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Mongolie

Mongolie

Population 3,1 millions
PIB par habitant 3 640 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 1,4 5,1 5,8 6,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,8 4,6 7,8 8,2
Solde public / PIB (%) -17,0 -1,9 -4,7 -5,4
Solde courant / PIB (%) -6,3 -10,4 -8,5 -8,3
Dette publique / PIB (%) 87,6 84,6 84,1 83,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Mise en exploitation des colossales ressources minières (charbon, cuivre, or)
  • Position géographique stratégique entre la Chine et l’Europe (Projet de développement de la Route de la soie)
  • Potentiel de diversification de la production, notamment l’agrobusiness (produits laitiers, viande, cachemire) et le tourisme

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité de l’économie aux variations des cours des matières premières
  • Forte exposition à l’économie chinoise
  • Dissensions politiques internes
  • Niveau de corruption alarmant et risques liés à la montée des inégalités avec un développement minier peu inclusif

Appréciation du risque

Le secteur minier comme moteur de la croissance

La croissance en 2019 devrait être encore plus dynamique qu’en 2018 avec la poursuite du boom dans le secteur minier, favorisé par les cours élevés des minerais (notamment charbon et cuivre). Le développement du projet minier d’Oyu Tolgoi (l’une des plus importantes réserves d’or et de cuivre au monde, exploitée par l’entreprise Rio Tinto par le biais de sa filiale Turquoise Hill), dont la pleine exploitation est fixée à 2020, devrait continuer de stimuler les exportations de cuivre, malgré des cours plus faibles en 2019. Ces exportations, ainsi que celles de charbon (1re exportation du pays en volume), devraient permettre une contribution positive des exportations nettes à la croissance, bien que plus faible qu’en 2018, du fait de la hausse des importations. Dans ce contexte, la confiance des investisseurs devrait continuer de s’améliorer (+48,1 % d’investissements au premier trimestre 2018 par rapport à la même période en 2017), soutenue par l’accord politique multipartite en faveur des grands projets d’investissements. L’afflux d’investissements directs étrangers devrait bénéficier au secteur de la construction industrielle, mais aussi résidentielle pour faire face à l’urbanisation croissante. Cependant, la croissance restera très vulnérable à une chute de la demande chinoise (85 % des exportations du pays). La consommation publique devrait bénéficier des moindres efforts de consolidation budgétaire en 2019, tandis que la consommation privée devrait être soutenue par la hausse de 8 % des salaires des fonctionnaires décidée en septembre 2018 et d’une potentielle nouvelle hausse en 2019. L’inflation devrait rester sous la cible de 8 % de la banque centrale qui devrait adopter une politique monétaire plus stricte après une première hausse de son taux directeur (11 % pour les obligations d’une semaine) en novembre 2018. Des risques demeurent au niveau du secteur bancaire, encore largement sous-capitalisé, alors que les premières réformes ont été mises en place (processus de révision de la qualité des actifs bancaires fin 2017).

 

Des comptes jumeaux encore largement déficitaires

Dans le cadre du programme accompagnant la Facilitée élargie de crédit du FMI mis en place depuis mai 2017 (équivalent à 425 millions USD), le gouvernement a entrepris de réduire le déficit public. Ces efforts de consolidation budgétaire se sont traduits, entre autres, par la mise en place d’un impôt progressif sur le revenu, une hausse des taxes sur l’alcool et le tabac, ainsi qu’une augmentation de l’âge de la retraite. Cependant, le budget 2019 prévoit un relâchement de ces efforts avec une hausse de l’investissement public et du salaire des fonctionnaires (+16% envisagé). Malgré son niveau très élevé, la soutenabilité de la dette sur le court terme ne devrait, néanmoins, pas être menacée. En effet, le dynamisme de la croissance et les premiers efforts mis en place ont permis au gouvernement d’émettre des obligations à hauteur de 800 millions USD fin 2017à un moindre taux d’intérêt (5% contre 11% en 2016), couvrant l’ensemble des échéances jusqu’à fin 2020. Libellée à 85% en devises étrangères, cette dette reste très vulnérable à une brusque dépréciation du tugrig, comme ce fut le cas en 2016 (perte de 25% de sa valeur).

Le surplus commercial devrait être plus faible que par le passé, suite à la hausse des importations liée à la demande en équipements. Le moindre dynamisme du cours du charbon et le plus faible cours du cuivre ne devraient pas permettre aux exportations de compenser cette hausse. La balance des services et celle des revenus seront toutes les deux déficitaires, en raison des prestations étrangères de services et au rapatriement des bénéfices des entreprises. L’important déficit courant qui en découle sera amplement compensé par les investissements directs étrangers en augmentation. Les réserves de change devraient continuer de croître, équivalentes à 3,5 mois d’importations fin 2017, rendant le pays moins vulnérable aux conditions extérieures.

 

Une situation politique plus stable mais toujours exposée à des tensions internes latentes

Après la victoire du Parti du peuple mongol (PMD) aux élections législatives de juin 2016 (65 des 76 sièges au Parlement), l’élection présidentielle de juin/ juillet 2017 a porté au pouvoir le candidat du parti d’opposition, Khaltmaagin Battulga (Parti démocratique). À la suite de cette défaite, les luttes intestines ont refait surface au sein de la majorité parlementaire, amenant à la destitution du Premier ministre, Jargaltulga Erdenebat, en septembre 2017, sur fond d’allégations de corruption. La nomination de Khurelsukh Ukhnaa comme nouveau Premier ministre, en octobre 2017, a permis de stabiliser la situation, sans toutefois exclure de nouveaux rebondissements dans les luttes intra-partisanes. Sur le plan de l’environnement des affaires, l’ample majorité du PMD au parlement devrait assurer une certaine efficacité dans les réformes, ainsi qu’un soutien aux projets d’investissements étrangers. Sur le plan social, le principal enjeu pour le gouvernement sera d’affronter les défis liés à l’urbanisation croissante du pays, aux flux migratoires en augmentation et à une redistribution plus égalitaire des richesses minières. Ces différents points, ainsi que la lutte contre la corruption, ont été définis comme des priorités par le président Battulga lors de sa campagne en juin 2017. Enfin, la Mongolie devrait continuer à chercher à diversifier ses partenaires diplomatiques, au-delà de ses voisins russes et chinois, notamment à travers un rapprochement avec l’Inde.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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