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Philippines

Philippines

Population 104,2 millions
PIB par habitant 2 927 $US
A4
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017 2018(p)
Croissance PIB (%) 6,1 6,9 6,8 6,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,4 1,8 3,2 4,5
Solde public / PIB (%) 0,6 -1,5 -2,0 -2,5
Solde courant / PIB (%) 2,5 0,2 -0,8 -1,5
Dette publique */ PIB (%) 44,8 42,8 41,2 41,0

 

* gouvernement central

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Population importante, jeune, qualifiée et maîtrisant l’anglais
  • Equilibre des comptes extérieurs
  • Provenance géographique et sectorielle diversifiée des transferts des travailleurs expatriés (10% du PIB).
  • Essor de la sous-traitance liée à l’externalisation des processus industriels (BPO).

POINTS FAIBLES

  • Faible niveau d’investissement : manque et vétusté des infrastructures.
  • Lacunes en termes de gouvernance : bureaucratie, corruption.
  • Fortes inégalités de revenus
  • Situation sécuritaire problématique dans les régions musulmanes du sud.
  • Strict secret bancaire et les casinos favorisant le blanchiment d’argent.

Appréciation du risque

La croissance devrait rester élevée

En 2018, l’économie devrait conserver son dynamisme, portée surtout par la demande domestique. La dépense des ménages (70% du PIB) en sera, de nouveau, le principal moteur, car les transferts des expatriés (10% du PIB en 2017), principalement aux Etats-Unis et dans les pays du Golfe, ont crû de 4,4% par rapport à l’année précédente au cours des cinq premiers mois de 2018 et devraient garder ce rythme de croissance. Cette croissance est en lien avec la dépréciation du peso et la création de l’Overseas Filipino Bank, qui ne prélèverait pas de commission. Cependant, l’économie subit également des pressions. Au vu de tensions inflationnistes fortes, dues principalement à la faiblesse du peso et aux réformes fiscales, la banque centrale a rehaussé ses taux de financement à un jour à deux reprises au cours de la première moitié de 2018 et devrait continuer sur cette voie jusqu’au début de 2019. L’investissement (25% du PIB) devrait être impacté négativement par l’augmentation des coûts de l’emprunt bien qu’il continuerait à croître modérément, principalement grâce aux investissements publics pour des projets d’infrastructure. Les infrastructures demeurant insuffisantes, le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’augmenter la dépense publique consacrée aux infrastructures pour la porter à 6% du PIB.

 

Les exportations, dont 70% sont destinées à l’Asie, ne contribueront pas à la croissance. Les composants électroniques (19% du total) ont réalisé une bonne performance, mais celle-ci n’a pas compensé la baisse de la demande en machinerie et équipements de transports, en huile de noix de coco et en or durant la première moitié de 2018. La détérioration des relations commerciales entre la Chine et les Etats-Unis aggravera les effets d’une demande externe faible puisque le pays est très exposé à la Chine via ses liens commerciaux. Cette tendance est renforcée par la demande interne et la dépréciation qui renchérissent la facture des importations. Les services, avec la sous-traitance de processus métier (« Business Outsourcing Process), le tourisme et le commerce resteront les premiers bénéficiaires.

 

La situation financière du pays se détériore

Le solde budgétaire devrait se détériorer en 2018 puisque l’augmentation des recettes ne sera pas suffisante pour compenser l’augmentation des dépenses. En 2018, une vaste réforme fiscale devrait augmenter les recettes avec la mise en place de droits d’accise sur l’essence, les produits automobiles, l’alcool et le tabac, l’élargissement de la base de la TVA et l’augmentation de l’imposition des hauts revenus. Pourtant, cette réforme ne suffira pas à couvrir la hausse des dépenses (hausse attendue de 12%) induites par les énormes investissements en infrastructure et en programmes sociaux de Duterte (vaccinations infantiles, aide aux familles pauvres, extension de la couverture d’assurance maladie, éducation primaire). De plus, des transferts supplémentaires devront être engagés pour compenser l’impact, sur les foyers à bas revenus, de la réforme fiscale et de l’accélération de l’inflation. Malgré l’augmentation des déséquilibres, la vigueur de la croissance devrait aider à contrôler la hausse du ratio de la dette publique sur le PIB. La plus grande partie de cette dette, environ 67%, est détenue par des créditeurs domestiques. 

La balance des paiements a présenté un déficit de USD 1,2 milliards durant le premier trimestre de 2018. La balance des paiements devrait continuer à se détériorer au cours du reste de l’année, à cause du creusement du déficit commercial et des sorties de capitaux de portefeuille. Le déficit commercial (supérieur à 10% du PIB) est causé par le dynamisme de la demande domestique et les importations d’intrants pour l’industrie, particulièrement la sous-traitance électronique et informatique. Les investissements étrangers augmentent mais restent limités, comparativement aux massifs transferts de fonds par les philippins à l’étranger. Cette timidité est, à la fois, la conséquence de restrictions aux flux d’investissements étrangers et des incertitudes politiques. Les pressions seront amorties par des niveaux adéquats de réserves de change, qui équivalent à neuf mois d’importations.

 

Les promesses présidentielles à l’épreuve de la réalité

Rodrigo Duterte a été élu à la présidence en mai 2016 pour 6 ans, succédant à Benigno Aquino. Son crédo est double : la loi et l’ordre, et la lutte contre les inégalités. Comme son prédécesseur, il vise la couverture santé universelle (93% actuellement) et l’éducation gratuite de la maternelle au premier cycle universitaire. La lutte contre le trafic de drogue, le piratage maritime et les mouvements terroristes islamistes (Abou Sayyaf et Maute) est l’autre priorité. Dans cette optique, le pays se rapproche des voisins indonésiens et malais. Les relations avec la Chine se sont beaucoup améliorées avec Mr Duterte, même si les tensions demeurent du fait des contentieux en mer de Chine méridionale. En novembre 2017, l’armée a mis fin à 6 mois de siège de Marawi sur l’île méridionale de Mindanao par des mouvements proches de l’Etat Islamiste, tuant au passage leurs chefs. De plus, le processus de paix avec le Front National de Libération de Moro (MNLF) et le Front Islamiste de Libération de Moro (MILF) qui ont longtemps combattu les forces gouvernementales sur Mindanao et dans le chapelet d’îles en direction de Bornéo progresse ; en août la loi organique de Bangsamoro a été signée en vue d’octroyer plus d’autonomie aux régions majoritairement musulmanes du Sud. Malgré des succès, la forte popularité du président s’est érodée (45% d’approbation mi 2018) suite aux exécutions extrajudiciaires commises par les forces de l’ordre dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue, aux accusations de corruption contre des proches du président, à la hausse de l’inflation et à des accusations de blasphème.

 

Dernière mise à jour : Septembre 2018

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