Albanie

Europe

PIB / Habitant ($)
6 657,6 $
Population (en %année%)
2,9 Millions

Evaluation

Risque Pays
D
Climat des affaires
C
Précédemment :
D
Précédemment :
C

suggestions

Résumé

Points forts

  • Compétitivité-prix de la main d’œuvre et potentiels gains de productivité
  • Politique monétaire efficace pour juguler l’inflation et stabiliser la monnaie
  • Potentiel minier, énergétique et touristique
  • Proximité avec le marché italien par le détroit d’Otrante

Points faibles

  • Infrastructures routières et énergétiques sous-développées
  • Large économie informelle et corruption, préjudiciables aux recettes de l’Etat et à l’attractivité
  • Consommation privée seul moteur de croissance, malgré la pauvreté et le chômage, en raison d’exports à faible valeur ajoutée, bas en volume et peu diversifiés (tourisme, textile, denrées alimentaires, surtout vers l’Italie)
  • Fuite des cerveaux et dépendance aux remises des expatriés (10% du PIB en 2021)

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
67%
Kosovo
8%
Macédoine du Nord
4%
Serbie
3%
États-Unis d'Amérique
3%

Import des biens en % du total

Europe 47 %
47%
Turquie 11 %
11%
Chine 8 %
8%
Arabie saoudite 3 %
3%
Serbie 2 %
2%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Une consommation atone plombée par l’inflation et le refroidissement européen

Principal moteur de la croissance, la consommation des ménages (83% du PIB en 2021) ne devrait que partiellement surmonter en 2023 le choc inflationniste ayant affecté les produits de première nécessité (l’alimentation représentant un tiers du panier moyen) et les prix de l’énergie, mais aussi les remises des expatriés (en baisse), alors que les dépenses sociales restent contraintes. Entre autres liée aux stupéfiants, mais aussi au fort taux de chômage, l’ampleur de l’économie informelle coïncide avec des amortisseurs sociaux mal financés.

Héritage du communisme, le niveau élevé de l’emploi public (16% du total) fournit certes une protection, toutefois hypothéquée à moyen terme par la dette élevée. Grâce aux financements extérieurs, notamment européens, l’investissement public devrait se maintenir en 2023, notamment pour améliorer la continuité des réseaux routiers et électriques. Des exemptions de TVA sur les énergies renouvelables ont été votées en octobre 2022 et des « fermes » photovoltaïques sont en cours de développement, plusieurs flottantes étant attribuées après appel d’offre en 2021 (12,9 MW à Banja, 100MW à Spitallë). L’exploitation du potentiel solaire de ce pays méditerranéen pourrait permettre d’enrayer les coupures intermittentes de l’approvisionnement, dues à la pluviométrie et à la saisonnalité de l’hydroélectricité (98% de l’électricité produite en 2021). En parallèle, le secteur de la construction privée devrait ralentir avec la hausse du taux principal de la Banque d’Albanie (attendu à 3% début 2023).

Les exportations (30,6% du PIB) se développent dans le tourisme (environ 20% du PIB) et l’industrie, toutefois à un rythme insuffisant pour compenser les importations et soutenir la croissance. Dépassant le nombre d’entrées de 2019, la saison touristique estivale 2022 confirme l’attrait d’un littoral en cours d’aménagement. Depuis une vague de délocalisations italiennes dans les années 1990-2000, l’industrie textile fournit l’essentiel des biens exportés. Les unités manufacturières de petite taille devraient continuer de se développer à moyen terme, bénéficiant d’un afflux de main d’œuvre en provenance du secteur primaire, même si les nuages planant sur la conjoncture italienne pourraient atteindre les sous-traitants en 2023. Rassemblant encore 36% des actifs en 2021, l’agriculture ne devrait pas recevoir les investissements nécessaires à sa modernisation en l’absence de plan de filière.

Une discipline budgétaire saluée, mais un déficit courant structurellement inchangé

Dans le prolongement de la consolidation pré-pandémique des finances publiques, Tirana prévoit d’augmenter les recettes effectives afin de réduire le déficit. Dans le détail, la réduction des exemptions ainsi que la lutte contre l’évitement fiscal seront au cœur des efforts. Du côté des dépenses, le maintien d’une inflation forte pousserait au prolongement des mesures en faveur des ménages pauvres et renchérit le coût des investissements. Entre tensions sociales et structure défavorable de la dette, le gouvernement s’est appuyé sur le financement concessionnel pour le budget 2022. Majoritairement mature à court terme, la dette albanaise pourrait poser un risque de change (50% du stock émis à l’extérieur), le système bancaire local étant par ailleurs encore largement euroïsé (50%).

En raison d’un secteur exportateur étroit, le déficit courant albanais restera parmi les plus élevés d’Europe de l’Est. La balance des biens concentre les difficultés : négative autour de 22% du PIB en 2022, elle le demeurera largement en 2023 en raison d’une dépendance structurelle à l’extérieur pour une large gamme de produits (machines, véhicules, médicaments, carburants, plastiques…), exacerbée par l’inflation et les besoins liés aux investissements. Si l’essor du tourisme soutiendra l’excédent des services (9% en 2022), la baisse des remises d’expatriés due au ralentissement des économies allemandes et italiennes ne permettra pas de réduire les déséquilibres extérieurs. Ceux-ci devraient continuer d’être financés par les IDE et les financements concessionnels visant les infrastructures.

En 2022, un cap dépassé en direction de l’Union Européenne

Face à l’instabilité sociale et une confiance à l’épreuve en interne comme à l’extérieur, le premier ministre Edi Rama est pressé d’agir contre la corruption. Il s’appuie sur sa majorité socialiste sortante, ayant remporté les législatives de 2021. Des manifestations récurrentes au printemps 2022 ont amené le gouvernement à déployer un bouclier anti-inflation (prix des carburants plafonnés, indexation des pensions…). Une extension du mandat de l’institution indépendante de déontologie de la justice (KPK) a été votée pour 5 ans. Libérée après la chute d’un régime communiste autarcique, l’émigration persiste face au chômage (11,1% au T2 2022), à l’absence de perspective d’emploi pour les diplômés et à des conditions de vie parmi les plus basses du continent (PIB/tête ~5200$ en 2021).

Après l’invasion de l’Ukraine, l’Union Européenne a officiellement ouvert en juillet 2022 les négociations pour l’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. Tirana a affirmé son arrimage en appliquant des sanctions à l’égard de Moscou, malgré une dépendance en céréales et en pétrole. Membre de l’OTAN depuis 2009, l’Albanie et son armée devraient bénéficier de l’installation de troupes de l’alliance sur la base aérienne de Kucova à partir de 2023. Ses choix diplomatiques ne sont pas exempts de conséquences, le pays étant la cible de cyber-attaques attribuées à l’Iran en septembre 2022. Une intégration rapide n’est toutefois pas attendue, en raison de l’étendue des réformes anti-corruption à mener. En parallèle, l’Albanie continue de soigner ses relations avec ses voisins, notamment par des coopérations concrètes (ligne haute tension entre l’Epire en Grèce et le sud de l’Albanie, projet d’interconnexion gazière avec la Serbie à partir du gazoduc transadriatique).

Dernière mise à jour : mars 2023

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