Coface Group
TIC

TIC

TIC (Technologies de l'information et de la communication)
Asie-Pacifique
Europe centrale et de l'est
Amérique Latine
Moy-Orient & Turquie
Amérique du Nord
Europe de l'Ouest
Changer de secteur

Forces

  • Accélération de la mondialisation de l’accès à l’Internet et des possibilités de pénétration du marché en raison des conséquences liées à la nécessaire distanciation physique causée par la pandémie de COVID-19
  • Croissance exponentielle des biens connectés
  • Forte innovation avec un impact croissant de l’intelligence artificielle sur tous les secteurs et la technologie 5G à venir

Faiblesses

  • Saturation de certains marchés matériels (tablettes, smartphones, PC) dans certains marchés importants
  • Défis à long terme en ce qui concerne les réserves de minéraux rares
  • Environnement réglementaire à venir plus strict pour les « géants » des TIC, notamment en matière de fiscalité, de protection des données et de liberté d’expression

Appréciation du risque

Synthèse de l’appréciation du risque

Empiriquement, il y a de moins en moins de frontières entre les différents produits et services offerts par les entreprises du secteur des TIC par rapport à leurs respectifs métiers historiques.

La crise de la COVID-19 a impacté à divers degrés les différents segments compris dans les TIC, même s’il reste dans l’ensemble parmi les secteurs les plus résilients face à cette crise. Toutefois, malgré la contraction du PIB mondiale (-4,2% en 2020 selon Coface), ils devraient tous rester résilients cette année. Coface anticipe une reprise de l’économie mondiale cette année et une croissance du PIB mondial de 4,3% Le segment des médias a bénéficié de la crise de mobilité liée à la crise sanitaire, engendrant une forte demande et ainsi une hausse de la production. Le segment des télécommunications et de l’électronique devraient quant à eux reprendre graduellement, avec cependant des disparités selon les régions. Dans les faits, les segments ci – avant cités ont enregistré une activité plus faible durant les périodes de confinement et des reprises rapides, dès qu’ils ont été levés. La reprise devrait être plus faible en Europe comparé aux États-Unis et à l’Asie. Enfin, le segment du matériel informatique devrait aussi reprendre graduellement avec une demande importante, en raison du recours croissant au télétravail ainsi qu’à l’augmentation des performances des réseaux.

En plus de la nécessité de gérer le choc lié à la pandémie, les défis auxquels le secteur faisait face avant la crise de la COVID-19 subsistent. D’un côté les tensions commerciales internationales s’intensifient et continuent de se focaliser sur les questions technologiques. De l’autre, les projets visant à faire évoluer les lois en terme de protection des données, de fiscalité et de liberté d’expression dans de nombreux pays, de façon à les rendre plus contraignantes vis-à-vis des « géants de la Tech », se poursuivent.

Notes de lecture
La méthodologie d’évaluation sectorielle de Coface sur le secteur des Technologies de l'information et de la communication (TIC) comprend plusieurs segments : les télécommunications, l’électronique, les médias ainsi qu’un dernier segment composé des ordinateurs, logiciels et matériels informatiques.
WORLD SEMICONDUCTOR TRADE STATISTICS (WSTS): La WSTS est une organisation professionnelle, ayant pour membre des entreprises clés dans l’activité des semi-conducteurs au niveau mondial. C’est une organisation de référence internationale concernant la production de données statistiques concernant le marché des semi-conducteurs.

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Analyse approfondie du secteur
Le segment des médias a bénéficié de la crise de la COVID-19

La crise de la mobilité générée par la pandémie continue de bénéficier aux segments des médias, contrairement aux autres segments du secteur des TIC. En effet, la majorité des segments a été touché par le double choc de demande et d’offre, dans une moindre mesure et en fonction des régions du monde, induit par les mesures de confinement, imposées par près de la moitié des états au niveau mondial au deuxième semestre 2020. L’offre a pâtit de la fermeture des usines conduisant à l’arrêt abrupt de la production ainsi que des perturbations des chaînes d’approvisionnement. La demande, de son côté, a été perturbée par la baisse de production ainsi que par la crise économique engendrant une baisse de la consommation de la part des ménages et des entreprises.

