Coface Group
Maurice

Maurice

Population 1,3 millions
PIB par habitant 11 090 $US
B
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,8 3,0 -13,0 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,2 0,5 2,5 3,2
Solde public / PIB (%)* -1,7 -2,2 -10,2 -12,0
Solde courant / PIB (%) -3,9 -5,4 -13,3 -11,0
Dette publique / PIB (%)* 64,0 66,2 82,8 86,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2021 allant du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021

POINTS FORTS

  • Forte activité touristique (hors période épidémique)
  • Bilinguisme anglais/français
  • Solidité du système bancaire
  • Institutions démocratiques et gouvernance efficace

POINTS FAIBLES

  • Dépendance commerciale et économique envers l’Europe et l’Asie (tourisme, construction, finance)
  • Insularité et marché domestique réduit
  • Infrastructures défaillantes, surtout sur l’île Rodrigues
  • Manque de travailleurs qualifiés
  • Mise sur liste noire (Octobre 2020) par l’Union européenne en raison d’insuffisance dans la lutte contre le blanchiment

Appréciation du risque

Reprise de la croissance en fonction du tourisme

Maurice n’a que faiblement pâti de la crise de la COVID-19 en termes sanitaires, néanmoins, son économie a été fortement impactée. Elle devrait progressivement rebondir en 2021. La chute d’activité enregistrée en 2020 est surtout due à l’écroulement du tourisme (19% du PIB et de l’emploi). Les restrictions aux déplacements internationaux induites par la crise sanitaire, ainsi que la fermeture des frontières ont fortement impacté les recettes touristiques (35% des exportations totales). La deuxième vague à l’automne 2020 a entraîné une prolongation de la crise de la mobilité, et continuera de peser sur le tourisme au premier trimestre 2021. Ainsi, il devrait se redresser lentement tout au long de 2021. Par ailleurs, le secteur de la construction (habituellement 10% du PIB et 22% de l’emploi) s’est, lui aussi, fortement contracté en conséquence de la crise sanitaire qui a stoppé les chantiers. Cependant, il devrait se redresser en 2021 et faire partie des secteurs clés de la reprise économique. Il bénéficiera d’un soutien massif du gouvernement, ainsi que d’investissements publics comme, par exemple, la construction de logements sociaux ou de nouvelles routes qui créeront de l’emploi et soutiendront l’économie. Les services financiers et l’assurance (12% de la valeur ajoutée du pays) ont été résilients en 2020, tout comme l’information et les télécommunications, et leur croissance devrait perdurer en 2021. Malgré les aides gouvernementales et l’assouplissement de la politique de crédit par la Banque centrale, avec, par exemple, l’augmentation de l’allocation chômage ou la mise en place d’un moratoire de 6 mois pour le remboursement de prêts, visant à soutenir les ménages les plus vulnérables, ainsi que les secteurs les plus touchés par la crise, la consommation des ménages (78% du PIB) a reculé. Nombre d’entre eux ont été confrontés à la baisse de leurs revenus et à la perte d’emploi, alors même que l’inflation grimpait avec l’envolée des prix alimentaires. Cependant, la consommation devrait se redresser, aidée par la prolongation jusqu’en 2021 de certaines aides. Les entrées d’IDE ont fortement baissé en 2020, conséquence de la crise sanitaire, de l’arrêt du tourisme et de l’aversion au risque dans un contexte de récession mondiale. Maurice reste un pays attrayant, en raison de solides partenariats publics-privés, mais les IDE devraient doucement reprendre en 2021, car l’île a été mise sur liste noire en octobre 2020 par l’UE en raison d’insuffisance dans la lutte contre le blanchiment d’argent. Les investissements publics (7,6% du PIB), bien qu’en baisse suite à la COVID-19, resteront importants en 2021, notamment dans le logement social. Par ailleurs, Maurice a obtenu un prêt extérieur de 354 millions de dollars de l’Agence Française de développement afin de renforcer sa résilience aux catastrophes naturelles et sanitaires boostant les investissements.

 

Des déficits public et courant encore élevés

Le déficit public s’est fortement creusé sur l’exercice budgétaire 2019-2020 en lien avec la pandémie. En effet, le gouvernement a dû augmenter ses dépenses pour faire face à la crise dans un contexte de baisse des recettes. L’exercice 2020-2021 continue d’être impacté par les mesures budgétaires de soutien, qui, pour certaines, sont prolongées en 2021, et les investissements publics décidés pour soutenir l’économie. L’orientation budgétaire restera expansionniste. En conséquence du déficit, la dette publique s’est considérablement alourdie. Cependant, en juin 2020, elle était presque exclusivement libellée en monnaie locale et aux ¾ domestique. Son profil ne changera pas, les autorités continuant de privilégier les sources de financement domestiques, avec une contribution exceptionnelle de la Banque centrale en 2020-2021. La charge de la dette devrait pousser le pays à s’engager dans un assainissement budgétaire une fois la crise passée. Le déficit courant s’est fortement creusé suite à la COVID-19, pénalisé, d’une part, par la disparition du traditionnel excédent des services, du fait de l’effondrement des recettes touristiques, d’autre part, par la diminution de celui des revenus primaires avec celle des recettes des nombreuses sociétés offshores domiciliées sur l’île, en raison de la baisse générale d’activité et des taux d’intérêt. A l’inverse, l’habituel et massif déficit des biens s’est réduit, les importations ayant baissé plus que les exportations, qui, de plus, une fois la demande mondiale repartie et les chaînes d’approvisionnement rétablies, sont reparties plus vite. Le déficit courant ne devrait que légèrement reculer en 2021, car l’inversion de ces divers facteurs sera lente, alors que la demande intérieure se redressera et les importations de biens d’équipements pour les projets d’infrastructures augmenteront.

 

Une coalition bousculée

La coalition menée par le Premier ministre sortant Pravind Jugnauth, l’Alliance Morisien (centre-gauche), a remporté 42 sièges sur 70 aux élections législatives de novembre 2019, conservant ainsi une solide majorité. La coalition souffre cependant de la perception croissante de clientélisme, de corruption, de sa gestion jugée défaillante de la marée noire provoquée par l’échouage du Wakashio le 25 juillet 2020, ainsi que des retombées économiques de la COVID-19. Par ailleurs, malgré le bon classement de l’île selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale, le placement sur liste noire de l’UE pourrait avoir des conséquences sur l’attractivité de l’île.

Sur le plan extérieur, Maurice continuera de maintenir des liens solides avec les pays européens, la Chine et l’Inde, ses principaux partenaires économiques. En octobre 2019, le pays a, d’ailleurs, signé un accord de libre-échange avec la Chine qui supprime les droits de douane sur un grand nombre de produits. Enfin, le Royaume-Uni et Maurice sont toujours en profond désaccord quant à la souveraineté sur les îles Chagos.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Haut de page
  • English
  • Français