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Pakistan

Pakistan

Population 201,0 millions
PIB par habitant 1 565 US$
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 5,2 5,5 3,3 -1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,1 3,9 7,3 13,0
Solde public * / PIB (%) -5,8 -6,4 -8,8 -7,4
Solde courant / PIB (%) -4,1 -6,3 -4,6 -2,6
Dette publique / PIB (%) 67,0 71,7 76,7 78,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale 2020 de juillet 2019 à juin 2020.

POINTS FORTS

  • Marché intérieur conséquent, soutenu par une démographie dynamique
  • Transferts importants des travailleurs émigrés
  • Main-d’œuvre nombreuse et peu coûteuse
  • Perspectives de corridors économiques avec la Chine
  • Acteur important de la finance islamique

POINTS FAIBLES

  • Environnement géopolitique tendu, insécurité domestique
  • Informalité (40 % du PIB) et faibles rentrées fiscales (12,7 % du PIB)
  • Éducation, santé, infrastructures et agriculture déficientes
  • Retards de développement du Baloutchistan et des zones rurales
  • Dépendance énergétique et faible diversification sectorielle
  • 40 % de la main-d’œuvre dans le secteur agricole, sensibilité aux aléas climatiques et aux prix mondiaux

Appréciation du risque

L’économie ralentira de nouveau…

La croissance pakistanaise continuera de ralentir en 2020, sous l’effet des politiques visant à résorber les déficits jumeaux : les restrictions budgétaires ont été accompagnées d’une politique monétaire resserrée. Afin de contrôler l’inflation dans un contexte de forte dépréciation de la devise, la banque centrale a de nouveau relevé ses taux à 13,25 % en juillet 2019 (+ 675 pdb sur l’année), et devrait les maintenir à ce niveau en 2020. En conséquence, une légère contraction du crédit a été observée. Le ralentissement de 2019 s’est ressenti dans tous les secteurs, y compris dans l’agriculture, où une baisse de la production liée à la pénurie d’eau a été observée. Le secteur électrique a maintenu la croissance industrielle en terrain positif, grâce à la finalisation de nouvelles centrales. Si la consommation privée (82 % du PIB) est restée dynamique malgré l’inflation et la hausse du coût du crédit, l’investissement public (12 % du PIB) a représenté une contribution négative d’un point de pourcentage au PIB, sur fond de baisse des dépenses de développement et de finalisation de nombre de grands projets énergétiques et logistiques, notamment autour du corridor économique Chine-Pakistan. L’investissement privé a aussi chuté. L’inflation a connu une accélération forte, principalement due à l’effet prix de la dépréciation ainsi qu’à l’inflation alimentaire liée aux mauvaises récoltes. En 2020, elle sera propulsée par les effets retardés de la dépréciation ainsi que des hausses de la fiscalité et du prix des services publics.

 

… afin de remédier aux déséquilibres budgétaires et externes

Les finances publiques ont connu une dégradation marquée en 2019. Les dépenses totales ont augmenté, suite à une augmentation de 40 % de la couverture des intérêts de la dette pour l’année fiscale 2019. La réduction des dépenses d’investissement et la stagnation des revenus n’ont pas permis de compenser. La réduction du déficit en 2020 passera par un accroissement des revenus (+ 1,7 % du PIB attendus), qui sont parmi les plus bas au monde, rapportés au PIB (12,7 %). La réforme inclura une rationalisation des taux et seuils d’imposition, ainsi qu’une réduction des exemptions et des taux préférentiels, et une augmentation des taxes sur les biens de consommation. L’utilisation du budget est problématique : un tiers est alloué à l’armée, et un autre tiers au paiement d’intérêts. Le déficit de 2019 a pu être financé par des sources principalement domestiques, et seulement à hauteur de 12 % par l’extérieur. La dette extérieure représente 37,9 % de la dette publique totale (+ 10 points en un an), et est détenue à 44,2 % par des créanciers multilatéraux. Le pays a réussi à s’assurer un soutien extérieur considérable de la Chine, de l’Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis et du FMI notamment (38 milliards USD au total). Le Pakistan a reçu en juillet 2019 un prêt de 6 milliards USD de la part du FMI, et s’est en contrepartie engagé dans un plan triennal de stabilisation et de réformes. Ce soutien autorise l’optimisme quant à la solvabilité à court terme du souverain, malgré la situation dégradée des comptes publics.

Le compte courant du Pakistan a connu une amélioration en 2019. Les mesures administratives et l’effet prix de la dévaluation de la Roupie (- 25 % en 2019) ont contribué à une forte réduction des importations. Les exportations (textiles à plus de 50 %) n’ont pas pu profiter de la dépréciation cette année, et les transferts des travailleurs migrants restent le principal mode de financement du déficit commercial : ils ont bénéficié de la bonne tenue des économies du Golfe, et ont couvert 77 % du déficit commercial en 2019 ; les flux d’IDE restent eux réduits (0,5 % du PIB en 2019). L’amélioration se poursuivra en 2020. Les importations seront modérées par leur coût élevé et la croissance réduite, ainsi que les bas prix de l’énergie, tandis que les exportations commenceront à bénéficier de la dépréciation passée de la devise. Les transferts des travailleurs devraient poursuivre sur leur bonne tendance. La flexibilisation du change devrait à l’avenir empêcher les comptes extérieurs de diverger de leur équilibre. Les réserves de change ont fondu, et malgré une lente accumulation ne représentent aujourd’hui que deux mois d’importations.

 

Insécurité prégnante et contestations en hausse

Le premier ministre du Pakistan Imran Khan, élu en 2018, fait face aux appels à la démission lancés par le Jamiat Ulema-e-Islam, parti d’opposition, qui a mobilisé environ 50 000 manifestants pour la première fois dans son mandat. La menace est réelle, dans un pays ou aucun premier ministre n’a été au bout de son mandat en 70 ans. Le pouvoir d’achat est miné par une inflation galopante et par une croissance qui ne suffira plus à assurer la hausse du revenu par tête, alors que la croissance démographique est très vive (+ 2,7 % par an). Malgré l’amélioration de la situation sécuritaire, l’insurrection au Baloutchistan et la guerre du Waziristan continuent, et les tensions avec l’Inde au sujet du Cachemire se sont ravivées après la levée du statut autonome octroyé à la région. La relation houleuse avec les États-Unis restera importante et orientée sur la coopération militaire, tandis que le partenariat chinois semble en perte de vitesse : la contestation populaire des avantages octroyés aux entreprises chinoises monte, tandis que les IDE se tarissent (- 77 % en 2019).

Le Pakistan s’est distingué dans le classement Doing Business 2020, en grimpant de la 136e à la 108e place, grâce notamment à la simplification des permis de construction, et à la numérisation et la réduction de la TVA et de l’impôt sur les sociétés.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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