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Ukraine

Ukraine

Population 42,0 millions
PIB par habitant 3 113 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,5 3,3 3,3 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 14,4 11,9 8,5 6,5
Solde public / PIB (%) -2,2 -2,2 -2,3 -2,3
Solde courant / PIB (%) -2,2 -3,3 -3,0 -3,3
Dette publique / PIB (%) 71,6 60,2 52,0 48,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Position stratégique en Europe : point de transit de 40% des expéditions de gaz russe vers l’UE
  • Accord d’association et de libre-échange avec l’Union européenne (2016) ayant permis une réorientation des échanges extérieurs
  • Important potentiel agricole avec 55 % de terre arable (blé, maïs, orge, colza, tournesol, betterave, soja) et métallurgique (fer)
  • Main-d’œuvre qualifiée et peu coûteuse
  • Politique budgétaire et monétaire rigoureuse
  • Faible endettement des acteurs économiques (sauf l’État)
  • Soutien financier et politique international mais conditionné par les réformes

POINTS FAIBLES

  • Conflit avec la Russie et les populations russophones du Donbass, atteinte à l’intégrité territoriale empêchant une entrée dans l’UE, mais reprise des négociations au format « Normandie »
  • Environnement des affaires entaché par la corruption (notamment de la justice), l’oligarchie et les monopoles, la fragilité des droits de propriété, le manque de concurrence et le manque d’efficience des services publics
  • Faible diversification économique, sensibilité à la météorologie et aux cours des matières premières
  • Démographie déclinante, inégalités régionales avec pauvreté et informalité
  • Crédit bridé par les créances douteuses (49 %) et les taux d’intérêt réels élevés
  • Flottement dirigé de la hryvnya, encore des restrictions aux mouvements de capitaux

Appréciation du risque

Croissance ferme fondée sur la consommation

Comme en 2019, l’activité sera tirée, avant tout, par la consommation des ménages (3/4 du PIB). Sur fond d’émigration et de raréfaction de la main-d’œuvre qualifiée, mais aussi du fait de la poursuite de la hausse (même moindre) du salaire minimum, les salaires continueront de progresser. Les ménages bénéficieront aussi des remises des expatriés qui constituent 10 % de leurs revenus. On estime à 5 millions le nombre d’Ukrainiens travaillant à l’étranger (Pologne, surtout, mais aussi Hongrie, Tchéquie…), soit un quart de la population active. L’inflation pourrait être moins forte du fait de l’assagissement des prix de l’énergie et de l’alimentation lié au tassement des cours mondiaux, tandis que la hryvnya devrait faire preuve de résistance. La consommation profitera de nouveau au commerce et au transport de marchandises. L’investissement devrait de nouveau bien progresser, mais sa part dans le PIB (17 %) stagne en raison du conflit avec la Russie, du médiocre climat des affaires et d’un crédit contraint par l’importance des prêts douteux (49 % de l’encours, mais provisionnés à 90 %) et, surtout, sa cherté. En dépit de l’assouplissement de la politique monétaire en 2019 (taux directeur abaissé à 15,5 %), le taux d’intérêt moyen des prêts en hryvnya était en octobre 2019 de 20,6 % contre 4 % pour ceux en devises (encore 40 % de l’encours, malgré la diminution de leur diffusion). La contribution des échanges resterait négative. Les exportations seront toujours affectées par la faiblesse des cours des produits agricoles (40 % des exportations totales), du fer et de l’acier (25 %) causée par le manque de dynamisme de la demande mondiale. Toutefois, cet effet prix devrait être partiellement corrigé par une augmentation des expéditions liée à une nouvelle envolée des récoltes pour la saison 2019/2020 qui profitera à l’agriculture (12 % du PIB). En face, les importations, notamment de biens de consommation et de machines, seront portées par la vigueur de la demande intérieure.

