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Mauritanie

Mauritanie

Population 4,0 millions
PIB par habitant 1 319 $US
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,1 3,6 6,6 5,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,3 3,1 2,2 2,8
Solde public / PIB (%) 0,0 3,3 0,1 0,4
Solde courant / PIB (%) -14,4 -18,4 -13,7 -20,1
Dette publique / PIB (%) 95,9 102,3 97,8 97,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Soutien des bailleurs de fonds et des organisations internationales
  • Richesses minérales (fer, or, cuivre) et halieutiques
  • Perspectives énergétiques (gaz, énergies renouvelables)

POINTS FAIBLES

  • Faible gouvernance, corruption élevée
  • Économie peu diversifiée, vulnérable aux fluctuations des cours des matières premières
  • Croissance peu inclusive et taux de chômage élevé
  • Économie formelle restreinte
  • Très peu de terres arables
  • Dissensions communautaires persistantes

Appréciation du risque

Une croissance solide et prometteuse

En 2020, la croissance du PIB conservera un rythme rapide, alimentée par la vigueur du secteur minier et du reste de l’économie, ainsi que par une accélération des investissements. La production aurifère (25 % des exportations) continuera de progresser, grâce au prix élevé de l’once et à la récente extension de la mine de Tasiast, tandis que d’autres projets de mines sont en préparation. L’extraction de minerai de fer augmentera également, fournissant 30 % des exportations, en dépit d’un prix qui devrait être orienté à la baisse dans les années à venir, notamment en raison d’une diminution de la demande chinoise. En outre, la future exploitation d’un vaste gisement de gaz naturel offre une nouvelle perspective très favorable : la plateforme offshore Grande Tortue Ahmeyim (GTA) sera opérationnelle fin 2021. Au-delà de générer d’importants revenus pour l’État (équivalents à 8 % du PIB de 2019, chaque année, selon une estimation), ce projet impliquera un boom des IDE à partir de 2020 (où ils pèseront 18 % du PIB). Cela renforcera la dynamique d’un secteur de la construction déjà vigoureux, notamment grâce aux projets d’extension des infrastructures portuaires de Nouakchott et Nouadhibou. L’investissement public (12 % du PIB) restera important, notamment dans les infrastructures, bénéficiant des aides internationales, en particulier celles de la Banque Mondiale (500 millions USD pour la période 2018/2023, majoritairement des dons) et de la Banque islamique de développement. De plus, l’agriculture et surtout la pêche (plus de 40 % des exportations) contribueront à nouveau fortement à la croissance. L’activité halieutique bénéficie de la récente signature d’un accord avec le Sénégal, qui encadre l’exploitation de la ressource dans les eaux mauritaniennes. Néanmoins, la répartition inégale des profits de la croissance, dans un contexte de forte pauvreté, continuera de pénaliser la consommation des ménages.

 

L’afflux d’IDE financera le creusement du déficit courant

Le solde budgétaire devrait rester excédentaire en 2020. La légère hausse des dépenses sociales et d’investissement serait compensée par une progression des revenus, conséquence d’une activité toujours dynamique et des récentes réformes fiscales. En effet, le gouvernement a effectué des efforts de consolidation budgétaire, conformément aux recommandations du FMI, en contrepartie de l’accord de facilité de crédit de 160 millions USD sur la période 2017/2020. La gouvernance de l’administration fiscale a été améliorée, le fichier des contribuables apuré, tandis que la TVA a augmenté, de même que le coût des licences de pêche. La dette publique devrait continuer de s’alléger, mais restée élevée et vulnérable aux chocs exogènes, étant presque exclusivement extérieure : 86 % du total, dont 20 % contractés à l’égard du Koweït (des négociations pour son annulation sont en cours). Cependant, une large part est composée de prêts concessionnels, ce qui atténue le risque.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant massif devrait encore se creuser en raison d’une détérioration du déficit commercial. La progression des exportations de poisson, de minerai de fer et d’or ne compensera pas le boom des importations de biens d’équipements nécessaires aux activités extractives. En parallèle, la hausse des importations de services liés à l’expansion de ces activités aggravera le déficit des services (11 % du PIB en 2019), malgré un secteur touristique qui se développe peu à peu, principalement dans le Sahara mauritanien. Néanmoins, ce déficit courant sera financé par un afflux d’IDE concomitant vers les activités extractives, alimentant ainsi des réserves de change qui sont en hausse (supérieures à cinq mois d’importations non extractives en août 2019), ce qui réduit le risque de change.

 

Première passation du pouvoir entre deux présidents élus

L’élection présidentielle de juin 2019 a été remportée dès le premier tour par Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, un proche de l’ancien président Aziz n’affichant pas la volonté de rompre avec l’ancien régime. Cette passation du pouvoir, contestée par l’opposition qui a dénoncé des irrégularités dans le scrutin, fait suite à onze ans de gouvernance par Mohamed Ould Abdel Aziz, qui s’était emparé du pouvoir par un coup d’État en 2008, avant d'organiser et de remporter la présidentielle de 2009, puis d’être réélu en 2014. La constitution ne permettant pas d’effectuer plus de deux mandats consécutifs, le président Aziz ne pouvait pas se présenter à sa propre succession. Le nouveau président doit composer avec un régime marqué par des dérives autoritaires : M. Aziz a fait passer des réformes concentrant le pouvoir entre les mains de l’exécutif (un référendum constitutionnel en 2017, boycotté par l’opposition, a conduit à la suppression du Sénat, remplacé par des conseils régionaux et un Haut Conseil de la fatwa) et l’un des principaux opposants à la réforme constitutionnelle, M. Ould Ghadda, a été victime d’un emprisonnement abusif dénoncé par l’ONU. Le contexte politique et social demeure donc fragile, dans un pays encore rongé par la pauvreté, le chômage, les inégalités et où l’esclavage, malgré son abolition en 1981, continue de sévir (au moins 43 000 personnes, soit 1 % de la population, seraient concernées). Ce dernier point est la cause de la détérioration des relations avec les États-Unis (suppression des avantages commerciaux en réponse au manque de mesures contre le travail forcé et l’esclavage). Par ailleurs, bien qu’épargnée par le terrorisme depuis 2011, la Mauritanie reste exposée à cette menace compte tenu de la porosité de sa frontière avec le Mali.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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