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Honduras

Honduras

Population 9,8 millions
PIB par habitant 2 551 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,7 2,7 -8,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,8 4,1 3,0 3,5
Solde public / PIB (%) -0,9 -0 ,9 -5,0 -3,8
Solde courant / PIB (%) -4,2 -4,2 -0,5 -3,0
Dette publique / PIB (%)* 42,2 43,1 52,9 53,7

(e) : Estimation (p) : Prévision *Ensemble du secteur public non financier

POINTS FORTS

  • Relations privilégiées avec les Etats-Unis (accords commerciaux préférentiels)
  • Ressources agricoles, minières et touristiques
  • Sous programme d’aide du FMI jusqu’en 2021

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture américaine (exportations, IDE et remises des expatriés)
  • Dépendance aux importations de carburants et de céréales (le maïs est l’aliment de base)
  • Forte criminalité et corruption sur fond de pauvreté et de trafic de drogue
  • Informalité élevée de l’économie : 70% des actifs sont concernés
  • Faiblesse de la ressource fiscale

Appréciation du risque

Un rebond limité par les conditions climatiques

En 2021, l’activité économique connaîtra une reprise qui ne permettra pas de rattraper la chute liée à la crise du Covid. En effet, la consommation des ménages, principal moteur de la demande interne (80% du PIB en 2019), sera affectée le déplacement de population à la suite des tempêtes et inondations de la fin d’année 2020, ainsi que par la hausse du chômage dans le pays (12% fin 2020) et, ainsi que chez les expatriés aux Etats-Unis. A 10,3% en octobre 2020, le taux de chômage au sein de la population latino aux Etats-Unis devrait diminuer plus lentement que dans d’autres groupes, reflétant la surreprésentation de la population dans les emplois les plus touchés par la crise. L’effet de rattrapage observé sur les flux de remises au second semestre 2020 devrait donc s’étioler. Les remises des expatriés, qui représentaient 21.5% du PIB en 2019, devraient donc être moins dynamiques qu’avant crise, limitant la croissance de l’une des principales mannes financières des ménages honduriens. La demande publique devrait augmenter dans le cadre du plan de soutien à l’économie et le programme de reconstruction à la suite des deux tempêtes de novembre 2020. La demande externe sera soumise à la reprise de la demande aux Etats-Unis, principale destination de l’industrie manufacturière des zones franches. Dans ce contexte, la banque centrale devrait continuer de mener une politique monétaire accommodante dans un contexte d’inflation située dans le bas de sa fenêtre cible (4% +/- 1%). Le taux directeur devrait être maintenu à 3,0% depuis sa baisse fin 2020.

Du point de vue de l’offre, la construction devrait bénéficier des travaux de reconstruction sur les infrastructures détruites par les tempêtes. Les services de restauration et d’hôtellerie resteront en revanche durablement affectés, dans un pays où le tourisme peine à se développer. L’industrie manufacturière sera principalement portée par la production d’équipements de protection médicale, toujours très demandés au niveau mondial. En revanche, la production textile restera fortement affectée par le faible dynamisme de la consommation mondiale. La production agricole, 15% du PIB en 2019, devrait souffrir des mauvaises conditions climatiques de la fin d’année 2020 qui ont détruit une partie des surfaces agricoles ainsi que des routes permettant l’acheminement des marchandises depuis les principales zones cafetières.

 

Des déficits public et courant largement financés par organisations multilatérales

Les comptes publics se sont dégradés alors que la pandémie a accru les dépenses et restreint l’assiette fiscale. Les mesures de soutien incluent des exonérations d’impôts pour les entreprises maintenant l’emploi à son niveau d’avant l’épidémie et ainsi que pour celles qui ont dû fermer à cause des mesures sanitaires du gouvernement. En 2021, les recettes devraient rester en deçà de leur niveau pré-crise, avec une économie encore convalescente. Le gouvernement ne pourra donc pas respecter l’objectif de déficit de 1% prévu dans la loi de responsabilité fiscale et l’un des points clés de la Facilité de crédit signée en 2019 avec le FMI. Par conséquent, la dette du pays devrait continuer d’augmenter, bien que toujours modérée comparativement à d’autres pays de la région, avec un service de la dette de plus en plus important (25% du budget du gouvernement central pour l’année 2021). Le financement est en grande partie fourni par les prêteurs internationaux. Au total, près de 400 millions de dollars de prêts ont été obtenus auprès de la Banque mondiale, de la Banque interaméricaine de développement et de la Banque centre-américaine pour l’intégration économique. Le FMI a débloqué un prêt d’urgence de 143 millions de dollars en plus d’une extension de la Facilité de crédit à hauteur de 311 millions de dollars dont 88 obtenus fin 2020 pour la reconstruction. Toutefois, les besoins de financement ont également nécessité l’émission sur les marchés internationaux d’obligations à dix ans à hauteur de 600 millions de dollars en mai 2020.

Le rebond économique devrait se traduire par un approfondissement du déficit courant réduit en 2020 par la baisse de la demande domestique. Les importations seront tirées par le regain de la production manufacturière et de la consommation des ménages ainsi que par les besoins pour la reconstruction, tandis que l’expansion des exportations sera morne, minée par des ventes textiles et de biens d’équipements décevantes aux Etats-Unis, et ce malgré le dynamisme des exportations agricoles (café, sucre, ananas). La balance des services restera aussi en déficit avec un secteur touristique à la peine. Le moindre dynamisme des transferts des expatriés ne devrait pas permettre de ramener le compte courant à l’équilibre. Le besoin de financement ne sera que partiellement comblé par des investissements directs étrangers en berne, le solde restant étant couverts par les prêts obtenus auprès des bailleurs multilatéraux. Les réserves devraient rester confortables, équivalente à 5 mois d’importations, et permettre de maintenir le lempira.

 

Une année électorale à fort enjeu

Après des élections présidentielles en 2017 fortement contestées, les élections de novembre 2021 sont fortes en enjeux. Les appels au calme et à la concertation se sont déjà faits entendre de la part du secteur privé qui redoute des troubles qui pourraient freiner la reprise économique. L’absence d’accord entre les différents partis au Congrès pour réformer le code électoral en amont des élections laisse présager de fortes tensions. La reprise économique, la santé, l’éducation et la sécurité dans un pays frappé par le narcotrafic resteront les principaux thèmes abordés au cours de la campagne. Sur le plan international, le thème de l’émigration restera au cœur des échanges avec les Etats-Unis. Les rapatriements de migrants ayant transité par le pays pendant leur voyage vers les Etats-Unis continuent suivant l’accord contesté signé en septembre 2019 avec l’administration Trump.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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