Coface Group
Myanmar

Myanmar

Population 52,8 millions
PIB par habitant 1 300 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 6,8 6,8 6,6 6,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,6 6,9 8,6 7,5
Solde public * / PIB (%) -3,0 -4,1 -3,7 -3,9
Solde courant / PIB (%) -6,4 -5,2 -4,5 -5,1
Dette publique / PIB (%) 35,2 38,2 38,7 38,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale 2020 d’octobre 2019 à septembre 2020.

POINTS FORTS

  • Progrès de la transition démocratique et de l'ouverture de l'économie
  • Matières premières abondantes (minéraux (notamment jade, cuivre et or), gaz et pétrole), opportunités en hydroélectricité
  • Proximité d'économies dynamiques (Inde, Chine, Thaïlande)
  • Grand potentiel touristique
  • Fort potentiel du secteur primaire (agriculture)
  • Population jeune (27 % de la population a moins de 14 ans)
  • Disponibilité d'une main-d'œuvre peu coûteuse
  • Membre de l’ASEAN

POINTS FAIBLES

  • Corruption hautement endémique et environnement des affaires défaillant (165/190 au classement Doing Business 2020)
  • Crise ethnique extrême en lien avec l’intolérance de la minorité musulmane rohingya par la majorité bouddhiste (135 groupes ethniques sont présents dans le pays, l’ethnie majoritaire bamar représente 68 % de la population)
  • Condamnation internationale de la discrimination à l'égard des minorités
  • Banque centrale inefficace
  • Manque de diversification et d'infrastructures (électricité, raffinage, éducation)
  • Secteur financier sous-développé
  • Pays très exposé aux catastrophes naturelles (tremblements de terre, cyclones, inondations, etc.)

Appréciation du risque

Une croissance très rapide

La croissance économique restera l'une des plus élevées de la région en 2020. Le secteur des services contribuera le plus fortement, le commerce de gros et la grande distribution profitant des réformes mises en place par le gouvernement. L’industrie, portée par le secteur manufacturier et la construction, contribuera aussi positivement. Si l’industrie textile est historiquement importante dans l’économie birmane, de nouvelles activités manufacturières à plus forte valeur ajoutée continueront à se développer, comme l’assemblage de machines agricoles et moteurs automobiles. La part de la croissance imputable au secteur manufacturier continuera ainsi d’augmenter, principalement grâce à la demande extérieure. Si les exportations seront exposées au risque de révocation de l'accès préférentiel au marché unique européen en réponse à la crise des Rohingya, elles bénéficieront de l'intensification des échanges avec la Chine. L’activité sera également stimulée par les investissements chinois en infrastructures dans le cadre du protocole d'accord signé sur le couloir économique Chine-Myanmar (CMEC). Le secteur agricole (bien que représentant un tiers du PIB) contribuera plus modérément à la croissance en raison d’une demande extérieure en berne (notamment de la Chine, premier partenaire commercial) et d’une faible productivité. Dans le même temps, les secteurs minier et touristique continueront de croître régulièrement, mais souffriront du manque d'infrastructures. L’inflation restera élevée à cause de la dépréciation du kyat et d’une consommation privée dynamique, poussée par les transferts des expatriés.

 

Un déficit courant croissant, les entrées d'IDE aussi

Le déficit budgétaire devrait rester stable, malgré l’augmentation des dépenses en infrastructures, nécessaires au respect de l’agenda de développement socio-économique du gouvernement. Les recettes proviendront principalement des ventes de biens et services par les entreprises d'État (bien que seulement 24 sur 32 soient bénéficiaires) et des impôts (taxe sur les biens et services vendus et impôt sur le revenu). Le financement du déficit par la banque centrale devrait passer en deçà de la cible fixée par le FMI à 30 % du financement total. Le niveau de la dette extérieure publique ou garantie par l'État restera soutenable (environ 20 % du PIB en 2019) et le risque associé est jugé faible par le FMI (dette majoritairement concessionnelle), qui met cependant en garde quant au trop faible niveau des réserves en devises de la banque centrale.

Le déficit courant devrait se creuser, principalement en raison de l’accroissement du déficit commercial lié aux importations de biens d’équipement et de matières premières destinés aux projets d'infrastructures financés par les IDE. Les exportations continueront d'augmenter, notamment vers la Chine, grâce au nouveau gazoduc (le gaz est le produit le plus exporté : 20 % des exportations totales) et à la filière textile. Le déficit des revenus devrait également augmenter en lien avec le rapatriement des bénéfices par les entreprises étrangères. Le déficit courant sera financé par les entrées d'IDE. La New Companies Law, votée en 2019, facilite l’accès au marché birman pour les non-résidents et devrait encourager les investissements étrangers. En outre, pour améliorer la résistance aux chocs extérieurs, les autorités ont poursuivi la libéralisation du taux de change, notamment en imposant, en février 2019, le taux de change du marché comme taux de référence pour tous les acteurs économiques.

 

Un traitement des minorités en contradiction avec les améliorations démocratiques

La junte militaire a été remplacée en 2011 par un gouvernement civil. Les premières élections législatives libres depuis 1990, organisées en 2015, ont vu la Ligue nationale pour la démocratie (LND) remporter la majorité. Aung San Suu Kyi, leader de la LND et Prix Nobel de la paix pour sa promotion de la démocratie, est devenue conseillère d'État, rôle qui lui a été conféré pour gouverner sans être présidente (la Constitution l'interdisant en raison de ses liens familiaux à l’étranger). Le président Win Myint, élu en 2018, est le premier sans formation militaire depuis plus de cinq décennies. Néanmoins, une partie substantielle du pouvoir reste aux mains de l’armée qui détient constitutionnellement un droit à 25 % des sièges au Parlement. Les prochaines élections législatives, prévues à l’automne 2020, devraient voir la LND rester majoritaire. Ces élections seront, cependant, plus disputées que celles de 2015, le PUSD (Parti de l’union, de la solidarité et du développement), qui représente les généraux, bénéficiant d’un soutien croissant de la population en raison de la crise des Rohingya. Depuis août 2017, la minorité musulmane rohingya, originaire du Bangladesh, qui n'a jamais obtenu la citoyenneté, est victime d'abus de l'armée. L’UNHCR estime que 10 000 personnes ont été tuées et plus de 740 000 ont trouvé refuge au Bangladesh. L'ONU qualifie cette situation d’« épuration ethnique ». Des sanctions économiques et politiques sont appliquées par l'UE, les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Australie. En 2018, la Birmanie a demandé le rapatriement des réfugiés suite aux pressions internationales, mais aucune mesure n'a été prise pour garantir leurs droits ni leur sécurité. Après une plainte pour génocide déposée à la CIJ par la Gambie, Aung San Suu Kyi y a été entendue en décembre et adopte une position ambiguë quant aux exactions commises par l’armée birmane. Parallèlement, le pays entretient de bonnes relations avec l’ASEAN et la Chine.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page
  • English
  • Français