Coface Group
Tadjikistan

Tadjikistan

Population 9,3 millions
PIB par habitant 873 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 7,3 7,5 -3,8 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,8 7,8 8,1 7,0
Solde public / PIB (%) -2,8 -2,1 -6,0 -4,4
Solde courant / PIB (%) -5,0 -2,3 -7,2 -4,5
Dette publique / PIB (%) 47,8 43,1 47,8 48,9

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Abondance des ressources naturelles (potentiel hydroélectrique, coton, aluminium, or)
  • Potentiel agricole et touristique inexploité
  • Couloir de transit entre l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Afghanistan, le Pakistan et la Chine
  • Population jeune (50% a moins de 25 ans)
  • Soutien financier des bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux et de la Chine
  • Membre de l’Initiative Ceinture et Route (ICR) de la Chine

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux conjonctures russe, via les transferts des travailleurs expatriés (25% du PIB), et chinoise (premier marché d’exportation, créancier et pourvoyeur d’IDE)
  • Forte dépendance aux matières premières (coton, aluminium) et faible diversification de l’économie
  • Contrôle étroit du marché des changes et des échanges commerciaux
  • Système bancaire fragile et concentré, et crédit cher, peu développé, dirigé et dollarisé (53% du total)
  • Géographie difficile (enclavée et à 90% montagneuse) et vulnérabilité élevée aux catastrophes naturelles
  • Infrastructures inadéquates (énergie, eau, transport, santé)
  • Pauvreté élevée (26,5% de la population), travailleurs peu éduqués et peu productifs
  • Rôle limité du secteur privé, environnement des affaires difficile qui contraint les IDE (1,2% du PIB)
  • Gouvernance défaillante (corruption, crime organisé, politisation du système judiciaire)
  • Voisinage avec l’Afghanistan, risque terroriste en hausse

Appréciation du risque

Une reprise dépendante de la pandémie, de la Russie et de la Chine

Après une forte croissance ces vingt dernières années, le Tadjikistan est entré en récession en 2020. Il devrait retrouver en 2021 un taux de croissance comparable aux années d’avant-crise. Les restrictions de circulation ont affecté les services de transport. Et avec la récession en Russie, de nombreux Tadjiks qui y travaillaient sont rentrés au Tadjikistan. Les transferts des expatriés (25% du PIB en 2019) ont baissé de 15% en glissement annuel sur le premier semestre 2020 et le nombre de Tadjiks quittant le pays pour travailler à l’étranger de 50%. En ajoutant la hausse de la pauvreté et du chômage due à un marché du travail rigide, la consommation privée (109% du PIB en 2019) et les services (47% du PIB) ont été très pénalisés. La reprise de la consommation, qui dépendra de la pandémie et de la conjoncture russe, pourrait être portée par la hausse des prestations du « Programme d’assistance sociale ciblée » et des salaires et pensions du secteur public de 10 à 15% à partir de septembre 2020.

La récession du Tadjikistan trouve aussi son origine dans le ralentissement de la Chine, son premier marché d’exportation, ainsi que par la baisse du prix et de la demande de l’aluminium (17% des exportations) et du coton (10%). La reprise en 2021 devrait être portée, avec la hausse de la demande chinoise, par celle des exportations des industries extractives, et en particulier de l’or. Le déficit commercial chronique tendra à se réduire, avec une contraction des importations (43% du PIB en 2019), en valeur via la baisse de la facture du pétrole et en volume via notamment les biens d’équipement nécessaires aux investissements publics. L’atonie de ces investissements, contraints par la conjoncture, a retardé les projets d’infrastructures visant à diversifier les exportations, comme le barrage de Rogun, dont l’objectif est de doubler la production d’énergie d’ici 2029. Les dons multilatéraux la compenseront en partie, comme celui de 132 millions USD accordé par la Banque mondiale pour des infrastructures de transport dans le cadre du programme CARs-4.

Pour soutenir l’activité, la banque centrale a baissé son taux directeur. Il devrait rester élevé (10,75% en septembre 2020) afin de maintenir l’inflation dans le corridor ciblé de 6% (± 2%), poussée par la hausse des prix des produits alimentaires et la tendance à la dépréciation du somoni. Elle a aussi abaissé les exigences de réserves obligatoires des banques et les a encouragées à restructurer leurs prêts. Ces mesures, qui devraient dégager des liquidités profitant d’abord aux entreprises publiques, font courir des risques à un secteur bancaire en convalescence après la crise de 2015. Si la profitabilité s’est améliorée et que le niveau de capitalisation est important, il pourrait ne pas être suffisant pour absorber les pertes potentielles des prêts non performants (31 % du total à la mi-2020).

 

L’aide internationale évite une crise de balance des paiements

La crise et les mesures de soutien ont creusé le déficit public, qui devrait se réduire en 2021 avec la reprise, tout en restant important. Pour le financer, les autorités ont vendu des réserves d’or et fait appel, en urgence, aux financements multilatéraux. Le Fonds monétaire international (FMI) lui a accordé une facilité de crédit rapide (FCR) de 189,5 millions USD, auxquels s’ajoutent 323 millions USD de subventions de la Banque asiatique de développement (BAD) pour 2021-2023. La reprise, accompagnée d’une consolidation budgétaire, devrait permettre de garantir la soutenabilité du ratio dette publique/PIB, sur lequel pèsent les risques potentiels des entreprises publiques. L’endettement public, extérieur et en devises (3,1 milliards USD), est principalement détenu par la banque chinoise Eximbank (pour 38%) et des prêteurs bilatéraux et multilatéraux (46%). Sa soutenabilité dépendra des négociations avec ces prêteurs qui ont déjà accordé un allègement de 50 millions USD, et les créanciers chinois qui devraient en accorder en contrepartie de concessions foncières ou minières.

La crise a également fortement creusé le déficit courant. Si le déficit commercial a diminué, la baisse des transferts des expatriés a aussi réduit l’excédent des revenus secondaires. Les IDE (67% dans l’industrie extractive et 76% en provenance de Chine), qui finançaient déjà peu le déficit, ont baissé en 2020. Si les réserves de changes (1,25 milliards USD en septembre 2020, soit 5,1 mois de couverture d’importations) permettent des interventions ponctuelles de la banque centrale pour limiter les excès de volatilité du taux de change du somoni, ce sont surtout les financements multilatéraux qui permettront d’éviter une crise de balance des paiements.

 

Une succession familiale en préparation ?

En octobre 2020, le président Rahmon, qui concentre le pouvoir depuis l’indépendance en 1992, a été réélu sans surprise à 91% pour son 5ème mandat consécutif, après des élections ni libres ni équitables. Ce fut aussi le cas des élections législatives de la chambre basse en mars 2020, qui ont permis à son Parti démocratique populaire du Tadjikistan (PDP) de conserver les trois quarts des sièges. Rahmon, relativement âgé, semble préparer une transmission du pouvoir à son fils, élu président de la chambre haute en avril 2020. Cette fonction lui permet de devenir président si son père décède, devient inapte à exercer ses fonctions ou démissionne, notamment au regard de son état de santé ou de l’évolution de la pandémie et de l’économie. Sur le plan international, les liens avec la Russie, qui assure la sécurité avec sa base militaire, restent forts, tout comme les liens économiques avec la Chine.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Haut de page
  • English
  • Français