Angola

Afrique

PIB / Habitant ($)
3 438,2 $
Population (en 2021)
35,7 Millions

Evaluation

Risque Pays
C
Climat des affaires
D
Précédemment :
C
Précédemment :
D

suggestions

Résumé

Points forts

  • Importante production pétrolière et producteur de gaz naturel liquéfié
  • Potentiel économique considérable : diamant, fer, or, cuir, agriculture, pêche, sylviculture, ressources hydroélectriques
  • Soutien financier international

Points faibles

  • Très dépendant des hydrocarbures (90% des exports, 60% des recettes budgétaires et 33% du PIB), ainsi que de la Chine (endettement et exportation)
  • Epuisement des gisements pétroliers dû au sous-investissement
  • Environnement des affaires médiocre : corruption, bureaucratie, lenteur des réformes
  • Déficience des infrastructures
  • Chômage élevé (57% parmi les jeunes), fortes inégalités sociales, pauvreté et disparités régionales
  • Encore un lourd endettement public (à 75% commerciale)
  • Conflit avec les séparatistes de l’enclave de Cabinda

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Chine
45%
Europe
24%
Inde
10%
Émirats arabes unis
3%
Royaume-Uni
3%

Import des biens en % du total

Europe 31 %
31%
Chine 15 %
15%
Corée du Sud 10 %
10%
Inde 6 %
6%
États-Unis d'Amérique 5 %
5%

Perspectives

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Une croissance économique assujettie aux variations des prix du pétrole

Premier producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, l’Angola a bénéficié des prix élevés de l’or noir et enregistré une croissance dynamique en 2022 après plusieurs années de récession et une reprise molle. Les perspectives économiques du pays sont globalement positives pour 2023, mais la croissance devrait se tasser en raison du ralentissement économique mondial attendu et d’un prix moyen du pétrole légèrement moindre. Les recettes d’exportation, qui représentent 40% du PIB et qui sont constituées à 90% d’hydrocarbures, seront effectivement freinées par la baisse du cours du pétrole et la diminution de la production, alors que le pays retrouvera sa capacité habituelle de production après l’avoir dépassée en 2022. La contribution du secteur non pétrolier à la croissance du PIB devrait, quant à elle, s’établir à 1,8% en 2023, en particulier grâce aux extractions de diamants, de métaux et de minéraux non métalliques et à leur exportation. Enfin, l’industrie, l’agriculture et la pêche devraient bénéficier des incitations mises en place par le président Joao Lourenço afin de réduire la dépendance du pays aux cours des hydrocarbures. Le dynamisme de ces secteurs, qui emploient plus de 70% de la population active, devrait soutenir la consommation privée, déjà stimulée par la revalorisation des salaires de la fonction publique et la hausse de 50% des salaires minimums.

En outre, la baisse significative et continue de l’inflation confortera la consommation privée. En 2022, déjà, le niveau élevé d’inflation a très largement diminué grâce, d’une part, à la baisse des prix des denrées alimentaires suite à une excellente récolte, et, d’autre part, à l’appréciation du kwanza permise par les recettes exceptionnelles des exportations de pétrole. Si le rythme de désinflation ralentira en 2023 en raison de l’assouplissement monétaire par la Banque nationale d’Angola et de la relative faiblesse attendue du kwanza liée au tassement du cours du pétrole, la baisse des taux d’intérêt devrait par contre stimuler l’investissement public et privé. Les investissements publics, réalisés dans le cadre du Plan National de Développement (2023-2027), donneront la priorité au développement du capital humain, à la modernisation et à l’expansion des infrastructures du pays. Par ailleurs, le programme de privatisation des entreprises débuté en 2018 se poursuivra. Celui-ci a déjà permis de privatiser 96 des 178 entreprises publiques désignées et d’engranger 1,13 milliards de dollars (567 milliards de kwanza). Malgré l’ensemble des efforts réalisés par le gouvernement pour rendre l’environnement des affaires propice à l’investissement et ainsi réduire la dépendance du pays au cours du pétrole, les freins à la diversification de l’économie sont encore nombreux (faiblesse du secteur bancaire, importante corruption, contraintes budgétaires, manque d’infrastructures…).

