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Arménie

Arménie

Population 3 millions
PIB par habitant 3 533 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 3,2 0,2 7,5 3,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,7 -1,4 1,0 3,5
Solde public / PIB (%) -4,8 -5,6 -4,7 -2,7
Solde courant / PIB (%) -2,6 -2,3 -3,5 -5,0
Dette publique / PIB (%) 48,7 55,1 56,1 57,0

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minières significatives (molybdène, cuivre, or)
  • Soutien important des organisations internationales et de la diaspora
  • Confortables réserves de change et relative flexibilité du taux de change du dram
  • Membre de l’Union Economique Eurasienne (UEEA) et accord de partenariat avec l’UE

POINTS FAIBLES

  • Enclavement géographique aggravé par un déficit d’infrastructures
  • Forte dépendance à l’égard de la Russie (commerce : 20% des exportations and 30% des importations, IDE, crédit, transferts des migrants)
  • Dollarisation élevée de l’économie (60% des dépôts bancaires)
  • Niveau de chômage élevé et persistant
  • 30% de la population sous le seuil de pauvreté
  • Conflit avec l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabakh et calme précaire sur la frontière avec l’enclave azérie du Nakhitchevan

APPRECIATION DU RISQUE

Activité économique dépendante de facteurs externes

Après une récession technique fin 2016, la croissance a rebondi en 2017, portée par la reprise de l’activité en Russie, celle de l’activité minière en lien avec la remontée des cours, et une évolution positive de la construction après plusieurs années de repli. En 2018, le rythme d’activité devrait être surtout déterminé par les deux premiers facteurs, compte tenu de la dépendance à la santé économique du voisin russe et aux cours mondiaux des métaux, et de la faiblesse des relais domestiques de croissance. La croissance, même modeste, en Russie devrait favoriser les exportations (près d’un quart des exportations arméniennes sont à destination de la Russie). Elle devrait aussi encourager la consommation des ménages via les transferts des expatriés (plus de 15% du PIB, dont 70% de Russie) qui vont retrouver le niveau de 2007 après leur chute de 2016. La production industrielle, nettement dépendante du secteur des métaux (50% des exportations et près de 10% du PIB, dont la moitié pour le cuivre), devrait continuer de bénéficier de la hausse modérée des prix mondiaux, même si la faiblesse des cours par rapport à leurs niveaux d’avant 2014 contraindrait toujours l’investissement. La mise en production de la mine d’or d’Amulsar prévue courant 2018 pourrait, cependant, favoriser l’activité industrielle au-delà de son rythme de croissance actuel. Concernant les déterminants domestiques, l’environnement des affaires dégradé, les infrastructures lacunaires et le déficit de concurrence continueront de peser négativement sur la croissance potentielle. De plus, contrairement aux autres pays de la région, l’Arménie conserve un taux de chômage proche du niveau atteint au moment de la crise de 2009 (18,5%), malgré une période de forte émigration en 2011-2013. La faiblesse des tensions sur le marché du travail contraint l’inflation sous-jacente, négative depuis 2016. L’inflation totale devrait cependant augmenter, sous l’effet de la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie.

 
Poursuite de la consolidation budgétaire mais creusement du déficit courant

La réduction du déficit budgétaire devrait se poursuivre grâce aux efforts de consolidation entrepris depuis 2016 avec l’appui du FMI. L’entrée en application en 2017 du nouveau Code fiscal a, d’ores et déjà, permis d’augmenter les recettes fiscales d’environ 0,7 point de PIB, pour un potentiel estimé à 2 points de PIB à moyen terme. De plus, la lutte contre l’évasion fiscale fait partie des priorités du nouveau gouvernement. Par ailleurs soumise à l’Assemblée nationale en octobre 2017, la révision de la règle budgétaire adoptée en 2008 devrait permettre d’effectuer l’ajustement à un rythme plus adapté à la position de l’économie dans le cycle et à moindre coût pour la croissance potentielle, victime ces dernières années des coupes budgétaires dans les dépenses en infrastructures. Enfin, le gouvernement devrait poursuivre l’introduction de réformes structurelles importantes, tant en matière de protection sociale que d’entreprises publiques : la réforme des retraites adoptée en 2014 devrait enfin être appliquée à grande échelle avec la mise en place de la contribution obligatoire pour tous les employés en juillet 2018, tandis que les réformes entamées dans le secteur de l’énergie (électricité et eau) devraient réduire les pertes associées à certaines entreprises publiques.

Le déficit courant devrait encore légèrement se creuser en 2018 en raison de la hausse des importations liée à une demande intérieure soutenue. Cependant, cette détérioration devrait être limitée par la progression des recettes d’exportation et la bonne tenue des transferts des travailleurs émigrés et de la diaspora. Ce déficit est financé par l’investissement direct étranger ainsi que par l’endettement de l’Etat. Compte tenu de sa nature largement concessionnelle, le service de la dette extérieure publique (½ de l’endettement extérieur total estimé à 90% du PIB) pèse peu..

 
La « Révolution de velours » bouleverse le paysage politique

Les considérables mais pacifiques manifestations de rue d’avril et mai 2018 ont contraint Serge Sarkissian à abandonner le pouvoir qu’il détenait comme président depuis 2008 et porté à la tête d’un nouveau gouvernement réunissant des représentants de l’opposition et des personnalités qualifiées, le chef de la contestation, l’ancien journaliste Nikol Pachinian. La population n’a pas accepté que S. Sarkissian utilise le passage d’un régime présidentiel à un système parlementaire adopté fin 2015 par voie référendaire en postulant au poste de premier ministre pour contourner la limite de deux mandats présidentiels. Le nouveau premier ministre a obtenu le 7 juin un vote de confiance du parlement sur son programme qui met l’accent sur la lutte contre la corruption et l’économie souterraine, la séparation des affaires de la politique, la fin des monopoles contrôlés par des personnes proches de l’ancien premier ministre et de son parti, le Parti Républicain d’Arménie (PRA), la tenue de nouvelles élections législatives un an après modification de la loi électorale avec passage à la proportionnelle. Sa tâche a été facilitée par les défections subies par le PRA au sein de sa représentation parlementaire qui lui ont fait perdre la majorité absolue qu’il détenait depuis les élections de septembre 2017. Il s’est assuré la neutralité bienveillante de la Russie, présente dans le pays militairement (sur les frontières turque et iranienne) et économiquement (énergie, transport ferroviaire, fourniture de matériel militaire) en l’assurant de l’intangibilité de la politique extérieure. Il va devoir gérer l’impatience et l’espérance de changement, notamment des jeunes confrontés au chômage quatre fois plus élevé en ville qu’en zone rurale et deux fois plus élevé dans leur tranche d’âge que pour le reste de la population. Il aura besoin de leur soutien pour contrer une éventuelle obstruction de la part des anciens détenteurs du pouvoir qui conservent un pouvoir de nuisance.  

Au plan géopolitique, le conflit armé avec l’Azerbaïdjan persiste à propos de l’enclave autoproclamée indépendante du Haut-Karabagh, officiellement azéri mais peuplé très majoritairement d’Arméniens, et des territoires azéris adjacents occupés par les indépendantistes soutenus par l’Arménie. Le cessez-le-feu à la frontière avec l’enclave azérie du Nakhitchevan est précaire. Si la base militaire russe de Gyumri semble préserver le territoire arménien d’un débordement du conflit, la sécurité dans la région dépend surtout de l’équilibre entre les belligérants maintenu par la Russie et, accessoirement, par la Turquie et l’Iran.

 

Dernière mise à jour : Juillet 2018

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