Forte croissance, dopée par les investissements pétroliers
En 2026, la croissance économique devrait encore s’accélérer, stimulée par les investissements étrangers significatifs, orientés vers le développement de l’industrie pétrolière. La mise en production des champs Tilenga et Kingfisher, situés à l’ouest du pays autour du lac Albert et opérés respectivement par Total Energies et la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), est attendue au second semestre 2026. Toutefois, de nouveaux retards dans le lancement de la production pourraient survenir. En parallèle, les travaux d’infrastructures connexes se poursuivent, notamment le projet d’oléoduc chauffé d’Afrique de l’Est (EACOP), d’un coût estimé à 5 milliards de dollars, destiné à acheminer le pétrole ougandais jusqu’au port de Tanga en Tanzanie. Lancé en 2023, le chantier avait atteint 64,5?% d’avancement en juillet 2025, avec une mise en service prévue pour 2027. Ainsi, les recettes d’exportation ne contribueront à la croissance qu’à partir de cette date. Cependant, EACOP pourrait rencontrer des difficultés à mobiliser la seconde tranche de financement, après l’obtention d’un prêt syndiqué de 1 milliard de dollars en mars 2025 auprès de banques locales et régionales. De plus, le projet fait l’objet d’une vive opposition internationale en raison des préoccupations liées à l’environnement et aux droits humains. En septembre 2025, la justice française a enjoint Total Energies à produire des documents relatifs aux impacts du projet, marquant une première victoire judiciaire pour les ONG. Par ailleurs, l’agriculture restera un pilier essentiel de l’économie (24?% du PIB en 2024), avec le café en tête, dont les ventes continueront de bénéficier de prix internationaux élevés, malgré une accalmie attendue en 2026 du fait de très bonnes récoltes. L’agriculture employant 70?% de la population active, la consommation privée devrait être dynamique. Le secteur aurifère bénéficiera d’un nouvel élan grâce au projet de Wagagai Mining Limited (Chine), inauguré en août 2025, qui devrait accroître la production d’or raffiné. Le gouvernement poursuivra le développement des services (53?% du PIB) dans le cadre du quatrième Plan national de développement (PND IV), en particulier le tourisme - qui devra néanmoins affronter une forte concurrence régionale, notamment du Kenya et de la Tanzanie - ainsi que l’éducation et la santé. De plus, le pays bénéficiera de 2 milliards de dollars de nouveaux financements de la Banque mondiale pour financer des projets dans divers secteurs.
L’inflation devrait connaître une nouvelle accélération en 2026, liée à la forte demande de biens d’équipement nécessaires au développement du secteur pétrolier. Elle demeurera néanmoins inférieure au plafond de 5% fixé par la Banque centrale, le repli des prix énergétiques mondiaux permettant de compenser en partie la hausse de l’inflation importée. Les incertitudes économiques mondiales et les tensions inflationnistes persistantes devraient retarder le prochain assouplissement monétaire de la banque centrale jusqu’en 2026. Le taux directeur a été fixé à 9,75% en octobre 2024.
Des déficits jumeaux pesant sur la dette publique
Durant l’exercice 2026 (1er juillet 2025 au 30 juin 2026), le déficit budgétaire devrait se réduire légèrement grâce à une meilleure mobilisation des recettes publiques, qui progresseront plus rapidement que les dépenses en raison d’une forte croissance de l’économie. Celle-ci repose notamment sur la rationalisation des exonérations fiscales, le colmatage des niches fiscales et la lutte contre la corruption au sein de l’autorité fiscale (URA) et la contrebande aux postes frontaliers. Le pétrole ne commencera à contribuer significativement aux recettes fiscales qu’à partir de 2027. Toutefois, les paiements des intérêts de la dette continueront de peser lourdement, neutralisant l’effet positif d’une amélioration du déficit primaire. Le déficit public sera financé principalement par la dette extérieure qui restera largement concessionnelle. Le stock de la dette publique (60% extérieure) a enregistré une hausse de 26 % au cours de l’exercice 2025, principalement en raison d’un recours accru à l’emprunt intérieur. Un réengagement avec le Fonds monétaire international pourrait amplifier cette tendance. Néanmoins, la vigueur de la croissance atténuera l’augmentation du poids de l’endettement.
En 2025, le déficit courant devrait se réduire. La hausse des importations de biens d’équipement et de services techniques, nécessaires à l’expansion de l’industrie pétrolière, sera en partie compensée par la baisse des prix mondiaux du pétrole. Dans le même temps, le maintien des cours élevés de l’or et du café soutiendront les recettes extérieures. Les perspectives du solde courant en 2026 devraient rester inchangées, le pays ne percevant pas encore de revenus pétroliers. Le déficit des revenus extérieurs persistera, les envois de fonds des expatriés restant insuffisants pour compenser les paiements d’intérêts sur la dette extérieure et les rapatriements de dividendes par les investisseurs étrangers. Ce déficit courant est financé en grande partie par la dette de long terme (principalement concessionnelle) et les investissements directs étrangers (IDE). Au cours des trois prochaines années, l’Ouganda bénéficiera de la reprise de l’appui financier de la Banque mondiale, qui a levé la suspension imposée en août 2023 à la suite de l’adoption par le gouvernement d’une loi anti-LGBT. Par ailleurs, les autorités négocient actuellement un nouveau programme au titre de la Facilité élargie de crédit avec le FMI, après l’expiration hâtée en 2024 d’un précédent accord.
Persistance des menaces sécuritaires aux frontières congolaise et Sud-Soudanaise
Au pouvoir depuis 1986, le président Yoweri Museveni et son parti, le mouvement national de résistance (NRM), majoritaire à l’Assemblée nationale (337 sièges sur 529), dominent le paysage politique. Le soutien de l’armée ainsi que l’absence d’une opposition forte et unie devraient permettre au président Museveni de remporter les prochaines élections prévues le 12 janvier 2026. Cependant, les échecs persistants du NRM dans la lutte contre la corruption et l’amélioration des services publics continueront d’alimenter la frustration sociale. Les manifestations anti-gouvernementales sont rapidement réprimées par les forces de sécurité, les empêchant d’évoluer vers un mouvement d’ampleur nationale.
En 2026, les forces armées ougandaises (UPDF) et congolaises poursuivront leur collaboration dans le cadre de l’opération Shujaa, lancée en 2021 pour combattre les Allied Democratic Forces (ADF), des rebelles islamistes d'origine ougandaise réfugiés au Nord-Est de la République démocratique du Congo et actifs en Ouganda. En 2025, l’Ouganda a déployé au moins 3 000 soldats supplémentaires, doublant ainsi sa présence en RDC. Cependant, un rapport de l’ONU de 2024 atteste d’un soutien tacite de l’Ouganda au mouvement rebelle M23, actif dans la même région et soutenu par le Rwanda. Par ailleurs, la fragilité politique au Soudan du Sud représente un risque croissant dans le Nord du pays. Depuis mars 2025, l’Ouganda maintient des troupes à Juba, la capitale Sud-Soudanaise, pour soutenir le président Salva Kiir face aux partisans du vice-président en disgrâce Riek Machar. Cela n'empêche pas les deux pays d’avoir des différends frontaliers, ayant donné lieu à des escarmouches le long de la frontière. Le déploiement répond aussi à la crainte d’un afflux massif de réfugiés : l’ONU estime que 50 000 Sud-Soudanais ont fui vers l’Ouganda en 2025.

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