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23/06/2020
Risque pays et études économiques

Les entreprises espagnoles et italiennes sont-elles prêtes à encaisser le choc du COVID-19 ?

Les entreprises espagnoles et italiennes sont-elles prêtes à encaisser le choc du COVID-19 ?

Alors que le 2ème trimestre devrait être le plus difficile de l'année 2020, de bonnes raisons laissent à penser que le chemin de la reprise sera long et ardu. Malgré des reports fiscaux ou encore des garanties de liquidité, il est probable que de nombreuses entreprises se retrouvent en difficulté.

Selon les prévisions de Coface, l’Espagne et l’Italie seront parmi les économies les plus durement touchées par le COVID-19, se contractant respectivement de 12,8% et 13,6% en 2020. Les défaillances d'entreprises devraient quant à elles augmenter de 22% pour le premier et de 37% pour le second d’ici 2021, par rapport aux niveaux de 2019. Pour 2021, Coface prévoit que les PIB espagnol et italien devraient rebondir de 10,2% et 8,9%, laissant les économies de 3,9% et 5,9% respectivement en dessous des niveaux de 2019.

Une prévalence plus élevée d'entreprises vulnérables en Italie avec le spectre d’entreprises zombies

Pour évaluer l'impact potentiel de cette contraction du PIB sur les bilans des entreprises, Coface a effectué des simulations sur l'évolution de leur solvabilité, en s’appuyant sur les données des banques centrales espagnoles et italiennes qui tiennent compte des différences entre les secteurs et les tailles d'entreprises.

Alors même que les taux d'intérêt sont extrêmement bas, le surendettement des entreprises est associé à des investissements privés déprimés. Par conséquent, la crise du COVID-19 pourrait exercer une pression à la baisse durable sur le potentiel de croissance d'un pays, accélérant la « japonisation » de la zone euro.

Dans cette optique, il convient d'examiner de plus près la santé des bilans des entreprises espagnoles et italiennes. L’examen de la répartition de la dette et des liquidités des entreprises du sud de l’Europe devrait aider à identifier les poches de vulnérabilité.

La situation financière actuelle des entreprises en Espagne et en Italie est plus saine qu’à la veille de la crise financière mondiale de 2009. Depuis cette dernière, les entreprises espagnoles ont réussi à réduire considérablement leur endettement de 20 points, atteignant 37% de leurs actifs au troisième trimestre 2019. Les entreprises italiennes ont également amélioré leur situation financière depuis le pic de 59% enregistré au quatrième trimestre 2011, mais à un degré moindre. Avec un taux d’endettement de 50 %, elles sont aujourd’hui les plus endettées parmi celles des grandes économies européennes.

L’inadéquation croissante entre le financement et l’investissement peut être considérée comme révélatrice d’une forte prévalence d’entreprises zombies qui ne sont pas en Italie dans l’optique de semer les germes de la croissance future.

Les secteurs à risque : l’automobile, la construction et la vente au détail

Coface s’attend à ce que la vulnérabilité des entreprises diffère selon leur secteur et leur taille, non seulement en ce qui concerne l’intensité des chocs, mais également en raison de la fragilité de leur bilan avant même la période du COVID-19.

Les grands constructeurs automobiles pourraient être ainsi en difficulté en raison de leur habitude de garder peu de liquidité : fin 2018, les réserves de trésorerie en pourcentage du chiffre d’affaires n’étaient que de 2,7% en Italie et de 0,5% en Espagne.

Quant aux secteurs du commerce de détail et de la construction, avec un effet de levier élevé et des taux de couverture des intérêts projetés faibles, ils apparaissent comme particulièrement vulnérables de ce point de vue, tout comme les petits fabricants de textile en Italie.

D'une manière générale, Coface observe une prévalence plus élevée d’entreprises potentiellement vulnérables en Italie. La plupart du temps, cela peut s'expliquer par une baisse de la trésorerie initiale, une rentabilité plus faible et des ajustements de coûts légèrement plus lents. Dans ce contexte, de nombreuses entreprises ne survivraient qu'au prix d'un endettement sensiblement plus élevé.

 

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