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Tadjikistan

Tadjikistan

Population 9,1 millions
PIB par habitant 826 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 7,1 7,3 7,4 1,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,3 3,8 7,4 7,1
Solde public / PIB (%) -6,0 -4,8 -4,7 -3,5
Solde courant / PIB (%) 2,2 -5,0 -5,8 -5,8
Dette publique / PIB (%) 50,4 47,9 49,5 50,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Abondance des ressources naturelles (potentiel hydroélectrique, métaux, coton)
  • Soutien financier des bailleurs de fonds internationaux et de la Chine (OBOR)
  • Population jeune
  • Potentiel agricole et touristique inexploité

POINTS FAIBLES

  • Fragilité du système bancaire, crédit cher, peu développé et dirigé
  • Dépendance à la conjoncture Russe via les transferts des travailleurs expatriés
  • Voisinage avec l’Afghanistan, risque terroriste en hausse
  • Géographie difficile et infrastructures inadéquates (énergie, transport, santé, éducation, eau)
  • Contrôle étroit du marché des changes et des échanges commerciaux

Appréciation du risque

La consolidation budgétaire menace la croissance

La croissance Tadjike est restée soutenue en 2019, portée par l’investissement public et notamment l’achèvement de la seconde turbine du barrage de Rogun, qui devrait doubler la production électrique du pays à l’horizon 2029. Le projet permettra une amélioration du climat des affaires, entravé par les coupures de courant et les restrictions hivernales, et diversifiera les exportations du pays. Le secteur agricole a connu une dynamique favorable, liée au climat et à l’extension des surfaces cultivées, tandis que la progression des industries extractives est restée ferme, soutenue par les IDE chinois notamment. En 2020, la croissance russe devrait assurer une hausse stable des transferts des migrants, (34 % du PIB en 2018) qui permettra de maintenir la consommation des ménages. Cependant, les contributions de l’investissement public seront plus modestes en 2020 : les finances publiques s’essoufflent et une baisse de 15 % du budget pour le secteur énergétique a été décidée, une tendance qui devrait affecter d’autres secteurs de l’économie et peser négativement sur la demande intérieure. La croissance devrait donc ralentir en 2020.

 

L’inflation a connu une forte accélération en 2019, du fait de la hausse des prix alimentaires et des salaires nominaux. Elle devrait rester stable en 2020, grâce à une hausse des taxes sur l’électricité, à la réduction de 150 pdb du taux directeur de la NBT en juin, qui devrait soutenir le crédit, ainsi qu’à la légère dépréciation du somoni face au dollar et au rouble.

 

Fragilité extérieure malgré des efforts de diversification

Le soutien aux projets d’investissement public s’est fait au prix d’un endettement galopant, qui pourrait maintenant se faire ressentir : en effet, les échéances à court terme de la dette publique sont élevées, avec un montant de devises dues en 2020 supérieur aux réserves actuelles du pays. Le niveau d’endettement public déjà élevé, en bonne partie extérieur et en devises, réduit les possibilités de nouveau financement par la dette et expose le pays au risque de change. La consolidation des finances publiques semble inévitable, et la politique fiscale disposera donc de marges de manœuvre réduites pour absorber d’éventuels chocs extérieurs.

 

Le solde courant du Tadjikistan a connu une nette amélioration en 2019, due en partie aux exportations d’or (+ 38,3 % entre janvier et octobre 2019), et à une croissance des importations ralentie par la baisse des prix du pétrole. La hausse de la production électrique a permis de diversifier les exportations vers les pays voisins : des livraisons en Ouzbékistan et en Afghanistan ont déjà lieu, et le projet CASA-1000 devrait les étendre au Pakistan. Le Tadjikistan entretient avec l’Ouzbékistan, en pleine libéralisation, un partenariat dynamique. Néanmoins, les exportations du pays restent peu variées, et la balance courante restera vulnérable aux évolutions des prix des métaux, qui pourraient s’avérer défavorables en 2020. Le faible niveau d’industrialisation contraint à importer les produits de consommation, ainsi que les biens d’équipement et produits intermédiaires nécessaires à l’investissement public et à l’industrie extractive. La croissance contenue de 2020 et les prix du pétrole, stables, auront cependant un effet modérateur sur les importations. Le déficit courant reste financé par les prêts des organismes multilatéraux et de la Chine, ainsi que les apports en capital et les IDE. La dette extérieure totale représente 86,3 % du PIB.

 

Le secteur bancaire reste en convalescence après la crise de 2014/2015 : la part de NPL s’élevait encore à 24,8 % en juin 2019, en forte baisse sur l’année. La profitabilité du secteur s’est améliorée et la croissance du crédit amorcée en 2018 s’est raffermie. L’assainissement du secteur bancaire progresse, mais ne lui permet pas encore d’être le moteur de la croissance économique : la concentration et les coûts de financement restent élevés.

 

Élections sans surprise attendues en 2020

À la tête du pays depuis 1992, le président Emomali Rahmon n’a cessé de consolider son pouvoir depuis la fin de la guerre civile en 1997, menant à l’interdiction du Parti de la renaissance islamique, principal opposant, en 2015. À 66 ans, le président a nommé plusieurs membres de sa famille à des hauts postes dans son gouvernement. Le récent abaissement de l’âge d’éligibilité à la présidence permettrait à son fils de se présenter aux prochaines élections, prévues pour l’automne 2020. Les frustrations sociales sont tangibles, alimentées par la corruption, la pauvreté, et une croissance devenue peu créatrice d’emplois. De plus, le pays est confronté à la radicalisation d’une partie de sa population musulmane. Face à ce phénomène, le président agit fermement, à l’image des fermetures de mosquées, des interdits vestimentaires et du contrôle d’internet. La présence des talibans dans le Nord de l’Afghanistan pèse encore sur la sécurité des zones frontalières, bien que la présence militaire russe doive prévenir tout débordement du conflit. En matière de relations extérieures, la dépendance vis-à-vis de la Chine s’intensifie. En plus d’être le principal créancier du pays et le deuxième marché pour ses exportations, la Chine est à l’origine de 70 % des IDE entrants.
L’environnement des affaires est dégradé. Le contrôle du gouvernement sur l’économie, à travers les entreprises publiques, freine l’investissement privé, et la fiscalité souvent imprévisible pousse de nombreux acteurs dans l’informalité. Le pays occupe la 180e place sur 205 pays dans le classement, de la Banque Mondiale pour la qualité de ses réglementations.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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