Côte d'Ivoire

Afrique

PIB / Habitant ($)
2 537,0 $
Population (en 2021)
31,0 Millions

Evaluation

Risque Pays
B
Climat des affaires
B
Précédemment
B
Précédemment
B

suggestions

Résumé

Points forts

  • Ressources naturelles abondantes (cacao, noix de cajou, caoutchouc, pétrole, gaz, or, etc.)
  • Accès aux marchés internationaux de capitaux et assurance du soutien du FMI (4,8 milliards de dollars sur la période 2023-2026)
  • Politique volontariste de développement des infrastructures (transport, énergie, santé, etc.)
  • Engagement pour les réformes (sectorielles, environnement des affaires, finances publiques)
  • Membre de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA)
  • Réconciliation nationale pour davantage de stabilité politique et sociale

Points faibles

  • Faible diversification de la base productive et manufacturière, dépendance aux exportations de matières premières vulnérables à la fluctuation des cours mondiaux
  • Manque de transformation du cacao et de la noix de cajou qui amène à des pertes de valeur ajoutée
  • Fortes disparités économiques régionales entre Abidjan et le reste du pays
  • Déficit en infrastructures pour les besoins essentiels de la population (eau, assainissement, etc.)
  • Faiblesse des recettes publiques (17,4 % du PIB en 2025), corruption, bureaucratie, inscription sur la « liste grise » du GAFI
  • Secteur privé fragile et informalité massive (90 % de l’emploi pour 90 % du PIB)
  • Difficile recul de la pauvreté (36,2 % de la population gagnait moins de 4,20 dollars par jour en 2025)
  • Menace terroriste djihadiste au nord du pays
  • Plantations de cacao premières responsables de la déforestation ou du travail des enfants

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Europe
43%
Suisse
10%
Mali
7%
Burkina Faso
4%
Afrique du Sud
4%

Import des biens en % du total

Europe 15 %
15%
Nigéria 14 %
14%
Chine 11 %
11%
Bahamas, Commonwealth of the 9 %
9%
Royaume-Uni 7 %
7%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

La croissance devrait rester forte et généralisée

Malgré un contexte économique mondial de plus en plus incertain, l'économie ivoirienne est restée remarquablement dynamique. Les exportations de matières premières ont soutenu la croissance, mais c'est la demande intérieure qui en a été le principal moteur. En 2025, la consommation a été soutenue par la hausse de l'emploi, par l'augmentation des revenus agricoles grâce à la hausse des prix à la production (cacao et café), ainsi que par une inflation très faible. L'investissement a été soutenu par une forte activité dans les industries extractives (hydrocarbures, or), par les mesures incitatives prises par les autorités pour accroître la participation du secteur privé à l'économie, et par les investissements publics dans les infrastructures.

En 2026, la croissance restera forte, comme elle l’a été ces dernières années. À moins de conditions météorologiques extrêmes, l’agriculture (estimée à environ 16 % du PIB et 46 % de l’emploi en 2024) se développera principalement grâce à l’augmentation de la production de cacao (35 % des exportations en 2024, plus de 5 millions de personnes dépendent de l’industrie du cacao). Après avoir baissé d’environ 25 % au cours de la saison 2023-2024, puis de 9,5 % en 2024-2025 en raison de conditions météorologiques défavorables et de maladies, elle devrait augmenter de 5,3 % pour atteindre 1,7 million de tonnes en 2025-2026. Cependant, le prix bord champ du cacao, initialement fixé à 2 800 FCFA/kg (4 890 USD/tonne au taux de change actuel) pour la saison mars-septembre 2026, a dû être ramené à 1 200 FCFA/kg (2 130 USD/tonne au taux de change actuel) – contre 1 800 FCFA/kg en 2025. Cette baisse s’explique par le fait que les prix mondiaux du cacao ont chuté de manière significative (environ 3 000 USD/tonne en mars 2026) en raison d’une offre plus importante en provenance de la Côte d’Ivoire et du Ghana et d’une faible demande. Alors que les stocks s’accumulaient en raison de l’écart de prix et afin d’éviter que les exportateurs locaux ne fassent défaut sur leurs contrats, comme cela avait été le cas en 2016-2017, les autorités n’ont eu d’autre choix que de baisser le prix à la production. La production de noix de cajou (6 % des exportations), qui a augmenté de près de 60 % en 2025 pour atteindre 1,5 million de tonnes, et celle de caoutchouc (12 % des exportations) resteront également solides. Les industries extractives devraient également poursuivre leur expansion. La production pétrolière (estimée à environ 63 400 barils par jour en 2025) et les exportations (15 % des exportations) continueront d’augmenter à mesure que le gisement offshore de Baleine (consortium Eni-Petroci), dont les réserves sont estimées à 2,5 milliards de barils de pétrole brut et 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel, atteindra son plein potentiel, prévu pour 2028. L'industrie aurifère (15 % des exportations) continuera de bénéficier de prix record, ainsi que des efforts des autorités ivoiriennes visant à mieux réglementer l'exploitation minière à petite échelle, à réduire son impact environnemental et à lutter contre la contrebande, qui entraîne d'importantes pertes de recettes.

