Coface Group
Grèce

Grèce

Population 10,7 millions
PIB par habitant 19 570 $US
B
Evaluation des risques pays
A2
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,9 1,9 -9,3 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,8 0,5 -0,6 0,7
Solde public / PIB (%) 0,9 0,6 -9,0 -3,0
Solde courant / PIB (%) -3,5 -2,1 -7,7 -4,5
Dette publique / PIB (%) 184,8 180,9 205,2 200,5

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Soutien financier européen abondant, tant fiscal que monétaire
  • Leader mondial du transport maritime
  • Bonne gestion de la pandémie
  • Amélioration rapide du climat des affaires

POINTS FAIBLES

  • Dette publique très élevée
  • Portefeuille bancaire de très mauvaise qualité ; niveau élevé de prêts non performants
  • Lourdeur de la bureaucratie et du système judiciaire
  • Industrie peu diversifiée, dépendance extrême à l’égard du tourisme
  • Préoccupations croissantes en matière de sécurité vis-à-vis de la Turquie

Appreciation du Risque 

Une crise due au tourisme et un rebond par les investissements

La Grèce étant l’une des économies d’Europe dépendant le plus du tourisme (20 % du PIB), la voie vers la reprise y sera particulièrement ardue. En 2020, on estime que les recettes liées au tourisme se sont contractées de 75 %. Dans l’éventualité d’un déploiement rapide du vaccin dans toute l’Europe, le secteur pourrait se rapprocher de la normalité au cours du deuxième semestre 2021. Toutefois, le premier semestre restera tumultueux, même dans un scénario optimiste, en raison de l’alternance permanente entre confinement et déconfinement en Grèce et chez ses voisins. Les exportations de biens (pétrole raffiné, produits pharmaceutiques, métaux, produits alimentaires) entraîneront la reprise de la demande extérieure en 2021, grâce au rebond du commerce maritime, mais les exportations nettes totales continueront à avoir une contribution négative. La consommation privée (69 % du PIB) a bénéficié de mesures d’urgence, limitant la contraction de 2020 à 6 %. Bien que le régime de chômage partiel ait permis de contenir le chômage, celui-ci devrait néanmoins culminer à un peu moins de 20 % (contre 17 % avant la pandémie), à mesure que les faillites d’entreprises se concrétiseront. L’investissement (11 % du PIB), soutenu à la fois par des réformes favorables aux entreprises et par un afflux de fonds européens, sera le fer de lance de la reprise. La Grèce sera l’un des principaux bénéficiaires du fonds de relance de l’UE de nouvelle génération et devrait recevoir à ce titre 33 milliards d’euros (18 % du PIB) au cours des sept prochaines années, ce qui entraînera une croissance des investissements de 19 % en 2021. S’ils sont utilisés avec soin, ces fonds serviront à renforcer le réseau électrique (en particulier dans les îles), à construire des infrastructures pour la 5G et les voitures électriques, des projets de numérisation, notamment le projet de haut débit ultra rapide de 870 milliards d’euros, des programmes d’éducation et de reconversion professionnelle des travailleurs, parmi d’autres projets destinés à stimuler la production potentielle.

 

Le soutien européen atténue le risque souverain, mais les banques restent un talon d’Achille

La pandémie a entraîné des dépenses supplémentaires de 5 % du PIB et un manque à gagner de 2,5 % en 2020. Les mesures de soutien ont été principalement constituées par des dépenses budgétaires (par opposition aux mesures hors budget telles que les garanties de prêts). Les mesures phares sont des avances aux entreprises remboursables (2 % du PIB, avec un remboursement commençant en 2022), des primes salariales et une prise en charge des cotisations de sécurité sociale (1,5 % du PIB), la réduction du paiement anticipé de l’impôt sur le revenu (0,7 % du PIB), le régime du chômage partiel, l’extension des allocations de chômage et l’augmentation des dépenses de santé. Les réductions d’impôts, les subventions et le paiement des avances remboursables se poursuivront en 2021. L’échelle relativement réduite des garanties publiques (1,5 % du PIB) est cohérente avec l’exposition déjà surdimensionnée de l’État au secteur bancaire, qui devrait encore augmenter avec la nationalisation de la Banque du Pirée. Les subventions existantes de l’UE (2,5 % du PIB) ont été concentrées en début de période pour couvrir une partie du déficit de financement, amortissant ainsi l’impact sur le déficit de 2020. Néanmoins, les dépenses devraient augmenter de 11 % en 2020 et à un rythme modéré de 6 % en 2021, tandis que les recettes diminueront de 6 % avant de rebondir de 5 %. La dette publique dépassera le seuil de 200 % du PIB, mais le risque souverain est atténué par la structure des créanciers (officiels à 80 %) et par les mesures de relance de l’UE et de la BCE. La BCE a notamment inclus des obligations grecques dans son programme d’assouplissement quantitatif, ce qui a permis de réduire les coûts d’emprunt à un niveau historiquement bas. En outre, la Grèce sera le pays de la zone euro qui bénéficiera le plus du fonds de relance de la prochaine génération de l’UE (18 % du PIB sur la période 2021-2027). Le secteur bancaire porte encore les cicatrices de la crise précédente (36 % de prêts non performants). Le déficit extérieur, dû au déficit structurel des échanges de biens (12 % du PIB), est principalement financé par les flux de liquidités de l’Eurosystème (soldes TARGET 2) et par les IDE.

