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Soudan

Soudan

Population 43,2 millions
PIB par habitant 772 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) -2,3 -2,5 -8,3 0,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 73,0 50,4 105,2 72,8
Solde public / PIB (%) -3,8 -6,2 -9,9 -7,6
Solde courant / PIB (%) -13,1 -15,1 -12,7 -10,7
Dette publique / PIB (%) 186,7 201,6 259,4 250,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Ressources agricoles (terres arables étendues) et minières (or et pétrole) inexploitées
  • Position stratégique entre le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest
  • Allègement des sanctions imposées par les États-Unis en 1997
  • Amélioration des relations diplomatiques avec le Soudan du Sud (cessez-le-feu signé en 2018)
  • Processus de transition démocratique en cours, salué par la communauté internationale
  • Suppression de la liste américaine des États soutenant le terrorisme

POINTS FAIBLES

  • Dette extérieure non viable (60 milliards USD, dont part importante en arriérés)
  • Interdiction d’accès aux financements du FMI mais mise en œuvre d’un programme de réformes en partenariat avec l’institution depuis juin 2020
  • Manque d’investissements dans les infrastructures
  • Lacunes importantes en termes d’environnement des affaires et de gouvernance ; corruption endémique (173e sur 198 du Corruption Perception Index 2019 de Transparency International)
  • Pénurie de devises et écart considérable entre le taux de change officiel et celui du marché noir
  • Mauvaise santé du système bancaire et faible indépendance de la banque centrale
  • Persistance de l’insécurité personnelle et alimentaire
  • Niveau élevé du chômage (notamment des jeunes) et de la pauvreté

Appréciation du risque

Lente et incertaine sortie de crise

En 2020, le Soudan a vu la récession s’accentuer. Aux maux habituels se sont ajoutées la crise sanitaire, ainsi qu’une infestation de criquets et des inondations nuisant à sa production agricole. Le pays ne devrait se remettre que très difficilement de cette situation, avec une croissance très faible en 2021. La consommation privée, qui représente 70% au PIB, a chuté en 2020 (-8,3%) et continuera à diminuer en 2021, car l’inflation galopante et les conflits internes perturbent la capacité des ménages à maintenir leur niveau de revenus. L’investissement privé a aussi chuté en 2020 et ne pourra être suppléé par l’investissement public en raison du délabrement des finances publiques. Néanmoins, à moyen-terme, un retour des IDE dans les activités extractives pourrait intervenir. L’économie souffre de l’hyperinflation, entretenue par la monétisation du déficit budgétaire, et cause de dévaluations récurrentes de la livre soudanaise, ainsi que de la faible productivité agricole. La pénurie de devises intensifie les pressions à la baisse sur le taux de change officiel, largement surévalué, et dont l’écart avec le taux parallèle a augmenté pour atteindre un rapport d’un à trois.

L’économie dépend fortement du secteur agricole (80% de l’emploi et 30% du PIB). Sa production, a chuté de 5% en 2020 et devrait croître de seulement 1% en 2021. Le secteur primaire a aussi été affecté par la baisse du prix du pétrole, quand bien même la hausse des cours attendue en 2021 pourra le revivifier. Il sera toutefois soutenu par la production aurifère du pays, portée par le cours de l’or, mais pénalisée par une productivité insuffisante et de la contrebande. Enfin, les services, en fort déclin en 2020 suite au confinement mis en œuvre (-11%), croîtraient très légèrement en 2021 (+0,5%). Ces évolutions sectorielles ont affecté négativement les échanges extérieurs, 80% des exportations du pays dépendant du secteur primaire (pétrole, or et agriculture notamment).

 

Situation budgétaire et extérieure périlleuse

Les recettes budgétaires, qui représentaient 6,8% du PIB en 2020, soit un des taux les plus faibles au monde, ont été réduites suite à la crise. Cette situation, couplée à une hausse des dépenses publiques (estimée à 1% par rapport à 2019), a creusé encore davantage le déjà profond déficit public. L’endettement extrême du Soudan s’est alors aggravé, mais devrait se stabiliser en 2021. Par ailleurs, la dette publique étant externe et libellée en monnaie étrangère à près de 90%, elle s’accroît avec les dévaluations successives. Toutefois, avec le retrait du Soudan de la liste américaine des pays soutenant le terrorisme, les finances publiques devraient bénéficier d’une aide budgétaire internationale sous forme d’une participation au Programme de soutien aux familles qui compensera la suppression des subventions (12% du PIB) visant à mieux cibler les aides.

Le déficit courant massif s’est amélioré en 2020 grâce à une diminution du déficit commercial. Celle-ci s’explique par un recul des importations (céréales, sucre, biens d’équipement) supérieur à celui des exportations, causé par la baisse de la demande intérieure, mais source de nombreuses pénuries de biens de première nécessité traditionnellement importés. Cette réduction du déficit courant perdurerait en 2021. Par ailleurs, l’importante dette publique, essentiellement extérieure et composée d’arriérés à 90%, génère des intérêts s’ajoutant aux arriérés. Malgré les efforts du gouvernement pour les attirer, les IDE resteront trop rares pour financer le déficit courant. Les réserves de change étant très faibles (0,3 mois d’importations), l’aide financière internationale sera donc encore indispensable. Au titre des 1,8 milliard de dollars promis en juin 2020 par le Groupe des Amis du Soudan (55 pays et organisations internationales), le Soudan a bénéficié en octobre 2020 d’une aide humanitaire et du financement de projets de développement à hauteur de USD 370 millions de la part de la Banque mondiale et de l’Union européenne, ainsi que de 555 millions d’euros des Émirats Arabes Unis. Le pays n’a néanmoins toujours pas accès aux ressources du FMI depuis 1984 en raison de ses arriérés, mais il a pu signer en juin 2020 un programme de réformes avec l’institution, dont l’exécution dépendra de l’aide internationale et d’un allègement de la dette.

 

Situation interne fragile, situation diplomatique en progrès

Après 30 ans au pouvoir, Omar al-Bachir a été destitué et arrêté par l’armée en avril 2019, suite au soulèvement populaire déclenché en décembre 2018. La mise en place du Conseil Souverain en août 2019 et la formation d'un nouveau gouvernement intérimaire en septembre, ont inauguré une période de plus grande stabilité pour le pays. Ce gouvernement mixte, tiraillés entre les intérêts des civils et des militaires, est dirigé par le Général Abdel Fattah al-Burhan jusqu’en 2021 puis sera ensuite conduit par un civil. Plusieurs organisations locales s’opposent traditionnellement au gouvernement mais, en octobre 2020, un accord de paix historique entre ces dernières et le gouvernement a été signé et devrait mettre fin à 17 ans de conflits meurtriers.

Les relations extérieures se sont améliorées en 2020. Même si des sanctions envers des personnes morales ou physiques devraient perdurer, les Etats-Unis ont retiré le Soudan de la liste des Etats soutenant le terrorisme après que celui-ci a accepté de verser 335 millions de dollars aux victimes américaines d’attaques terroristes imputées au Soudan. Par ailleurs, pour pacifier ses relations avec les États-Unis, le Soudan a signé un accord de normalisation avec Israël en janvier 2021 et a obtenu en échange une aide financière de plus d'un milliard de dollars de la part des Etats-Unis.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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