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Burkina Faso

Burkina Faso

Population 21,5 millions
PIB par habitant 887 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2020 2021 2022 (e) 2023 (f)
Croissance PIB (%) 1,9 6,9 3,6 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,9 3,9 14,0 7,5
Solde public / PIB (%) -5,7 -6,0 -6,1 -6,0
Solde courant / PIB (%) -0,1 -3,0 -6,0 -4,5
Dette publique / PIB (%) 47,8 49,5 59,6 59,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

POINTS FORTS

  • Producteur majeur d’or (6ème en Afrique) et de coton (3ème en Afrique en 2020)
  • Membre de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (assurant la stabilité de la monnaie, le franc CFA, par rapport à l’euro)
  • Soutien de la communauté financière internationale (un des premiers pays à avoir bénéficié de l’initiative PPTE)

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement exposée aux aléas climatiques
  • Vulnérabilité à l’évolution des cours du coton et de l’or
  • Forte dépendance à l’aide extérieure
  • Faiblesse des infrastructures électriques
  • Pression démographique, taux de pauvreté très élevé et accru par les déplacements massifs de population, indice de développement humain très faible et insécurité alimentaire critique
  • Importance du secteur informel et environnement des affaires défaillant
  • Présence de groupes islamistes armés (étrangers et domestiques), en particulier au nord et à l’est du pays.
  • Instabilité politique :  deux coups d’état en 2022

Appréciation du risque

Les répercussions économiques de l’instabilité politique et sécuritaire mitigent la croissance

L’économie bénéficiera d’une croissance plus élevée qu’en 2022, portée notamment par une hausse de ses exportations d’or et de coton. La production d’or (qui comptait pour 78% des exportations en 2021) devrait augmenter, du fait des projets d’extraction en cours et de l’attribution de nouveaux permis par le gouvernement, en particulier à l’entreprise russe Norgold. Des conditions météorologiques favorables et la baisse des prix des fertilisants favoriseront le dynamisme du secteur agricole. Enfin, le secteur des services continuera sa reprise, tirée en particulier par les TIC et les services financiers. Cependant, la croissance restera modérée par les risques que fait peser l’instabilité politique et sécuritaire. En effet, elle continuera d’affecter l’investissement privé et les entrées d’IDE. De plus, malgré un cours moyen du pétrole attendu en baisse, ce dernier restera à un niveau élevé et continuera de peser sur les importations. Dès lors, l’inflation, en particulier celle des denrées alimentaires et du pétrole, s’inscrira encore à un niveau élevé. De nouveaux resserrements monétaires sont donc attendus en 2023, contribuant à contenir l’inflation mais également l’investissement.

 

Des déficits jumeaux toujours importants

Le déficit budgétaire sera encore important et supérieur à la norme communautaire de l’UEMOA (3% du PIB). Les dépenses de défense et de sécurité resteront très élevées. En effet, du fait de la persistance de la menace terroriste et du coup d’état de septembre 2022, le budget prévisionnel 2023 est majoritairement centré sur le renforcement de la sécurité, en prévoyant notamment le déploiement de 3000 militaires supplémentaires sur le territoire et l’achat de nouveau matériel militaire. La question sécuritaire allant de pair avec les enjeux humanitaires, les dépenses sociales pour y faire face resteront très importantes. Enfin, bien que l’inflation diminuera, son niveau toujours élevé mènera au maintien de mesures d’aides financières aux ménages, aux agriculteurs et aux entreprises. Le déficit sera financé par les prêts bilatéraux et multilatéraux, les dons internationaux ainsi que le recours au marché obligataire régional.
Le solde courant restera déficitaire, mais moins du fait du dynamisme des exportations, qui soutiendra encore l’excédent de la balance commerciale. Cependant, il continuera de pâtir de la valeur des importations toujours importante et des rapatriements de bénéfice des sociétés étrangères, principalement dans le secteur minier.

 

Deux coups d’Etat militaires, conséquences d’un risque sécuritaire accru

Depuis 2015, l’insécurité au Sahel, liée à l’activité des groupes armés djihadistes affiliés à Al-Qaida et à l’organisation Etat islamique, a fait plus de 2 000 morts et 2 millions de déplacés d’après l’ONU. Après s’être concentrées au nord, des attaques régulières ont été perpétuées dans tout le pays, dont le territoire est contrôlé à 40% par les groupes djihadistes. Après un premier coup d’Etat militaire en janvier 2022 ayant mené au renversement du président Kaboré par la junte militaire du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), justifié par l’incapacité du gouvernement à contenir l’insurrection djihadiste, le lieutenant-colonel Damiba a été à son tour destitué en septembre, au même motif que son prédécesseur. Le MPSR et le pays sont depuis dirigés par le capitaine Traoré, nommé président de la Transition, jusqu’aux prochaines élections attendues en juillet 2024. Le coup d’Etat a été condamné par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), et les forces armées sont elles-mêmes divisées : Traoré, ainsi que plusieurs membres de la junte l’ayant assisté dans son coup d’Etat avaient soutenu Damiba dans son opération de janvier 2022, tandis que d’autres officiers n’ont participé à aucun de ces coups. Dans ce contexte, l’instabilité politique menacera encore en 2023, portée par un enjeu sécuritaire toujours très important.
Le pays continuera de s’appuyer sur la coopération internationale dans sa lutte contre le terrorisme à travers sa participation à la force G5 Sahel, au côté du Tchad, de la Mauritanie et du Niger (le Mali l’ayant quitté en Mai 2022). Cependant, la dégradation des relations avec Paris, avec la tentation d’instrumentaliser un sentiment anti-français, parallèlement à la coopération diplomatique et militaire accrue avec la Russie, assombrissent le tableau Un tel rapprochement avec la Russie pourrait porter atteinte aux relations qu’entretient le pays avec les pays occidentaux, dont le soutien militaire et humanitaire reste très important.

 

Dernière mise à jour : Février 2023

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