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Ethiopie

Ethiopie

Population 92,7 million
PIB par habitant 873 US$
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) * 8,0 10,9 7,5 8,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,3 9,9 13,2 9,8
Solde public / PIB (%) * -2,4 -3,3 -3,7 -3,5
Solde courant / PIB (%) * -9,0 -8,1 -6,2 -6,6
Dette publique / PIB (%) * 53,2 54,2 59,5 59,9

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale du 8 juillet - 7 juillet. Données 2019 : AF18-19.

POINTS FORTS

  • Antécédents remarquables en matière de croissance et de réduction de la pauvreté
  • Investissements publics dans le développement des infrastructures
  • Effort de diversification de l’économie
  • Fort potentiel hydroélectrique
  • Réchauffement des relations avec le voisin érythréen

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux aléas climatiques et à l’évolution des cours mondiaux des produits de base
  • Enclavement du pays
  • Niveau de réserves de change insuffisant
  • Handicaps persistants sur le plan de l’environnement des affaires et de la gouvernance
  • Environnement régional instable et fortes tensions ethno-politiques

Appréciation du risque

Croissance robuste malgré la transition vers un nouveau modèle

Toujours robuste en 2017-2018, malgré l’inflation, les pénuries de devises, l’incertitude politique et les faibles prix du café et du thé, la croissance devrait s’intensifier en 2018-2019. L’investissement et la consommation publics resteront des éléments clefs de la croissance dans le cadre de l’exécution du second Plan de croissance et de transformation (GTP II). Si aucun nouveau projet ne sera lancé en 2018/19, les « mégaprojets » déjà lancés, comme la construction du barrage de la Renaissance, d’une capacité de production électrique de 6 000 MW, se poursuivront. La décision d’ouvrir certains monopoles d’État aux investisseurs étrangers pourrait catalyser l’investissement privé. Cette ouverture concernera notamment les secteurs des télécoms, de l’aéronautique, de l’énergie et des transports. Cet investissement pourrait également concerner le développement du secteur manufacturier, notamment dans l’agro-industrie. Les déploiements de parcs industriels, offrant incitations fiscales et avantages douaniers, devraient également permettre d’attirer des investissements dans le secteur textile ou celui des matériaux de construction. Ainsi, les exportations de biens manufacturés, bien que faibles, devraient progresser, soutenues par l’inauguration de la ligne de chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba en janvier 2018. La progression de la production agricole et l’amélioration de la compétitivité consécutive à la dévaluation du birr opérée en octobre 2017 devraient se traduire par une hausse des exportations clefs (café, thé, légumineuses, graines oléagineuses et horticulture). Si l’inflation et l’accès limité aux devises étrangères continueront d’être des freins à l’expansion de la consommation privée, ces deux phénomènes devraient s’atténuer en 2019.

Le risque de surendettement s’intensifie

En 2018/19, le déficit budgétaire devrait se réduire, grâce à une politique budgétaire plus prudente. La progression de la dépense devrait être plus contenue : si les dépenses d’investissement en capital continueront de progresser, aucun nouveau « mégaprojet » ne sera engagé lors de l’année fiscale 2018/19. La hausse de la dépense servira donc essentiellement à terminer les projets déjà engagés. Les dépenses liées au développement des infrastructures devraient ainsi continuer à absorber plus de la moitié du budget, alors que les dépenses courantes devraient être réduites. Les efforts visant à améliorer les recettes fiscales (moins de 15 % du PIB), bien que peu fructueux ses dernières années, pourraient être soutenus par le partenariat signé avec le Royaume-Uni en août 2018 visant à réformer le système fiscal.

Le déficit de la balance courante devrait rester élevé, souffrant toujours de la base d’exportations restreinte du pays. Si les efforts visant à réduire les importations de biens d’équipement ont permis de réduire le déficit de la balance commerciale en 2017/18, la facture des biens de consommation devrait s’alourdir. Le large déficit de la balance commerciale devrait ainsi continuer à grever le solde courant, malgré la progression probable des exportations. Le compte des services restera également déficitaire à cause des services liés aux importations. La balance des transferts demeurera la principale contribution positive au solde courant, grâce aux fonds de donateurs et aux envois de fonds privés. Les prêts bilatéraux et multilatéraux restent nécessaires au financement, malgré la contribution des IDE. L’important déficit de la balance courante combiné à un régime de change rigide entretiennent les réserves de change à un niveau bas (deux mois de couverture d’importations) et la difficulté d’accès aux devises étrangères.

Bien que des mesures aient été engagées pour contenir les déficits jumeaux et en dépit de la part des prêts concessionnels, le risque de surendettement s’intensifie. L’extension de la période de remboursement du prêt chinois (de 10 à 30 ans) en septembre 2018 ayant servi à financer la construction de la ligne de chemin de fer Djibouti-Addis-Abeba illustre les préoccupations croissantes au sujet du surendettement.

Nouveau Premier ministre pour une nouvelle ère ?

En avril 2018, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (FRDPE), coalition au pouvoir depuis 1991, a désigné Abiy Ahmed pour prendre la succession du Premier ministre démissionnaire Hailemariam Desalegn. Dans un contexte de tensions ethno-politiques accrues depuis 2015, la désignation d’un Premier ministre issu de l’ethnie Oromo, qui conteste depuis plusieurs années le poids de l’ethnie minoritaire des Tigréens au sein du FRDPE, constitue un signal d’apaisement. Au-delà du signal, les décisions d’Abiy Ahmed de lever l’état d’urgence, de libérer et d’amnistier des prisonniers politiques, ainsi que la signature d’un accord avec le Front de libération Oromo marquent un changement radical avec le gouvernement de son prédécesseur qui a mis en détention des dizaines de milliers de personnes en réponse à la montée des protestations. Néanmoins, les réformes sont loin de faire l’unanimité au sein du FRDPE. De plus, les affrontements ethniques encore réguliers après sa nomination et l’attentat à la grenade lors d’un rassemblement du Premier ministre en juin 2018 démontrent que la situation politique et sécuritaire demeure fragile. Sur le plan extérieur, l’année 2018 a été marquée par la fin de l’état de guerre avec l’Érythrée. En effet, 18 ans après la fin des combats, l’Éthiopie a pleinement accepté les termes de l’accord d’Alger (signé en 2000). Les accords de paix signés permettent la reprise de liens diplomatiques et économiques.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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