 

Allègement de la dette mais vulnérabilité extérieure

Grâce à la croissance ferme, à l’inflation et à l’excédent budgétaire primaire (c.-à-d. hors intérêts de la dette), la dette publique (53 % vis-à-vis de l’extérieur et 67 % en devises étrangères, à fin septembre 2019) devrait encore s’alléger en 2020 en % du PIB. Toutefois, cet allègement, très prononcé en 2018 et 2019, pourrait être moindre, car la hryvnya pourrait légèrement se déprécier. Le déficit global devrait rester légèrement supérieur à 2 % pour se conformer aux recommandations des organisations internationales. Avec le conflit dans les régions orientales (Donetsk et Lougansk) contrôlées par les séparatistes soutenus par la Russie, les dépenses militaires resteront élevées (1/5 des dépenses et 8 % du PIB). Ajoutées aux salaires, aux retraites et aux transferts sociaux (50 % des dépenses à eux trois), cela laisse peu de place à l’investissement, d’autant que les recettes publiques ne représentent que 26 % du PIB.

 

Si l’on ajoute sa part privée (63 % du total), le poids de la dette extérieure dans le PIB atteignait 76 % fin 2019. Elle s’est sensiblement allégée parallèlement à sa part publique. En 2019, son amortissement se serait élevé à 14 milliards USD (9 % du PIB). À cela s’ajoute le déficit courant attendu en légère hausse en 2020. Les rémunérations et remises des expatriés (9 % du PIB), ainsi que les recettes issues du transit routier et gazier (2 %) ne compensent pas les intérêts de la dette et le déficit commercial (10 %). En face, les réserves de change ne couvrent que 3 mois d’importations. Les entrées d’IDE ne comptent que pour 1,5 % du PIB, dont 20 % correspondent à des allers-retours de capitaux. Le bouclage de la couverture du besoin de financement dépend donc des marchés et de la mise en œuvre du nouvel accord avec le FMI. L’intérêt des marchés sera entretenu par les taux élevés, tandis qu’une Facilité étendue de crédit de 5,5 milliards USD sur trois ans a pu être conclue avec le FMI fin 2019.

 

Réformes et conflit à l’est du pays

En avril 2019, Volodymyr Zelenskyi, un comédien et producteur de télévision de 41 ans, a remporté l’élection présidentielle avec plus de 73 % des voix. Il s’est lancé en politique quatre mois auparavant. Auparavant, il était connu pour son rôle auto-écrit dans la série télévisée Serviteur du peuple où, en tant que professeur d’histoire, il est propulsé à la présidence pour nettoyer son pays de la corruption. Il est très attendu par les électeurs, mais aussi les bailleurs de fonds, sur la lutte contre la corruption et la résolution du conflit dans le Donbass. La majorité absolue (251 sièges sur 450) obtenue par le parti présidentiel Serviteur du peuple aux législatives de juillet 2019 pourrait lui faciliter la tâche. En matière de corruption, l’immunité des parlementaires a été supprimée et une procédure de destitution du président introduite. Concernant le conflit, un certain dégel est observé. Le président a accepté, sous réserve du retrait des forces russes et d’une reprise de contrôle de la frontière internationale, la « formule Steinmeier » définie lors des accords de Minsk II (2015) et prévoyant des élections et l’autonomie pour le Donbass. Cependant, le désaccord persiste sur le séquençage de ces étapes. Ce conflit, ainsi que l’ouverture des gazoducs Turkstream et Nord Stream 2 à horizon 2020-2021 vont peser sur le transit du gaz russe vers l’UE, déjà réduit dans le nouvel accord quinquennal signé entre Gazprom et Naftogaz fin 2019 sous l’égide de l’UE. Ces sujets, comme la vente aux étrangers des terres agricoles, sont risqués pour le président. Il est impliqué, malgré lui, dans la politique intérieure américaine suite à sa conversation téléphonique avec Donald Trump et sa relation avec le milliardaire Ihor Kolomoisky qui a facilité son accession au pouvoir et cherche à être indemnisé pour la nationalisation de Privatbank (coût : 5,5 milliards USD) est questionnée.

 

 

Dernière mise à jour: Février 2020

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