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Mauritanie

Mauritanie

Population 3,9 millions
PIB par habitant 1 271 $US
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Evaluation des risques pays
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 1,8 3,5 2,5 5,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,5 2,3 3,8 3,9
Solde public / PIB (%) 0,5 1,2 1,4 1,3
Solde courant / PIB (%) -15,0 -14,4 -16,0 -17,2
Dette publique / PIB (%) 99,1 96,5 91,4 90,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Soutien des bailleurs de fonds et des organisations internationales
  • Richesses minérales et halieutiques
  • Perspectives énergétiques (gaz, énergies renouvelables)

POINTS FAIBLES

  • Instabilité politique et sécuritaire persistante
  • Économie peu diversifiée, vulnérable aux fluctuations des cours des matières premières
  • Croissance peu inclusive et taux de chômage élevé, notamment chez les jeunes
  • Économie formelle restreinte

Appréciation du risque

Des perspectives de croissance favorables

En 2019, la croissance connaîtra un rebond grâce à l’ensemble des secteurs d’activité. Le secteur primaire, l’agriculture (30 % du PIB) et surtout la pêche (40 % des exportations), drainera la croissance. L’activité halieutique étant conditionnée par les tensions sur la frontière maritime avec le Sénégal, elle pourrait bénéficier de la récente pacification des relations transfrontalières. Les services (40 % du PIB) contribueront aussi à la croissance au travers d’un regain de l’activité touristique dans la zone de l’Adrar, qui dépend toutefois de la capacité du gouvernement à garantir la sécurité. Les autres secteurs, dont la construction, seront portés par l’investissement public, bénéficiant des aides internationales, en particulier celles de la Banque Mondiale (fournissant 500 millions USD pour la période 2018/23). En revanche, l’investissement privé, concentré dans le secteur minier (80 % des IDE), pourrait être contraint par la période d’incertitudes liée à l’élection présidentielle de 2019. Par ailleurs, la répartition inégale des profits de la croissance, dans un contexte de forte pauvreté, continuera de pénaliser la consommation des ménages. À moyen terme, la hausse de l’exploitation d’or et de fer (permise par l’extension des mines existantes) compensera l’arrêt du pétrole. La future production de gaz naturel liquéfié confirmera la progression des industries extractives : les négociations avec le Sénégal ont abouti à un accord pour une répartition égale des recettes issues de l’exploitation de la plateforme offshore Grande Tortue Ahmeyim (GTA), planifiée pour 2021.

 

Rigueur budgétaire et vulnérabilité aux chocs extérieurs

En 2019, le solde budgétaire restera excédentaire, bien qu’amoindri par l’augmentation des dépenses pré-électorales. Le gouvernement a effectué des efforts de consolidation budgétaire, conformément aux recommandations du FMI, en contrepartie de l’accord de facilité de crédit de 160 millions USD sur la période 2017-2020. Le fonctionnement de l’administration fiscale a été amélioré, la TVA a augmenté, de même que le coût des licences de pêche et une meilleure allocation des dépenses se poursuivra (en réduisant les dépenses courantes pour consacrer plus de ressources aux investissements pour la diversification de l’économie). La dette publique devrait continuer de s’alléger mais reste élevée et vulnérable aux chocs exogènes, étant essentiellement extérieure : 86 % du total dont 20 % contracté à l’égard du Koweït (des négociations pour son annulation sont en cours). L’importante part de prêts concessionnels auprès des organisations internationales (61 % du total) atténue le risque.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant massif devrait encore se creuser en raison d’une détérioration du déficit commercial. Les exportations de poisson, de minerai de fer et d’or brut progresseront moins rapidement que les importations de biens d’équipements et de pétrole, exacerbant le déficit. Les autres composantes du compte courant y contribuent aussi négativement : le déficit des services (9,5 % du PIB en 2017) se réduira légèrement avec la progression du tourisme, mais sera contrebalancé par une hausse du déficit de la balance des revenus (1,1 % du PIB). Le déficit courant sera financé par les IDE, consacrés aux industries extractives (10 % du PIB), et par des prêts concessionnels, préservant les réserves de change, qui demeurent faibles (quatre mois d’importation en 2017).

 

Un contexte pré-électoral sous tension

Le président Mohammed Ould Abdel Aziz, au pouvoir depuis 2008 suite à un coup d’État et réélu en 2014 pour un second et dernier mandat, a profité de la désorganisation de l’opposition pour faire passer des réformes concentrant le pouvoir entre les mains de l’exécutif : un référendum constitutionnel en 2017 a conduit à la suppression du Sénat, remplacé par des conseils régionaux et un Haut Conseil de la fatwa. Boycotté par l’opposition, ce scrutin a été suivi par l’emprisonnement, abusif et dénoncé par l’ONU, de l’un des principaux opposants à la réforme constitutionnelle, M. Ould Ghadda, étayant l’hypothèse d’une dérive autoritariste du régime. Une opposition unie s’est finalement constituée autour du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), une coalition de huit partis, et s’est présentée aux élections législatives de 2018. Ces dernières ont été remportées par le parti au pouvoir, l’Union pour la République (89 sièges sur 157 à l’Assemblée), et ont abouti à la nomination du nouveau Premier ministre, Mohamed Salem Ould Bechir. Les élections présidentielles, prévues en juin 2019, ne devraient pas voir le président Abdel Aziz se présenter à sa propre succession, conformément à la Constitution. Toutefois ce dernier a affirmé sa volonté de rester actif sur la scène politique et n’exclut pas l’idée de se représenter en 2024. Le contexte politique et social demeure donc fragile, dans un pays encore rongé par la pauvreté, le chômage, les inégalités et où l’esclavage, malgré son abolition en 1981, continue de sévir (43 000 personnes, soit 1 % de la population, seraient concernées).

Ce dernier point est la cause de la détérioration des relations extérieures avec les États-Unis (suppression des avantages commerciaux à partir de 2019 en réponse au manque de mesures contre le travail forcé et l’esclavage). Par ailleurs, bien qu’épargnée par le terrorisme depuis 2011, la Mauritanie reste exposée à cette menace compte tenu de la porosité de la frontière avec le Mali.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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