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Tchad

Tchad

Population 12,5 millions
PIB par habitant 885 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -5,6 -2,4 3,0 4,8
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,9 4,0 3,0 3,0
Solde public * / PIB (%) -0,9 1,9 0,0 2,3
Solde courant / PIB (%) -6,6 -3,4 -6,5 -5,9
Dette publique / PIB (%) 49,7 48,2 43,8 39,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Exploitation de nouveaux gisements pétroliers
  • Potentiel de développement du secteur agricole

POINTS FAIBLES

  • Taux de pauvreté très élevé (40 % de la population en 2019/World Bank)
  • Dépendance excessive à l’égard du pétrole (environ 25 % du PIB et 75 % des exports)
  • Climat des affaires défavorable à l’éclosion du secteur privé et corruption élevée
  • Enclavement géographique
  • Dégradation des conditions de sécurité, tant au niveau national que des pays voisins (rôle de Boko Haram)
  • Assèchement inquiétant du lac Tchad, avec des effets négatifs sur le coton, la pêche et l’environnement

Appréciation du risque

Une accélération de la croissance

La croissance devrait connaître une accélération en 2020, grâce à l’augmentation attendue de la production pétrolière qui stimulera l’investissement et les exportations, malgré des prix du pétrole qui s’affaibliraient. En conséquence, la progression du PIB pétrolier devrait progresser nettement. En outre, la privatisation de CotonTchad (ex-entreprise publique cotonnière) pourrait permettre d’accroître la production de cotons-graines. Cela améliorera sensiblement la contribution du secteur agricole à la croissance du PIB (non pétrolier), toujours faible, par les canaux de la consommation privée (75 % de la population active travaille dans l’agriculture et 85 % de la population totale en dépend) et de l’exportation, qui devrait connaître une troisième année d’expansion. Souhaitant profiter de cette conjoncture positive, ainsi que du dégagement d’une marge budgétaire plus importante (grâce au rééchelonnement, en 2018, de la dette due à Glencore), pour exploiter au maximum son potentiel en diversifiant son économie, le pays a décidé, à travers le Plan quinquennal de développement (2017/2021), d’investir dans la création de dix agropoles impliquant le secteur privé pour développer l’agriculture et l’élevage. Ce plan comprend aussi des programmes de zones franches industrielles destinées à l’installation d’activités commerciales et logistiques d’approvisionnement.

 

Le rééchelonnement de la dette et l’aide financière du FMI allègent la pression budgétaire

Pour la troisième année consécutive, le solde public ne sera pas déficitaire en 2020, permettant encore d’alléger la dette, malgré un budget défense très élevé (30 % du budget). Les recettes pétrolières devraient augmenter, profitant des nouvelles technologies d’extraction et de la hausse de la production avec, notamment, la mise en exploitation de nouveaux gisements, dont celui sur-le-champ Daniela qui devrait porter la production à 45,2 millions de barils par an. Ces revenus, qui étaient, jusqu’à présent, utilisés à 90 % pour payer le service de la dette due à Glencore (USD 1,36 milliard, soit 15 % de la dette totale), pourront être utilisés pour financer l’investissement et réduire la dette, suite au rééchelonnement de cette dette obtenu début 2018. Le FMI, rassuré par l’assouplissement de la pression, a décidé, de débloquer une nouvelle tranche de la Facilité élargie de crédit négociée en 2017. En contrepartie, il a été demandé au gouvernement de poursuivre les réformes budgétaires, avec, notamment, une meilleure gestion de la masse salariale, ce qui a eu pour conséquence la cession de CotonTchad en avril 2018.

Le déficit courant devrait s’alléger légèrement. La balance commerciale est structurellement légèrement positive (grâce à l’exportation de pétrole, de bétail et de coton), mais s’affaiblira en raison de plusieurs projets d'investissement dans le secteur pétrolier qui devraient accroître les importations de biens d'équipement. Cet excédent est largement contrebalancé par le déficit des services (notamment pétroliers) qui tend vers les 20 % du PIB. L’amélioration du solde courant devrait être soutenue par le maintien à un niveau élevé des transferts (6 % du PIB en 2018) effectués par les expatriés et par l’effet positif du rééchelonnement de la dette. Le financement de ce déficit devrait être assuré par la bonne tenue des IDE (4 % du PIB). Les réserves en devises, même en augmentation, resteront à un niveau moyen (environ 4,2 mois d’importations).

La vulnérabilité du secteur bancaire demeurera élevée, du fait du lien étroit entre les banques et l'État, mais aussi de l’atonie du secteur non pétrolier. Le crédit (8,2 % du PIB en 2018) reste peu développé et les créances douteuses atteignent 31,4 %.

 

Les élections législatives toujours incertaines

Arrivé au pouvoir en décembre 1990, le président Idriss Déby Itno a été réélu en avril 2016. À l’approche des élections présidentielles de 2021, les tensions politiques continuent de se cristalliser autour de la question de l’organisation des élections législatives. Initialement prévues en 2015, celles-ci ont été reportées à de multiples reprises. Malgré une date fixée au 9 août 2020, les partis d’opposition continuent de dénoncer une impasse politique, estimant qu’il sera difficile d’organiser le scrutin pendant la saison des pluies.

La situation sociale et sécuritaire reste extrêmement fragile. En août 2019, des affrontements entre agriculteurs et éleveurs ont fait au moins une cinquantaine de victimes dans l’Est du pays, laissant craindre un conflit interethnique. Dans le bassin du lac Tchad, le groupe terroriste Boko Haram reste très actif, malgré les différentes opérations militaires conjointes avec les armées camerounaises, nigérianes et nigériennes. À la frontière libyenne, au Nord-Est, une colonne de rebelles armés basés en Lybie (Union des forces de la résistance) a été stoppée dans son incursion par l’aviation française. Ces exactions provoquent des mouvements internes de population qui viennent s’ajouter aux arrivées de migrants des pays environnants (Soudan, République Centrafricaine) en conflit. Le pays a donc décidé de jouer un rôle important dans la lutte contre le terrorisme en prenant part à la force G5 Sahel et en faisant de l’insécurité un thème central de sa présidence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) de 2017 à 2022.

Malgré la mise en place d’un Conseil présidentiel pour le climat des affaires dirigé par le président de la République, la situation sociale et sécuritaire, les carences en matière d’électricité, d’internet et de télécom, le recours au gré à gré dans l’attribution des marchés publics, entre autres, pèsent considérablement sur l’environnement des affaires, le pays se classant 181e sur 190 au Doing Business 2018.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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