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Bolivie

Bolivie

Population 11,6 millions
PIB par habitant 3 566 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 4,2 2,2 -8,8 4,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,3 1,8 1,6 4,1
Solde public / PIB (%) -8,1 -7,2 -8,6 -7,0
Solde courant / PIB (%) -4,6 -3,3 -2,6 -3,5
Dette publique / PIB (%) 53,9 59,0 69,4 71,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minérales (gaz, pétrole, zinc, argent, or, lithium, étain, manganèse) et agricoles (quinoa)
  • 15ème exportateur mondial de gaz naturel
  • Appartenance à la Communauté Andine et Association avec le Mercosur
  • Potentiel touristique
  • Monnaie ancrée au dollar américain

POINTS FAIBLES

  • Economie peu diversifiée et dépendante des hydrocarbures
  • Faible développement du secteur privé et forte dépendance au secteur public
  • Pays enclavé
  • Importance du secteur informel
  • Insécurité, narcotrafic, corruption
  • Risques de troubles sociaux, pays fortement polarisé

Appréciation du risque

Une reprise soutenue par la demande interne

En 2021, l’activité économique devrait repartir à la hausse après une forte contraction en 2020, soutenue par l’aide aux ménages et une reprise modérée de la demande externe. L’élection à la présidence de Luis Arce en octobre 2020, ancien ministre de l’économie d’Evo Morales, signe le retour du parti MAS (Movimiento al Socialismo) au pouvoir. Cela signifie un retour d’une politique économique centrée sur le soutien à la demande interne et l’investissement public, alors que le gouvernement intérimaire avait centré son action sur la libéralisation de l’économie. Le nouveau gouvernement a annoncé la mise en place d’une aide aux ménages les plus démunis un total de USD 600 millions (soient 1,5% du PIB), ainsi qu’un projet de remboursement de TVA pour les plus démunis. Les ménages devraient aussi bénéficier de la reprise modérée des flux de remises, qui proviennent à 40% d’Espagne et 20% des Etats-Unis, avec une amélioration du chômage dans les deux pays comparativement à 2020. Alors que le gouvernement Arce a promis une relance de l’économie par la demande publique, il est probable que son ampleur soit contrainte par la nécessité d’éviter une crise des finances publiques de plus en plus fragiles. Du point de vue des investissements, la fin de l’incertitude politique devrait rassurer les investisseurs, mais le programme économique très centralisé du nouveau gouvernement pourrait en effrayer certains, notamment dans le secteur gazier. Ce même secteur sera largement dépendant de la demande externe, notamment du Brésil et de l’Argentine, principaux clients, ainsi que des prix. La production a chuté en 2020, en deçà des quantités promises à l’exportation. Pour cette raison, les négociations entre l’entreprise d’Etat YPFB et l’Argentine sur le lissage des envois de gaz naturel à travers les saisons, commencées fin 2020, seront clés. Cependant, les difficultés rencontrées par l’Argentine pour développer son propre programme gazier devraient favoriser une certaine reprise de la production bolivienne en 2021. Le secteur touristique, encore en deçà de son potentiel (7% du PIB en 2019) restera encore en convalescence dans un contexte global incertain. Le secteur minier devrait pour sa part être dynamisé par la bonne tenue des cours de l’or, du zinc, de l’étain et autres métaux.

 

Une contrainte extérieure croissante

Le plan de relance du gouvernement ne devrait pas permettre de résorber substantiellement le déficit des finances publiques, Le gouvernement prévoit une baisse de la TVA en cas de paiement par carte bancaire, et son remboursement pour les ménages les plus pauvres. Il est peu probable que le nouvel impôt sur la fortune permette de compenser cette hausse des dépenses. La baisse des revenus gaziers (30% des recettes d’Etat), indexés sur le prix du baril WTI, pèsera également. Le financement du déficit, bien que reposant encore largement sur des sources domestiques et notamment la banque centrale, devrait faire appel de plus en plus aux bailleurs multilatéraux, à l’image de 2020 : FMI (USD 332 million), Coopération Andine de développement (USD 50 millions) et la Banque Mondiale (USD 254 millions). L’obtention de nouveaux versements pour 2021 est encore incertaine La dette devrait rester encore soutenable avec une part externe faible (28% du PIB en 2020) et, qui plus est, largement concessionnelle.

Du point de vue du compte courant, la reprise de la demande interne devrait mener à un nouveau creusement du déficit commercial, renforcé par le faible dynamisme du secteur gazier, principale source de revenus à l’exportation. Le secteur touristique ne permettra pas d’équilibrer la balance des services, et les remises des expatriés (3,3% du PIB) ne seront pas suffisantes pour compenser, laissant le déficit courant repartir à la hausse. Les investissements directs étrangers seront moroses, affectés par le climat d’incertitude global et par l’affaiblissement de la production gazière dans le pays qui limite les retours sur investissements. Dans ce contexte, les pressions sur le boliviano vont s’accentuer et l’emploi de réserves de change s’avèrera toujours nécessaire pour soutenir son ancrage par rapport au dollar inchangé depuis 2011, malgré sa surévaluation croissante. Les réserves de change s’élevaient à USD 6,3 milliards en juin 2020, équivalentes à 8 mois d’importations, contre 8,9 milliards fin 2018. Une dévaluation par la banque centrale est possible, mais peu probable sur l’année 2021, et le recours à l’aide multilatérale pourrait s’imposer, malgré les réticences politiques à souscrire à ses conditions.

 

Un retour en grâce pour le MAS

Luis Arce, ministre de l’économie sous la présidence d’Evo Morales, a été largement élu au premier tour de l’élection présidentielle avec 55% des voix en octobre 2020. Cette victoire met fin à une année de crise politique suite à l’éviction d’Evo Morales du parti MAS en octobre 2019 par l’armée pour répondre à un vaste mouvement populaire de contestation. La présidence par intérim, assurée par Jeanine Áñez, a marqué le retour au pouvoir de l’élite politique de droite, décidée à tourner la page de l’ère Morales. Les électeurs ont cependant à nouveau choisi le MAS et sa politique en faveur des communautés indigènes et de. L’ombre d’Evo Morales de retour au pays depuis novembre 2020 pèsera sur le nouveau président, bien qu’il ait assuré vouloir ne pas revenir en politique. Du point de vue des relations internationales, la nouvelle administration a déjà entrepris de rétablir les liens avec les alliés traditionnels du MAS , abandonnés par le gouvernement d’intérim, se rapprochant notamment de Nicolas Maduro au Venezuela.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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