Suède

Europe

PIB / Habitant ($)
55433,0 $
Population (en 2021)
10,6 Millions

Evaluation

Risque Pays
A2
Climat des affaires
A1
Précédemment
A2
Précédemment
A1

suggestions

Résumé

Points forts

  • Climat des affaires très favorable et appartenance à l'UE
  • Économie très diversifiée, spécialisée dans les produits de haute technologie (automobile, aéronautique, télécommunications, énergie nucléaire)
  • Comptes publics et extérieurs solides, faible dette publique
  • Niveau de vie et pouvoir d'achat élevés
  • Évolution démographique positive due à l'immigration

Points faibles

  • Petite économie ouverte, fortement dépendante de la demande mondiale (les exportations représentent plus de 50 % du PIB)
  • Endettement élevé des ménages et des entreprises non financières
  • Marché immobilier vulnérable en raison de niveaux d’endettement élevés, d’une forte proportion de prêts à taux variable et de coûts locatifs élevés

Echanges commerciaux

Export des biens en % du total

Allemagne
10%
Norvège
10%
États-Unis d'Amérique
9%
Danemark
7%
Finlande
7%

Import des biens en % du total

Allemagne 16 %
16%
Pays-Bas 11 %
11%
Norvège 9 %
9%
Danemark 7 %
7%
Chine 6 %
6%

Perspectives

Les perspectives économiques mettent en lumière les opportunités et les risques à venir, aidant à anticiper les changements majeurs. Cette analyse est essentielle pour toute entreprise cherchant à s'adapter aux évolutions du marché.

Une économie qui reste résiliente malgré un contexte mondial difficile

Malgré une incertitude mondiale croissante, l’économie suédoise poursuit sa reprise progressive en 2026 et cette dynamique devrait se prolonger en 2027. La demande intérieure se renforce, soutenue par une politique budgétaire expansionniste, la hausse des salaires réels et la reprise de la consommation des ménages. Les pressions inflationnistes s’étant atténuées par rapport à leurs pics antérieurs, la croissance des salaires dépasse à nouveau celle des prix à la consommation, ce qui contribue à restaurer le pouvoir d’achat. Le marché du travail reste moins dynamique qu’avant la récession, mais montre des signes d’amélioration, ce qui soutient la confiance et les dépenses des ménages. Les mesures gouvernementales visant à atténuer les pressions sur le coût de la vie, notamment les réductions d’impôts et les aides ciblées aux ménages, soutiennent également l’activité économique.

La politique monétaire devrait rester relativement stable jusqu’à la fin de l’année 2026, la Riksbank étant susceptible de maintenir ses taux d’intérêt globalement inchangés. Toutefois, si la croissance économique continue de se renforcer et que les pressions inflationnistes réapparaissent, un cycle de resserrement progressif pourrait s’amorcer courant 2027. Parallèlement, le marché immobilier semble s’être stabilisé après plusieurs années de correction. La remontée des prix de l’immobilier – les ménages s’étant adaptés au nouvel environnement de taux d’intérêt – devrait renforcer la confiance des ménages, les effets de richesse positifs venant soutenir davantage la consommation privée. Les risques extérieurs restent néanmoins importants. Si l’appréciation récente de la couronne suédoise n’a eu qu’un impact limité sur les performances à l’exportation, grâce à la compétitivité des entreprises suédoises et à la vigueur persistante des exportations de services, le contexte international reste difficile. La faiblesse de l’activité manufacturière dans une grande partie de l’Europe, les tensions commerciales et l’incertitude durable entourant les chaînes d’approvisionnement mondiales pourraient freiner la croissance des exportations et les investissements des entreprises. En conséquence, la reprise économique de la Suède devrait continuer d’être principalement tirée par la demande intérieure plutôt que par le commerce extérieur.

Les faillites d’entreprises, qui avaient atteint en 2024 leur plus haut niveau depuis des décennies, ont commencé à se modérer. Après s’être stabilisées en 2025, elles ont reculé d’environ 6 % au cours du premier semestre 2026. Toutefois, le rythme de l’amélioration devrait ralentir, d’autant plus que la faiblesse de la demande régionale et la hausse des coûts d’exploitation continuent d’affecter certains secteurs. Des pressions persistent notamment dans l’agriculture, les transports et les technologies de l’information et de la communication. À l’avenir, les industries orientées vers l’exportation et à forte intensité énergétique – notamment la chimie, les produits papetiers, la construction automobile et certains segments du secteur des transports – devraient être confrontées à des défis croissants liés à une demande extérieure modérée, à des pressions concurrentielles accrues et à des contraintes de coûts persistantes.

La hausse de l'endettement public reste maîtrisable

La position extérieure de la Suède devrait rester solide malgré un certain ralentissement au cours de la période de prévision. L'excédent courant devrait se réduire légèrement en 2026 avant de se stabiliser en 2027, soutenu par la persistance d'excédents dans le commerce des biens et les revenus d'investissement. Si la balance des services devrait rester déficitaire, en partie en raison des paiements liés à la propriété intellectuelle et aux services aux entreprises, la vigueur des flux de revenus primaires et la compétitivité du secteur des exportations suédois devraient continuer à soutenir une balance extérieure globale solide. En conséquence, la Suède devrait conserver une situation financière internationale résiliente malgré un environnement commercial mondial plus difficile.

