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Géorgie

Géorgie

Population 3,7 millions
PIB par habitant 4 275 $US
C
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2019 2020 2021 (e) 2022 (p)
Croissance PIB (%) 5,0 -6,2 7,7 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,9 5,2 9,0 5,0
Solde public / PIB (%) -2,7 -9,2 -6,5 -4,2
Solde courant / PIB (%) -5,5 -12,4 -9,0 -8,0
Dette publique / PIB (%) 40,4 60,0 52,5 52,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique, agricole, minéral et hydroélectrique (quasi-autosuffisance électrique)
  • Position géographique stratégique entre l’Asie centrale, la Russie, l’Europe et la Turquie (point de passage pour la distribution du pétrole et du gaz azéri de la mer Caspienne vers la Turquie)
  • Soutien international, notamment de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI)
  • Nombreux accords commerciaux, notamment avec l’UE et la Chine
  • Environnement des affaires de relativement bonne qualité qui se consolide (obligation pour les entreprises de se conformer aux normes IFRS, adoption en 2020 de lois sur les résolutions bancaires et les défaillances d’entreprises qui renforceraient la protection des droits des créanciers et les procédures d'insolvabilité et de redressement)

POINTS FAIBLES

  • Petite économie ouverte, sensible à la conjoncture régionale
  • Forte dépendance au tourisme (27% du PIB dont les activités directes et indirectes, 29,5% des emplois, 36% des recettes d’exportation en 2019)
  • Faible diversification de l’économie, faible activité manufacturière (9% du PIB en 2020) et faible productivité de l’agriculture 7% du PIB, 20% des actifs en 2020)
  • Déficit commercial structurel et faible valorisation des exportations
  • Système bancaire très dollarisé (63% des dépôts et 55% des crédits en 2020)
  • Pauvreté élevée (21,3% de la population en 2020) sur fond de chômage, faible niveau d’éducation, économie informelle (38% du PIB en 2020) et population rurale (42% du total en 2019).
  • Gouvernance médiocre (corruption, politisation du système judiciaire)
  • Vulnérabilité face à la division entre le gouvernement pro-occidental et les blocs d’opposition pro-russes.
  • Relations avec la Russie tendues de par les régions autoproclamées indépendantes et occupées par les forces militaires russes (Abkhazie et Ossétie du Sud, 18% du territoire).

Appréciation du risque

La consommation privée bridée par la faiblesse du lari

L'économie s'est fortement contractée en 2020 en raison de l'effondrement du tourisme provoqué par la pandémie. Pourtant, malgré l'augmentation du nombre de cas, le gouvernement s'est montré réticent à fermer des entreprises afin de maintenir l'économie à flot. La reprise, initiée en 2021, a été stimulée par le secteur des services (70% du PIB) dont les ventes au détail, l’hébergement, la restauration, les arts et loisirs. Cette tendance se poursuivra en 2022, malgré la dissipation de l’effet de base positif. La consommation privée (75% du PIB) en restera le principal moteur, soutenue par les transferts opérés par les expatriés (estimés à 11% du PIB en 2021). L’activité touristique demeurera contrainte et il est peu probable qu'elle retrouve son niveau de 2019. Le 15 mars, le gouvernement a commencé son programme de vaccination, mais les progrès sont lents : au 11 janvier 2022, 25,5% de la population étaient complètement vaccinés.

 

Les exportations (minerai de cuivre, vins, eaux minérales) seront quelque peu freinées en raison de la croissance plus faible en Chine et en Russie, deux de ses plus grands partenaires commerciaux. De plus, avec la reprise des importations portée par la hausse de la demande interne, les échanges extérieurs (-13% du PIB) contribueront toujours négativement à la croissance. Sous l'effet d'une reprise rapide de la demande intérieure, les prix élevés du pétrole, des denrées alimentaires et la faiblesse du lari ont porté l’inflation moyenne à un niveau élevé, supérieur à l'objectif de 3 %. En réponse, la Banque nationale de Géorgie (NBG) a relevé son taux directeur d’un total de 100 points de base pour le porter à 10,5 % fin 2021. En 2022, la suppression des effets de base et le resserrement de la politique monétaire ramèneront l'inflation à un niveau plus proche de la cible. Compte tenu de l'ouverture et de la petite taille de l'économie géorgienne, le taux de change du lari est déterminé par la situation de la balance courante. En 2022, l’amélioration de cette dernière, le stabilisera. Néanmoins, son faible taux de change rend les importations coûteuses, nuisant au pouvoir d'achat des ménages. De surcroît, l'économie géorgienne étant fortement dollarisée, la dépréciation de la monnaie jusqu’en 2020, a durement touché les ménages ayant emprunté en devises.

