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Soudan

Soudan

Population 39,6 millions
PIB par habitant 2 304 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 3,0 3,5 3,2 0,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 16,9 17,8 32,6 59,0
Solde public / PIB (%) -1,7 -1,6 -1,4 -3,1
Solde courant/ PIB (%) -10,2 -8,9 -5,5 -6,2
Dette publique / PIB (%) 116,9 91,4 126,0 176,5

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Position stratégique entre le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest
  • Allègement des sanctions imposées par les Etats-Unis en 1997
  • Relative stabilisation des relations diplomatiques avec le Soudan du Sud via l’accord pétrolier
  • Effort d’ajustement budgétaire entrepris dans le cadre d’un suivi assuré par le FMI

POINTS FAIBLES

  • Dette extérieure non viable
  • Manque d’investissements dans les infrastructures
  • Lacunes importantes en termes d’environnement des affaires et de gouvernance
  • Persistance de l’insécurité personnelle et alimentaire
  • Niveau élevé du chômage (notamment des jeunes) et de la pauvreté
  • Activité réduite au Soudan du Sud qui réduit les débouchés des productions soudanaises
  • Revendications d’appartenance au Soudan du Sud dans les régions pétrolifères du Sud et tensions dans la région pétrolifère du Darfour

Appréciation du risque

Une croissance atrophiée par les mesures d’austérité et l’alarmante progression de l’inflation

Depuis le choc de l’indépendance du Soudan du Sud en 2011, des efforts ont été réalisés pour retrouver la stabilité macro-économique et restaurer la croissance. Néanmoins, d’importants déséquilibres, liés à la perte des trois quarts des exportations pétrolières suite à la sécession (et des recettes budgétaires correspondantes), continuent à peser sur les perspectives de croissance, au même titre que la faiblesse de l’environnement des affaires, le manque de flexibilité du taux de change, le surendettement, les conflits ethniques armés et le manque d’intégration au commerce international.

Ces faiblesses structurelles continueront d’être un frein à l’investissement privé et, plus généralement, à la croissance en 2018, malgré la levée de la quasi-totalité des sanctions américaines en octobre 2017.  A plus long-terme, celle-ci pourrait favoriser la diversification de l’économie et la croissance, à travers, notamment, la reprise des transactions financières internationales, permettant d’alléger la pression sur les banques, une relance des IDE et des transferts de technologie. En 2018, malgré des conditions climatiques correctes qui bénéficieront au secteur agricole, la croissance devrait même marquer le pas. La hausse de l’inflation, imputable au retrait de nombreuses subventions (à l’énergie et au blé, notamment), à l’effet de transmission de la dépréciation de la livre soudanaise (dévaluée en janvier et février 2018) sur les prix et à la remontée des cours du pétrole (le pays est importateur net de produits pétroliers malgré une production de brut excédentaire), pèsera sur la consommation privée, qui représente près de 80 % du PIB. De plus, les mesures d’austérité visant à contenir le déficit budgétaire devraient limiter l’investissement et la consommation publics.  La  principale contribution positive à la croissance devrait venir d’une modeste croissance du PIB pétrolier, qui devrait profiter de la remontée du prix du baril.

 

Des déficits jumeaux qui se creusent

 

Après trois années  de stabilisation, le déficit budgétaire se creusera en 2018. En effet, malgré les efforts entrepris par le gouvernement pour contenir les dépenses courantes, la timidité de la croissance  viendra peser sur les recettes fiscales, qui seront  plus faibles que prévu. Par conséquent, le déficit public restera à un niveau qui nécessite le recours aux financements de la banque centrale, une méthode de financement qui favorise l’inflation.

Les ratios de dette publique et extérieure sont élevés et la majeure partie de la dette extérieure est en arriérés. Du fait de la quasi fermeture de l’accès aux marchés internationaux, le pays doit recourir aux financements sous forme de dons et de prêts concessionnels et continuer à œuvrer pour un allègement de dette dans le cadre de l’initiative PPTE. Ces recours devraient être facilités par la levée  des sanctions.

En 2018, le déficit courant repartira à la hausse, malgré la dépréciation du taux de change qui devait favoriser la baisse des importations et la croissance des exportations non pétrolières (bétail et sésame). La levée des sanctions américaines aurait également dû stimuler ces exportations. Néanmoins, au premier trimestre 2018, le pays a enregistré une baisse de ses exportations par rapport au premier trimestre de l’année précédente. Le retrait de ces sanctions devrait, malgré tout, permettre une multiplication des partenariats commerciaux. Le pays a, ainsi, conclu des accords de coopération économique avec la Russie et Turquie quelques mois après la décision des Etats-Unis.  Cependant, les investissements étrangers ne suffiront pas à financer le déficit: des aides étrangères substantielles sont nécessaires pour éviter une baisse des réserves de change, lesquelles sont déjà à un bas niveau (environ 1,5 mois d’importations). Une plus grande flexibilisation de la livre soudanaise attirerait ces investissements.

 

Un contexte politique très difficile

 

Relevant des progrès en matière de lutte contre le terrorisme et de gestion des conflits internes, les Etats-Unis ont levé la quasi-totalité des sanctions établies en 1997, mais ont maintenu le Soudan sur leur liste noire du terrorisme, ainsi que les sanctions relatives aux violations des Droits de l’Homme dans la région du Darfour.

Arrivé au pouvoir après le coup d’Etat de 1989, le président Omar Al-Béchir est bien placé pour remporter les élections de 2020, malgré le mécontentement de la population soudanaise à son égard. L’opposition demeure en effet fragmentée et manque d’organisation pour présenter une alternative crédible. Début 2017, le président a rétabli la fonction de premier ministre, poste absent depuis le coup d’Etat, et formé un nouveau gouvernement suite à un dialogue national pour le « consensus ». Ces démonstrations de rééquilibrage dans la distribution du pouvoir n’ont cependant pas été convaincantes et les tensions sociales persistent en 2018, alimentées par les mesures d’austérité, comme la réduction des subventions, ainsi que par l’échec du régime à endiguer la hausse des prix.

L’enjeu économique commun lié à la production et à l’acheminement du pétrole a conduit le Soudan et le Soudan du Sud à coopérer. Le 12 septembre 2018, avec la médiation du Soudan, un accord de paix entre le gouvernement sud-soudanais et les rebelles a été signé. S’il est respecté, cet accord devrait favoriser la production pétrolière du Sud Soudan et, par ce biais, bénéficier à l’économie soudanaise. Néanmoins, des conflits armés subsistent dans les régions soudanaises du Sud-Kordofan et du Nil Bleu où les différences ethniques donnent lieu à des revendications populaires d’appartenance au Soudan du Sud. Dans la région du Darfour, la question de la marginalisation économique et sociale des minorités ethniques génère également  des tensions. Des déclarations unilatérales de cessez-le-feu du gouvernement soudanais ont permis, depuis 2016, de réduire l’insécurité nationale et l’ampleur des déplacements de populations liés à ces conflits.

 

Dernière mise à jour : Septembre 2018

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