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Sri Lanka

Sri Lanka

Population 21,8 millions
PIB par habitant 3 852 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%)* 3,3 2,3 -4,5 5,3
Inflation (moyenne annuelle, %)* 4,3 4,3 4,7 4,6
Solde public / PIB (%)* -5,4 -6,9 -8,8 -8,6
Solde courant / PIB (%)* -3,1 -2,1 -3,6 -3,2
Dette publique / PIB (%)* 83,8 86,8 98,2 98,3

(e) : Estimation (p) : Prévision *1er Avril - 31 Mars

POINTS FORTS

  • Production agricole diversifiée (thé, riz, noix de coco, caoutchouc)
  • Localisation stratégique au centre des routes commerciales entre l’Asie et le Moyen-Orient
  • Intérêts indien, chinois et japonais
  • Réussites dans l’éducation, la santé et la réduction de la pauvreté

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité de la production agricole aux désastres climatiques, dépendance au tourisme
  • Faibles dépenses publiques en capital du fait du lourd service de la dette
  • Dépendance aux financements extérieurs de court terme
  • Manque d’infrastructures
  • Facteurs de tensions inter-ethniques entre Cinghalais et Tamouls

Appréciation du risque

La reprise contrainte par le secteur touristique en berne

L’économie s’est contractée en 2020 en raison de la crise du COVID-19. Pour faire face à la pandémie, le gouvernement a d’abord imposé une quarantaine aux voyageurs provenant de pays risqués. Des confinements locaux ont ensuite été imposés en fonction de l’évolution de l’épidémie. Ces derniers ont pesé sur l’activité économique. Le tourisme (11% du PIB), qui avait déjà été affecté par les attentats de Pâques 2019, a souffert de la fermeture des frontières entre mars et décembre 2020.Les conditions de déplacement et d’accès sont contraignantes pour les touristes malgré leurs réouvertures. L’industrie du textile (15% de la force du travail et 50% des exportations) est exposée à la propagation du virus et peut donner lieu à des « clusters ». Elle a été affectée par la baisse de la demande à la fois externe et interne. En 2021, la reprise économique dans les pays partenaires (Etats-Unis, Europe) devrait permettre d’accroître les exportations et soutenir la reprise. Des périodes de sécheresse observées tout au long de l’année 2020 devraient affecter les rendements agricoles futurs. Dans ce contexte difficile pour les entreprises, un moratoire existe sur les prêts bancaires pour les secteurs du tourisme, de l'habillement, et des TIC, ainsi que pour les PME jusqu'en avril 2021. L’investissement devrait principalement reposer sur la sphère publique en 2021. Afin de stimuler l’investissement privé, la banque centrale maintiendra pourtant une politique accommodante. Elle a abaissé ses taux directeurs de 200 points de base en mars 2020 afin de stimuler le crédit. L’inflation devrait rester élevée en raison de la hausse de la demande et des contrôles aux importations qui réduit la concurrence sur le marché intérieur.

 

Les finances publiques sri-lankaise continuent de se dégrader

Les finances publiques sri-lankaise continuent de se dégrader : l’effet des attentats puis de la fermeture des frontières sur le tourisme et la baisse des exportations ont réduit les recettes et aggravé les déficits, conduisant au non-respect du critère de solde primaire visé. Le FMI, lui a tout de même accordé USD 800 millions (1% du PIB) dans le cadre de la Facilité de crédit rapide. Les réformes amorcées précédemment afin d’améliorer les comptes publics devraient être suspendues temporairement à cause de la crise du COVID-19. La mise en place d’un système de collecte des taxes électronique obligatoire à partir d’avril 2021 devrait faciliter la collecte de recettes publiques. La dette publique est élevée, et pèse lourd sur le budget de l’État : le paiement d’intérêts a valu 44 % des revenus de 2019. Les besoins de financement sont élevés, la dette est coûteuse et la dépendance à l’extérieur est forte. Elle est pour moitié en devises, et donc exposée au risque de dépréciation. Sur la période 2021/2024, les obligations sur la dette extérieure représenteront USD 23,2 milliards, alors que les réserves de change s’élevaient en octobre 2020 à USD 5,9 milliards, soit environ 5 mois d’importations.

En 2020, malgré la baisse des revenus touristiques et des exportations de textiles, les comptes courants ont été préservés d’une trop forte dégradation grâce à la baisse des importations liés aux contrôles en place et le maintien des flux de remises de travailleurs expatriés. Les restrictions sur les importations ont permis d’améliorer légèrement la balance commerciale, qui restera cependant déficitaire (10% du PIB), la balance des services, qui a été affectée par la baisse des arrivées des touristes, est restée excédentaire (3% du PIB) et devrait s’améliorer grâce à la reprise en 2021.

 

Le clan Rajapaksa au pouvoir fait craindre des dérives

Gotabaya Rajapaksa, ancien militaire populaire pour avoir mis fin à la guerre civile en 2009, a gagné les élections présidentielles de novembre 2019. Sa victoire, sur un programme nationaliste et sécuritaire, est symptomatique des tensions ethniques toujours vivaces au Sri Lanka : le président a eu le soutien de la majorité ethnique cingalaise, mais n’a reçu que peu de voix tamoules. Les élections parlementaires d’août 2020 ont donné vainqueur le Sri Lanka Podujana Peramuna (SLLP), le parti du président. La nomination au poste de premier ministre de son frère et ancien président Mahinda Rajapaksa, qui avait mené entre 2005 et 2015 une ligne nationaliste, centralisatrice et autoritaire, fait craindre un recul sur les réussites du gouvernement précédent en termes de corruption, de séparation des pouvoirs et de liberté de la presse. Le SLLP, possédant désormais la majorité au parlement, a fait passer le 20ème amendement le 22 octobre 2020, qui renforce la plupart des pouvoirs constitutionnels du président, qui avait été abolis par le 19ème amendement en 2015.

Sur le plan extérieur, le clan Rajapaksa semble vouloir s’éclipser de la scène internationale. Le Sri Lanka s’est retiré du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU en février 2020. Les relations avec la Chine ont connu un grand renforcement sous les deux mandats de Mahinda Rajapaksa, et pourraient s’approfondir de nouveau dans les années à venir. Le conflit d’influence sino-indien reste important, mais les projets indiens ont stagné, alors que la Chine a aidé la famille Rajapaksa à échapper aux enquêtes internationales sur les crimes de guerre commis en 2009, et détient environ un quart de la dette publique. La Chine est très impliquée dans le développement du Sri Lanka, et finance par exemple le Colombo Financial District, à hauteur de USD 1,4 milliards, soit l’investissement étranger le plus important du pays. La question de la dépendance à ces financements se pose : alors qu’il était devenu impossible de rembourser la dette contractée pour financer le port d’Hambantota, les autorités avaient été contraintes de céder ce dernier pour 99 ans à la Chine en 2017.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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