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Ouzbékistan

Ouzbékistan

Population 33,3 millions
PIB par habitant 1 742 $US
B
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 5,4 5,6 1,0 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 17,5 14,5 13,0 10,7
Solde public / PIB (%)* -2,1 -3,9 -5,6 -3,5
Solde courant / PIB (%) -7,1 -5,6 -6,4 -7,4
Dette publique / PIB (%) 20,4 29,3 36,1 40,1

(e) : Estimation (p) : Prévision *Solde incluant les dépenses publiques hors budget financées par l’emprunt

POINTS FORTS

  • Économie plus résiliente que le reste de l’Asie centrale (plus diversifiée, moins sensible aux chocs externes)
  • Ressources naturelles abondantes (gaz, or, cuivre, potentiel hydroélectrique)
  • Population jeune (50% a moins de 30 ans)
  • Soutien financier international, position créditrice nette de l’État
  • Réformes économiques (libéralisation, privatisation, diversification), développement du crédit (42% du PIB, 30% au secteur privé) et investissements publics (électricité, transports, santé) favorisant les IDE
  • Relations bilatérales de plus en plus dynamiques et négociations pour conclure des accords commerciaux préférentiels avec des partenaires clés (Turquie, Singapour, Corée du Sud, etc.) et un accord de partenariat et de coopération renforcée avec l’Union européenne (UE)
  • Processus de négociation pour adhérer à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et membre observateur de l’Union économique eurasiatique (UEEA) depuis 2020
  • Amélioration des relations avec les pays d’Asie centrale, bonnes relations diplomatiques et position stratégique entre l’Europe, la Russie et la Chine

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance à la Russie et à la Chine (premiers partenaires commerciaux, destinataires de 80% des exportations de gaz)
  • Dépendance aux matières premières, aux conditions climatique pour l’agriculture (28% du PIB) et aux transferts des expatriés (15% du PIB)
  • Activité manufacturière encore limitée (16% du PIB)
  • Structures de marché encore faiblement concurrentielles (concentration élevée dans les secteurs clés) et, bien qu’en hausse, part faible du secteur privé dans l’économie (50% du PIB)
  • Chômage élevé, faible niveau de vie, population rurale importante et informalité encore largement répandue (58% des emplois)
  • Lenteur des progrès institutionnels (corruption, faiblesse du parlement, absence de réelle opposition) qui contraint l’environnement des affaires

Appréciation du risque

Une reprise portée par la demande interne et l’investissement

L’Ouzbékistan a enregistré en 2020 sa pire performance économique depuis 1995. Sa croissance est restée positive et devrait s’accélérer en 2021. Les restrictions de mi-mars à mi-mai 2020, puis de mi-juillet à mi-août, avec notamment la fermeture des frontières et des commerces non essentiels, ont fait augmenter le chômage et la pauvreté, déprimant la demande interne. La consommation privée (54% du PIB) et les services (44% du PIB) ont également été impactés par la baisse du tourisme (6% du PIB) et, du fait des récessions en Russie et au Kazakhstan, des transferts des expatriés. Le rebond de ces transferts depuis mai 2020 et la hausse des dépenses sociales pourraient relancer la demande interne en 2021. C’est dans cette perspective qu’un fonds anti-crise (2% du PIB) a été créé pour financer des transferts aux ménages, avec l’objectif de les pérenniser pour faire doubler la part des ménages recevant des prestations sociales (à 15%). Ils devraient augmenter les revenus de la population rurale (50% du total), par ailleurs bénéficiant de la bonne santé du secteur agricole qui, comme en 2020, devrait contribuer à la croissance. L’investissement (39,5% du PIB) devrait aussi porter la croissance, car bénéficiant du crédit et du retour des IDE dans les énergies fossiles et renouvelables. Celles-ci devraient être sensibles à la réforme du secteur de l’énergie engagée en 2020 pour le rendre plus compétitif, ainsi qu’au plan d’investissement public dans les infrastructures (6% du PIB) sur 2020-2022, comprenant l’énergie et les transports, qui dynamisera le secteur de la construction (10% du PIB).

