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Mauritanie

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Population 4,1 millions
GDP per capita 1 873 $US
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Country risk assessment
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Business Climate
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Synthesis

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,1 5,9 -3,2 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,1 2,3 4,0 4,5
Solde public / PIB (%)* 2,7 2,5 -4,5 -1,0
Solde courant / PIB (%) -13,8 -10,6 -16,0 -17,0
Dette publique / PIB (%)** 75,8 71,4 80,0 80,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Dons inclus **Dettes vis-à-vis Banque centrale et Koweït incluses

STRENGTHS

  • Risque terroriste moins élevé que chez ses voisins sahéliens
  • Soutien des bailleurs de fonds et des organisations internationales
  • Une certaine stabilité macroéconomique, même dans l’adversité
  • Richesses minérales (fer, or, cuivre) et halieutiques
  • Perspectives énergétiques (gaz, énergies renouvelables)
  • Ressources budgétaires domestiques relativement importantes

WEAKNESSES

  • Faible gouvernance (corruption élevée…), inexistence du traitement de l’insolvabilité
  • Economie peu diversifiée, vulnérable aux fluctuations des cours des matières premières
  • Croissance peu inclusive, système éducatif déficient, et taux de chômage élevé
  • Economie formelle restreinte
  • Très peu de terres arables
  • Dissensions communautaires persistantes : discrimination envers la population des Haratins, ou Maures noirs, qui constituent 34% de la population, et sont les descendants d'esclaves des Beidanes, les maures blancs

Appréciation du risque

Une lente reprise après la crise

2020 aura été marquée par l’impact de la COVID-19 qui a plongé l’économie en récession, contrastant avec la croissance rapide de 2019. Les frontières ont été fermées, un couvre-feu nocturne instauré, les écoles fermées, les magasins non essentiels fermés, et les voyages interrégionaux interdits. Afin d’en atténuer l’impact, les autorités ont adopté en mai un plan de réponse représentant 8,5% du PIB courant jusqu’en 2021. Il inclut un fonds d’assistance, la suppression de taxes sur les biens de première nécessité, et des versements aux ménages vulnérables dont le nombre de bénéficiaires atteindrait fin 2021 100000, soit 700000 personnes. Les PME, en plus d’exonérations de charges, profitent depuis le début de 2021 de prêts bonifiés et garantis par l’Etat.

Même si son cours a tenu, les exportations de minerai de fer (30% des exportations) ont diminué suite à la baisse de la demande. Les ventes de produits de la mer (40%) ont été affectées par les problèmes de transport. Seules les ventes d’or (25%) ont progressé du fait de l’envolée de son cours, car les volumes se sont réduits. L’amélioration attendue en 2021, avec le rebond des expéditions de poisson, devrait être limitée en raison d’une possible saturation des besoins chinois en minerai de fer et de la concurrence. La contre performance à l’export s’est répercutée sur l’investissement. La part de l’investissement dans le PIB est tombée de 45% à environ 40% en 2020, notamment du fait de l’arrêt des investissements étrangers, qui comptent pour un tiers, et de l’investissement public dans les infrastructures. En 2021, il restera inférieur à son niveau d’avant-crise. Cela se traduira notamment par le décalage à 2023 de la mise en exploitation du gisement gazier offshore de Grand Tortue Ahmeyin. La consommation a, quant à elle, été affectée par les mesures de lutte contre la pandémie progressivement levées à partir de mai 2020. Les ménages ont été aussi confrontés à la montée des prix des produits alimentaires importés (riz, blé…) alimentée par les problèmes d’approvisionnement et la dépréciation de l’ouguiya malgré les interventions de la Banque centrale. Les transports et les autres services, très malmenés par le confinement, à la différence de l’industrie extractive et de la pêche, devraient afficher de meilleures performances en 2021. L’agriculture a été confrontée à la sécheresse dans le Sahel, mais bénéficiera de l’attention des autorités visant à développer la culture céréalière dans le sud du pays, seul endroit non aride.

 

Les IDE financent le massif déficit courant, en temps normal

La crise s’est accompagnée d’une suspension de la consolidation budgétaire en cours dans le cadre de la Facilité de crédit élargie du FMI (2017-2020) dotée de USD 193 millions. L’adoption d’un budget rectificatif en mai 2020 s’est soldée par l’abandon de l’excédent primaire (c’est-à-dire hors intérêts), une réduction des recettes de 7% et une augmentation des dépenses de 20%. Malgré des économies représentant 10% du PIB, les partenaires étrangers (le FMI, la BAD, l’UE, la Banque mondiale) ont dû venir à la rescousse pour financer un besoin équivalent à 4,5% du PIB. L’aide d’urgence du FMI a permis d’en couvrir un tiers et servi de catalyseur. La dette publique s’est mécaniquement alourdie. Elle représente donc toujours un risque élevé, même si elle est presque entièrement due à des créanciers publics internationaux et de nature concessionnelle. 18% sont dus au Koweït et font l’objet d’une négociation. En 2021, le déficit devrait se réduire considérablement et le poids de la dette se stabiliser. L’administration fiscale a été améliorée, le fichier des contribuables apuré dans le cadre du programme FMI qui pourrait être renouvelé.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant, déjà massif, s’est approfondi en 2020 en raison d’une détérioration du déficit commercial passé de 8 à environ 11% du PIB. Le enchérissement des importations alimentaires et la diminution des exportations l’ont emporté sur la baisse des achats d’équipements et de la facture pétrolière. En 2021, le déficit courant devrait peu évoluer, car si le déficit commercial refluera du fait du rebond des ventes de poisson et de la progression continue de celles d’or, la hausse des achats de services liés aux activités extractives aggravera le déficit des services (9 % du PIB en 2020). La diminution des IDE a rendu essentielle la contribution des financements publics internationaux en 2020. Le rebond des IDE en 2021 devrait de nouveau suffire à couvrir le déficit, maintenant les réserves de change à l’équivalent de 5 mois d’importations non-extractives. Le pays dispose aussi d’un dépôt saoudien de USD 300 millions.

 

Un président fermement installé, mais dans la concertation avec l’opposition

Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani est président depuis sa facile élection de 2019 contestée par l’opposition, et son parti, l’Union pour la République, dispose d’une solide majorité à l’Assemblée depuis 2018. Les prochaines élections législatives et présidentielles se tiendront respectivement en 2023 et 2024. D’ici là, le président compte poursuivre la lutte contre la corruption, illustrée par les poursuites contre l’ancien président Aziz, dont il était pourtant le bras droit. Par ailleurs, il a lancé un appel à l’opposition sur la réduction de la pauvreté, du chômage et des inégalités, le développement des systèmes éducatif et sanitaire.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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