Les finances publiques devraient s’affaiblir modérément en 2026 et 2027, le gouvernement donnant la priorité aux mesures de soutien économique, aux réductions d’impôts et à l’augmentation des dépenses consacrées aux services publics et à la défense. Même si l’amélioration de la conjoncture économique devrait élargir l’assiette fiscale et soutenir les recettes publiques, cela ne devrait pas compenser entièrement l’impact de l’expansion budgétaire. En conséquence, les déficits publics devraient se creuser quelque peu et la dette publique augmenter progressivement. Néanmoins, les niveaux d’endettement resteront faibles par rapport aux normes internationales, ce qui confère à la Suède une flexibilité budgétaire considérable par rapport à la plupart des économies avancées.

Priorité politique accordée à la défense, à la protection sociale et à l’immigration à l’approche des élections de 2026

Les élections législatives prévues en septembre 2026 influencent d’ores et déjà le paysage politique et budgétaire. Le gouvernement actuel a adopté une orientation budgétaire plus expansionniste, combinant un soutien aux ménages confrontés à une hausse du coût de la vie et un accroissement des investissements dans les services publics et les infrastructures. Malgré ces mesures et l’amélioration des perspectives économiques, les sondages d’opinion laissent entrevoir une campagne électorale très disputée. Quelle que soit l’issue du scrutin, un large consensus politique existe autour du soutien à la croissance économique, du renforcement des services sociaux et du maintien de dépenses de défense élevées, ce qui suggère que la politique budgétaire devrait rester accommodante, que le gouvernement soit de centre-droit ou de centre-gauche.

Les évolutions géopolitiques continuent de façonner les priorités politiques. À la suite de l’adhésion de la Suède à l’OTAN, les dépenses de défense ont considérablement augmenté et devraient encore progresser au cours des prochaines années, pour atteindre des niveaux bien supérieurs aux normes historiques (les dépenses de défense devraient augmenter de près de 20 % en 2026, pour atteindre environ 3 % du PIB en 2028). Le renforcement des capacités militaires, l’amélioration de la préparation civile et l’intensification de la coopération avec les partenaires nordiques et européens sont devenus des éléments centraux de la politique gouvernementale.

Les migrations restent un autre domaine clé de l’agenda politique. Les récentes réformes ont durci les conditions d’obtention du titre de séjour, de la nationalité et de l’immigration de main-d’œuvre, reflétant une évolution générale vers un cadre d’immigration plus restrictif. Combinés à une baisse des flux migratoires nets, ces changements ont contribué à une croissance démographique exceptionnellement faible, créant de nouveaux défis pour l’offre de main-d’œuvre à long terme et la croissance économique.

Conditions de Paiement et Moyens de Recouvrement

Cette rubrique est un véritable outil pour le directeur financier ou le credit manager dans l'entreprise. Elle informe sur les moyens de paiement à utiliser et sur la façon de mener des actions de recouvrement.

Paiement

Les lettres de change et les billets à ordre ne sont ni largement utilisés ni recommandés, car ils doivent satisfaire à un certain nombre de critères de forme pour être considérés comme légalement valables.

Les règles d’émission de chèques ont été progressivement assouplies, tout comme les sanctions en cas de chèque sans provision. En conséquence, les chèques ne sont quasiment plus utilisés.

À l’inverse, l’utilisation par les banques suédoises du réseau électronique SWIFT offre pour les transferts domestiques et internationaux un service sécurisé, efficace, et un bon rapport coût/efficacité. Les paiements dépendent de la bonne foi de l’acheteur. Pour garantir un paiement dans les délais, il est conseillé aux vendeurs de vérifier que leurs coordonnées bancaires sont?correctes.

Les prélèvements sont de plus en plus prisés en Suède, où ils représentent environ 10 % des paiements hors espèces. Le pays compte deux types de prélèvements : Autogiro Foretag (AGF) pour les transactions B2B et Autogiro Privat (AGP) pour les paiements B2C. Tous deux peuvent être utilisés pour des paiements uniques ou réguliers.

Recouvrement des créances

Phase amiable

Le règlement à l’amiable vise à recouvrer des créances sans avoir à recourir à une action en justice. Le débiteur est informé (soit oralement soit par écrit, mais de préférence par courrier) de sa dette, du délai de paiement qui lui est imparti, et des conséquences que pourrait entraîner un non-paiement de ladite dette. Si le débiteur accepte de rembourser sa dette, les deux parties peuvent négocier un échelonnement des paiements et signer un contrat à cet effet.

En l’absence de disposition spécifique dans le contrat quant aux intérêts, le taux d’intérêt applicable est, depuis 2002, le taux de référence semestriel (referensräntan) de la Banque centrale suédoise (Sveriges Riksbank), majoré de huit points de pourcentage.

