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Guatemala

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Population 17,6 millions
PIB par habitant 4 354 $US
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,2 3,8 -2,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,8 3,7 2,1 3,1
Solde public / PIB (%) -1,9 -2,3 -5,6 -4,5
Solde courant / PIB (%) 0,8 2,4 3,8 2,3
Dette publique / PIB (%) 26,5 26,6 32,2 33,9

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Soutien financier des Etats-Unis et des prêteurs multilatéraux
  • Accord de libre-échange avec les Etats-Unis et l’UE
  • Proximité géographique des Etats-Unis et du Mexique  
  • Fort potentiel touristique, agricole (bananes, café, sucre), minier, hydroélectrique, géothermique

POINTS FAIBLES

  • Instabilité sociale et politique
  • Faiblesse des infrastructures
  • Vulnérabilité aux chocs externes (catastrophes naturelles et cours des matières premières)
  • Forte dépendance à une industrie à faible valeur ajoutée et aux flux de remises des expatriés
  • Faibles revenus fiscaux
  • Pauvreté rurale, inégalités, sous-emploi, informalité, clivages ethniques
  • Problèmes sécuritaires liés au trafic de drogue

Appréciation du risque

Une économie plus résiliente que ses voisines

Après avoir été le pays le moins fortement touché par la récession liée à la pandémie en Amérique centrale, le Guatemala renouera avec la croissance en 2021 avec de meilleurs fondamentaux que ses voisins. La consommation privée restera le principal pilier de la demande interne (88% du PIB en 2019) soutenue par les remises des expatriés (14% du PIB) aux Etats-Unis. L’effet de rattrapage observé sur ces flux de devises pendant la seconde moitié de 2020, suite à leur quasi-arrêt pendant le confinement aux Etats-Unis, devrait s’étioler en 2021. La baisse du chômage au sein de la population latino aux Etats-Unis devrait en effet se faire plus lentement que pour le reste de la population. Le dynamisme de ces flux ne devrait donc pas atteindre la croissance record observée en 2019 alors que les ménages les plus pauvres ont été particulièrement affectés par les tempêtes de novembre 2020. L’aide aux plus pauvres, fortement rabotée dans le premier plan de budget 2021, dépendra de l’issue des négociations suite aux protestations de novembre 2020.  L’inflation restera faible, dans le bas de la fenêtre cible de la banque centrale (4 +/-1%), avec un prix du pétrole toujours modéré. Cela devrait mener la banque centrale à continuer sa politique monétaire accommodante avec un maintien de son taux directeur à 1,75% pour soutenir la reprise. Les investisseurs devraient rester prudents, contraints par l’environnement des affaires encore déficient dans l’attente des réformes envisagées dans le plan de relance, et le contexte mondiale d’incertitude. La demande externe devrait connaître une certaine reprise, bien que contrainte par le moindre dynamisme de la demande aux Etats-Unis, concernant notamment l’habillement. La demande externe pour les produits agricoles devrait, elle, être plus résiliente. La demande publique devrait connaître une forte croissance dans le cadre du plan de relance prévu dans le budget 2021. L’orientation du plan sur les infrastructures (60% de l’investissement prévu) devrait profiter au secteur de la construction bien que des ajustements soient à attendre à l’issue des négociations budgétaires. Le secteur agricole (30% de la population active), devrait souffrir du contrecoup des tempêtes de novembre 2020, contraignant la production de café, sucre, et de cardamone. Le secteur manufacturier verra, son activité croître faiblement, avec un secteur de l’habillement contraint par la demande américaine. Les maquilas et leur production textile, pharmaceutique et agro-alimentaire, seront les plus concernées, centrée sur les Etats-Unis. Le secteur touristique (8% du PIB), encore trop peu compétitif, restera en convalescence, les flux en provenance d’Europe et des Etats-Unis contraints par la persistance des craintes sanitaires. Une résurgence incontrôlée de la pandémie, dans le pays ou chez ses principaux partenaires commerciaux pourrait affecter ce scénario.

 

Une situation externe et financière qui reste favorable malgré les tensions politiques

Alors que la première version du budget prévoyait déjà un déficit pour financer les infrastructures, les concertations devraient mener à une augmentation des dépenses sociales. Avec un taux de recouvrement des recettes parmi les plus faibles de la région, les dépenses seront en partie financées par la dette.  Le financement se fera par le biais d’obligations d’Etat et de prêts multilatéraux. Des prêts multilatéraux ont été obtenus auprès du FMI, de la Banque Interaméricaine de Coopération Economique, la Banque Interaméricaine de Développement et de la Banque mondiale. Grâce à ces prêts la dette guatémaltèque restera largement sous contrôle.

 

Du point de vue des comptes extérieurs, le déficit commercial devrait augmenter, alors que la reprise des importations devrait être supérieure à celle des exportations. En effet, la relance de la production manufacturière va accroître la demande en produits intermédiaires importés, et l’augmentation des prix du pétrole devrait augmenter le coût de la facture à l’importation. Du côté des exportations, la croissance sera limitée par le moindre dynamisme du secteur de l’habillement, et des exportations agricoles moindre que prévues à la suite des tempêtes de fin d'année 2020.. La balance des services devrait rester dans le rouge avec encore un nombre de visiteurs limité. Les flux de remises des expatriés devraient largement couvrir ces doubles déficits, mais la fin de l’effet de rattrapage fin 2020 mènera à une réduction du surplus courant. Ce dernier permettra, en association avec les prêts multilatéraux, de continuer à consolider les réserves en devise, qui couvraient l’équivalent de 10 mois d’importations en octobre 2020. De telles réserves permettront d’assurer la stabilité du quetzal.

 

Une situation politique et sociale tendue

Au pouvoir depuis janvier 2020, Alejandro Giammattei, du parti de centre droit Vamos, doit faire face depuis mi-novembre 2020 à un vaste mouvement social. Alors que sa popularité avait déjà été fortement affectée par sa gestion de la crise du COVID-19, le vote du budget 2021 a mis le feu au poudre. Largement critiqué pour son manque de transparence et l’accent mis sur le financement des infrastructures en place de dépenses sociales le budget a été massivement rejeté par la population au lendemain des tempêtes. Des tensions sont apparues au sein de l’exécutif, le président et son vice-président s’opposant sur la marche à suivre. Le retour au calme et à l’unité au sein du couple exécutif au mois de décembre avec l’ouverture de négociations sur le budget n’est que très fragile et une reprise du mouvement et des tensions politique n’est pas à exclure. Sur la scène internationale, la question migratoire restera centrale alors que l’administration Biden doit se prononcer sur l’accord de pays-tiers sûr signé en 2019.

 

Dernière mise à jour : Avril 2021

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