La poursuite du désendettement public en dépit d’une baisse des excédents public et extérieur

Compte tenu de la dépendance des finances publiques au secteur pétrolier, les prix favorables du pétrole ont amélioré la situation budgétaire de l’Angola en 2022, le pays enregistrant un excédent public confortable. En 2023, le tassement des recettes pétrolières (60% des recettes totales) et le manque d’efficacité de la perception de la TVA seront toutefois à l’origine d’une diminution de l’excédent budgétaire. Le prix du pétrole restera tout de même supérieur à celui assurant l’équilibre budgétaire du pays (78 USD le baril) en dépit d’un niveau toujours élevé des dépenses publiques. En effet, le gouvernement renforcera sa popularité en augmentant les dépenses sociales et en maintenant les subventions sur les carburants. A cela s’ajouteront des dépenses onéreuses liées au remboursement de la dette, en particulier vis-vis de son créancier chinois qui détient plus de 40% de la dette extérieure du pays (68% du PIB). Le service de la dette pourrait ainsi représenter 80% des revenus de l’Etat en 2023. Si elle reste à un niveau encore relativement élevé, la dette publique poursuit sa baisse rapide à la faveur des excédents budgétaires successifs, moyennant l’évolution du kwanza. L’évolution du stock de dette publique restera toutefois sensible aux mouvements du marché du pétrole.

L’évolution du solde courant de l’Angola étant positivement corrélée à celle du cours des hydrocarbures, le pays a enregistré un excédent courant particulièrement élevé en 2022. Ces perspectives extérieures resteront positives en 2023 mais se modéreront. En effet, les recettes d’exportation devraient suivre une tendance baissière en lien avec un cours moyen du pétrole inférieur. Ce phénomène pourrait être renforcé par l’évolution encore incertaine de la croissance chinoise, alors que ce pays importait 80% des exportations de pétrole brut de l’Angola en 2021. Cette diminution des recettes d’exportation sera responsable d’une baisse significative de l’excédent commercial et ce, malgré la plus faible facture des importations liée à la baisse des prix mondiaux des produits alimentaires. Le déficit de la balance des services, tout comme celui de la balance des revenus primaires, persisteront compte tenu de l’importance des importations de services dans les secteurs gaziers et miniers et du rapatriement de leurs bénéfices par les entreprises étrangères. Malgré les efforts du gouvernement pour stimuler l’investissement étranger dans le secteur hors hydrocarbures et ainsi diversifier le modèle économique de l’Angola, le secteur pétrolier reste la principale destination des flux d’IDE. Ces derniers devraient à nouveau augmenter en 2023, portés par l’approfondissement des liens d’investissement entre l’Angola et l’Union Européenne. La position extérieure globalement favorable du pays lui assurera des liquidités suffisantes et ses réserves de change couvriront 6 mois d’importations en 2023.

Erosion de la majorité présidentielle et tensions sociales

Joao Lourenço, élu une première fois en 2017 à la présidence de l’Angola, a été reconduit pour un second mandat lors des dernières élections d’août 2022 à la faveur de la victoire de son parti, le Movimento Popular de Libertaçao de Angola (MPLA). Au pouvoir depuis 1979, le MPLA a toutefois vu sa popularité s’éroder. Le parti n’a remporté que 124 sièges sur 220 au parlement, soit 26 de moins qu’aux élections précédentes. Sa principale opposante, l’Unia Nacional para a Independencia Total de Angola (UNITA), ne cesse de gagner du terrain avec 90 sièges remportés en août 2022. Joao Lourenço tentera d’inverser la tendance et d’assurer la stabilité interne du pays en 2023, principalement par l’augmentation des dépenses sociales. La pauvreté, l’incapacité du gouvernement à juguler la corruption, les inégalités persistantes et le faible accès au logement, à l’éducation et à la santé alimentent les tensions sociales et pourraient rendre les manifestations antigouvernementales de plus en plus fréquentes.

Sur le plan international, l’Angola maintient ses relations étroites avec la Chine, qui représente son principal créancier et partenaire commercial. Le pays tente, par ailleurs, d’approfondir ses relations d’investissement avec l’Union Européenne qui recherche à diversifier ses sources d’énergie.

Dernière mise à jour : avril 2023

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