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Myanmar

Myanmar

Population 53,2 millions
PIB par habitant 1 527 $US
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 6,8 3,2 -18,0 -0,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,6 5,7 4,1 6,5
Solde public / PIB (%)* -3,9 -5,6 -7,8 -7,0
Solde courant / PIB (%) -2,8 -3,4 -0,8 -1,0
Dette publique / PIB (%) 40,6 53,3 63,0 65,3

(e) : Estimation (p) : Prévision *Période intérimaire entre octobre 2021 et mars 2022 & nouvelle année à partir du 1er avril 2022 jusqu’au 31 mars 2023

POINTS FORTS

  • Matières premières abondantes (minéraux, notamment jade, rubis, cuivre, or, gaz et pétrole), opportunités en hydroélectricité
  • Proximité d'économies dynamiques (Inde, Chine, Thaïlande)
  • Grand potentiel touristique
  • Fort potentiel du secteur primaire (agriculture)
  • Population jeune (27 % de la population a moins de 14 ans)
  • Recul de la pauvreté
  • Disponibilité d'une main-d'œuvre peu coûteuse
  • Membre de l’ASEAN

POINTS FAIBLES

  • Le coup d’Etat isole le pays et son économie, malgré quelques relations avec les voisins
  • Corruption hautement endémique et environnement des affaires défaillant
  • Problèmes ethniques en lien avec l’intolérance de la minorité musulmane rohingya par la majorité bouddhiste, mais aussi des minorités bouddhistes qui disposent de groupes armés (Shan, Karen, Kachin…). 135 groupes ethniques sont présents dans le pays, l’ethnie majoritaire bamar représente 68 % de la population.
  • Banque centrale inefficace
  • Manque de diversification et d'infrastructures (électricité, raffinage, éducation, santé)
  • Secteur financier sous-développé
  • Pays très exposé aux catastrophes naturelles (tremblements de terre, cyclones, inondations, etc.)

Appréciation du risque

Le coup d’Etat de 2021 referme la parenthèse démocratique ouverte en 2011

Allégeant de fraude électorale (niée par tous les observateurs internationaux) lors des élections législatives de novembre 2020 pour le renouvellement des deux chambres, et dont le parti d’Aung San Suu Kyi était sorti victorieux, les militaires se sont emparés du pouvoir début février 2021, non sans avoir détenu Aung San Suu Kyi et les autres principaux dirigeants. Aung San Suu Kyi, cheffe de la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) et Prix Nobel de la paix pour sa promotion de la démocratie, était devenue conseillère d’État en 2015 à la suite des premières élections législatives libres depuis 1990. Ce rôle lui avait été conféré pour gouverner sans être présidente (la Constitution l’interdisant en raison de ses liens familiaux avec l’étranger). Le président Win Myint, élu en 2018, était le premier n’ayant pas appartenu à l’armée depuis plus de cinq décennies. La prise du pouvoir par l’armée sous le commandement du général Min Aung Hlaing a donné lieu à d’importantes manifestations, avec des épisodes de grande violence : plus de 1000 morts et des dizaines de milliers d’arrestations. Une partie des contestataires s’est également jointe aux rébellions armées préexistantes des minorités, mettant ainsi de côté les antagonismes ethniques. Suite au coup d’Etat, l’administration Biden et l’Union Européenne ont annoncé en mars 2021 la mise en place de sanctions. En décembre 2021, l’ONU a repoussé sa décision quant à la représentation du pays, la plupart des pays ne reconnaissant pas le nouveau pouvoir. La crise politique rejaillit également sur la relation avec l’ASEAN. Bien qu’exclu de la réunion annuelle de l’organisation, le Myanmar n’en a pas été suspendu, certains pays membres faisant prévaloir le principe de non-ingérence. En dépit de la pression internationale, la junte militaire a condamné Aung San Suu Kyi en décembre 2021 à quatre ans de prison. 

 

Forte contraction de l’économie sous l’effet du coup d’Etat et de la pandémie

L’économie du Myanmar s’est fortement contractée en 2021, en raison de la situation créée par la crise sanitaire et le coup d’état militaire. En 2022, le PIB devrait se stabiliser à un niveau bien inférieur à celui de l’avant-crise. Les recettes touristiques (4,6 % du PIB et 4,8 % de la population active), resteront anecdotiques.. Les revenus liés aux exportations de biens (25% du PIB en 2020) ont également baissé. Celles d’articles d’habillement (27% du total) se sont fortement contractées (-27% entre septembre 2020 et juin 2021). Les exportations du gaz naturel (20% du total), notamment vers la Thaïlande, ont également diminué, et pourraient continuer à le faire en 2022 avec l’arrêt des activités des entreprises étrangères exploitantes, sous les pressions occidentales. Celles de pierres précieuses (10% du total) se sont quant à elles effondrées. Le secteur agricole (23% du PIB et 20% des exportations) a réalisé une bonne performance à l’exportation (+31%) malgré une contraction de 10% de sa production pendant l’année budgétaire 2021. La balance commerciale devrait encore contribuer négativement à la croissance en 2022 : la dépréciation du kyat accroîtra la valeur des importations, même réduites, et les exportations resteront contraintes par la situation dans le pays. La demande intérieure restera faible suite à l’appauvrissement des ménages en 2021. Outre le chômage croissant, les ménages sont confrontés à une importante inflation des produits importés, réduisant d’autant plus leur pouvoir d’achat. L’inflation, bien qu’atténuée par la faiblesse de la demande intérieure, sera vigoureuse du fait de l’énorme dépréciation du kyat et d’un probable financement monétaire du déficit. Le pays demeure extrêmement exposé au virus : la part des vaccinés ne dépassait pas 20% en novembre 2021. L’instabilité politique, la désorganisation économique et les violences ont fortement découragé les investissements en provenance de nombreux partenaires. De plus, certains grands groupes mondiaux ont suspendus leurs projets dans le pays. Les grands projets industriels et d’infrastructure, en particulier à Yangon, s’en trouvent impactés. Le Myanmar continue toutefois à recevoir des investissements chinois dans le cadre du projet des nouvelles routes de la soie.

 

Forte dégradation des comptes publics

Pendant l’année budgétaire 2021, le déficit public s’est accru en raison de la baisse des recettes fiscales (30% du total des revenus du gouvernement en 2019). L’appauvrissement et la baisse de la consommation des ménages ont, ainsi, joué un rôle important dans la réduction de ces recettes. Les revenus tirés des entreprises du secteur de l’énergie détenues par l’Etat (majeure partie des revenus non-fiscaux) ont également baissé. En conséquence de la progression du déficit public, la dette publique s’est considérablement alourdie. Cette augmentation s’explique, de surcroît, par l’importante contraction du PIB au cours de l’année et la dépréciation du kyat. La persistance du déficit et de la dépréciation du kyat pourraient causer un creusement supplémentaire de la dette publique au cours de l’année budgétaire 2021-2022. Avant la crise, la part de la dette bilatérale était majoritaire, et détenue en grande partie par la Chine et le Japon.

 

Le compte courant est traditionnellement déficitaire. L’économie est en effet dépendante de ses importations de produits pétroliers raffinés, de biens d’équipement et de consommation, ainsi que des matériaux nécessaires à ses projets d’infrastructures et de matériels médicaux. Ce déficit était financé par les IDE et les prêts chinois. Le déficit courant devrait presque disparaître sur les années budgétaires 2021 et 2022. En effet, le déficit commercial diminuera, les importations baissant plus que les exportations du fait de la chute de la demande domestique et du contrôle des importations. Les réserves en devises représentaient environ 5 mois d’imports en 2020 et évolueraient peu.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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