 

Un exécutif compétent maintient le cap du programme des réformes, les tensions s’intensifient avec la Turquie

Avec une majorité absolue au Parlement (158 sièges sur 300), l’administration de centre-droit de la Nouvelle démocratie dirigée par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a connu une année positive au pouvoir, conservant une avance confortable sur le leader de l’opposition Syriza (45 % des intentions de vote contre 27 %). La réponse à la pandémie a été réactive, et l’élan en faveur de réformes favorables aux entreprises n’a pas été freiné. La révision de la législation sur l’insolvabilité a renforcé la prévention des faillites, rationalisé les restructurations et assoupli les conditions imposées aux débiteurs défaillants. D’autres réformes ont renforcé l’indépendance et la transparence du recrutement dans le secteur public, simplifié l’octroi de licences d’investissement, fait avancer la privatisation du secteur de l’énergie et la numérisation de la bureaucratie. Les projets de réforme structurelle prévoient l’abolition des pratiques obsolètes sur le marché du travail, la réforme des retraites, l’accélération des procédures judiciaires et la rationalisation des plans d’urbanisme. Le principal défi géopolitique consistera à éviter un conflit pur et simple avec la Turquie tout en faisant valoir ses propres intérêts énergétiques. Un différend de longue date sur les revendications maritimes accordées par l’archipel grec s’est intensifié après la découverte de réserves d’hydrocarbures. Le risque d’un engagement militaire s’est accru dangereusement à la suite d’une collision navale au cours de l’été 2020. Malgré une désescalade négociée par l’UE, les deux parties semblent fondamentalement peu désireuses de faire marche arrière à long terme.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Paiement

Les traites, au même titre que les billets à ordre, sont utilisées par les sociétés grecques dans les transactions nationales et internationales. En cas de défaut de paiement, une protestation certifiant la traite refusée sera établie par un notaire dans les deux jours ouvrables suivant la date d’échéance.

De même, les chèques restent largement utilisés dans les transactions internationales. Toutefois, dans l’environnement commercial national, les chèques sont traditionnellement utilisés moins en qualité d’instrument de paiement que comme instrument de crédit, ce qui permet de créer des dates d’échéance de paiement successives. Par conséquent, une pratique fréquente et largement répandue est que plusieurs créanciers endossent des chèques postdatés. Par ailleurs, les émetteurs de chèques refusés peuvent être passibles de poursuites, sous réserve qu’une plainte soit déposée.

Les billets à ordre (hyposhetiki epistoli) sont un autre mode de paiement utilisé par les sociétés grecques dans les transactions internationales. Il s’agit d’une reconnaissance écrite d’une obligation de payer émise au profit du créancier par la banque du client qui engage l’auteur à payer le créancier à une date fixée contractuellement. Même si les billets à ordre sont un instrument suffisamment efficace, en ce qu’ils constituent une reconnaissance de dette claire de la part de l’acheteur, ils ne sont pas considérés comme une lettre de change et, par conséquent, sont exclus du champ d’application du « droit cambiaire ».

Les virements bancaires SWIFT, bien établis dans les cercles bancaires grecs, sont utilisés pour régler une partie croissante des transactions et offrent un procédé de paiement rapide et sécurisé. Par ailleurs, les virements bancaires SEPA gagnent en popularité car ils sont rapides, sûrs et sont soutenus par un réseau bancaire plus développé.

En 2015, la Grèce a imposé des restrictions sur les flux de capitaux hors du pays. Tous les paiements à destination de l’étranger suivent une procédure spécifique et sont surveillés par les banques et le ministère des Finances, des restrictions étant imposées sur le montant et la nature du transfert.

 

Recouvrement des créances

Phase amiable

Avant d’engager des procédures auprès d’un tribunal compétent, une autre méthode pour recouvrer une dette consiste à tenter de s’entendre avec le débiteur sur un plan de règlement. En général, on peut parvenir à l’arrangement le plus favorable dans le cadre d’un processus de négociation.