En effet, les individus étant amenés à davantage rester chez eux. L’intérêt pour les nouveaux médias s’est alors accru, notamment l’offre de divertissement, se traduisant par une augmentation de la demande. En conséquence de cette forte demande, l’offre a été vigoureusement stimulée et la production a augmenté. Coface s’attend à ce que la demande reste dynamique, compte tenu d’un contexte où les autorités dans les différents pays du monde continuent de promouvoir le télétravail, à chaque fois que possible, ainsi que de la distanciation sociale. Ce contexte, notamment le télétravail, est de nature à accélérer la modification des modes de vie et des habitudes de travail, dans le long terme, ce qui devrait continuer de maintenir la demande pour ce type de produit.

Une reprise graduelle pour les segments télécommunications, électronique et matériel informatique attendus d’ici 2021

Les premiers signes de reprise dans les segments susmentionnés sont déjà apparus au troisième trimestre 2020, les livraisons de semi-conducteurs (qui sont des composants essentiels pour la fabrication d'appareils électroniques et informatiques par exemple) ayant augmenté de 3 % par an au niveau mondial en octobre 2020, selon le rapport de la WSTS. Ces segments devraient en effet reprendre graduellement avec un redressement de l’offre dû à la réouverture des usines de production ainsi qu’une reprise de la demande générée par la reprise économique progressive, amorcée au 2ème trimestre 2020. La reprise des segments de l’électronique et des télécommunications devrait être plus faible en Europe et aux Etats-Unis, qu’en Asie. La pandémie continue d’entraîner un fort taux de chômage, donc une baisse des revenus des ménages en Europe, entrainant par la même une diminution de la consommation. Coface s’attend à ce que des phases successives de ‘stop and go’ en matière de mise en place et retrait par les gouvernements, de mesures visant à restreindre la mobilité des personnes, se poursuivent dans la première partie de l’année, notamment en Europe et aux Etats – Unis. Les consommateurs s'étant adaptés à cette "nouvelle normalité", la demande devrait reprendre, bien que sur une trajectoire erratique, avec des périodes d'accélération ou de rattrapage lorsque les restrictions sont supprimées en Europe et aux États-Unis.

En revanche, la demande devrait rester stable et dynamique en Asie. Dans ce contexte, la propension à dépenser pour les équipements électroniques et les télécommunications est plus élevée dans certains pays d'Asie qu'aux États-Unis ou en Europe. De surcroit, le gouvernement chinois accorde une importance prépondérante au développement des télécommunications, notamment dans le cadre de son plan « Made in China 2025 », par lequel les autorités ambitionnent que la Chine soit leader dans les nouvelles technologies d’ici 2025. Les investissements publics dans ce segment ne devraient donc pas pâtir de la situation sanitaire ni de l’environnement économique. En Inde, la reprise est plus incertaine en raison des difficultés à y gérer la pandémie. De plus, la situation économique davantage dégradée que d’autres importantes économies de la région, avec une contraction du PIB estimée à -8% pour 2020 et une croissance du PIB attendue par Coface à 5,5 % en 2021.

L’achat de matériel informatique a été boosté par la première vague de mesures de confinement du premier semestre 2020. En effet, la mise en place du télétravail notamment, a engendré une forte demande au niveau du matériel et des services informatiques. Cette demande devrait rester soutenue dans le moyen et long terme, compte tenu du contexte. 

