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Sénégal

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Population 16,3 millions
GDP per capita 1 446 $US
B
Country risk assessment
B
Business Climate
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Synthesis

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,4 5,3 -1,5 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,5 1,0 2,7 2,2
Solde public / PIB (%)* -3,6 -3,8 -6,0 -4,5
Solde courant / PIB (%) -8,8 -7,7 -9,0 -10,0
Dette publique / PIB (%) 63,2 64,1 68,0 68,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus

STRENGTHS

  •  Solides antécédents en matière de stabilité politique
  • Une économie relativement diversifiée
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux dans le cadre du Plan Sénégal émergent, notamment du FMI avec son Instrument de coordination de la politique économique
  • Appartenance à la zone monétaire d’Afrique de l’ouest (UEMOA)
  • Progrès en termes de climat des affaires (score moyen, sauf pour la résolution de l’insolvabilité) et de gouvernance (même si la corruption persiste)
  • Importantes réserves de pétrole et de gaz naturel au large des côtes, ainsi que de nombreux autres minéraux (or, phosphate, platinoïdes, fer, barytine…)
  • Démographie dynamique

WEAKNESSES

  • Croissance et exportations dépendantes des aléas climatiques et de l’évolution des cours des produits de base (arachide, coton, horticulture)
  • Importateur net d’énergie et de produits alimentaires
  • Insuffisances des infrastructures (énergie, transport)
  • Un endettement important
  • Pauvreté touchant la moitié de la population

Appréciation du risque

Rebond après la légère récession

En 2020, la crise de la COVID-19 a eu raison de la forte croissance enregistrée par le pays depuis plusieurs années. Même en l’absence d’un confinement strict, les mesures prises pour lutter contre le virus, mais aussi la chute de la demande extérieure, ont suffi pour provoquer une légère récession.

La reprise amorcée au second semestre 2020 devrait s’amplifier en 2021. L’agriculture (17% du PIB, mais 70% de la population active) sera le principal canal du rebond. Elle devrait profiter du retour à la normale (au moins d’une amélioration) dans les transports, dont la perturbation a été cause d’un mauvais écoulement de sa production et d’une entrave à l’accès aux intrants importés. L’accroissement des revenus agricoles qui en résultera aura un effet bénéfique sur la consommation des ménages (72% du PIB), justement relativement épargnée, du fait de la résistance de l’agriculture. Elle bénéficierait aussi d’une embellie du côté des transferts des expatriés (entre 10 et 15% du PIB en temps normal), malmenés du fait de la crise en Europe. Par contre, les ménages ne pourront pas compter sur une franche reprise du tourisme (8% du PIB et 9% des emplois). Le transport et l’hébergement resteront donc des secteurs en difficulté. L’investissement (25% du PIB) devrait aussi s’améliorer, sans encore rejoindre son niveau d’avant crise. Dans le gaz, le développement de la phase I du gisement partagé avec la Mauritanie de Grand Tortue Ahmeyim et de celui de Sangomar va retrouver un rythme normal après les retards occasionnés par la crise  . Dans le cadre de la phase II du Plan Sénégal émergent (2014-2035), le deuxième Plan d’actions prioritaires (PAP 2a), ajusté du fait de la crise, prévoit, d’ici 2023, de mettre l’accent sur la souveraineté alimentaire, sanitaire et pharmaceutique, sans pour autant renoncer au développement des énergies renouvelables, au tourisme, au transport et aux technologies de l’information et télécommunications. Les investissements publics, un temps gelés par la crise et ses urgences, vont donc redémarrer et devraient être largement abondés par les acteurs privés (ex : barrage hydroélectrique de Sambagalou), tant nationaux qu’étrangers. Enfin, le développement du secteur aurifère devrait se poursuivre. Les exportations (22% du PIB) profiteront de la normalisation dans les transports, mais aussi du rétablissement de la demande mondiale. Cela vaudra pour les produits pétroliers raffinés, l’or et les métaux rares, l’acide phosphorique, le poisson et les mollusques, l’arachide, et le ciment, mais pas vraiment pour le tourisme.

 

Des comptes empreints par la perspective des recettes gazières

Avec déjà un déficit public légèrement supérieur à la norme communautaire de l’UEMOA (3% du PIB), la pandémie a modérément aggravé la situation des comptes publics en 2020. La hausse des dépenses publiques dans le cadre du Plan de résilience (7% du PIB), malgré des coupes et le maintien des recettes grâce à l’augmentation de l’aide internationale, a entraîné le creusement du déficit et l’alourdissement de la dette, détenue à 80% par des créanciers étrangers, en grande partie officiels. Le déficit a été une fois de plus financé par l’aide, accrue, des bailleurs de fonds internationaux, ainsi que les émissions de dette régionale, tandis que la suspension du service de la dette au titre de l’initiative du G-20 (DSSI) permettait d’économiser l’équivalent de 0,6% du PIB. En 2021, le déficit devrait se replier, sans retrouver son niveau antérieur, du fait de la disparition des dépenses exceptionnelles, de la remontée des recettes domestiques et de la prolongation de l’initiative DSSI. Le risque associé à la dette, jugé jusqu’alors modéré, s’est accru du fait du décalage de la mise en exploitation des gisements gaziers de 2020 à 2023 et l’éloignement de la perspective des recettes supplémentaires.

L’important déficit courant est lié à celui de la balance des biens (supérieur à 10% du PIB) dû aux importations d’équipements nécessités par les projets, notamment gaziers. Les transferts des expatriés et des partenaires internationaux le tempèrent. Malgré l’aide d’urgence accordée par les institutions multilatérales, il devrait s’être légèrement accru en 2020 en lien avec la diminution des remises d’expatriés, des exportations et des recettes touristiques, seulement partiellement compensée par celle des importations de biens et services, due au ralentissement des grands projets et à la baisse du cours du pétrole. Du fait de la réduction des investissements directs étrangers (IDE : 4% du PIB en période normale), les partenaires multi et bilatéraux ont couvert une part plus importante que de coutume du déficit par leurs prêts-projets. En 2021, le déficit courant pourrait encore se creuser du fait de la reprise plus rapide des importations que celles des exportations, alors que le tourisme et les remises resteront convalescents. Cependant, les IDE accéléreront, facilitant son financement.

 

Une situation politique stable mais non-exempte de tensions

Le scrutin présidentiel de 2019 a reconduit Macky Sall pour un second mandat. Depuis 2017, il dispose d’une large majorité parlementaire (125 sièges sur 165) dans le cadre de la coalition Benno Bokk Yaakaar. Son deuxième gouvernement depuis sa réélection, constitué en novembre 2020, s’est ouvert à sept personnalités de l’opposition, dont son principal adversaire à la présidentielle, Idrissa Seck. A l’inverse, plusieurs poids lourds du parti présidentiel n’ont pas été reconduits. Le nouveau gouvernement sera confronté à la montée du mécontentement provoquée par la hausse du chômage et de la pauvreté, ainsi que les pertes de revenus. Dès avant la crise, le pays a connu de nombreuses grèves de la fonction publique.

 

Dernière mise à jour : Mars 2021

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