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Liban

Liban

Population 6,1 millions
PIB par habitant 9 251 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 0,6 0,2 0,2 -13,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,5 6,1 3,1 2,6
Solde public / PIB (%) -8,6 -11,0 -9,8 -11,5
Solde courant / PIB (%) -25,9 -25,6 -26,4 -26,3
Dette publique / PIB (%) 149,0 151,0 155,1 161,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Une longue tradition de commerce
  • Transferts d’argent importants provenant de la diaspora
  • Relations étroites avec les pays du CCG, capacité d’attirer l’aide financière
  • Attractivité touristique
  • Potentiel de gaz naturel

POINTS FAIBLES

  • Niveau très élevé de la dette publique, déficit de la balance courante
  • Des institutions politiques en ruine faisant face à de grandes manifestations
  • Faiblesse de l’environnement des affaires, confiance fragile des investisseurs
  • Déficit budgétaire important, effet d’éviction, taux d’intérêt élevés pour attirer l’argent étranger et retenir l’argent national
  • Dépendance aux fonds étrangers pour le fonctionnement de l’activité économique
  • Forte inégalité des richesses et des revenus

Appréciation du risque

Crise politique, manque de confiance, des temps difficiles à venir

L’économie libanaise a été durement touchée par la guerre civile syrienne qui a débuté en 2011. Le nombre de réfugiés syriens au Liban est maintenant estimé à 1,5 million, dont plus des deux tiers n’ont pas de statut juridique. La profonde crise politique qui a éclaté en octobre 2019 a considérablement accéléré la détérioration des conditions économiques locales. A partir du premier semestre 2019, l’économie a stagné en raison de l’abstention du secteur privé à investir dans de nouvelles capacités, et a été confrontée à la dégradation des notations de crédit des agences. L’économie devrait également connaître des difficultés en raison de la faiblesse des consommations publiques et privées. Les indicateurs montrent que les conditions manufacturières se sont détériorées alors que la confiance des ménages, déjà affectée par la hausse des impôts et le resserrement des conditions de crédit, est écrasée par les licenciements, les réductions de salaires ainsi que les limites aux retraits d’espèces et la réduction des jours ouvrables par les banques, tous induits par la crise politique. En raison de l’important déficit budgétaire, le gouvernement manquera de marge pour élargir sa consommation, sans parler de son investissement, qui restera faible. La hausse de la nervosité a affaibli la confiance dans la monnaie locale, ce qui en retour pèsera sur la confiance des investisseurs et retardera la progression de l’exploitation du gaz offshore. Une amélioration de la situation en Syrie et dans le pays serait favorable à l’économie, en particulier aux exportations, car la situation actuelle perturbe les routes commerciales régionales, détériore les chaînes d’approvisionnement et dissuade les touristes étrangers.

 

Endettement élevé, dépendance à l’égard du financement extérieur

Le Liban a l’un des plus importants ratios de dette publique par rapport au PIB au monde, dû principalement aux déficits budgétaires élevés de la dernière décennie. À la mi-juillet, le pays a adopté un budget d’État d’austérité pour 2019, après des mois de délibérations et de tergiversations, visant à réduire le déficit à 7,6 % du PIB contre 11 % en 2018. Il est peu probable que cet objectif ait été atteint et le déficit devrait s’accroître cette année, surtout avec la persistance de la crise. À moins que des réformes structurelles indispensables ne soient appliquées, le gouvernement devrait afficher des déficits importants à l’avenir, ce qui n’aidera pas le pays à réduire sa dépendance à l’égard de l’aide extérieure et des capitaux. L’absence de progrès dans la réduction du déficit devrait limiter la capacité du Liban à attirer des entrées de capitaux, tout en augmentant le coût du service de la dette (plus de 9 % du PIB pour les intérêts seulement). De plus, les 12 milliards USD d’aide destinés aux infrastructures, promis par des donateurs étrangers lors de la conférence de Paris d’avril 2018, devraient être encore retenus. Quoiqu’il en soit, il s’agit essentiellement de prêts (10,2 milliards USD) et non de dons (860 millions USD), ce qui signifie que la dette du Liban augmenterait davantage. Sur le plan extérieur, l’important déficit du compte courant dû au déficit des échanges de biens (25 % du PIB en 2018) devrait persister, les recettes touristiques en baisse étant compensées par la faiblesse des importations liée au recul de la demande intérieure. Son financement est devenu beaucoup plus difficile du fait des retraits de dépôts des non-résidents couplés au ralentissement des transferts de fonds des expatriés provoqués par l’accroissement des risques sécuritaires et politiques. Ceci s’est traduit par une crise monétaire et une pénurie de dollars américains, qui se sont matérialisées par une dépréciation de la monnaie sur le marché parallèle (- 25 % par rapport à son ancrage au dollar en décembre 2019) et des contrôles formels des capitaux. Selon le FMI, les réserves de change brutes du pays étaient estimées à environ 33 milliards USD pour la fin 2020, couvrant 11 mois d’importations de biens et services, mais seront sollicitées.

 

De très grands défis politiques

La hausse du coût de la vie et des impôts, les coupures d’électricité et le mécontentement face à la situation politique et sociale ont déclenché des manifestations de masse en octobre 2019, conduisant le Premier ministre sunnite Saad Hariri à démissionner. En décembre, l’ancien ministre de l’éducation sunnite Hassan Diab, après avoir été parrainé par la majorité chiite de la Chambre basse, a été chargé par le président chrétien Michel Aoun de former un gouvernement. Bien que M. Diab ait déclaré être disposé à sélectionner des experts et des indépendants, et à agir indépendamment des partis politiques, répondant ainsi à une demande importante de la population, il sera difficile, à lui ou à toute autre personne, de sortir le pays de la crise. Les manifestants se sont attaqués à l’élite dirigeante organisée en partis confessionnels qui se partagent les institutions politiques, ce qui, selon eux, a conduit à l’inefficacité, à la corruption et au clientélisme. Sur le plan extérieur, le pays risque toujours d’être englouti dans des problèmes régionaux, ainsi que dans l’antagonisme entre les puissances régionales ou mondiales.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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