transferts, alimenté par les remises des expatriés et l’aide internationale, permettra d’atténuer l’ampleur du déficit courant. En excluant l’aide internationale, ce dernier atteint environ 10 % du PIB. Le financement du déficit courant repose principalement sur des IDE, des dons pour les projets et des prêts concessionnels. En outre, la banque centrale de l’UEMOA, dont le Mali fait partie, continuera de maintenir l’ancrage du franc CFA à l’euro et disposera de réserves de change confortables, supérieures à quatre mois d’importations.

 

Situation sécuritaire toujours très dégradée

Le pays est confronté à un fort contexte d’insécurité, encore plus présent depuis 2018, qui résulte d’une multitude de conflits intercommunautaires, principalement dans le centre du pays, auxquels se superposent les fréquentes attaques terroristes de groupes djihadistes. Depuis l’accord de paix de 2015 (non respecté), l’État malien ne parvient pas à reprendre réellement le contrôle de son vaste territoire et à protéger les populations civiles des exactions, en dépit du soutien déterminant de forces armées étrangères : l’ONU (MINUSMA), la France (opération Barkhane) et la force G5 Sahel.

Le président Ibrahim Boubacar Keita (IBK) a été réélu en 2018 pour un second mandat de cinq ans. Le rétablissement de la paix reste la priorité du gouvernement, réduisant de fait ses capacités budgétaires à entreprendre les politiques de développement dont le pays a besoin (infrastructures, santé, éducation). IBK devra également composer avec la montée de la contestation dans la société malienne, qui peine à entrevoir une amélioration de la situation sécuritaire et qui souffre de l’abandon de l’État dans de nombreuses régions. Ainsi, le parti d’IBK, Rassemblement pour le Mali, pourrait être mis en difficulté aux prochaines élections législatives, initialement prévues en 2018, mais qui devraient se tenir en mai 2020, après deux reports. La situation fragile du Mali pèse considérablement sur son climat des affaires, qui a encore perdu trois places au classement Doing Business 2020, se retrouvant à la 148e place mondiale.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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