Comme les autorités mettront en œuvre le Plan national de développement (PND) 2026-2030, le quatrième depuis 2012, la formation brute de capital fixe (environ 26 % du PIB en 2024) restera solide. Le budget 2026 prévoit 4 200 milliards de FCFA (7,6 milliards de dollars) d'investissements publics, principalement destinés aux infrastructures prioritaires dans les domaines de l'agriculture, des transports (routes, chemins de fer, aéroports), de l'énergie (extension du réseau, hydroélectricité, énergie solaire), de l'eau et de l'assainissement, de l'éducation et de la santé. Les investissements privés continueront également de croître, soutenus par les efforts concrets du gouvernement pour améliorer l'environnement des affaires (lutte contre la corruption, défense des droits de propriété, simplification du système de fiscalité des entreprises et des conditions de crédit pour les PME, etc.) et promouvoir les partenariats public-privé. L'inflation étant restée faible au sein de l'UEMOA au début de l'année 2026, la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a abaissé son taux directeur à 3,00 % en mars 2026. Toutefois, compte tenu de l'impact du conflit au Moyen-Orient sur les prix de l'énergie, elle devrait rester prudente pour le reste de l'année. L'inflation domestique étant faible, la consommation (82 % du PIB) devrait rester le principal moteur de la croissance, même si elle pourrait être quelque peu freinée par la baisse des revenus agricoles due aux ajustements du prix du cacao à la production.

Malgré le poids du service de la dette sur les faibles recettes publiques, les finances publiques s'améliorent

Depuis 2023, la Côte d’Ivoire s’emploie à assainir ses finances publiques, avec l’aide du FMI dans le cadre de trois programmes : des accords au titre du Mécanisme élargi de crédit (EFF) et de la Facilité élargie de crédit (ECF) d’un montant de 3,5 milliards de dollars, ainsi qu’un accord au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF) d’un montant de 1,3 milliard de dollars. Les progrès réalisés dans le cadre de ces programmes ont été jugés satisfaisants par le Fonds, qui a débloqué 839,7 millions de dollars en décembre 2025 à l’issue de la 5e revue de l’EFF/ECF et de la 4e revue de la RSF. Dans le cadre de la stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme, les principales mesures du budget 2026 sont axées sur l'élargissement de l'assiette fiscale, la rationalisation des exonérations de TVA, la réduction de la fraude fiscale, le recours accru aux solutions numériques et la simplification de l'administration fiscale. Ainsi, le déficit budgétaire se réduira et atteindra le seuil de 3 % fixé par l'UEMOA. Les recettes devraient augmenter modérément, principalement grâce à la hausse des recettes provenant des impôts directs (impôt sur les sociétés et impôt sur le revenu), des taxes sur les produits pétroliers et des redevances minières. Les besoins de dépenses resteront importants, malgré certains efforts visant à réduire certains transferts aux ménages et aux entreprises publiques. En effet, les coûts du service de la dette (plus de 37 % des recettes en 2025) et la masse salariale (16,5 %) absorbent une part significative des recettes publiques, et les autorités continueront également à investir massivement (24,7 %), comme le prévoit le PND, laissant peu de marge pour réaliser des économies substantielles. Le déficit sera financé par des emprunts intérieurs, des emprunts non concessionnels ou semi-concessionnels auprès de partenaires étrangers (bilatéraux, multilatéraux et banques commerciales) et des émissions obligataires (par exemple, une obligation internationale de 1,3 milliard de dollars à 15 ans a été émise en février 2026 avec un rendement de 5,39 %). La dette de la Côte d’Ivoire, qui est principalement extérieure (64 % de la dette publique totale en 2024), présente un risque modéré de surendettement et devrait le rester à moyen terme. Le ratio dette/PIB diminuera progressivement, en phase avec le déficit public et une croissance robuste.