La reprise de la demande interne devrait, avec la dépréciation lente mais continue du som et la hausse des prix alimentaires et de l’énergie, maintenir l’inflation élevée. Toutefois, le report de l’augmentation des tarifs des services publics devrait continuer à la faire baisser pour atteindre l’objectif de 5% d’ici 2023, permettant la baisse continue du taux directeur (14% en septembre 2020, objectif de 10% en 2021 et 5% en 2023). Bien que le taux moyen des prêts reste élevé (18%), l’essor du crédit au secteur privé devrait se poursuivre, tout en continuant à décélérer après sa forte croissance en 2018-2019. Ceci assurera la stabilité des banques, majoritairement publiques, exposées au risque de change, aux entreprises publiques (60% des prêts) et à une détérioration des actifs (2,6% de prêts non-performants).

Si la reprise de la demande externe bénéficierait à l’industrie, la contribution des échanges resterait négative et le déficit commercial se creuserait. La hausse des importations (37% du PIB), notamment de machines et équipements (31% du total) et de pétrole (4%), devrait être plus importante que celle des exportations (24% du PIB), fondée sur la bonne tenue de celles d’or (27,5% du total) et le rebond en valeur et en volume de celles de gaz (23%) vers la Russie et la Chine, de coton (9%) et de cuivre (5,5%).

 

Des finances publiques stables, bientôt allégées par les privatisations

Les mesures de soutien en 2020 ont creusé le déficit, qui devrait se réduire en 2021. Il a été largement financé par les emprunts concessionnels, dont 1,4 milliards USD (2,4% du PIB) auprès de la Banque asiatique de développement, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. Il a aussi été financé, après une première émission en 2019, par l’émission d’obligations (750 millions USD) libellées en som et en USD en novembre 2020. L’État devrait émettre une euro-obligation (700 millions USD) en 2021 et des obligations en som sur le marché domestique, servant de référence pour les entreprises et banques publiques qui font leur entrée sur les marchés en perspective de leur privatisation d’ici 2025. Le principe de la vente des participations de l’État (25% à 100% dans 612 entreprises publiques, dont 32 des plus grandes) a été adopté fin 2020. Un plan a aussi été adopté mi-2020 pour réduire le contrôle de l'État sur les actifs bancaires de 85% à 40%, en vendant ses participations dans six banques, dont deux des trois plus grandes. Ces plans devraient réduire le risque quasi-souverain qui pèse sur le ratio dette publique/PIB qui, bien qu’en hausse et libellé en devises, reste contracté à moyen et long terme et concessionnel.

Le déficit courant, dégradé avec la baisse des transferts des expatriés et un déficit commercial porté par les achats de biens d’équipement pour diversifier l’économie, devrait encore se détériorer en 2021 avec le rebond des importations. Il sera financé par les emprunts concessionnels, le retour des IDE et les émissions d’obligations. Les réserves de change restent confortables (13,9 milliards USD en octobre 2020, 6,7 mois de couverture d’importations), tout comme les réserves d’or (19,6 milliards USD). La dette externe, à 46,3% du PIB et à 74% publique, est à moyen et long terme.

 

Grandes réformes économiques mais petites réformes politiques

Le président Mirziyoyev, premier ministre pendant treize ans du président Karimov qui dirigeait le pays depuis 1991 et élu en septembre 2016 après sa mort, domine la scène politique. L’annonce mi-2020 d’une réforme électorale, prévoyant l’introduction d’une dose de proportionnelle au Parlement ou le possible avancement des élections présidentielles de décembre 2021 à mars, ne devrait pas faire émerger des élections libres et équitables. Les pouvoirs restent concentrés dans les mains du président et le Parlement composé de partis en sa faveur. Ces réformes cosmétiques contrastent avec les nombreuses réformes économiques pour attirer les investisseurs. C’est le cas de celle adoptée mi-2020, créant un panel de juges au sein de la Cour suprême chargé d’examiner les litiges avec de grands investisseurs et de leur garantir une plus grande sécurité juridique.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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