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Soudan

Soudan

Population 42,0 millions
PIB par habitant 817 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 1,7 -2,3 -2,6 -1,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 32,0 64,8 49,6 58,3
Solde public / PIB (%) -6,6 -4,3 -8,6 -9,1
Solde courant / PIB (%) -3,9 -6,3 -9,5 -10,2
Dette publique / PIB (%) 122,8 91,2 166,2 184,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources agricoles (terres arables étendues) et minières (or et pétrole) inexploitées
  • Position stratégique entre le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest
  • Allègement des sanctions imposées par les États-Unis en 1997
  • Relative stabilisation des relations diplomatiques avec le Soudan du Sud (cessez-le-feu signé en 2018)
  • Processus de transition démocratique en cours, salué par la communauté internationale

POINTS FAIBLES

  • Dette extérieure non viable (60 milliards USD, dont partie importante en arriérés)
  • Manque d’investissements dans les infrastructures
  • Lacunes importantes en termes d’environnement des affaires et de gouvernance ; corruption endémique (172e sur 180 du Corruption Perceptions Index 2018 de Transparency International)
  • Pénurie de devises et mauvaise santé du système bancaire
  • Persistance de l’insécurité personnelle et alimentaire
  • Niveau élevé du chômage (notamment des jeunes) et de la pauvreté
  • Revendications d’appartenance au Soudan du Sud dans les régions pétrolifères du Sud et tensions dans la région pétrolifère du Darfour
  • Appartenance à la liste américaine d’États soutenant le terrorisme

Appréciation du risque

La récession se poursuit

Après, déjà, deux ans de récession, la croissance devrait rester négative en 2020. D’importants déséquilibres, liés à la perte des trois quarts des exportations pétrolières, suite à l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, continuent de peser sur l’économie. L’investissement privé sera entravé par le manque d’intégration au commerce international, le risque de change élevé, l’instabilité politique et la faiblesse de l’environnement des affaires (171e au classement Doing Business 2020). Le déficit infrastructurel et la fourniture peu fiable d’électricité continueront de limiter le développement du secteur privé. Le délabrement des finances publiques devrait peser sur l’investissement public. L’inflation restera forte, entretenue par la monétisation du déficit budgétaire et la poursuite de la dévaluation de la livre soudanaise. Elle continuera de peser sur la consommation privée, qui représente 80 % du PIB. Le secteur pétrolier (un quart des exportations en 2018) poursuivra son déclin, après que les entreprises China National Petroleum, Petronas (Malaisie) et ONGC Videsh (Inde) ont quitté le pays en août 2019, ne recevant pas les dividendes dus par le gouvernement depuis 2011. Néanmoins, s’il aboutit, le cycle d’octroi de licences d’exploitation qui aura lieu courant 2020, pourrait revivifier l’activité du secteur. La production aurifère devrait porter le secteur minier (deuxième producteur d’or d’Afrique), bien que sa productivité soit insuffisante, l’exploitation artisanale représentant 80 % de la production. L’économie du pays continuera de dépendre du secteur agricole (30 % du PIB et 80 % de l’emploi), qui souffre de faibles rendements à cause du manque d’investissements.

 

Situation économique difficile

Les recettes budgétaires (moins de 6 % du PIB) diminueront, contraintes par la pauvreté et la récession, ainsi que par l’inefficacité de l’administration fiscale. Les recettes pétrolières, principale source de revenu, pourraient être fortement réduites par la renégociation (à la baisse) des redevances payées par le Soudan du Sud pour l’utilisation des installations pétrolières soudanaises. Les dépenses restant élevées, notamment en raison du maintien des subventions sur le blé et le carburant au moins jusqu’en juin 2020, le déficit budgétaire augmentera. En l’absence d’accès aux marchés financiers internationaux, le gouvernement poursuivra sa monétisation. La lourde dette publique sera accrue par de nouvelles dévaluations, une grande partie étant libellée en dollars.

 

Le massif déficit courant devrait augmenter. Les exportations, composées pour un quart de pétrole brut, pâtiront de la baisse des cours et de la production. La contrebande érode une partie conséquente des recettes des exportations aurifères (25 % du commerce). Néanmoins, après la sévère contraction de 2019, due à l’arrêt de l’activité pendant les manifestations, les exportations du pays devraient croître. Les importations, principalement constituées de biens de première nécessité, augmenteraient avec la relative stabilisation politique et les rares investissements. L’importante dette publique, essentiellement extérieure et composée d’arriérés, induit des paiements d’intérêts élevés. Malgré les efforts du gouvernement pour attirer les IDE, ils resteront trop rares pour financer le déficit courant. Le niveau des réserves de change étant déjà faible, l’aide financière internationale sera nécessaire. En outre, le gouvernement concentrerait ses efforts sur la réduction de l’écart entre le taux de change officiel (ancré au dollar) et celui du marché noir, annonçant de nouvelles dévaluations.

 

Transition politique et institutionnelle fragile

Après 30 ans au pouvoir, Omar al-Bachir a été destitué et arrêté par l’armée en avril 2019 suite au soulèvement populaire déclenché, en décembre 2018, par l’augmentation du prix du pain. Le Conseil militaire de transition alors mis en place a été remplacé, après des négociations entre militaires et représentants civils, par un Conseil souverain à majorité civile, mais présidé par un général jusqu’en 2021. Le Conseil des ministres, organe exécutif du régime de transition dirigé par l’économiste Abdallah Hamdock, a la lourde tâche de mettre fin aux guerres internes, construire la paix et trouver des solutions durables aux questions économiques et politiques urgentes. La nomination d’une Assemblée législative constituante est la prochaine étape du processus de transition, avant la tenue d’élections générales en 2022. Cependant, les défis sont de taille, et, malgré l’instauration d’un cessez-le-feu en octobre 2019, les revendications d’appartenance au Soudan du Sud dans les régions du Sud-Kordofan et du Nil Bleu, et la marginalisation des minorités ethniques au Darfour, devraient encore générer des conflits.

 

Après la levée en 2017 de la quasi-totalité des sanctions à l’encontre du Soudan par les USA, le pays demeure, néanmoins, sur leur liste d’États soutenant le terrorisme. En plus de freiner les investisseurs étrangers, l’appartenance à cette liste bloque l’octroi de prêts par les institutions internationales et rend le pays inéligible à un allègement de dette. Les pays du Golfe (Émirats arabes unis et Arabie saoudite) soutiennent, néanmoins, le pays via des aides humanitaires (carburant, blé) et des prêts, largement concessionnels, afin que le gouvernement puisse faire face aux importations et à la pénurie de devises. Cependant, ce financement « d’urgence » n’offre pas de résolution à la crise économique qui accable le pays, et qui est absolument nécessaire à la réussite de la transition démocratique.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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