 

La consolidation progressive des comptes publics

Le budget révisé pour 2022 contient des projections plus élevées tant pour les recettes que pour les dépenses. L’augmentation des recettes (26% du PIB) provient d’un renforcement de la fiscalité. L'impôt sur les bénéfices devrait augmenter de 65 % par rapport à 2021. Les recettes de l'impôt foncier et celles de l’impôt sur le revenu, devraient respectivement augmenter de 9,5 %, et de 26%. Du côté des dépenses (30,2% du PIB), la plus grande partie de l’augmentation sera consacrée aux salaires des fonctionnaires, et aux dépenses d’investissement en capital dans les infrastructures, l’éducation, la santé, et les retraites. Néanmoins, le total des dépenses devrait légèrement diminuer, puisque contrebalancé par la diminution des coûts et emprunts liés à la pandémie. La dette publique (52% du PIB, à 80% externe), fortement libellée en devises étrangères (42%), est vulnérable à l’évolution de la situation sanitaire et aux tensions politiques, pouvant détériorer la confiance des investisseurs et affaiblir le lari. Néanmoins, l’Etat est attaché à l’assainissement budgétaire, permettant à la dette d’être soutenable. Le déficit courant est induit par le déficit commercial et le déficit primaire (nourri par le rapatriement des revenus des investisseurs étrangers), partiellement compensés par les remises et transferts des expatriés résidant surtout en Russie et en Italie. Le déficit courant devrait quelque peu diminuer en 2022, notamment grâce à la reprise du tourisme. Cette évolution sera partiellement compensée par la hausse du prix moyen du pétrole, la Géorgie étant un pays importateur d'énergie. Le déficit continuera d’être majoritairement financé par des emprunts à moyen et long terme, ainsi que par les flux d’IDE (5% du PIB en 2021, trajectoire en hausse dans les secteurs de l’énergie et des transports) permettant aux réserves de change de rester stables (5 mois d’importations). La dette externe (92% du PIB en 2022 hors prêts intragroupes), dont la part publique (46% du total), est détenue majoritairement par des bailleurs multilatéraux (75%) tels que la Banque Mondiale, la BAD, la BEI et le FMI, à des conditions concessionnelles, garantissant sa viabilité.

 

Le retour de l’ancien président renforce les tensions politiques

Les élections législatives d’octobre 2020 ont consacré la victoire du parti au pouvoir depuis 2012, le Rêve géorgien-Géorgie démocratique (RG-GD, 48% des voix), suivi de l’ancien parti majoritaire, le Mouvement national uni (MNU, 27%). Le RG-GD a remporté 60% des sièges (contre 75% en 2016), lui permettant de former, seul, un gouvernement. L’opposition a organisé des manifestations après les résultats, refusé de siéger au Parlement et dénoncé l’achat de votes. En avril 2021, un accord, sous l’égide de l’UE, a été conclu pour mettre fin au boycott par l’opposition permettant son retour au parlement. Finalement remis en cause par le RG-GD et le MNU, cet accord stipulait que si le parti au pouvoir recevait moins de 43% des voix aux prochaines élections locales, des élections législatives seraient organisées en 2022. Le 1er octobre 2021, les autorités ont arrêté l'ancien président Mikheil Saakashvili (2004-2013), après son retour d'Ukraine. Son arrestation était attendue, et son retour a probablement été planifié pour coïncider avec les élections locales dans le but de renforcer le soutien au MNU, dont il est le président honoraire. Bien que ce dernier conserve un nombre important de partisans, les élections locales d’octobre 2021 ont maintenu en tête le RG-GD (19 municipalités sur 20). Toutefois, des élections anticipées en 2022 (normalement prévues en 2024) sont probables si un mécontentement grandissant de la population envers le RG-DG se manifeste.

 

Dernière mise à jour : Février 2022

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