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Guatemala

Guatemala

Population 17,3 millions
PIB par habitant 4 545 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,8 3,1 3,3 3,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,4 3,7 4,2 4,2
Solde public / PIB (%) -1,3 -1,7 -2,0 -2,4
Solde courant / PIB (%) 1,5 0,8 0,6 0,6
Dette publique / PIB (%) 23,7 24,7 25,2 25,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Soutien financier des États-Unis et des prêteurs multilatéraux
  • Accord de libre-échange avec les États-Unis et l’UE
  • Proximité géographique des États-Unis et du Mexique
  • Fort potentiel touristique, agricole (bananes, café, sucre), minier, hydroélectrique, géothermique

POINTS FAIBLES

  • Instabilité sociale et politique
  • Faiblesse des infrastructures
  • Vulnérabilité aux chocs externes (catastrophes naturelles et cours des matières premières)
  • Forte dépendance à une industrie à faible valeur ajoutée et aux flux de remises des expatriés
  • Faibles revenus fiscaux
  • Pauvreté rurale, inégalités, sous-emploi, informalité, clivages ethniques
  • Problèmes sécuritaires liés au trafic de drogue

Appréciation du risque

Une croissance dépendante des remises des expatriés aux États-Unis

La consommation privée, qui représentait 88 % du PIB en 2018, continuera de porter la croissance économique en 2020. La consommation des ménages sera financée par les remises des expatriés aux États-Unis. Après plusieurs années de forte croissance (+ 13,5 % sur les neuf premiers mois de 2019), ces flux de devises devraient décélérer en 2020 dans un contexte de fort ralentissement aux États-Unis et de durcissement de la politique migratoire de l’administration Trump. Avec seulement 400 000 immigrants légaux sur 2,7 millions de Guatémaltèques estimés aux États-Unis, l’augmentation des renvois à la frontière voulue par le président Trump pourrait avoir des conséquences sur cette importante source de revenus pour les ménages. La politique monétaire accommodante en place depuis 2013 (taux à 2,75 %) et l’inflation contenue dans la fenêtre cible de la banque centrale (4 +/- 1%), devraient toutefois stimuler la demande interne dans son ensemble. L’arrivée au pouvoir d’Alejandro Giammattei en janvier 2020 devrait favoriser la dépense publique afin de réaliser les promesses de campagne (construction de centres de santé, écoles, logements). Cependant, la nouvelle administration sera contrainte par la fragmentation politique au Parlement et l’absence d’accord sur le budget 2020 qui conduit à la prorogation du budget 2019. Les investissements directs étrangers devraient progresser dans le secteur de la construction grâce aux récentes réformes sur l’obtention des permis de construire. L’incertitude concernant de possibles représailles de la part des États-Unis dans le cas d’une renégociation de l’accord sur les migrants, devrait toutefois favoriser la prudence des investisseurs.

Le secteur agricole devrait connaître un rebond grâce à une hausse du cours du café suite à la baisse de la production brésilienne. Le secteur restera cependant exposé aux conditions climatiques. Le secteur minier continuera de souffrir des conflits juridiques avec les populations indigènes pour l’exploitation des mines.

 

L’adoption des mesures budgétaires à la merci des luttes politiques

Le budget 2020 préparé par la précédente administration a été rejeté fin novembre 2019 par les parlementaires pour cause de manque de transparence et de tentatives de corruption pour obtenir son approbation. Le nouveau gouvernement d’A. Giammattei devra donc travailler sur les premiers mois avec un budget 2019 ajusté pour répondre aux nouvelles priorités, tout en se conformant aux précédents engagements, notamment en termes de revalorisation salariale. Avec un taux de recouvrement des recettes parmi les plus faibles de la région, l’une des priorités des prochaines négociations budgétaires sera l’accroissement de ces recettes face à un poids du service de la dette en augmentation (14 % en 2018). Le niveau de dette publique reste toutefois très faible par rapport à d’autres pays de la région.

En 2020, le surplus courant devrait se réduire avec le moindre dynamisme des remises des expatriés. Ces remises financent le déficit commercial qui devrait rester stable. La hausse du cours du café tirera les ventes externes agricoles, compensant ainsi le ralentissement de la demande américaine qui pèsera sur les exportations de textile. La baisse du prix du pétrole contrebalancera la demande en biens d’équipements et matériels de construction au niveau des importations. Dans ce contexte, les réserves de devises resteront confortables, à 8,4 mois d’importations en juillet 2019, favorisant un maintien du quetzal guatémaltèque.

 

Un président désarmé face aux nombreux défis

Élu en août 2019, Alejandro Giammattei, du parti de centre droit Vamos, prendra ses fonctions en janvier 2020. Il succède au président Jimmy Morales dont la candidature pour un troisième mandat était interdite par la Constitution, au terme d’une campagne marquée par l’éviction des deux principales candidates quelques mois avant l’élection suite à des décisions très critiquées de la Cour suprême. Dans un contexte de défiance de la population par rapport à la politique, A. Giammattei est très attendu sur les dossiers de corruption, après que la CICIG, commission anti-corruption soutenue par l’ONU, a été expulsée du pays par J. Morales suite au lancement d’enquêtes sur ses proches. Son action sur le plan sécuritaire, fiscal et social, sera toutefois largement limitée par la fragmentation du Parlement où son parti Vamos ne dispose que 16 sièges sur 160.

Du point de vue international, le principal enjeu sera la question migratoire et l’accord de « pays tiers sûr » avec les États-Unis signé par l’administration Morales à l’été 2019. Cet accord oblige les migrants en route pour les États-Unis passant par le Guatemala à y déposer leur demande d’asile et à y attendre que l’administration américaine traite leur demande. Cet accord a été vivement critiqué face à la situation sécuritaire très difficile du pays. Alors qu’il s’est prononcé contre cet accord, A. Giammattei dispose d’une marge de manœuvre assez restreinte pour renégocier l’accord, après que les États-Unis ont menacé de taxer les remises des expatriés et de couper à nouveau l’aide au développement si l’accord n’était pas signé. Enfin, l’environnement des affaires reste déficient, le pays se plaçant au 96e rang mondial sur 190 pays au classement Doing Business 2020.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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