Coface Group
Mongolie

Mongolie

Population 3,3 millions
PIB par habitant 4 202 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 7,3 5,1 -2,0 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,7 7,2 6,0 7,0
Solde public / PIB (%) 2,6 1,4 -5,2 -4,0
Solde courant / PIB (%) -16,8 -15,6 -12,3 -13,4
Dette publique / PIB (%) 72,6 69,5 77,3 74,8

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Développement de ressources minières colossales (charbon, cuivre, or) avec des investissements atteignant 40 % du PIB
  • Position géographique stratégique entre la Chine et l’Europe (Projet de développement de la Route de la Soie)
  • Potentiel de diversification de la production, notamment l’agro-industrie (élevage, produits laitiers, viande, cachemire) et le tourisme
  • Soutien important des donateurs (4,8 % du PIB en 2019)

POINTS FAIBLES

  • Petite économie vulnérable aux variations des prix des matières premières et de la demande chinoise
  • Dissensions politiques internes
  • Dégradation massive des terres, 90 % des vastes prairies sujettes à la désertification (fréquentes tempêtes de poussière)
  • Niveau alarmant de la corruption et gouvernance fragile (justice, dépenses publiques, entreprises d’État, licences minières et marchés publics)
  • Risques associés à l’accroissement des inégalités (28 % de la population vivant dans la pauvreté en 2018) en raison d’un développement minier peu inclusif
  • Réserves de change insuffisantes pour amortir les chocs externes

Appréciation du risque

Un pays épargné par le virus mais affecté par la baisse de la demande mondiale

En 2020, l’économie s’est contractée en raison de la crise du COVID-19. Bien que la propagation du virus à l’intérieur du pays fût très limitée, le ralentissement économique mondial et la fermeture des frontières ont affecté la demande de produits miniers (80 % du total des exportations - 45 % pour le cuivre et 15% pour le charbon - et 48 % du PIB) et l’arrivée des touristes sur le territoire. Les frontières avec la Chine ont été fermées dès janvier 2020 et l’état d’urgence a été déclaré en mars. Turquoise Hill Ressources, filiale de Rio Tinto qui détient 66% de la plus grande mine de cuivre et d’or d’Oyu Tolgoi (OT), a vu ses revenus diminuer de 27,4% au second semestre 2020 en glissement annuel en raison de la baisse de la demande et des prix. Les investissements miniers, l’essentiel des investissements directs étrangers au cours des dernières années, la moitié dans le cadre du projet OT, ont subi un coup d’arrêt. Le projet d’extension de la mine OT, qui avait déjà pris du retard en raison des conditions difficiles du terrain et des renégociations du gouvernement, devrait commencer en octobre 2022. Cependant, la reprise économique en Chine (qui représente 88% de ses exportations), plus rapide que dans le reste du monde, stimulera les exportations de produits miniers en 2021 et, en conséquence, la reprise économique, ainsi que les investissements miniers. Quant à la consommation privée (60% du PIB), bien qu’affectée par les mesures restrictives, elle devrait reprendre à fur et à mesure de leur levée, les revenus des ménages ayant été globalement conservés. En effet, le plan de soutien (14,5% du PIB) comprenait l’augmentation des allocations familiales, des pensions de retraite et pour personnes handicapées, réduction des contributions sociales, par exemple. L’inflation augmentera légèrement en lien avec la reprise de la consommation. La banque centrale du pays a diminué son taux directeur à quatre reprises (mars, avril, septembre et novembre 2020) passant ainsi de 10 à6%, dans le but de stimuler la croissance et l’investissement.

 

Dégradation des comptes publics et exposition aux chocs externes

Malgré les engagements et les efforts réalisés dans le cadre de la Facilité élargie de crédit du FMI mise en place en 2017 pour réduire le déficit budgétaire, l’économie est toujours lestée d’une dette élevée qui la rend vulnérable aux chocs affectant les IDE, aux cours des matières premières et à la demande chinoise. De plus, 90 % de la dette publique étant libellée en devises étrangères, le pays est exposé à une dépréciation du taux de change. La crise du COVID-19 a engendré une nette détérioration des comptes publics : la baisse des recettes et le soutien aux populations les plus affectées ont pesé, 2021 n’apportera qu’un rétablissement partiel. Le gouvernement se finance de façon bilatérale (un prêt de USD 236 millions à un taux à 0,01% du Japonpar exemple) et multilatérale (USD 99 millions du FMI dans le cadre de l’Instrument de financement rapide, 160 millions de l’ADB, 104 millions de l’UE) afin d’alléger la pression fiscale.
Le déficit courant s’est réduit en 2020. Pourtant, la baisse des exportations de biens a été largement supérieure à celle des importations. Mais, la diminution des bénéfices rapatriés par les compagnies étrangères et des achats de services, malgré la chute des recettes touristiques, a plus que compenser. En 2021, la situation s’inversant, le déficit courant retrouverait son niveau d’avant la crise. La balance commerciale restera excédentaire, mais les exportations de produits miniers resteront inférieures au niveau d’avant-crise. La balance des services et des revenus restera déficitaire en raison des charges de fret (un tiers du déficit des services), du rapatriement des bénéfices par les investisseurs miniers et du paiement des intérêts. De fortes entrées d’IDE liés à l’exploitation minière (environ 10 % du PIB) contribuent à financer le déficit de la balance courante, mais sont cependant affectés par la conjoncture économique mondiale. Les réserves de change se sont dégradées à cause des interventions de la Banque centrale sur le marché et couvrent 4,7 mois d’importations en 2020. L'accord bilatéral d'échange de devises de MINT 6 billion conclu avec la Chine a été renouvelé le 31 juillet 2020 pour trois années supplémentaires jusqu'en 2023.

 

Une certaine stabilité politique

Les élections législatives de juin 2020 ont confirmé la dominance du Parti populaire Parlement monocaméral en lui donnant 65 sièges sur 76. La bonne gestion par le gouvernement de la pandémie a favorisé sa victoire. Le président Battulga, issu de l’opposition, devrait cependant être réélu lors des élections présidentielles de 2021. Ces reconductions interviennent, alors que les retombées de plusieurs scandales de corruption révélés en 2018-19 (concernant le détournement de fonds publics et la corruption de fonctionnaires) continuent de corroder la confiance du public dans l'élite politique du pays. Après le renvoi de l’ancien Premier ministre Jargaltulga Erdenebat en 2017 pour corruption, l’actuel Premier ministre Ukhnaagiin Khürelsükh n’est pas épargné non plus par de telles accusations, même si aucune ne menace son programme économique socialement orienté. Bien que la croissance ait été forte ces dernières années, l’activité minière n’est pas socialement inclusive, le coût de la vie ainsi que le taux de chômage augmentent. Enclavé entre la Russie et la Chine, le pays entretient de bonnes relations avec ses deux voisins, tout en cherchant à diversifier ses liens par le biais de la politique étrangère du « troisième voisin », notamment avec l’Inde et les États-Unis ou encore le Japon.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Haut de page
  • English
  • Français