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Turkménistan

Turkménistan

Population 5,8 millions
PIB par habitant 7 065 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 6,4 6,1 6,3 1,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,0 13,1 13,4 13,0
Solde public / PIB (%) -2,8 -0,2 -0,1 -0,3
Solde courant / PIB (%) -10,3 5,7 -0,6 -3,0
Dette publique / PIB (%) 28,8 29,1 30,3 29,5

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • 4e réserves mondiales de gaz naturel (9,3 %)
  • Niveau d’endettement modéré
  • Bonne santé des comptes publics

POINTS FAIBLES

  • Petite économie enclavée
  • Porosité de la frontière afghane, alors que les moyens militaires sont faibles
  • Forte dépendance de l’économie au secteur des hydrocarbures (essentiellement au gaz) et à la Chine qui en importe la quasi-totalité
  • Interventionnisme étatique et problèmes en matière de gouvernance (corruption, autoritarisme) et de direction de l’investissement, système statistique très opaque
  • Faible part du secteur privé (30,7 % du PIB en 2016)
  • Fortes restrictions du marché des changes et surévaluation du Manat, nuisibles aux IDE et aux échanges

Appréciation du risque

Dépendance atténuée mais cruciale aux achats chinois de gaz

L’économie turkmène continuera de profiter en 2020 de la reprise des livraisons de gaz à la Russie, concrétisée en avril 2019 après deux ans d’interruption. La construction de la quatrième branche du gazoduc Asie centrale-Chine a commencé : elle permettra de surmonter les contraintes de débit du réseau, bientôt atteintes, et d’approvisionner un marché dont la consommation de gaz pourrait doubler à l’horizon 2050. Le gros des efforts de diversification aura lieu dans le secteur pétrochimique : la nouvelle usine de transformation de gaz naturel d’Ahal (1,7 milliard USD), inaugurée en juin 2019 et financée par des banques japonaises, permettra d’ajouter l’essence aux normes Euro-5 au panier d’export turkmène. Une réforme agraire est prévue, qui permettra de louer sur 99 ans les terres aux producteurs et vise à augmenter la productivité. Ces derniers pourront cultiver 30 % de leur exploitation pour leurs besoins, le reste devant être dédié aux plantations assignées par l’État. La production subira une réorientation, avec une substitution du coton au blé, les deux devant connaître une réduction en 2020 (de 1,5 million de tonnes de coton à 1,25). Le nouveau plan septennal inclut un ambitieux plan d’investissement dans l’irrigation, qui permettra d’augmenter la productivité de certaines terres. Selon des sources locales, la situation dans l’élevage se dégrade, le manque de nourriture obligeant à réduire les troupeaux. Le secteur de la construction bénéficiera de la reprise de l’investissement public, notamment résidentiel, avec un projet de ville nouvelle près de la capitale.

 

Le crédit est dirigé principalement vers les entreprises d’État et distribué à des taux concessionnels, à des conditions plus avantageuses pour l’agriculture. Le taux de prêts non performants reste relativement bas. La politique de crédit devrait continuer sur une trajectoire souple. La demande des ménages sera comprimée par une inflation forte liée aux restrictions à l’importation et au retrait de nombreuses dépenses sociales et subventions.

 

Reprise de l’investissement public et substitution aux importations

Du côté des finances publiques la réduction des revenus des hydrocarbures a été compensée par une réduction des dépenses sociales et d’investissement en 2019. Le gouvernement prévoit de couvrir ses futurs déficits par financement bancaire, et vise une réduction du déficit budgétaire hors hydrocarbures, de 6,2 % du PIB en 2018 à 4 % en 2024. Le besoin en infrastructures du Turkménistan, le plus élevé de la région, expliquera la remontée de l’investissement public en 2020.
Les exportations ont augmenté en 2019, largement du fait des achats chinois (+ 18 %). Malgré le retour de Gazprom, la Chine représente encore 78 % des exportations turkmènes. Le compte courant sera donc vulnérable à un potentiel ralentissement chinois ou à une diversification de ses approvisionnements, qui pourraient altérer les termes de l’échange, ainsi qu’aux variations des prix de l’énergie. Les textiles turkmènes ont connu une dynamique positive. La stratégie de substitution aux importations, qui vise les secteurs de l’alimentation, des textiles et des matériaux de construction, pourrait peser positivement sur le solde commercial en 2020, en restreignant notamment les importations alimentaires. L’ouverture aux capitaux est faible, à l’exception des IDE, concentrés dans les hydrocarbures.

 

Une transition politique et économique qui reste à réaliser

Au pouvoir depuis 2006, le président Gurbanguly Berdymuhamedov remplit désormais son troisième mandat consécutif. La réforme constitutionnelle de 2016 a levé la limite d’âge de candidature à la présidence, permettant au président (62 ans) de briguer un quatrième mandat en 2021. Malgré la domination sans partage de son Parti démocratique, le président a récemment remanié son gouvernement et annoncé des plans de réforme constitutionnelle, visant à donner plus de pouvoir au corps législatif, des mesures reflétant peut-être une prise de conscience de l’exécutif. La situation de la population est aggravée par les coupes budgétaires. La gratuité des services publics a été abrogée et les produits alimentaires de base viennent souvent à manquer dans les magasins régulés, malgré le rationnement en place. La sévérité de la politique sécuritaire empêche toute manifestation de grande ampleur et le gouvernement a interdit aux hommes de moins de 40 ans de quitter le pays afin de limiter l’hémorragie migratoire frappant le pays depuis dix ans et dont l’ampleur est difficile à estimer.

 

Les relations avec les pays voisins semblent apaisées, le Turkménistan ayant déclaré sa neutralité diplomatique en 1995. Les grands projets d’infrastructures gazières sont pourtant freinés par les partenaires. La Russie et l’Iran s’opposent à la création du gazoduc Transcaspien, tandis que le projet gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan n’a pas commencé, sur fond de dissensions concernant les prix du gaz, des financements toujours insuffisants et des conditions sécuritaires incertaines. La frontière afghane demeure problématique, en raison de la présence des talibans et des moyens militaires limités. Le Turkménistan est le pays le moins bien noté d’Asie centrale selon tous les indicateurs de transition de la BERD. Le climat des affaires est extrêmement difficile compte tenu de la domination du secteur public et de ses monopoles sur l’économie, des contrôles sur les échanges commerciaux, les prix et les devises.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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