Coface Group
Ethiopie

Ethiopie

Population 94,1 million
PIB par habitant 853 US$
C
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB * (%) 10,1 7,7 7,5 4,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,9 13,9 15,4 13,2
Solde public * / PIB (%) -3,2 -3,0 -2,8 -3,1
Solde courant * / PIB (%) -8,0 -6,2 -6,2 -5,8
Dette publique * / PIB (%) 56,8 58,5 59,4 59,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale du 8 juillet - 7 juillet. Données 2020 AF19-20.

POINTS FORTS

  • Antécédents remarquables en matière de croissance et de réduction de la pauvreté
  • Investissements publics dans le développement des infrastructures
  • Effort de diversification de l’économie
  • Fort potentiel hydroélectrique
  • Réchauffement des relations avec le voisin érythréen

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux aléas climatiques et à l’évolution des cours mondiaux des produits de base
  • Enclavement du pays
  • Niveau de réserves de change insuffisant
  • Handicaps persistants sur le plan de l’environnement des affaires et de la gouvernance
  • Environnement régional instable et fortes tensions ethno-politiques

Appréciation du risque

Une croissance robuste mise à l’épreuve

En 2020, la croissance resterait robuste, portée par les projets du second Plan de croissance et de transformation (2015/2020). L’investissement et la consommation publics devraient rester d’importants moteurs de l’activité, particulièrement dans la construction. Les projets d’extension du réseau routier et ferroviaire, de constitution de zones économiques spéciales, ainsi que de barrages hydroélectriques, y compris le barrage de la Renaissance sur le Nil seront prioritaires. Si la dépense publique devrait rester élevée à l’approche des élections 2020, une plus grande prudence devrait, néanmoins, éroder la contribution de ces leviers de croissance. Cela devrait être partiellement compensé par l’investissement privé, encouragé par l’élan de réformes, comprenant les privatisations dans les secteurs des télécommunications, de l’agriculture (filière sucrière) et des transports. L’instabilité politique domestique, particulièrement à l’approche des élections, pourrait, néanmoins, alimenter la prudence des investisseurs. La balance commerciale contribuerait à la croissance, grâce à la progression des exportations de services, tirées par l'augmentation du volume du trafic des passagers et du fret d'Ethiopian Airlines. Néanmoins, l’environnement extérieur peu favorable et la probable faible évolution des exportations de biens, toujours dominées par l’agriculture, en dépit des efforts du gouvernement pour diversifier et dynamiser le commerce extérieur, devraient continuer d’en limiter l’apport. L’inflation et le chômage élevés, l’accès limité aux devises et les faibles performances de l’agriculture en 2019 devraient se répercuter sur la contribution de la consommation privée en 2020.

 

Risque de surendettement

En 2019/2020, la prudence devrait de nouveau prévaloir et se traduire par un déficit budgétaire quasi inchangé. L'augmentation des dépenses devrait ainsi être la plus faible depuis de nombreuses années. La priorité restera la dépense d’investissements en capital, (54 % des dépenses fédérales). Toutefois, la dépense courante devrait augmenter plus rapidement, en raison de la hausse du coût du service de la dette, du coût d’organisation des élections 2020 et de la hausse des dépenses d’éducation et de défense. Outre le produit des privatisations, les recettes devraient bénéficier des efforts visant à améliorer la mobilisation des ressources, même si les progrès en la matière resteraient limités. Le déficit devrait être financé par diverses sources domestiques (banques commerciales, banque centrale et fonds de pensions) et extérieures. Les financements extérieurs devraient privilégier les créanciers multilatéraux, alors que les autorités se sont engagées à ralentir les emprunts commerciaux. Responsables du risque de surendettement croissant, ils ont été contractés auprès de créanciers privés (environ 25 % de la dette extérieure) et de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris (environ 30 %), principalement la Chine. Libellée essentiellement en devises étrangères, la trajectoire de la dette restera vulnérable à une dépréciation du birr. Sa maturité moyenne (près de 15 ans) réduit le risque.

Le déficit courant devrait rester large, grevé par l’important déficit commercial. Néanmoins, il se réduirait légèrement à la faveur de l’allègement de la facture d’importations, grâce aux prix du pétrole plus faibles et au ralentissement de la demande en biens d’équipements. L’activité d’Ethiopian Airlines contribuerait à la réduction du déficit des services. Les paiements d’intérêt de la dette extérieure devraient creuser le déficit des revenus. Le contexte extérieur moins favorable pourrait se répercuter sur les envois de fonds d’expatriés et, ainsi, éroder l’excédent des transferts. Si les IDE financeront une large partie du solde courant, les prêts officiels devraient rester nécessaires. Le déficit courant devrait exercer des pressions sur le birr, qui poursuivrait sa dépréciation graduelle. Les réserves de change, qui couvrent environ deux mois d’importations, resteront faibles, entretenant les pénuries chroniques de devises. En 2019, la banque centrale a annoncé son intention d’une libéralisation graduelle du régime. Bien qu’hypothétique, une réforme pourrait alléger ses pressions, mais favoriserait une inflation plus élevée.

 

Instabilité croissante à l’approche des élections 2020

Désigné Premier ministre par le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (coalition au pouvoir depuis 1991) en avril 2018, Abiy Ahmed s’est rapidement distingué par sa volonté de libéraliser le pays économiquement et politiquement. Sa primature est déjà marquée par la réconciliation avec l’Érythrée, qui lui a valu d’être distingué par le prix Nobel de la paix. Néanmoins, malgré ses décisions de libérer des prisonniers politiques et de lever l’état d’urgence, les tensions ethno-politiques domestiques restent sources d’instabilité sociale et de menace sécuritaire. En témoignent, les manifestations meurtrières d’octobre contre le Premier ministre (plus de 80 personnes tuées) ou le référendum d’autonomie de la communauté Sidama, qui s’est tenu le 20 novembre 2019. Dans ce contexte, les élections générales de mai 2020 s’annoncent potentiellement turbulentes. Les défis à son autorité pourraient faire infléchir sa volonté de réformes, y compris économiques. M. Ahmed a également mis l’accent sur l’amélioration du climat des affaires, qui souffre, notamment, de goulets d’étranglement infrastructurels et du difficile accès au financement. Sur le plan international, si la volonté de réforme attire les faveurs de la communauté internationale, le litige entourant la construction du barrage Renaissance reste source de tensions avec l’Égypte et le Soudan.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page
  • English
  • Français