Les géants de la technologie, les FAANG (Facebook, Amazone, Apple, Netlfix et Google), ont vu leurs résultats en forte hausse, suite aux mesures de confinement. Ces derniers continuent donc d’investir afin d’améliorer leurs performances. Par exemple, Google qui avait déjà investi dans des fermes éoliennes, continue d’investir d’importantes sommes dans des câbles sous-marins par exemple, afin de répondre à la hausse du trafic internet ainsi qu’à des besoins internes. Les réseaux internet de ces leaders sont de plus en plus performants. Ceci est de nature à inciter les entreprises et les ménages à consommer davantage, malgré les difficultés financières liées à la crise économique.

Les défis pré-crise de la COVID-19 subsistent : la course à l’innovation entre la Chine et les Etats- Unis ainsi que les évolutions règlementaires

La course mondiale à l’innovation continue de se focaliser sur les questions technologiques. La pandémie de la COVID-19 a démontré le besoin d’une plus grande performance au niveau du réseau, qui pourrait en partie être fourni par la technologie 5G. Dans ce contexte, les tensions entre la Chine et les États-Unis devraient persister sous l’administration Biden, et pourraient à la fois nuire aux activités du commerce de l’électronique et altérer le déploiement de la 5G.

L’année passée a été marquée par le durcissement des restrictions imposées par l’administration Trump, notamment à l’égard de l’un des leaders chinois des TIC, Huawei ( notamment leader en structure d’information) ; afin de limiter son accès aux semi-conducteurs. Désormais, Huawei n’a plus le droit d’utiliser la technologie américaine pour produire des composants. Toute utilisation de logiciels ou équipements de fabrication américains pour produire des objets via Huawei nécessite une licence. De plus, le Président Trump a pris d’importantes mesures contre les applications chinoises ‘TikTok’ et ‘We Chat’. L’administration Trump les accusait de détournement de données des utilisateurs américains au profit du gouvernement chinois. Les représailles du gouvernement chinois se sont elles aussi exercées sur le champ technologique. En effet, en août 2020, la Chine a rendu inaccessible près de 47 000 applications se trouvant dans l’App store du géant technologique américain Apple. Au moment de la rédaction de cette fiche, cette mesure avait été étendue à d’autres développeurs de jeux vidéo, en dehors des fournisseurs d’Apple. Par ailleurs, l’environnement réglementaire des entreprises des TIC devrait être de plus en plus contraignant dans les années à venir, notamment concernant la protection des données des consommateurs, suite à plusieurs scandales impliquant des entreprises américaines. Suite à la crise de la COVID-19, les capacités informatiques des entreprises technologiques ont été sollicitées dans un certain nombre de pays notamment pour le traçage des cas COVID-19, afin de remonter les chaînes de transmission. Ces outils devraient être utilisés en cas d’urgence et seulement pour le bien commun. Une fois que la situation d’urgence sera terminée, les données ne devraient plus être disponibles. Cependant, pour ce faire, les gouvernements, notamment dans les économies avancées, pourraient renforcer ou mettre en place un cadre juridique sur la protection des données privées, afin de garantir la transparence des processus et la protection de la vie privée. Ceci pourrait donc se traduire par des réglementations d’autant plus contraignantes.

L’accroissement en cours des normes en la matière dans d’importants marchés comme le marché européen ou nord-américain, pourrait avoir une incidence sur les modèles économiques des géants des TIC et contribuer à la fragmentation du marché, étant donné que les règles de protection des données pourraient différer sensiblement d’un État à l’autre aux États-Unis par exemple, ainsi que d’une région du monde à l’autre, alors que les grandes entreprises de TIC opèrent au niveau mondial.

Les grandes entreprises multinationales de médias devraient également être mises en cause sur le front de la réglementation concernant la liberté d'expression ; comme cela a été le cas en France notamment. Suite aux critiques les accusant de contribuer à propager des théories conspirationnistes ; les ‘géants de la Tech’ comme Facebook, par exemple, a anticipé l'appel, en bloquant certains hashtags diffusant des informations erronées dans les semaines qui ont suivi la période des élections.

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Dernière mise à jour : février 2021

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