La position extérieure reste solide malgré d'importants besoins d'importation

Le déficit de la balance courante, qui s'est nettement amélioré en 2025 grâce aux prix record de l'or et du cacao, se creusera légèrement en 2026. Cette évolution sera principalement due à une baisse de l'excédent commercial. En effet, même si les prix de l'or devraient rester élevés et les exportations de pétrole s'accélérer, cela ne compensera probablement pas la baisse considérable des prix du cacao et la légère baisse des prix des noix de cajou. D'autre part, les importations continueront d'augmenter, soutenues par une forte demande intérieure tant pour les biens de consommation que pour les biens d'équipement. Le déficit des services restera important en raison des paiements liés au fret et aux services opérationnels pour les industries extractives. Le déficit des revenus primaires sera alimenté par le rapatriement des dividendes des sociétés étrangères et le paiement des intérêts sur la dette extérieure. Enfin, contrairement à de nombreux pays émergents et en développement, la balance des revenus secondaires de la Côte d’Ivoire affiche également un léger déficit, le pays accueillant de nombreux travailleurs migrants d’Afrique de l’Ouest qui envoient de l’argent chez eux, ce qui se traduit par des sorties nettes de fonds sous forme de transferts de fonds. Ce déficit sera largement couvert par les entrées nettes d’IDE (3,8 % du PIB en 2025, dans des secteurs tels que les hydrocarbures, l’énergie, les TIC, etc.), les investissements de portefeuille et les prêts. Les réserves de change de l’UEMOA ont considérablement augmenté en 2025, couvrant près de six mois d’importations régionales.

Continuité politique après les élections de 2025

Comme prévu, le président Alassane Ouattara (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix, RHDP) a remporté un 4e mandat lors de l'élection présidentielle de 2025 avec 89,8 % des voix. Cette victoire écrasante s'explique principalement par l'invalidation des candidatures de ses deux principaux adversaires. Laurent Gbagbo (PPA-CI), qui avait été président entre 2000 et 2011, a été déclaré inéligible par la Cour constitutionnelle, ses droits civiques ayant été suspendus en raison de sa condamnation par les tribunaux ivoiriens. Tidjane Thiam (PDCI-RDA, le principal parti d'opposition) a été déclaré inéligible pour avoir perdu sa nationalité ivoirienne après avoir acquis la nationalité française. Bien que les élections aient été contestées par l'opposition, avec quelques manifestations survenues pendant la campagne, aucun incident majeur n'est à signaler, et la réélection d'Ouattara s'est déroulée relativement sans heurts, surtout compte tenu de l'histoire de violence politique du pays. Comme on pouvait s’y attendre, le RHDP, qui est la force politique dominante depuis 2011, a remporté une victoire écrasante aux élections législatives avec 196 sièges sur 255 à l’Assemblée nationale. Cette majorité absolue des deux tiers donne au président Ouattara et à son gouvernement une liberté totale pour mettre en œuvre leur programme de réformes. Cependant, malgré de solides résultats économiques ces dernières années, les tensions sociales persisteront. En effet, malgré une forte croissance, les taux de pauvreté restent élevés et les inégalités s’accentuent, en particulier entre Abidjan et le reste du pays. De plus, la situation sécuritaire se détériore dans le nord du pays, à la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, où la menace du terrorisme islamiste s’intensifie. Cela dit, les menaces ont été contenues jusqu’à présent grâce à une coopération militaire et un partage de renseignements accrus entre la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana et le Togo.

Dernière mise à jour : mars 2026