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Arménie

Arménie

Population 3 millions
PIB par habitant 3857 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 0,2 7,5 3,3 4,4
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,4 1,0 2,9 4,0
Solde public / PIB (%) -5,6 -4,8 -2,7 -2,2
Solde courant / PIB (%) -2,3 -2,8 -3,8 -3,8
Dette publique / PIB (%) 56,7 58,9 56,9 55,4

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources minières significatives (molybdène, zinc, cuivre, or)
  • Soutien financier important des organisations internationales et de la diaspora
  • Confortables réserves de change et relative flexibilité du taux de change du dram
  • Membre de l’Union économique eurasienne (UEEA) et accord de partenariat avec l’UE

POINTS FAIBLES

  • Enclavement géographique aggravé par un déficit d’infrastructures
  • Forte dépendance à l’égard de la Russie (commerce : 20 % des exportations et 30 % des importations, IDE, crédit, transferts des migrants)
  • Dollarisation élevée de l’économie (60 % des dépôts bancaires)
  • Niveau de chômage élevé et persistant
  • 30 % de la population sous le seuil de pauvreté
  • Conflit avec l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabakh et calme précaire sur la frontière avec l’enclave azérie du Nakhitchevan

APPRECIATION DU RISQUE

Croissance dynamique mais dépendante de facteurs externes

La Révolution de velours n’a eu que peu d’impact sur la croissance en 2018. Malgré la faiblesse des rendements agricoles (16 % du PIB) qui a pénalisé l’activité, la demande domestique est restée dynamique. L’investissement, de même que la consommation qui a bénéficié des transferts des expatriés, est resté soutenu. Les exportations ont profité de la hausse du prix du cuivre (28 % des exportations en 2017). Bien qu’encore robuste, l’activité devrait décélérer en 2019. La stabilisation de la situation politique et une politique monétaire toujours accommodante de la banque centrale devraient favoriser l’investissement privé. Malgré les signaux rassurants envoyés par le nouveau gouvernement en vue d’encourager les investissements étrangers, notamment dans le secteur minier (50 % des exportations et près de 10 % du PIB, dont la moitié pour le cuivre), la levée de boucliers des groupes de protection de l’environnement depuis juin 2018 empêchant la mise en production de la mine d’or d’Amulsar pourrait contraindre l’afflux d’IDE.

L’Arménie reste, en outre, dépendante de son partenaire russe, aussi bien en ce qui concerne les exportations (un quart est à destination de la Russie) que des transferts des expatriés (plus de 15 % du PIB, dont 70 % de Russie). Aussi, la croissance, même modeste, en Russie, combinée à des termes de l’échange favorables devraient favoriser les exportations et encourager la consommation des ménages. En dépit de l’augmentation des salaires, l’impact de la hausse du revenu disponible serait cependant atténué par un taux de chômage qui reste proche du niveau atteint au moment de la crise de 2009 (18,5 %), de même que par une inflation en hausse alimentée par l’augmentation des prix des produits alimentaires et de l’énergie.

Poursuite de la consolidation budgétaire et maintien du déficit courant

Le nouveau gouvernement devrait poursuivre les efforts de consolidation budgétaire entrepris depuis 2016. Les recettes budgétaires devraient continuer de bénéficier d’un environnement économique favorable et d’une meilleure collecte fiscale suite à la mise en application en 2018 du nouveau Code fiscal. Ce dernier a, d’ores et déjà, permis d’augmenter les recettes fiscales d’environ 0,7 point de PIB et il permettrait, à terme, une hausse des recettes équivalente à 2 points de PIB. La lutte contre l’évasion fiscale, priorité du nouveau gouvernement, et la réduction de 38,5 % du budget alloué à la présidence de la République en 2019 devraient aussi participer à la réduction du déficit. Les dépenses publiques devraient, cependant, croître de 12 % en 2019. Cette hausse sera principalement imputable à l’augmentation du budget militaire, qui devrait progresser de 25 % jusqu’à atteindre un quart des dépenses totales. Elle devrait également financer le maintien des salaires des fonctionnaires, les réformes structurelles importantes et la couverture des pertes associées à certaines entreprises publiques dans le secteur de l’énergie (électricité) et de l’eau.

Le déficit courant devrait se maintenir en 2019. La hausse des importations liée à une demande intérieure soutenue et aux prix des hydrocarbures toujours élevés sera compensée par la progression des recettes d’exportation et des transferts d’expatriés. Ce déficit est financé par l’investissement direct étranger, l’endettement de l’État et les emprunts contractés dans le cadre des IDE. Compte tenu de sa nature largement concessionnelle, le service de la dette extérieure publique (1/2 de l’endettement extérieur total estimé à 90 % du PIB) pèse peu.

La « Révolution de velours » confirmée par le vote

Les manifestations pacifiques massives d’avril et mai 2018 ont contraint le Premier ministre Serge Sarkissian à abandonner le pouvoir qu’il détenait depuis 2008. La population n’a pas accepté qu’il contourne la limite de deux mandats présidentiels en utilisant la transformation du régime présidentiel en un système parlementaire adoptée fin 2015 par voie référendaire pour conserver le pouvoir en postulant au poste de Premier ministre. La Révolution de velours a porté en juin à la tête d’un nouveau gouvernement réunissant des représentants de l’opposition et des personnalités qualifiées, le chef de la contestation, l’ancien journaliste Nikol Pachinian. Après avoir démissionné pour provoquer des élections législatives anticipées, sa coalition « Mon pas », comprenant le parti Contrat Civil qu’il dirige, a remporté une écrasante victoire (70 % des voix), lui permettant de s’assurer une majorité au Parlement (88 députés sur 132), suffisante pour opérer des changements constitutionnels. Son programme met l’accent sur la lutte contre la corruption et l’économie informelle, la perméabilité entre le monde des affaires et la sphère politique et la fin des monopoles contrôlés par des personnes proches de l’ancien dirigeant. Il s’est assuré la neutralité bienveillante de la Russie, présente dans le pays militairement (sur les frontières turque et iranienne) et économiquement, en l’assurant de l’intangibilité de la politique extérieure. Il va devoir gérer l’impatience et l’espérance de changement, notamment des jeunes confrontés au chômage quatre fois plus élevé en ville qu’en zone rurale et deux fois plus élevé dans leur tranche d’âge que pour le reste de la population.

Sur le plan géopolitique, le conflit armé avec l’Azerbaïdjan persiste à propos de l’enclave autoproclamée indépendante du Haut-Karabagh, officiellement azéri mais peuplé très majoritairement d’Arméniens, et des territoires azéris adjacents occupés par les indépendantistes soutenus par l’Arménie. Le cessez-le-feu à la frontière avec l’enclave azérie du Nakhitchevan est précaire, la sécurité dans la région dépend surtout de l’équilibre entre les belligérants maintenu par la Russie et, accessoirement, par la Turquie et l’Iran.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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