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Mongolie

Mongolie

Population 3,2 millions
PIB par habitant 4 017 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 5,3 6,9 6,5 5,4
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,6 7,7 9,0 8,3
Solde public / PIB (%) -3,8 2,6 0,6 -0,9
Solde courant / PIB (%) -10,1 -17,0 -14,4 -12,4
Dette publique / PIB (%) 84,6 73,3 73,0 71,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Développement de ressources minières colossales (charbon, cuivre, or) avec des investissements atteignant 40 % du PIB
  • Position géographique stratégique entre la Chine et l’Europe (Projet de développement de la Route de la Soie)
  • Potentiel de diversification de la production, notamment l’agro-industrie (élevage, produits laitiers, viande, cachemire) et le tourisme
  • Soutien important des donateurs (4,8 % du PIB en 2019)

POINTS FAIBLES

  • Petite économie vulnérable aux variations des prix des matières premières et de la demande chinoise
  • Dissensions politiques internes
  • Dégradation massive des terres, 90 % des vastes prairies sujettes à la désertification (fréquentes tempêtes de poussière)
  • Niveau alarmant de la corruption et gouvernance fragile (justice, dépenses publiques, entreprises d’État, licences minières et marchés publics)
  • Risques associés à l’accroissement des inégalités (28 % de la population vivant dans la pauvreté en 2018) en raison d’un développement minier moins inclusif

Appréciation du risque

Croissance tributaire des ressources minérales, confrontée aux prix et au ralentissement de la demande des partenaires commerciaux

La croissance restera forte, mais elle devrait ralentir pour s’établir à 5,4 % en 2020 en raison du ralentissement de la croissance des exportations dans le secteur minier consécutive à la baisse des prix du charbon et du cuivre. L’économie dépend en grande partie des ressources naturelles, qui représentent 80 % du total des exportations (cuivre 45 % et charbon 15 %) et 48 % du PIB, et dont la majeure partie est destinée à la Chine, son principal partenaire commercial. De plus, le projet d’exploitation minière de cuivre et d’or d’Oyu Tolgoi (OT) (détenu à 66 % par Turquoise Hill, une filiale de Rio Tinto, et à 34 % par la Mongolie) ne sera pas en mesure de soutenir les exportations car il a connu des retards dus aux conditions difficiles du terrain et à des renégociations du gouvernement. Il devrait être opérationnel d’ici juin 2023, ce qui augmentera les coûts du projet et pourrait affecter l’environnement commercial et la confiance des investisseurs. En effet, au cours des dernières années, l’essentiel des investissements étrangers directs a été réalisé dans l’industrie minière, dont la moitié dans le cadre du projet OT. Compte tenu de la faiblesse du prix du cuivre et des retards pris dans les projets, les entrées de devises devraient ralentir. La consommation publique devrait bénéficier d’un assouplissement de la politique budgétaire en 2020, tandis que la consommation privée devrait être faible en raison d’une forte hausse du taux de chômage. De plus, le retard du projet OT peut peser sur les revenus disponibles (c’est le plus grand employeur privé en Mongolie et plus de 90 % de ses employés sont mongols) et donc sur la consommation. L’inflation s’établira autour de 8 %, cible fixée par la banque centrale, qui devrait resserrer la politique monétaire afin d’assurer la stabilité des prix et de freiner la croissance rapide du crédit entraînée par la hausse de l’endettement des ménages. Le secteur bancaire est toujours menacé en raison de la sous-capitalisation de plusieurs banques et de la part élevée des prêts aux ménages, lesquels représentent 50 % de l’encours total du crédit.

 

Amélioration des comptes publics et exposition aux chocs externes

Malgré les engagements et les efforts (un excédent primaire de 1 % est attendu) visant à réduire le déficit budgétaire et la dette dans le cadre de la prolongation des prêts du FMI (Extended Credit Facility program) mise en place en 2017 (la sixième revue est suspendue en raison de retards dans les réformes du secteur financier, notamment la recapitalisation des banques), l’économie est toujours confrontée à des niveaux élevés de dette qui la rendent vulnérable aux chocs affectant les IED, aux cours des matières premières et à la demande chinoise. Considérant que 90 % de la dette publique est libellée en devises étrangères, le pays est exposé à une dépréciation du taux de change. Compte tenu des pressions politiques croissantes à l’approche des élections de 2020, la politique budgétaire continuera de se relâcher en 2020 afin de réduire la frustration de la population en lançant des projets sociaux, en augmentant le salaire minimum et en mettant en œuvre des réformes fiscales pour soutenir les entreprises et les investissements.

Les comptes courants devraient afficher leur déficit habituel. La balance commerciale restera excédentaire, mais l’excédent pourrait diminuer légèrement, car les exportations pourraient être affectées par la baisse des prix du cuivre et du charbon. La balance des services et des revenus restera déficitaire en raison des charges de fret (un tiers du déficit des services), du rapatriement des bénéfices par les investisseurs miniers et du paiement des intérêts. Les réserves de change ont augmenté et couvrent 5 mois d’importations en 2019, mais elles restent insuffisantes pour amortir les chocs externes, compte tenu de la faible assise économique de la Mongolie et de son exposition aux catastrophes climatiques. La position extérieure nette négative reste élevée à - 260 % du PIB, en raison notamment de la dette extérieure (à 220 % du PIB) dont 70 % est d’origine privée. De fortes entrées d’IDE liés à l’exploitation minière (plus de 10 % du PIB) contribuent à financer le déficit de la balance courante, mais les incertitudes politiques concernant les élections pourraient les affecter.

 

Une incertitude politique croissante à l’approche des élections législatives

Le Parti populaire mongol domine le Parlement monocaméral avec 65 sièges sur 76 depuis les élections législatives qui ont eu lieu en juin 2016. Cela dit, les récentes allégations de corruption et les promesses non tenues du Président Battalga provoquent une frustration croissante au sein de la population. L’incertitude politique persistera probablement à l’approche des prochaines élections législatives de juin 2020. Après le renvoi de l’ancien Premier ministre Jargaltulga Erdenebat en 2017 pour corruption, l’actuel Premier ministre Ukhnaagiin Khürelsükh n’est pas épargné non plus par de telles accusations, même si aucune d’elles ne menace son programme économique et socialement orienté. Bien que la croissance ait été forte, la population n’en a pas profité en raison de l’augmentation du coût de la vie et de la hausse du taux de chômage auxquelles le gouvernement s’efforce de remédier. Enclavé entre la Russie et la Chine, le pays entretient de bonnes relations avec ses voisins tout en cherchant à diversifier ses liens par le biais de la politique étrangère du « troisième voisin », notamment avec l’Inde et les États-Unis. Compte tenu du ralentissement de la demande de la Chine, la Mongolie en bénéficierait car sa dépendance économique vis-à-vis de la Chine, qui représente 88 % de ses exportations, serait ainsi réduite.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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