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Guyana

Guyana

Population 0,8 million
PIB par habitant 4984 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,1 4,1 4,4 85,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,9 1,3 2,1 3,3
Solde public / PIB (%) -4,4 -3,5 -5,0 -0,7
Solde courant / PIB (%) -6,8 -17,5 -22,7 -18,4
Dette publique / PIB (%) 51,4 52,9 55,4 29,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Investissements publics significatifs dans les infrastructures et les télécommunications
  • Perspectives minières, hydroélectriques et agricoles attractives pour les investisseurs
  • Abondantes réserves de pétrole et de gaz au large du Guyana, dont l’exploitation commencera en 2020
  • Membre du CARICOM (Caribbean Community and Common Market)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux ressources naturelles (or, bauxite, sucre, riz, bois et, surtout, pétrole à partir de 2020)
  • Déficience des infrastructures de transport, de l’éducation et de la santé
  • Main-d’œuvre locale peu qualifiée et forte émigration des travailleurs éduqués
  • Exposition aux aléas climatiques (région fortement touchée par les ouragans)
  • Dispute territoriale avec le Venezuela
  • Dépendance aux bailleurs de fonds internationaux
  • Criminalité liée au trafic de drogue sur fond de pauvreté et de corruption (classé 93/180 par le Corruption Perceptions Index de Transparency International en 2018)

Appréciation du risque

L’industrie pétrolière naissante dynamisera l’économie

Le lancement de la production pétrolière devrait permettre une croissance exceptionnelle de l’activité en 2020. Un gisement de pétrole offshore a été découvert par la compagnie américaine Exxon-Mobil au large des côtes guyaniennes en 2015. Les explorations menées, depuis, ont révélé des quantités de pétrole beaucoup plus élevées que celles annoncées initialement, soit plus de 6 milliards de barils. Ce secteur deviendra une source clé de croissance dès le premier trimestre, qui devrait voir l’extraction et la commercialisation de 120 000 barils de pétrole brut par jour.

Parallèlement, le pays connaît une croissance hors pétrole solide, reposant sur une expansion de tous les secteurs majeurs, qui devrait se poursuivre en 2020. La construction serait dynamisée par des investissements privés et publics conséquents dans des projets d’infrastructures liés à l’activité pétrolière (notamment construction de routes et d’installations électriques). La croissance serait également liée aux activités agricoles (riz), piscicoles (crevettes) et extractives (or et bauxite) dont la production est largement destinée à l’exportation. La production du sucre devrait continuer à décliner, mais serait compensée par de bonnes performances dans celle du riz grâce à la mise en place d’une nouvelle variété à haut rendement l’an passé. La production minière devrait, elle aussi, augmenter (or, en particulier), bénéficiant de crédits importants et du développement du réseau routier.

L’inflation devrait s’accélérer suite à des pressions du côté de la demande, mais la consommation des ménages, soutenue par l’activité économique et les transferts de Guyaniens expatriés, ne devrait pas être affectée.

 

En attendant les recettes du pétrole, le déficit extérieur demeure

Le déficit budgétaire devrait presque disparaître grâce à l’augmentation des recettes consécutive à une meilleure collecte des impôts permise par un effort de modernisation de l’administration fiscale, mais surtout grâce aux taxes et royalties liées à la production pétrolière. Les dépenses augmenteraient, mais moins rapidement, le gouvernement poursuivant sa politique expansionniste marquée par des investissements importants dans les infrastructures et la restructuration du secteur sucrier. Le poids de la dette (au deux tiers étrangère, mais contractée auprès de bailleurs multilatéraux à des taux concessionnels) en proportion du PIB diminuera considérablement, réduisant ainsi les risques d’insolvabilité. Par ailleurs, le risque de « malédiction du pétrole », inhérent à la transformation de l’économie, devrait être modéré par la création en juillet 2019 du Natural Resource Fund (NRF), fonds souverain chargé de gérer les revenus pétroliers de manière transparente et fiscalement responsable. Dans ce but, le pays a aussi rejoint l’Extractive Industries Transparency Intitiative.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit commercial structurel se réduira grâce à l’augmentation substantielle des exportations avec le début de l’activité pétrolière. Alors que le pays reposait sur les secteurs agricole et minier pour soutenir sa balance courante, l’industrie pétrolière naissante sera la principale source de croissance des exportations en 2020. L’effet net sera cependant amoindri par des importations massives de biens d’équipement, nécessaires à l’extraction du pétrole. Les transferts de fonds de travailleurs expatriés (11,5 % du PIB en 2018) devraient continuer à augmenter. Les importations et les activités d’exploration étant financées par des entreprises étrangères, les IDE (6,5 % du PIB) augmenteront rapidement et financeront le déficit courant. La flexibilisation du taux de change demeure au programme des autorités monétaires, afin d’améliorer l’ajustement aux chocs exogènes.

 

Un climat politique sous tension

Le pays est dirigé depuis 2015 par le président David Granger, leader de la coalition multi-ethnique menée par deux partis, le APNU et le AFC. Son gouvernement a mené des réformes structurelles, afin d’améliorer l’environnement des affaires et de lutter contre la corruption, de sorte à maximiser les opportunités liées à l’exploitation pétrolière. Malgré cela, l’environnement des affaires demeure risqué, le pays étant classé 134e sur 190 au classement Doing Business 2020 de la Banque Mondiale. En décembre 2018, le Parlement a voté une motion de défiance à l’encontre du gouvernement qui, après une bataille judiciaire de plusieurs mois, a finalement été déclarée valide par la Cour caribéenne de justice (plus haute instance d’appel au Guyana) en juin 2019. Les prochaines élections, prévues en mars 2020, promettent d’être très disputées entre la coalition présidentielle et le PPP/C (parti historique qui avait occupé le pouvoir de 1992 à 2015).

En dépit d’une décision internationale fixant les frontières actuelles, Nicolas Maduro, le président vénézuélien, a affirmé en 2015 la souveraineté de son pays sur près des deux tiers du territoire et de la zone maritime du Guyana. Cela est intervenu après l’annonce de la découverte du gisement pétrolier au large des côtes du Guyana, situé dans la zone contestée, réveillant une controverse de plus d’un siècle. Une période de négociation avait été accordée aux deux pays par l’ONU (jusqu’à fin 2017), mais n’a pas permis de résoudre le conflit, qui devrait s’intensifier avec le début de la production pétrolière en 2020. L’affaire revient désormais à la Cour internationale de justice.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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