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Sierra Leone

Sierra Leone

Population 6,4 millions
PIB par habitant 577 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016(e) 2017(e) 2018(p)
Croissance PIB (%) -20,5 6,3 3,7 3,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,7 10,8 18,3 15,9
Solde public* / PIB (%) -4,6 -7,3 -8,4 -5,1
Solde courant / PIB (%) -17,5 -19,9 -24,8 -24,6
Dette publique / PIB (%) 44,3 55,9 60,8 63,7

*avec dons   (e) : estimation  (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (fer, diamant, rutile, or)
  • Production de café, riz, cacao
  • Potentiel touristique
  • Soutien financier international
  • Une activité portuaire importante amenée à se développer

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux conditions climatiques
  • Forte dépendance aux cours des matières premières
  • Corruption, droits de propriété insuffisamment protégés
  • Risque de résurgence de l’épidémie de virus Ebola
  • Infrastructures insuffisantes, défaillance du système de santé
  • Difficultés d’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises
  • Extrême pauvreté, chômage important

Appréciation du risque

Une reprise post-Ebola entravée

Après une année 2017 marquée par un recul de la croissance, consécutif à l’envol de l’inflation et à la reprise modérée de l’extraction du minerai de fer, la croissance devrait stagner en 2018. L’activité des industries extractives sera notamment contrainte par la fermeture temporaire de la mine de fer Tonkolili, la plus importante du pays. Celle-ci fait suite aux coûts élevés de production et à la faible qualité du minerai de fer produit, dont le cours est orienté à la baisse. En revanche, même si les sites de Tongo et Tonguma ne devraient pas commencer à produire en 2018, la production de diamant devrait rebondir après avoir été divisée par deux en 2017. Ces performances contrastées dans le secteur minier devraient se traduire par une contribution restreinte du secteur secondaire à la croissance qui continue de souffrir des contraintes d’approvisionnement en électricité et de l’environnement des affaires défavorable. Par ailleurs, à la faveur de conditions météorologiques clémentes, le secteur primaire, et notamment l’agriculture, devrait poursuivre sa reprise, tandis que le redémarrage des activités de tourisme devrait soutenir le secteur tertiaire.

 

Néanmoins, ce dernier devrait pâtir de l’inflation encore élevée qui continuera d’être un frein à la consommation des ménages, et, plus particulièrement, pour les plus de 70% de sierra léonais vivant avec moins de 1 dollar par jour. Alimentée par les dépréciations du leone, fin 2016 et début 2017, et l’augmentation des prix du carburant à la pompe, l’inflation continuera à peser sur les perspectives de croissance 2018, d’autant plus que les dernières subventions au carburant et au riz ont été éliminées.

 
Une consolidation budgétaire retardée gèle l’aide internationale

En avril 2017, la Sierra Leone s’était engagée à mettre en place un certain nombre de réformes dans le cadre d’un programme triennal avec le FMI. En échange d’une ligne de crédit de 224 millions de dollars, le pays devait réduire son déficit budgétaire de manière à atteindre un déficit primaire de 2% du PIB en 2021 (4% en 2017). Cependant, le pays n’a pas respecté ses engagements relatifs au montant de ses dépenses publiques, ce qui a provoqué un creusement du déficit budgétaire en 2017. En conséquence, la première tranche d’aide du FMI n’a pas été versée et l’arrivée d’aides extérieures venant d’autres donateurs a également été reportée. Toutefois, des négociations entre le nouveau gouvernement de Julius Maada Bio, élu en mars 2018, et le FMI pourraient aboutir à un nouveau programme en septembre 2018. Dans un budget rectificatif, le gouvernement a signalé que l’effort se concentrerait sur le renforcement des recettes pour réduire le déficit : l’élimination des niches fiscales, l’application d’une redevance minière sur la base des prix du marché ou encore l’introduction d’un droit d’accise de 20% sur les véhicules de luxe y participeront. Ces mesures étaient déjà incluses dans le projet de loi de finance soumis au parlement en 2017 qui visait plus globalement à améliorer l’efficacité de la perception de l’impôt, mais elles ont connu des retards dans leur application. Le pays s’est également engagé à garder les dépenses courantes sous contrôle en freinant, notamment, l’évolution de la masse salariale du secteur public. L’impopulaire libéralisation des prix du carburant à la pompe, promise à l’occasion du précédent accord signé avec le FMI, a été également mise en œuvre.

Le compte courant, principalement grevé par un large déficit commercial, se stabilisera en 2018. En effet, les exportations et les importations devraient diminuer dans les mêmes proportions, alors que la balance des transferts se maintiendra, affichant de nouveau un excédent important.

 
Alternance politique à la tête du pays

Le 31 mars 2018, Julius Maada Bio a été élu président de la république de Sierra Leone, signe de la volonté d’un renouvellement politique. En effet, le candidat du Sierra Leone People’s Party (SLPP) succède à Ernest Bai Koroma (All People’s Congress- APC), qui s’est retiré après ses deux mandats constitutionnels. Ancien militaire, J.Maada Bio a déjà occupé le pouvoir en tant que vice-président après un coup d’Etat en 1996. Désormais président, il affiche pour priorité l’accès à l’éducation ainsi que la lutte contre la corruption. Cependant, il devra notamment faire face au défi de la collaboration avec l’APC, qui a remporté la majorité des sièges au Parlement lors des élections législatives également organisées en mars. Ces deux élections se sont tenues dans un climat relativement paisible au sein d’un pays où pauvreté, chômage et corruption restent largement répandus et offrent matière à frustration sociale. La libéralisation des prix du carburant, mise en œuvre par le nouveau président, a, par exemple, provoqué une vague de manifestation dans un pays qui compte parmi les plus pauvres du continent.

La pauvreté s’explique, notamment, par un environnement des affaires déficient qui demeure un frein à l’investissement et à la création d’emploi. Ces dernières années, les réformes structurelles et de gouvernance ont tardé à se matérialiser. En conséquence, la Sierra Leone a dégringolé au 160èmerang dans le classement Doing Business 2018 (sur 190 pays), soit un recul de 12 places.

 

Dernière mise à jour : Août 2018

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