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Kenya

Kenya

Population 47,6 millions
PIB par habitant 2 004 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,3 5,4 0,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,7 5,2 5,0 5,5
Solde public / PIB (%)* -7,4 -7,7 -8,5 -9,0
Solde courant / PIB (%) -5,7 -5,8 -5,0 -5,5
Dette publique / PIB (%)** 60,2 62,1 66,0 70,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année budgétaire du 1er juillet au 30 juin ; année 2021 de juillet 2020 à juin 2021

POINTS FORTS

  • 7ème économie africaine (2019), mais première en Afrique de l’Est et rôle pivot au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, premier marché commun africain
  • Agriculture diversifiée (troisième producteur mondial de thé) et développement des services (télécommunications et services financiers)
  • Mombasa est le troisième port d’Afrique
  • Découverte d’un gisement d’hydrocarbures dans la région du Turkana au nord-ouest
  • Dynamisme démographique et émergence d’une classe moyenne
  • Le Big 4 Agenda présidentiel (sécurité alimentaire, emploi manufacturier, accès universel et abordable à la santé, et logement abordable) se poursuit

POINTS FAIBLES

  • Pays dépendant de l’énergie hydroélectrique et de l’agriculture pluviale : sensibilité aux épisodes météorologiques de sècheresse et inondation
  • Faibles ressources publiques (17% du PIB)
  • Persistance de goulots d’étranglement par manque d’infrastructures et pénurie de compétences
  • Risque terroriste au nord au voisinage de la Somalie, divisions politiques, sociales et ethniques
  • Corruption persistante

Appréciation du risque

Reprise modérée après un choc amorti

En 2020, la crise de la Covid-19 a eu raison de l’habituelle forte croissance. La principale cause réside dans la chute de l’activité touristique (10% du PIB et 9% de l’emploi) avec la suspension des vols internationaux jusqu’en août. L’investissement (17% du PIB en termes de demande) a subi les coupes budgétaires, la baisse de la confiance chez les décideurs privés nationaux et étrangers. En dépit de la diminution de l’emploi, notamment touristique, la consommation a été relativement épargnée, en l’absence de confinement total, mais aussi du fait de la résistance des remises des expatriés et de cadeaux fiscaux. Globalement, la part majeure de l’agriculture dans l’économie (40% en termes d’offre) a sans doute joué un rôle protecteur.

En 2021, une reprise est attendue, mais qui ne permettra pas de retrouver la tendance de longue durée. Sauf résurgence de l’épidémie, localement ou dans le monde, nécessitant le rétablissement de mesures de distanciation, c’est la consommation qui devrait, tenir le rôle principal compte tenu de son poids (81% du PIB). Les services (45% du PIB), notamment le commerce et les télécommunications avec l’essor des mouvements d’argent en ligne, en seront les premiers bénéficiaires. L’investissement restera timide. Son volet public restera contraint par la dégradation de la situation budgétaire, s’ajoutant à des insuffisances récurrentes : sous exécution, sous-financement, retards de paiement, recours judiciaires. Toutefois, la construction de logements devrait retrouver sa vigueur antérieure, avec un manque estimé à 300000 unités, tandis que l’adduction d’eau, l’assainissement et les routes bénéficieront de financements internationaux. Le volet privé sera confronté à la prudence des banques qui, fin 2020, avaient des prêts douteux atteignant 15% de leur portefeuille, malgré les restructurations. De plus, la décision de mettre en production le gisement pétrolier de Lokichar dans le Turkana a été repoussé à fin 2021 par Total. Les exportations (12% du PIB) continueront de profiter de la résistance des marchés du thé (23% des exportations), des fruits et légumes (14%) et du café (4%). Les ventes de fleurs dépendront de l’ouverture des fleuristes en Europe. Le tourisme tardera à repartir du fait de la prudence de la clientèle potentielle, ce qui continuera à peser sur le transport. Compte tenu de la reprise des importations, en lien avec celle de la consommation, la contribution des échanges à la croissance devrait être légèrement négative.

 

Des déficits publics et extérieurs élevés

Le déficit budgétaire, déjà élevé, s’est légèrement accentué en 2020 du fait de la baisse automatique des recettes, des cadeaux fiscaux (baisse du taux standard de la TVA de 16 à 14% et de l’impôt sur les sociétés de 30 à 25%, exonération d’impôt pour les plus faibles revenus, réduction du taux de la tranche supérieure de 30 à 25%). S’y sont ajoutés l’augmentation des dépenses sociales et sanitaires. Le pays a été contraint de solliciter le FMI (USD 739 millions) et la Banque mondiale (un milliard de USD) à la fois pour combler le déficit et financer des projets. Consécutivement, la dette publique pourrait atteindre 70% du PIB, hors entreprises publiques et dettes garanties par l’Etat, ce qui est jugé à haut risque par le FMI. La crise passée, un resserrement pourrait intervenir à partir de l’année budgétaire 2021-2022, surtout en cas de nouveau programme conclu avec cette institution.

Paradoxalement, le significatif déficit courant s’est allégé en 2020, parallèlement avec le déficit commercial, suite à la réduction des importations entraînée par la réduction de la demande intérieure. Cependant, la réduction de l’excédent des services liée à la chute du tourisme a atténué ce mouvement. Les remises des expatriés sont restées élevées, ces derniers ayant peut-être puisé dans leur épargne pour compenser leur baisse de revenus et profité de la dépréciation du shilling. En 2021, le solde courant devrait suivre le schéma inverse avec la reprise de la demande interne. La dette extérieure publique (35% du PIB en juin 2020) a continué de s’alourdir, car les investissements directs étrangers restent limités (1% du PIB). Mais, du fait du recours aux prêts FMI et Banque mondiale, sa part détenue par les créanciers multi et bilatéraux (Chine surtout) est montée à 70% du total. Du fait des déficits, la monnaie devrait continuer de se déprécier, insuffisamment pour corriger sa légère surévaluation du fait de l’inflation. Cette dépréciation est ralentie par les interventions de la Banque centrale, dont le niveau des réserves baisse légèrement (5 mois d’importations en sept. 2020).

 

Stabilité politique relative

Depuis la réconciliation entre le président Uhuru Kenyatta et son principal adversaire lors de l’élection de 2018, Raila Odinga, une relative stabilité politique règne. Les deux souhaitent soumettre à référendum, avant l’élection de 2022, des propositions de la commission Building Bridges Initiative, comme la recréation du poste de premier ministre, la réforme du mode de scrutin et de la commission électorale, un rôle formel pour le chef de l’opposition. Un des objectifs est de réduire le vote ethnique. Sur le plan extérieur, des négociations ont démarré avec les Etats-Unis en vue d’un accord commercial, qui pourrait entrer en conflit avec les règles de la Communauté d’Afrique de l’Est et la future zone de libre échange panafricaine. Sur le plan sécuritaire, des incursions de groupes armés islamistes Al Shabaab depuis la Somalie se produisent dans le nord du pays.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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