Coface Group
Zimbabwe

Zimbabwe

Population 14,9 millions
PIB par habitant 1 254 $US
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,1 -8,1 -11,4 2,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,5 237,3 622,4 118,2
Solde public / PIB (%) -5,9 0,3 -1,2 -3,1
Solde courant / PIB (%) -5,3 0,2 6,3 3,1
Dette publique / PIB (%) 61,4 53,8 63,1 64,9

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources minières (platine, or, diamant, nickel)
  • Richesses agricoles (maïs, tabac, coton)
  • Potentiel de développement touristique
  • Membre de la SADC (Southern African Development Community)

POINTS FAIBLES

  • Pénuries de liquidités et de devises
  • Situation économique et financière sinistrée par la longue période d’hyperinflation (2000 à 2009)
  • Sous-investissement en infrastructures (notamment énergétiques)
  • Situations alimentaire et sanitaire précaires : la majorité de la population dépend de l’aide humanitaire et taux de prévalence du sida parmi les plus élevés d’Afrique et du monde
  •  Arriérés de paiement auprès des bailleurs de fonds internationaux
  • Sujet à de nombreuses sanctions internationales

Appréciation du risque

La crise économique se prolonge

A cause de la dévaluation rapide de la nouvelle devise, d’une politique budgétaire restrictive, de la sécheresse, des ruptures d’approvisionnement en électricité, du passage du cyclone Idai et de la pandémie de COVID-19, l’activité a enregistré deux années consécutives de vive contraction en 2019 et 2020. Si l’économie devrait renouer avec la croissance en 2021, les perspectives restent néanmoins très difficiles. Un modeste rebond de la consommation des ménages, attribuable à l’assouplissement des mesures de distanciation sociale, sera étouffé par la pénurie de devises persistante et l’inflation toujours très élevée. De plus, même si la sécheresse s’atténue progressivement, l’impact des restrictions de circulation liées à la pandémie sur la planification de la prochaine récolte et la difficulté pour les agriculteurs de se fournir en intrants devraient menacer les revenus des populations dépendant des revenus de l’agriculture (60 à 70 % de la population). En parallèle, la lenteur du réengagement international du pays depuis les élections de septembre 2018 signifie qu’il reste largement privé des financements extérieurs en raison des arriérés sur sa dette. La contribution de l’investissement public devrait donc être négative. Ce contexte économique, auquel s’ajoute un imprévisible et contraignant climat des affaires ne sera pas propice à l’investissement privé. Ceux-ci seront également freinés par le resserrement des conditions de crédit, avec le rehaussement du taux directeur de 15 % à 35 % en juin 2020 visant à freiner la dépréciation du dollar zimbabwéen. Si les ruptures d’approvisionnement en électricité, probables, après que le voisin zambien a alerté sur le faible niveau d’eau du barrage de Kariba qui fournit en électricité les deux pays, ne perturbent pas l’activité dans le secteur minier, les exportations pourraient bénéficier des prix de l’or, et dans une moindre mesure, des platinoïdes qui devraient rester relativement élevés.

 

Un dollar zimbabwéen en chute libre

En 2021, le déficit budgétaire devrait se creuser en conséquence de l’augmentation des dépenses pour répondre aux besoins sociaux élevés. Dans un contexte d’inflation très élevée, les grèves récurrentes dans la fonction publique, particulièrement des professeurs, ont déjà poussé le gouvernement à augmenter de 41 % les salaires. Ils pèseront sur la masse salariale de l’état qui absorbe plus de 40 % des recettes. Néanmoins, les recettes publiques et une capacité d’emprunt très limitées limiteront l’exécution des dépenses, notamment en matière d’investissement en capital. Les contraintes de financement, qui risquent d’entraver l’atteinte des objectifs de la nouvelle Stratégie de développement quinquennale 2021-2025, présentée en novembre 2020, et la capacité du gouvernement à répondre aux revendications sociales, pourraient encourager le financement par la création monétaire, qui alimenterait la dépréciation de la devise et l’inflation.

Suite à deux années de récession qui ont pesé sur les importations, le compte courant serait devenu excédentaire en 2019 et 2020. En 2021, il devrait le rester grâce, toujours, aux faibles importations et à l’excédent du compte des transferts. Néanmoins, principalement alimenté par les envois de fonds d’expatriés en Afrique du Sud, ce dernier devrait se réduire, après avoir bondi en 2020 du fait des restrictions de voyage ayant poussé à l'utilisation de canaux officiels. La faiblesse de la demande intérieure continuera de peser sur les flux commerciaux entrants, mais la reprise des exportations, aussi limitée, devrait entretenir le déficit commercial. Celui, plus léger, du compte des revenus devrait également se maintenir. Les faibles flux de capitaux et d’IDE entretiendront la position extérieure débitrice nette, contraignant le pays à l’accumulation d’arriérés.
Avec une demande de dollar américain qui restera forte, l’ajustement consécutif à l’effondrement du régime multidevises (mis en place après l’épisode d’hyperinflation en 2009) devrait se poursuivre. Après la rupture de la parité formelle entre les quasi-devises émises localement (dollar RTGS) et l’USD (février 2019), le changement de nom de la devise et l’abandon formel du système multidevise (juin 2019), et la mise en circulation du nouveau dollar zimbabwéen (novembre 2019), le régime de change a subi une nouvelle réforme en juin 2020. L’ancrage de la monnaie a été supprimé, et un système de vente par adjudication introduit. Bien que le dollar zimbabwéen ait perdu environ 80 % de sa valeur en 2020, réduisant l’écart avec les taux de change du marché parallèle, la dépréciation continuera en 2021. Avec des réserves de change insuffisantes pour couvrir plus de quelques semaines d’importations, la banque centrale ne dispose pas des capacités pour soutenir la devise.

 

Emmerson Mnangagwa confronté à un risque croissant pour son autorité

Le président Emmerson Mnangagwa est arrivé au pouvoir suite à la « transition assistée par l’armée » de novembre 2017 qui a forcé le président Robert Mugabe à la démission. Malgré sa victoire et celle du ZANU-PF (au pouvoir depuis l’indépendance) aux élections générales de 2018, il continuera d’être fragilisé par un climat social et politique très difficile. Le confinement et la gestion de la pandémie s’ajoutent aux vives contestations alimentées par une longue crise économique à l’origine de pénuries de biens de première nécessité. L’année 2021 sera donc encore agitée par des troubles sociaux, alors qu’une nouvelle loi criminalisant les critiques sur le bilan du pays en matière de droits de l’homme (octobre 2020) signale une tolérance de plus en plus limitée pour les dissidences. Le risque social croissant augmente la probabilité que le régime du président Mnangagwa perde le soutien crucial de l’armée.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

Haut de page
  • English
  • Français