Le processus de recouvrement commence par l’envoi au débiteur d’une demande finale de paiement par courrier recommandé avec accusé de réception, lui rappelant ses obligations de paiement et mentionnant les pénalités d’intérêt qui peuvent avoir été convenues contractuellement ou, à défaut, celles qui résultent des intérêts au taux légal. L’intérêt est dû à compter du jour qui suit la date de paiement figurant sur la facture ou le contrat commercial à un taux, sauf si les parties en conviennent autrement, égal au taux de refinancement de la Banque centrale européenne, majoré de sept points.

 

Procédure judiciaire

Procédure accélérée

Les créanciers peuvent demander une injonction de payer (diataghi pliromis) au tribunal, par le biais d’un avocat, au titre d’une procédure rapide qui prend en général un mois à compter de la date à laquelle la demande a été introduite. Pour engager une telle procédure, le créancier doit détenir un document écrit qui était la demande qui est à l’origine de sa procédure, notamment une facture acceptée et protestée, un billet à ordre non réglé, une reconnaissance de dette établie sous seing privé, une facture originale résumant la marchandise vendue portant la signature de l’acheteur et le tampon certifiant la réception ou le bordereau de livraison original signé par l’acheteur.

La sentence rendue par le juge permet l’exécution immédiate, sous réserve du droit accordé au défendeur de présenter une objection dans les 15 jours. Par conséquent, pour obtenir une suspension d’exécution, le débiteur doit en faire la demande au tribunal.

En fonction des seuils de compétence actuels, un « juge de paix » (Eirinodikeio) est habilité à entendre les dossiers dont le montant est égal ou inférieur à 20 000 EUR. Au-delà de ce montant, un tribunal de première instance, présidé par un seul juge (Monomeles Protodikeio) examine les dossiers dont les montants sont situés entre 20 000 et 250 000 EUR. Les réclamations dont le montant est supérieur à 250 000 EUR sont examinées par un collège de trois juges (Polymeles Protodikeio).

 

Procédure ordinaire

Lorsque les créanciers n’ont pas de reconnaissance écrite et claire de non-paiement du débiteur ou lorsque la créance est contestée, la seule alternative restante est d’obtenir une citation au titre de la procédure ordinaire. Le créancier dépose une réclamation auprès du tribunal qui notifie le débiteur dans les 60 jours. L’audience sera fixée dans un délai de 18 mois minimum. Le droit grec permet au tribunal de rendre un jugement par défaut si le défendeur ne produit pas sa défense. Depuis 2016, la procédure de poursuite a changé et est désormais basée exclusivement sur la documentation fournie à l’appui de la réclamation.

Exécution d’une décision de justice

L’application d’une décision interne peut commencer dès que la décision est définitive. Si le débiteur ne respecte pas le jugement, ce dernier est applicable directement par le biais de la saisie des biens du débiteur.

Pour les sentences étrangères rendues dans un État membre de l’Union européenne, la Grèce a adopté des conditions d’application avantageuses telles que les Ordres de paiement européens ou le Titre exécutoire européen. Pour les décisions rendues par des pays non membres de l’Union européenne, elles seront appliquées automatiquement en fonction de traités d’application réciproques. En l’absence d’un accord, des procédures d’exequatur seront mises en place.

Procédure d’insolvabilité

Procédure de restructuration

Cette procédure vise à aider le débiteur à restaurer sa crédibilité et sa viabilité et à poursuivre ses opérations au-delà de la faillite. Le débiteur négocie un arrangement avec ses créanciers. Pendant cette procédure, les réclamations et les mesures d’application à l’encontre des débiteurs peuvent être suspendues mais le tribunal nommera un administrateur pour contrôler les biens et les performances du débiteur. Le processus de restructuration commence par la soumission par le débiteur d’un plan préparé par des spécialistes au tribunal, ce dernier, procède à un examen judiciaire du plan proposé tandis qu’un médiateur nommé par le tribunal évalue les attentes des créanciers. Le plan ne peut être validé qu’avec l’accord des créanciers représentant 60 % de la dette totale (60 % n’est pas toujours applicable, en fonction du dossier et de l’accord des banques).

 

Liquidation judiciaire

La procédure commence par une procédure d’insolvabilité engagée par le débiteur ou par le créancier. Le tribunal nomme un administrateur dès que les dettes sont confirmées. Par ailleurs, on attribuera à un Regroupement de créanciers (trois membres représentant chacun une classe de créanciers) la responsabilité de superviser les procédures, cette responsabilité se termine dès lors que le produit de la vente des biens de l’activité est distribué.

Haut de page
  • English
  • Français