En vertu de la loi suédoise sur les intérêts (räntelag de 1975, modifiée en dernier lieu en 2013), les intérêts sur les dédommagements sont accordés, si le plaignant en fait la demande, à compter du 30e jour suivant la date d’envoi au défendeur d’une demande écrite de dédommagements. En tout état de cause, les intérêts peuvent être accordés à compter de la date de remise d’une convocation au débiteur.

Procédure judiciaire

Procédure accélérée

Lorsque les créances remplissent certaines conditions de base (par exemple que le paiement soit en souffrance et qu’une médiation ait été tentée), les créanciers peuvent obtenir une injonction de payer (Betalningsföreläggande) par une procédure de référé auprès du service de recouvrement. La demande doit être présentée par écrit et motivée clairement. Aucune autre preuve n’est requise.

Le service de recouvrement (Kronofog­demyndigheten) donne au débiteur entre dix et quinze jours pour répondre. En l’absence de réponse du débiteur dans ce délai, ou si le débiteur reconnaît la dette, un verdict est rendu sur le bien-fondé de la demande initiale.

Bien que formel, ce système offre une procédure relativement simple et rapide pour les réclamations non contestées et a ainsi permis de décongestionner considérablement les tribunaux. Il n’est pas nécessaire pour les créanciers de faire appel à un avocat bien que, dans certains cas, cela soit recommandé. En moyenne, la procédure prend deux mois entre la requête et la décision. Celle-ci est immédiatement applicable.

Procédures judiciaires

Si le débiteur conteste la créance, le créancier peut soit mettre fin à la procédure, soit s’adresser au tribunal de district (Tingsrätten).

La procédure commence alors par une audience préliminaire, au cours de laquelle le juge, après avoir examiné les éléments du dossier et les arguments des parties, tente d’aider à parvenir à un règlement. Les parties décident d’elles-mêmes quelles preuves elles souhaitent présenter.

Si le différend n’est pas résolu, la procédure se poursuit par des observations écrites et des plaidoiries orales jusqu’à l’audience principale, où l’accent est mis sur les plaidoiries des avocats (défense et partie plaignante) et l’examen des dépositions des témoins.

En vertu du principe d’immédiateté, le tribunal fonde sa décision exclusivement sur les éléments de preuve présentés au procès. Sauf circonstances exceptionnelles, le jugement est habituellement rendu dans les deux semaines qui?suivent.

En règle générale, le Code de procédure civile exige que la partie déboutée supporte l’ensemble des frais de justice jugés raisonnables, ainsi que les honoraires d’avocat de la partie gagnante au-delà d’un certain seuil de réclamation (environ 23 800 SEK, soit environ 2 390 EUR).

0

En première instance, il faut jusqu’à douze mois (et plus dans certains cas exceptionnels) pour obtenir un titre exécutoire. D’autre part, en Suède les jugements font généralement l’objet d’appel.

Exécution d’une décision de justice

Une décision est exécutoire dès le moment où elle est devenue définitive. Si le débiteur ne se conforme pas à la décision du tribunal, le créancier a la possibilité de demander au tribunal d’ordonner la saisie et la vente des biens du?débiteur.

En ce qui concerne les sentences étrangères rendues dans un pays de l’UE, la Suède a adopté des conditions d’application spéciales. Lorsque la réclamation n’est pas contestée, le créancier peut demander une injonction de payer au niveau européen. Lorsque la réclamation porte sur un montant inférieur à 2 000 EUR, il peut engager une procédure européenne de règlement des petits litiges. Les sentences émises par des pays qui ne font pas partie de l’UE peuvent être reconnues et appliquées par la cour d’appel (Svea Hovrätt), sous réserve de l’existence d’un accord bilatéral ou multilatéral dont la Suède et le pays concerné sont signataires.

Procédure d’insolvabilité

EXTRAJUDICIAIRE

Le droit suédois ne comporte aucune règle formelle en matière d’accords extrajudiciaires. Cependant, créanciers et débiteurs peuvent s’ils le souhaitent entamer librement des négociations portant sur la dette et signer un accord à cet effet.

RESTRUCTURATION

L’objectif est de parvenir à trouver une solution pour une société insolvable réputée de disposer de perspectives économiques favorables à long terme. La société en difficulté peut demander au tribunal local d’engager une procédure de restructuration. Le cas échéant, le tribunal désigne un rekonstruktör chargé de gérer la restructuration. Il évalue la situation financière de la société puis conçoit et met en œuvre un plan de restructuration au titre duquel il est possible d’annuler jusqu’à 75 % de la dette de la société.

FAILLITE

Cette procédure concerne les sociétés insolvables. Elle a pour objectif de liquider la société failli en vendant ses actifs et en distribuant le produit aux créanciers. La requête peut être déposée auprès du tribunal local par le débiteur ou par le créancier. Une fois que le tribunal a déclaré la société en faillite, il désigne un administrateur indépendant qui prend le contrôle des actifs de la société dans l’objectif de les réaliser afin de rembourser les dettes du failli sur la base de la priorité des différents créanciers.

Dernière mise à jour : juillet 2025