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Zimbabwe

Zimbabwe

Population 14,9 millions
PIB par habitant 1 185 $US
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) * 0,6 3,2 3,0 3,1
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,5 0,9 8,3 22,4
Solde public / PIB (%) -7,3 -14,7 -16,4 -9,1
Solde courant / PIB (%) -3,3 -4,0 -4,6 -5,3
Dette publique / PIB (%) 69,9 84,8 94,2 96,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources minières (platine, or, diamant, nickel)
  • Richesses agricoles (maïs, tabac, coton)
  • Potentiel de développement touristique
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community)
  • Normalisation des relations avec la communauté internationale

POINTS FAIBLES

  • Pénurie de liquidités
  • Situation économique et financière sinistrée par la longue période d’hyperinflation (2000 à 2009)
  • Sous-investissement en infrastructures (notamment énergétiques)
  • Situations alimentaire et sanitaire précaires : la majorité de la population dépend de l’aide internationale et taux de prévalence du sida parmi les plus élevés d’Afrique et du monde
  • Arriérés de paiement auprès des bailleurs de fonds internationaux
  • Le pays est classé 189e sur l’indicateur de corruption de la World Bank et 155e au classement Doing Business

Appréciation du risque

Retour vers le futur : risque de stagflation en 2019

La fin de l’année 2018 a vu l’économie pénalisée par de fortes tensions inflationnistes, résultat de la crise de liquidité que traverse le pays, et qui devraient s’intensifier en 2019. La stabilité monétaire que le pays a connue après la décision de supprimer le dollar zimbabwéen au profit de l’utilisation de devises étrangères (principalement le dollar) en 2009, n’a pas résisté à la difficulté de faire rentrer ces devises dans le pays. Pour pallier cette difficulté, le gouvernement a décidé, en 2016, d’émettre des billets obligataires, sur la base de 1 USD pour un bond note de 1 (zimbollar). Cette mesure, soutenue par l’obtention d’un prêt de 500 millions USD auprès de l’Afreximbank, n’a pas eu d’impact positif durable. Pire, la méfiance de la population envers la valeur réelle de ces billets a engendré une dépréciation rapide de leur taux de change réel, ayant pour conséquence le développement d’un marché noir des devises étrangères et l’autorisation, par le gouvernement, fin 2018, d’ouvrir des comptes bancaires différents pour le dollar US et le Bond Note, reconnaissant ainsi la différence de valeur entre les deux. La croissance, encore calculée sur la base de la parité officielle par le gouvernement, sera inférieure à celle affichée au budget du fait de la poursuite de la dépréciation, et pourrait même être négative rapportée au nombre d’habitant. Le développement du paiement électronique, utilisé pour pallier le déficit de billets, grâce à l’application Ecocash, subira une taxe de 2 % sur ces types de transactions. Cumulée à l’inflation galopante, ainsi qu’au très fort taux de chômage, cette mesure impactera négativement la contribution de la consommation privée à la croissance, qui devrait, malgré tout, rester légèrement positive en cas de conditions météorologiques favorables à l’agriculture. Tirée par les secteurs du coton et du tabac, la production agricole devrait juste dépasser son niveau d’il y a 20 ans, qui avait ensuite chuté du fait des expropriations des fermiers blancs, et contribuer à la croissance des exportations. L’expansion du secteur minier devrait lui aussi participer à ce développement des exportations, mais dont l’effet positif sur la croissance devrait être plus que compensé par le renchérissement des importations. Cela devrait précipiter la dépréciation du Bond Note et l’inflation, exacerbant les craintes des investisseurs, déjà inquiétés par le déroulement des élections générales de 2018. En conséquence, l’impact des investissements sur la croissance en 2019 devrait être quasi nul, le gouvernement s’étant engagé, de plus, dans une politique d’austérité budgétaire, en réduisant ses dépenses d’investissement. La dépense publique pourrait même avoir une contribution négative.

 

Des efforts pour alléger de larges déficits jumeaux

Les dépenses liées à la tenue des élections, ainsi que la hausse de 17,5 % des salaires des fonctionnaires (31 % du total des dépenses) ont largement contribué à la dégradation du déficit public en 2018. Le gouvernement a donc décidé de mener une politique d’austérité budgétaire, afin d’assainir les comptes publics. En cas de succès, les bailleurs de fonds internationaux, auprès desquels le pays a encore des arriérés, seraient disposés à réengager le dialogue quant au déblocage de fonds de soutien budgétaire. D’après la loi de finance 2019, les recettes devraient diminuer de l’équivalent de 2 % du PIB (mais augmenter en nominal), tandis que les dépenses devraient diminuer de près de 9 % de PIB. Les risques pesant sur l’économie pourraient mettre à mal ces objectifs budgétaires (5 % de déficit), tout comme la dépréciation du Bond Note zimbabwéen par rapport au dollar, unité dans laquelle le budget est exprimé. Pour financer son déficit, le gouvernement s’endettera principalement domestiquement, le marché international des capitaux lui étant fermé, auprès des banques commerciales et de la banque centrale, impactant négativement son niveau de réserves et renforçant donc les pressions sur la liquidité.

Le déficit courant se creusera en 2019. Du fait du manque de devises étrangères, limitant l’augmentation des importations, le creusement du déficit commercial (13,3 % du PIB en 2017) sera contenu. La faible croissance sud-africaine pourrait aussi avoir un impact sur les remises des expatriés, dont la plupart résident dans ce pays, réduisant l’excédent des transferts (11,5 % du PIB). La contrepartie du déficit courant sera assurée par des transferts officiels et par des IDE.

 

Victoire d’Emmerson Mnangagwa après des élections contestées

Les élections générales du juillet 2018 ont vu la courte victoire d’Emmerson Mnangagwa (50,8 %), ainsi que de son parti le ZANU (au pouvoir depuis l’indépendance) qui obtient la majorité à l’Assemblée et au Sénat. Le président Mnangagwa avait pris le pouvoir, fin 2017, lors d’une période de « transition démocratique assistée par l’armée », cette dernière réfutant l’idée d’un coup d’État, et qui avait abouti à la démission de son ancien mentor Robert Mugabe. L’élément déclencheur de cette initiative fut le renvoi d’E. Mnangagwa de son poste de vice-président, visant à porter Grace Mugabe, l’épouse de l’ancien président, aux commandes du pays. L’opposition, principalement incarnée par Nelson Chamisa (44,3 %) a vivement contesté le résultat de ces élections, dénonçant de nombreuses irrégularités, et a été victime d’une répression qui a fait au moins sept morts, dans laquelle le vice-président Constantino Chiwenga est soupçonné d’être impliqué. Véritable test pour Emmerson Mnangagwa après l’annonce de mesures favorables à l’environnement des affaires, le déroulement de ces élections n’a pas rassuré les investisseurs.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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